— Où en êtes-vous, Stark ?
— Oh, pas bien loin. Mais je peux faire exploser la ville. Ça évitera au moins l'impact, à condition que vous dégagiez à temps.
— J'attendais une solution, pas un plan de sauvetage.
— Le rayon d'impact s'élargit de seconde en seconde. Il va falloir prendre une décision.
Steve continuait d'avancer au milieu du nuage de poussière généré par les différentes explosions.
— Steve, tous ces gens sont condamnés, tenta Natacha, à ses côtés. Si Stark fait exploser ce caillou...
— Faut qu'on les mette à l'abri.
— On n'a pas le choix, entre sauver ceux d'en haut, et sauver ceux d'en bas... Y a pas à réfléchir !
L'espionne posa son regard sur l'américain, l'incompréhension se lisant sur son visage.
— Je n'abandonnerai pas un seul civil ici, répondit simplement Captain, sa résolution se comprenant aussi bien à son expression qu'à sa voix.
— Est-ce que j'ai parlé de s'enfuir ? Il y a pire, comme façon de mourir, se résigna la russe.
Elle tourna la tête pour admirer l'étendue de nuages dans laquelle baignait le rocher flottant.
— D'où est-ce qu'on pourrait avoir une vue pareille ?
— Ravi que la vue vous plaise, Romanoff. Et le plus beau reste à venir.
La voix était reconnaissable entre mille. Mais à peine les deux Avengers avaient-ils eu le temps de réaliser ce qu'ils venaient d'entendre que le vrombissement des moteurs leur parvenait aux oreilles. Et devant eux, perçant les nuages dans un élan presque majestueux, l'helicarrier fit son apparition.
Un peu plus loin, Pietro rejoignait le bord du rocher pour pouvoir admirer, lui aussi, l'immense vaisseau qui terminait son approche. Il fixait le bâtiment de métal d'un air impressionné, mais le soulagement se lisait sur son visage. Et partout sur l'ilot flottant, les Sokoviens regardaient avec espoir ce nouveau salut.
— Pas mal, hein ? Je l'ai sorti de la naphtaline avec quelques vieux amis. Il est un peu rouillé, mais il tiendra le coup.
— Fury, espèce de salopard.
— Ouuuuuh, Captain. Ça c'est du gros mot.
A bord, tout l'équipage réunit en secret par Coulson et Fury s'affairait à la tâche.
— Altitude en hausse constante à 5 500 mètres.
— Déploiement des canots de sauvetage. Désengagez dans trois, deux... Allez, au boulot.
Une demie douzaine de nacelles de sauvetage quittèrent l'helicarrier par des portes de hanger ouvertes, en direction du rocher.
— C'est ça, le S.H.I.E.L.D. ? Demanda Pietro, d'un air assez incrédule.
— Tel qu'il devrait l'être depuis le départ, lui répondit Steve avec une certaine fierté, sous le regard amusé de Natasha.
— Bah c'est pas trop mal, se contenta d'ajouter le Sokovien, soulagé.
Les nacelles se répartirent le long des falaises formées quelques minutes plus tôt.
— Faut que tout le monde embarque, ordonna Captain, alors qu'elles entamaient leur atterrissage.
— Nous avons de nombreux objets volants convergeant sur le flan tribord, monsieur, prévint Hill, à bord de l'Helicarrier.
— Ok, mettez le paquet, lui répondit simplement Fury.
— Je m'en occupe, ordonna la jeune femme dans son oreillette.
A l'extérieur, une trentaine de clones d'Ultron convergeaient vers le vaisseau, mais c'était sans compter War Machine, tout droit sorti du porte-avion volant. L'homme en armure noire fonça dans le tas, et n'eut aucune difficulté à faire exploser plusieurs des robots à l'aide de ses armes.
— Génial ! Cette fois, ils vont aimer mon histoire.
— Sûrement. Si t'es encore là pour la raconter, ricana Tony, en le rejoignant en plein vol pour l'aider.
— T'as peur que je puisse pas tenir la distance ?
— J'peux la tenir à ta place, si ça t'arrange.
— Toujours des promesses...
Les deux armures entamèrent un ballet aĂ©rien, anĂ©antissant les clones s'approchant trop près de l'Helicarrier les uns après les autres.Â
— Monsieur, reprit l'agent Hill, en pleine surveillance du combat aérien, je détecte une vingtaine d'autres objets, en approche direct. Ils seront sur nous d'ici quelques secondes.
— Stark, commença l'ancien directeur du SHIELD, vous êtes sur le point de...
— Ce ne sont pas des clones, le coupa la jeune femme.
Elle releva la tête et sur la vitre devant elle apparut une interface holographique. Celle-ci traça un cercle englobant un bout du ciel avant de l'agrandir, permettant de découvrir une petite nuée de ce qui semblait être assez proche de quinjets.
— J'ai cru comprendre que vous aviez besoin d'un petit coup de main, Nick ? annonça une voix féminine par radio.
