Les nanos explosent dans le domaine du diagnostic. Que ce soit dans celui de l’imagerie pour détecter une unique cellule défaillante, ou dans celui de l’analyse biologique, avec les grandes vedettes, les puces à ADN, les recherches sont nombreuses et leur but est l’identification de la maladie à un stade le plus précoce possible, selon le principe retenu actuellement que plus une maladie est décelée tôt, plus grandes sont les chances d’en guérir. Les stars du diagnostic nano sont véritablement les puces à ADN.
L’ADN est la molécule de la vie, elle est présente dans toutes les cellules vivantes, donc les agents infectieux qui attaquent notre organisme, les virus et les bactéries. Toutes les maladies qui peuvent atteindre l’Homme mettent en jeu nos gènes, qu’ils soient défectueux dès l’origine (ce sont les causes de toutes les maladies génétiques, héréditaires ou spontanées) ou qu’ils le deviennent au cours de notre vie, comme pour les cancers. Le diagnostic basé sur l’ADN couvre ainsi l’ensemble de nos pathologies.
La première puce à ADN a été créée à la fin du XXème siècle par Mark Schena, Ron David et leurs coéquipiers. La puce à ADN comporte un fonctionnement trop complexe, que nous de développerons pas ici, mais le principe est basé sur la complémentarité des brins d’ADN. Le système est composé d’une plaque en verre, silicium ou plastique sur laquelle des fragments d’ADN vont être déposés par un robot. Pour rappel, tout le génome humain est contenu dans les cellules. Mais ces cellules, en fonction de leur rôle, n’expriment que les gènes qui les concernent. La puce à ADN permet de lire l’expression des gènes dans une cellule, un tissu… par rapport à un échantillon donné. La lecture de la puce, révèle l’état de l’expression du gène recherché. Les puces à ADN sont passées du stade de fiction à celui de la réalité, car oui, elles existent réellement et beaucoup d’autres font l’objet de recherches. Ces puces serviraient à l’analyse de l’expression des gènes,à la découverte de leurs fonctions.
Des progrès sont également réalisés dans le domaine de l’imagerie médicale grâce aux nanotechnologies combinés à l’informatique. En effet, les nanotechnologies ont permis d’accroître les capacités informatiques des dispositifs de l’imagerie médicale (augmentation de la rapidité des processeurs et mémoires informatiques…) Cela a entraîné des améliorations comme c’est le cas pour l’endoscopie virtuelle (qui permet de reconstituer des images de l’intérieur des organes, accessibles par des mini-caméras) ou encore la visualisation par IRM de l’activité du cerveau…
L'IRM (Imagerie à Résonance Magnétique) est basée sur le principe physique de résonance de magnétique nucléaire (RMN).C'est une technique de diagnostic médical permettant d'obtenir des images en trois dimensions du corps. Comment cela fonctionne-t-il ? Les atomes d'hydrogène sont présents dans tout notre organisme, dans l'eau et la graisse. Lorsque le patient est allongé dans le tunnel contenant l'aimant, les noyaux de l'atome hydrogène s'alignent sur le champ magnétique. Grâce à un traitement informatique, on obtient visuellement une image du corps du patient. Les nanotechnologies interviennent à ce niveau, puisqu'ils contribuent à l'amélioration des dispositifs informatifs (nano processeurs...).
Des agents de contrastes nanoparticulaires sont également utilisés pour améliorer l'imagerie médicale, donc le diagnostic. Ce sont des produits injectés avant l'examen pour augmenter le contraste, donc la qualité de l'image obtenue. Les agents à base de nanoparticules d'oxyde de fer ont été les premiers à attirer l'attention. Utilisés en IRM pour leurs capacités à réagir aux ondes magnétiques, ils se sont montrés performants. Le premier agent de contraste nanoparticulaire a été mis sur le marché en 1990. Il s'agit de Lumiren, produit en Europe par un laboratoire français :Guerbet.
Le produit est injecté par intraveineuse dans la circulation sanguine. Les traitements informatiques réalisés ensuite permettent de visualiser les parties cancéreuses qui apparaissent plus clairs que les parties saines du corps du patient. Cette imagerie est très fiable et permet d'éviter des examens plus invasifs.