"La vieillesse, étourdissant signal de mort.
Terrifié par ce poison ridé qui marque les corps, réduit les gens et les mouvements, transforme les peaux, frustre les vies, assassine les espoirs.
Ce temps me tend les bras.
Inéluctablement, j'avance vers lui. Je veux lui sourire, le comprendre, retarder l'échéance. Mais il me happe, m'agrippe, et emporte avec lui tous mes souvenirs, tous ces gens que j'aime. Il m'arrache ces réalités qui furent miennes, celles qui me firent grandir, évoluer.
Les chairs de mes chers me sont ôtées. Piégé dans son sillon, il m'oblige à transcender ce désespoir en acceptation.
J'arrive mon grand, mon titan. Tu vas m'avoir, oui. Je dois apprendre à te contempler, m'accorder l'audace de te regarder en face, sans artifice, et de te laisser me conduire là où ère la matière, là où gît cet infini sans vie.
Annihile mon âme, désorganise mon être. J'accepte petit à petit. Je serre les dents. Je t'affronte, droit dans les yeux, de toute ma conscience et de tout mon vivant."
muinomednaP