— Parker, vieille fripouille... ricana l'ancien directeur, manifestement soulagé. Je ne me souviens pas vous avoir appelée...
— Et je vous rappelle que la Sokovie dépend du territoire de l'Ironstar. Vous n'en voudrez pas à mes agents de faire leur boulot...
Le temps de la discussion, les aeronefs s'étaient rapprochés et avaient commencé à faire feu sur les clones qui tournaient toujours autour de l’Helicarrier.
***************************
Sur le rocher, les secours s'organisaient pour faire monter à bord des nacelles les civils coincés sur place.
— Allez ! Dépechez-vous ! pressa Steve, en dirigeant un groupe de réfugiés.
Les Avengers, à l'aide des forces de police, s'assuraient de la progression des civils, ainsi que de leur sécurité, alors qu'ils regagnaient les canots de sauvetage.
— Allez, c'est bon, c'est bon. Avancez !
Près de la place, des vaisseaux de l'Ironstar commençaient à se rapprocher du sol, larguant des troupes venant prêter main forte pour l'évacuation et l'encadrement des civils paniqués.
***************************
A bord de l'Helicarrier, les différentes membres de l'équipage suivaient attentivement l'avancement du sauvetage et le remplissage progressif des navettes.
— Le canot numĂ©ro six est parĂ© et lestĂ©... Ou chargĂ©, arrimĂ©...Il est heu... Il contient Ă©normĂ©ment de monde.Â
Mais ils furent interrompus par l'activation des alarmes, prenant tout le monde de court.
— Attention ! Lança Hill, le regard rivé sur la vitre devant elle, sur laquelle fonçait un clone d'Ultron.
Lancé à trop grande vitesse, le robot prit l'équipage par surprise, et traversant le verre, vint s'écraser à l'intérieur de la passerelle, provoquant une explosion qui déstabilisa plusieurs personnes. La moitié supérieure du clone s'extirpait des débris au moment où Hill dégaina son arme, vidant son chargeur sur lui sans la moindre hésitation. Les tirs réussirent à freiner sa progression, laissant le temps à l'ancien directeur Fury de s'approcher avec un bout de débris en métal, prêt à transpercer la tête du robot. Mais d'un geste rapide, celui-ci l'arrêta, et écrasa le métal entre ses doigts d'acier, le déformant comme s'il s'agissait d'un vulgaire bout de plastique. Le clone tenta de se relever d'un coup, mais il fut interrompu alors qu'une flèche traversait son visage. Coupé dans son élan, il retomba lourdement au sol, inerte, alors que la flèche se décomposait dans un nuage de poussière noire, fine.
— Désolé, il m'a échappé, s'excusa une silhouette en armure noire et un arc à la main, qui venait de se poser sur le pont de l'Helicarrier, après être passé par le nouveau trou béant dans la vitre.
Alors que la flèche se rematérialisait dans sa main, son casque sembla se rétracter pour dévoiler son visage blond.
— Ça va aller ?
— Oui, merci, lui répondit Hill.
Voyant que les dégâts n'avaient pas l'air trop graves, son casque se remit en place, et Teddy décolla à nouveau pour rejoindre le combat aérien.
***************************
A la surface du rocher volant, l'affrontement entre Thor et Ultron battait toujours son plein.
— Tu crois pouvoir sauver qui que ce soit ? Si je tourne cette clé et que ce caillou tombe un peu trop tôt, il fera quand même milliards de morts. Même toi tu n'y pourras rien.
Le robot meurtrier tenait la gorge du dieu dans sa main d'acier, et menaçait son visage de son autre poing.
— Je suis Thor, fils aîné d'Odin, répondit le blond avec une certaine difficulté liée à l'emprise du robot. Et tant que mon coeur battra dans ma poitrine... Je... Bon, enfin bref, je suis à court d'idées là . Qu’est-ce que vous attendez ?
Comprenant que quelque chose clochait, Ultron se retourna pour voir apparaitre derrière lui Vision et Smoke, dans un nuage de fumée.
— Hé, je fais ce que je peux ! Je suis pas un taxi ! se défendit le blond, avant de disparaitre à nouveau pour retourner au coeur de la bataille.
Le nouvel Avenger tenait le marteau de Thor à la main, et sans laisser à Ultron le temps de réagir, frappa le robot avec l'arme divine en pleine poitrine, l'envoyant voler à travers les murs, plusieurs dizaines de mètres plus loin. En tendant la main, le marteau quitta la main de Vision pour rejoindre celle de Thor.
— Quelle merveille d'équilibre, fit remarquer l'être cybernétique, admiratif.
— S'il était mal équilibré, j'aurais du mal à faire des swings, alors heu... répondit le Dieu en mimant un mouvement.
***************************
Dans la ville, maintenant partiellement en ruines, le combat continuait de faire rage au sol comme dans les airs. Les supers tentaient de protéger du mieux qu’ils pouvaient les forces de l’ordre pendant qu’ils évacuaient les civils vers les nacelles de sauvetage. Parker pouvait se féliciter d’avoir ramené une force de frappe suffisante : les Avengers n’étaient pas si nombreux, et Ultron avait été prolifique pour se créer des clones.
Alors qu’il tentait d’évacuer des enfants, Chance tomba nez à nez avec Natasha, en mauvaise posture. Il tira une carte de son deck, attaché à sa ceinture. Le bouclier. Un bouclier métallique mais semi transparent se déploya entre elle et les clones qui arrivaient sur sa position.
— Plutôt pratique… fit remarquer la jeune femme.
— Coup de bol, mais ouais, ricana le brun. Je vais les occuper. Vous pouvez vous occuper d’eux ?
Du regard, il désigna les enfants. Natasha hésita un peu, mais la priorité était d’évacuer les civils, aussi elle finit par hocher la tête et profita du couvert du bouclier pour emmener les quatre petits.
— Je vais avoir besoin d’un coup de main ! lança Chance dont la carte du bouclier commençait à faiblir à force d’encaisser les tirs des robots. Teddy, tu ne peux pas tous les désactiver ?
— Pas tous d’un coup, non, répondit l’australien par radio. Et à chaque fois que je le fais, il trouve une parade qui rend plus dure la prochaine tentative. Et j’ai pas vraiment le temps de me poser pour me pencher sur la question, là !
Le bouclier montrait de plus en plus de signes de fatigue quand les cinq clones qui attaquaient Chance furent traversés l’un après l’autre par une sphère noire assez massive, détruisant leurs têtes au passage. Une fois son oeuvre faite, elle retourna sur la main de Stefan, où elle forma comme une seconde peau, noire.
— Ça te va, ça, comme coup de main ? demanda l’autre brun d’un air crâneur.
— Ouais, on va dire que ça dépanne… ricana le joueur de cartes, soulagé de pouvoir retourner en un seul morceau chercher d’autres civils pour les évacuer.
***************************
Autour de l'Helicarrier, l'affrontement continuait Ă©galement Ă faire rage entre robots et hommes en armures.Â
Alors que War Machine allait ĂŞtre dĂ©bordĂ© de tous les cĂ´tĂ©s, il fut dĂ©passĂ© par des gerbes de flamme qui vinrent littĂ©ralement faire fondre une petite dizaine de clones, avant d’être rejoint par Fynanis.Â
— Ça va ? Je ne vous ai pas touchĂ© ? s’inquiĂ©ta la jeune femme Ă forte poitrine.Â
— Non, c’est bon. Merci. C’était… Impressionnant…
Fynanis lui fit un clin d’oeil avant de repartir au combat. Iron Man avait assisté à l’échange de loin, et en regardant l’autre super féminin voler entourée de flammes, son esprit se mit en marche.
— Je sais. Il faut un bouclier thermique. Je pourrais... Je pourrais surcharger l'axe par en dessous, réfléchit Tony à voix haute.
— Je lance les calculs ! lui répondit la voix de Friday.
D'un tir, un des clones faisait exploser l'un des moteurs d'une nacelle pleine de civils, en chemin vers l'Helicarrier. Alors que War Machine se précipitait pour s'occuper du robot, le milliardaire venait placer son armure à côté du moteur grillé, pour compenser la chute, et ainsi stabiliser la nacelle.
— Un bouclier thermique ferait l'affaire avec une puissance suffisante, reprit Friday après avoir terminé ses simulations.
— Thor, j'ai un plan, lança Tony dans sa radio.
— On n'a plus le temps, lui répondit le Dieu de la même façon. Ils se dirigent vers le cœur.
***************************
Des files entières de gens accouraient toujours vers les différentes nacelles à leur disposition, essayant désespérément de quitter les lieux.
Des clones d’Ultron continuaient d’arriver pour attaquer, mais leur nombre semblait avoir radicalement diminuĂ©, comme s’ils se rassemblaient ailleurs. Cela arrangeait les Supers qui organisaient les Ă©vacuations et leur facilitait la tâche, mĂŞme si certains des derniers clones sur places semblaient rĂ©calcitrants Ă embarquer.Â
— Mais vous allez crever, oui ? s’énerva Greg en plantant un couteau en plein milieu du crâne robotique d’un des clones, qui s’écroula sur le coup. Allez, on se dépêche ! La sortie c’est par là , maniez vous un peu !
Il gueula assez fort la dernière partie en direction des civils qui n’osaient pas trop approcher.
— Rhodey, embarque les survivants à bord de cette navette.
— Ok.
— Avengers, tâchez de mériter votre salaire.
Tony quitta sa position aérienne pour foncer tout droit vers la ville flottante, et rejoindre Thor, Vision, et Quicksilver déjà en position pour défendre le coeur de la machine contre l'armée de robots en train de s'abatre sur l'édifice.
Il ne fallut que quelques secondes de plus Ă Steve pour les rejoindre, et tuer deux robots Ă coups de bouclier.
Le petit groupe fut ensuite rejoint par Hawkeye et Scarlet Witch, venant renforcer la protection du mécanisme.
— Tout va bien ? s'inquiéta le Sokovien auprès de sa petite soeur.
— Oui.
— Romanoff, lança Tony dans sa radio, où est Banner ? C'est pas trop le moment de jouer au docteur.
— Très drôle, l'homme de fer, lui répondit la rousse. On n'est pas tous capables de voler.
Elle était aux commandes d'un camion lancé à toute allure, en profitant pour massacrer tous les robots lancés sur sa route.
— On n'est pas tous capables de voler.
Il ne lui fallut que peu de temps pour rejoindre le reste du groupe, après avoir abandonné son véhicule à quelques mètres de l'édifice.
— On protège quoi ? demanda-t-elle, à peine arrivée.
— Voilà ce qu'on protège, répondit Tony en désignant le mécanisme mécanique présent au milieu de la pièce. Si Ultron arrive à s'emparer du cœur, on a perdu.
Un gros bruit dehors, suivi d'un fracas métallique, indiqua l'arrivée d'Hulk près de leur position.
— Alors mon pote, c'est tout ce que t'as dans le ventre ? hurla Thor à Ultron, arrivant également sur place, dans la rue à l'extérieur.
Le robot en vibranium haussa une main, comme un signe de ralliement pour tous les clones restants, qui se mirent à courir de plus belle pour le rejoindre, près du coeur.
— C'était nécessaire ? demanda Steve d'un air blasé.
— Voilà ce que je peux faire de mieux, répondit le robot au dieu blond. Et c'est exactement ce que je voulais. Chacun des vôtres contre chacun des miens. J'aimerais bien savoir comment vous comptez me vaincre.
— Hé bien... Comme l'a dit le vieillard... répondit Tony en jetant un coup d'oeil rapide à Cap. Ensemble.
Le Hulk poussa un long rugissement, alors que les robots se remettaient à courir pour donner l'assaut. Ils étaient encore des centaine à arriver en courant, volant, escaladant les murs. Tous fondant sur la même cible, le coeur de métal, protégé par le groupe de supers héros.
— Hé, vous auriez pu nous attendre un peu pour vous amuser ! Gardez pas tout pour vous ! ricana Guardian en arrivant par les airs pour rejoindre le combat, faisant s’écraser violemment plusieurs clones contre un de ses champs de force.
Il fut rejoint quelques secondes plus tard par Fynanis, Teddy, et Juan qui se posèrent également à côté des Avengers au moment où les robots fondaient sur eux.
Chacun s'activait pour protĂ©ger du mieux qu'il le pouvait le mĂ©canisme, Ă l'aide de ses pouvoirs ou de ses Ă©quipements. Les robots arrivaient de partout et dans tous les sens, mais le nombre des Supers leur permettait d'obtenir une bonne couverture de la pièce dans laquelle se dĂ©roulait la bataille.Â
La force de Captain et son bouclier lui permettaient de donner des coups mortels aux robots passant Ă proximitĂ©. Les pouvoirs de Wanda lui permettaient de dĂ©chirer les machines de l'intĂ©rieur, les faisant imploser en bouts de mĂ©tal. Nick se servait de ses champs de force pour protĂ©ger les autres, et de sa tĂ©lĂ©kinĂ©sie pour arracher les tĂŞtes des clones s’approchant trop près du coeur. Thor alliait la force de son marteau et la foudre pour venir Ă bout de ses adversaires. Juan, lui, usait principalement de sa force brute, se servant de ses muscles et de ses ailes pour lutter efficacement contre les robots. La vitesse de Quicksilver lui permettait de frapper et d'Ă©chapper aux coups avant que les robots n'aient le temps de rĂ©aliser ce qu'il leur arrivait. La puissance et la taille de Hulk lui permettait de rĂ©duire en miettes et de propulser Ă plusieurs mètres tous ceux qui tentaient de s'en prendre Ă lui. Fynanis alternait entre combat aĂ©rien et au sol, utilisant de son pouvoir pour crĂ©er des alternances de tempĂ©ratures extrĂŞmes et fatales au robots, qui fondaient ou explosaient sous l’effet du gel. Les blasters d'Iron Man ne faisaient qu'une bouchĂ©e des tĂŞtes mĂ©talliques des robots, laissant le reste de leurs corps inertes au sol. Clint alliait combat rapprochĂ© et flèches explosives pour venir Ă bout des assaillants, tout comme Natasha qui se servait de ses compĂ©tences exceptionnelles de combat et de ses armes Ă feu. Les flèches de Teddy n’explosaient pas, mais leur capacitĂ© Ă se rĂ©intĂ©grer immĂ©diatement dans son carquois lui permettait une vitesse de tir assez impressionnante. Vision avait portĂ© le combat dans les airs, contre Ultron, n'hĂ©sitant pas Ă projeter un laser depuis la pierre d'infinitĂ© qui ornait son front.Â
Ne pouvant pas voler, Ben était arrivé quelques secondes après les autres, prenant les robots à revers. Il était passé en Rage Mode, son corps étant maintenant gonflé de puissance, et il ne lui fallait pas beaucoup d’efforts pour démolir les robots qui tombaient sous le coup de ses poings.
Le combat dura un moment, et c’est finalement à l’aide d’un laser bien placé que Vision parvint à projeter hors du temple leur ennemi principal. Aidé de la foudre de Thor et des blasters d'Iron Man, tous les trois s'allièrent pour ouvrir un feu continu contre le robot. Le vibranium le constituant résista un moment, mais la chaleur finit par venir à bout de son intégrité structurelle, et sa tête commença à se désagreger sous les effet des tirs permanents.
— En fait, tout bien réfléchi, je me demande si... commença Ultron, en luttant pour se relever.
Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase : Hulk l'envoya voler dans les airs d'un coup de poing violent en pleine tête. Cela sembla affoler les autres clones, qui après avoir regardé la scène quelques secondes, interdits, firent demi-tour pour se mettre à courir vers les bords du rocher volant.
— Hé, plutôt cool ! fit remarquer Ben à quelques mètres de là d’où il avait assisté à la scène, le corps transformé en roche et veiné de lave.
Il était en train de massacrer d’autres clones, et Hulk, à qui la remarque avait été adressée, s’arrêta quelques secondes pour le fixer, surpris de retrouver un autre Super dont le physique se rapprochait un peu du sien. Il émit un grognement appréciatif, et après un fist bump qui aurait détruit tous les os du bras à n’importe qui, mais qui sembla laisser Ben relativement intact, le super vert s’élança à toute allure.
— Ils essaient de quitter la ville, fit remarquer Thor.
— Il faut même pas en laisser passer un, s'inquiéta Tony. Rhodey.
— J' suis là , lui répondit son meilleur ami, dirigeant son armure vers l'essaim de robots en train de s'envoler. Oh non. Vous n'allez pas quitter la ville.
Il n'hésita pas avant de commencer à canarder les cibles à l'aide de ses armes à feu.
— War Machine passe à l'action !
Il fut coupé dans sa phrase par la surprise de voir un robot exploser devant lui : Vision venait d'arriver pour lui prêter main forte, et les machines tombaient comme des mouches sous sa puissance.
— Mais c'était quoi ? demanda le militaire, abasourdi.
***************************
— Faut qu'on évacue, fit remarquer Steve, sur la ville volante. Même moi je trouve que ça sent le roussi. Rejoignez les canots. Je rassemble les retardataires. Je vous rejoindrai.
— Et le cœur ? demanda Hawkeye en regardant la machine enfoncée dans le sol, au centre de la pièce.
— Je le protégerai, répondit Wanda, sûre d'elle. C'est mon rôle.
Clint la fixa quelques secondes, avant de hocher la tĂŞte.
— Natasha. Suis moi.
L'archer tourna la tête vers sa collègue, et tous les deux quittèrent la pièce pour aider le reste des civils, rapidement suivis par Steve. Quicksilver, lui, revint à l'intérieur, en profitant pour démolir un robot dans son sprint.
— Fais embarquer tout le monde à bord, lui ordonna sa soeur.
— Me demande pas de t'abandonner.
— Je saurai me défendre, le rassura la rousse, alors qu'elle explosait un robot retardataire à l'aide de ses pouvoirs.
Devant la démonstration des pouvoirs, le grand frère ne put qu'acquiescer.
— Reviens quand tout le monde sera sain et sauf. Pas avant. Est-ce que c'est clair ?
— Tu sais, je suis né 12 minutes avant toi !
— Cours.
Maintenant que le plus gros de la bataille semblait derrière eux, Tony faisait de nouveau cap vers le dessous du rocher, pour observer de plus près le mécanisme permettant à la ville de voler.
— Patron, le niveau d'énergie est en-dessous du...commença Friday.
— Faut tout reconfigurer. On a une seule chance.
***************************
Sur le bord des falaises, les civils continuaient de s'accumuler, remplissant tout le temps les navettes qui faisaient des allers et retour entre la ville et l’Helicarrier.
Au loin, à côté des canots, on apercevait Juan qui avait rejoint le bord du rocher. Ses ailes étaient clairement discernables de loin, et il aidait à évacuer en prenant deux ou trois personnes à même ses bras, qu’il emmenait directement sur l’hellicarier pour ne pas perdre de temps.
— Je sais ce qu'il faut que je refasse, lança Clint, à bord d'une décapotable dans laquelle il conduisait avec Natasha pour rejoindre les civils. La salle à manger. Je suis sûr qu'en faisant sauter un mur, ça ferait un espace de travail pour Laura, hein ? Isolation acoustique : elle entendrait plus les enfants jouer. Qu'est-ce que t'en dis ?
— Vous mangez toujours dans la cuisine, en fait, répondit Nat', d'un air un peu discret.
— Personne ne mange dans une salle à manger.
Au loin, des bâtiments continuaient d'exploser, endommagés par les dégâts du décollage et de la bataille. Des bruits de combat et des rugissement de Hulk résonnaient jusque là ils étaient.
— On n'a pas une minute à perdre, s'inquiéta Clint.
— Les canots t'attendent, remue toi, lui répondit Natasha en sortant de la voiture.
Elle s'éclipsa pour partir en direction du bruit, et localisa Hulk assez rapidement. Elle accouru vers lui et fixa le géant vert en enlevant un gant.
— Salut, mon grand. Le soleil va bientôt se coucher.
***************************
Non loin de lĂ , Clint arrivait au niveau des navettes, soulagĂ© de pouvoir se reposer quelques secondes.Â
Les supers continuaient de s’affairer à l’évacuation tout en protégeant la population des clones restant. C’était peut être la fatigue mais l’espace d’un instant il aurait juré avoir vu une nonne faire s’abattre la foudre sur un robot. Mais c’était probablement juste Thor. Ou la fatigue.
Mais il méritait bien de prendre une petite minute de pause. Du moins, c’était ce qu’il se disait. Jusqu’à ce qu'une femme blessée attire son attention.
— Costel ! On était au marché ! Costel !
D'un regard, le tireur d'élite avait localisé l'enfant, au loin, au milieu des décombres. Il n'hésita qu'une demie seconde, le temps de pousser un soupir, avant de se diriger vers lui au pas de course. Il fut surpris et dut faire un bond de côté pour éviter un mur de ronces qui venait de surgir à une vitesse extrêmement rapide du sol.
— Désolé ! lança Romeo, qui n’avait pas vu Clint.
— Y a pas de mal, répondit Hawkeye, en comprenant que le mur de ronces avait servi à couper la route à deux clones.
Les ronces avaient rapidement commencé à se tordre et elles les entouraient, serrant de plus en plus fort jusqu’à démembrer les corps robotiques.
Il regarda la scène quelques secondes avant de reprendre sa course en se souvenant de l’enfant qu’il devait sauver.
***************************
Sous la ville volante, Iron Man utilisait son laser pour pouvoir pĂ©netrer le mĂ©canisme anti-gravitationnel. Il ne lui fallut pas longtemps pour venir Ă bout du mĂ©tal et se frayer une ouverture Ă l'intĂ©rieur,Â
— Thor, j'ai besoin de vous dans l'église, annonça Tony dans sa radio.
— Ça y est ? Ce sont les derniers ? Demanda Thor à Tony, après qu'il ait ramené des civils près d'une falaise.
— Oui. Tous les autres sont dans le transporteur.
— Cela dit, si ça marche, continua Tony par radio, on va peut-être pas s'en tirer.
— Peut-être pas, répondit le Dieu, que l'idée ne semblait pas effrayer plus que cela.
Natasha tendit la main vers Hulk. Celui-ci la fixa d'abord d'un air réticent, mais sembla finir par se résigner et s'approcher d'elle, laissant l'espionne approcher sa main de celle qu'il lui tendait. Mais avant que le contact physique entre les deux ne puisse s'établir, un tir automatique rapide ciblant Hulk projeta Natasha en arrière, et força le géant à reculer pour trouver un abri. Ultron, dans le Quinjet qu'il avait volé, survola la scène en chantonnant.
— Sans aucun lien, Je me tiens bien. Je ne titube ni ne chancelle....
Clint venait d'arriver près de l'enfant coincĂ© dans les dĂ©combres. Il s'agenouilla et l'aida Ă s'extraire de lĂ , alors qu'Ultron et son Quinjet approchaient. Les tirs rapides recommencèrent, faisant voler Captain et Thor, et touchant mortellement plusieurs civils qui s'effondrèrent au sol sous la violence de l'assaut.Â
Pris par surprise, Juan qui était prêt à décoller non loin de là se plaqua au sol. Il referma ses ailes autour de la famille qu’il voulait emmener, et eut tout juste le temps de s’entourer d’un dôme épais de sable compacté avant que les balles ne volent à l’endroit où ils se trouvaient.
Décidé à tenter de sauver coute que coute l'enfant, Hawkeye décida de l’imiter et s'agenouilla pour le recouvrir, transformant son corps en bouclier, sous le regard effaré de Quicksilver, qui s'élança.
Les tirs cessèrent, et a la grande surprise de Clint, il avait été épargné par les balles. Tout comme l'enfant qu'il protégeait. Il regarda autour de lui, abassourdi, et s'assura que l'enfant allait bien, avant d'apercevoir Pietro, à un mètre de lui. Le corps criblé de balles.
— Celle là , tu l'as pas vue venir...
Le super aux cheveux argentés ne réussit à tenir debout qu'une demie seconde de plus, avant de s'effondrer au sol, dans la poussière.
***************************
Dans l'église, sa jumelle s'immobilisa, ressentant la perte de son frère. Et en hurlant, et se laissant tomber à genoux, une vague de pouvoir générée par sa douleur immola la totalité des robots qui tentaient de pénétrer dans l'église.
Thor décolla, à l'aide de son marteau, alors que Cap se dirigeait vers Hawkeye pour l'aider, le trouvant penché sur le corps sans vie du Sokovien, les yeux encore ouverts. Clint prit dans ses bras l'enfant qu'il venait de sauver, alors que Steve prenait contre lui le cadavre de Pietro.
Portant Natasha dans ses bras, Hulk utilisa sa super force pour se propulser directement des falaises vers l'Helicarrier, où il la déposa délicatement, avant de bondir à nouveau. En un rebond, il réussit à se projeter sur le Quinjet d'Ultron, d'où il l'arracha du poste de pilotage, et le lança à travers la porte ouverte de la soute. Le robot en vibranium s'écrasa lourdement dans les restes d'un tramway abandonné.
***************************
A bord d'une des navettes, Cap déposa délicatement le corps de PIetro sur le sol. Clint arrivait avec l’enfant, juste derrière.
— Il nous faut un médecin ! hurla Cap, en regardant autour de lui.
— Zrinka !
— Costel ! Mon bébé !
La mère et l’enfant en pleines retrouvailles furent bousculés par Kenan, qui les poussait pour arriver jusqu’à Pietro.
— Il ne respire plus… expliqua Cap, assez tristement, en regardant le corps meurtri de l’autre super.
— Il n’est peut être pas trop tard… Marie, venez me donner un coup de main !
Alors que l’androide médicale se dirigeait vers eux, le druide s’agenouilla auprès du corps de Pietro. Un lit d’herbe semblait pousser de nulle part sous le corps sans vie. Plusieurs lianes en émergèrent et s’enroulèrent autour des membres du super, avant de commencer à luire doucement.
Clint, blessé, se dirigea vers un des sièges pour s'y laisser tomber.
— Non, non, ça va, lança-t-il à l'infirmier qui venait d'arriver auprès de lui.
L'homme n'insista pas et partit d'occuper d'autres patients, alors que Hawkeye s'allongeait sur plusieurs sièges, aux côtés du corps de Pietro.
— Ça a été une longue journée.
***************************
Dans le tramway oĂą le corps d'Ultron gisait, la jeune Sokovienne le rejoignit, ses pouvoirs entourant sa main droite de lueurs rouges.
— Wanda, l'apella le robot d'une voix faible. Si tu restes ici, tu est morte...
— Je le suis déjà , lui répondit la rousse d'une voix trahissant toute sa douleur. Tu sais ce qu'on ressent en mourant ?
D'un mouvement de la main, la sorcière agrippa le coeur métallique du robot à l'aide de ses pouvoirs. Et petit à petit, elle l'arracha jusqu'à ce que tous les fils s'arrachent et que le coeur soit attiré dans sa main. La jeune femme fixa Ultron, et le coeur qu'elle tenait dans sa main, à sa merci.
— Hé bien voilà ce qu'on ressent.
***************************
Alors que les tout derniers civils finissaient d'embarquer à bord, sous l'oeil attentif de Steve, une moitié de robot vaincue dans l'église profitait de l'absence de Wanda, partie prendre sa revanche sur Ultron, pour atteindre le mécanisme.
D'un coup, la ville se mit Ă tomber, laissant tout juste Ă Cap' le temps de sauter sur une nacelle, et Ă©crasant Iron Man. Non seulement le rocher s'Ă©tait mis Ă tomber, mais partout Ă travers la ville, les propulseurs s'inversaient, et se mirent Ă accĂ©lĂ©rer d'autant plus la vitesse Ă laquelle le rocher se rapprochait du sol.Â
— Patron, interpella la voix de Friday dans le casque de Tony qui peinait à se sortir de sous la ville flottante, l'inversion des propulseurs remet en cause mes calculs. Le rocher gagne en vitesse beaucoup plus rapidement que prévu, et à ce rythme, l'inversion thermique n'est plus garantie.
— Est-ce que tu peux relancer une simulation pour prendre en compte les nouvelles variables ?
— Négatif, anticiper et compenser les variations de vitesse me prendrait trop de temps pour permettre de mettre en oeuvre le plan, vu le temps restant avant l'impact.
— Fury, on a un problème, prévint le milliardaire par radio. Ultron vient de bousiller mon plan. Si on veut empêcher l'impact, il faut trouver un moyen de ralentir la chute du rocher si on veut pouvoir l'empêcher de s'écraser à pleine puissance.
— Et comment est-ce que vous voulez qu'on arrête la chute d'une telle masse, Stark ? Répondit la voix de l'ancien directeur du S.H.I.E.L.D
— Moi, j'ai peut être une idée, répondit une autre voix par radio.
Près de Tony, une silhouette volante blonde s'approchait et se stabilisa à quelques mètres de lui.
— Qu'est-ce qu'il vous faut, exactement ? Demanda Nick une fois qu'il se fut arrêté.
— Il faut ralentir la chute du rocher quelques secondes. Suffisamment pour compenser l'augmentation de sa vitesse et pouvoir ajuster nos calculs. Actuellement elle est trop rapide et variable pour pouvoir exécuter mon plan. Il faudrait la stabiliser un peu.
— Stabiliser, je ne sais pas. La ralentir, je peux peut être essayer.
— Comment ? Demanda Stark, surpris.
Nick se tapota juste la tempe avec un petit sourire en coin, avant de plonger pour se placer plus bas, sous le rocher.
— Nick, tu ne peux quand même pas sérieusement penser que... commença Elric, par radio.
— Si, le coupa le blond, en communiquant mentalement cette fois pour que ça reste entre eux. J'arrive à soulever de plus en plus de poids. Je peux le faire. Je dois le faire.
— Nick, tu arrives à soulever plusieurs dizaines de kilos facilement. Quelques centaines dans tes meilleurs jours. On parle de tonnes. De milliers de tonnes ! L'effort seul te tuera !
— Tu n'en sais rien. Moi non plus. Mais si je n'essaye pas, on sait ce qui arrivera.
— Je t'en pris, Nick, ne...
— Je t'aime, Elric. N'en doute jamais. Quoi qu'il arrive.
— Si on veut pouvoir le faire, on n'a plus que quelques secondes... prévint Tony par radio, les coupant dans leur conversation.
— Il est temps de s'y mettre, alors...
Nick se stabilisa sous la ville. Il ferma les yeux et inspira profondément. D'un geste, il coupa sa radio alors qu'Elric le suppliait de ne pas le faire, se moquant d'être entendu par tout le monde. Le blond devait se concentrer, et la peur de le perdre dans la voix du doc lui brisait le cœur. Trop pour qu'il puisse réfléchir à la tâche. Il se concentra à la place sur sa respiration pendant une demie seconde. Il n'avait pas de temps à perdre, de toute façon. Il rouvrit les yeux et tendit les deux bras en avant mais alors qu'il tentait de former une barrière sous la ville, il se retrouva entrainé par la chute, incapable de résister à la pression imposée par le rocher. Il hurla en ressentant la douleur parcourir son corps. Il n'avait pas réussit à la freiner, et pourtant il n'avait jamais ressenti une douleur aussi intense, aussi profonde. Mais il ne fallait pas qu'il abandonne. Il ne pouvait pas. De nouveau, il tendit la main pour réessayer, mais l'effet fut le même : à peine son champ de force placé sous le rocher, celui-ci était passé à travers, le détruisant instantanément et le plongeant dans une nouvelle vague de souffrance, et le faisant chuter en même temps de plusieurs dizaines de mètres.
Alors qu'il se stabilisait, son regard se posa sur la flotte de vaisseaux au dessus, toujours en train de combattre l'armée de clones. Dans l'un d'eux se trouvait Elric. Ce n'était pas pour se dépasser qu'il fallait qu'il réussisse. Ni pour sauver le monde. C'était pour sauver Elric. Il fallait qu'il réussisse. Pour lui. Il n'avait pas le choix.
— Je veux pas te mettre la pression, gamin, mais on est presque à court de temps… avertit la voix de Stark, qui avait du trouver le moyen de rallumer malgré lui sa radio.
Comme s’il ne le savait pas déjà . Les pensées du blond fusaient à la vitesse de l’éclair : le rocher était trop gros pour utiliser la télékinésie telle qu’il l’utilisait habituellement. Et les champs de force semblaient n’être qu’une plaque de verre qu’il explosait au contact. Peut être qu’il fallait qu’il prenne en compte la forme du rocher ? Il n’avait jamais été très doué pour modeler ses champs de force mais dernièrement il avait réussi à former des sphères plus que de simples murs. Peut être que s’il pouvait placer un champ de force qui embrasse la forme du rocher, il n’exploserait pas aussi facilement ? Et s’il n’explosait pas, il pourrait peut être le maintenir suffisamment longtemps pour ralentir la chute.
Le blond se laissa tomber en chute libre sur une centaine de mètres pour prendre de l’avance par rapport au rocher. Il profita de sa descente pour analyser un peu plus en dĂ©tails la forme de son adversaire qu’il allait devoir arrĂŞter. Ça demandait un peu plus de travail que d’habitude, mais Ă©trangement, il s’en sentait capable.Â
Nick prit une profonde inspiration. C’était le moment où jamais. Il n’aurait peut être plus le temps d’un nouvel essai. Il n’avait plus le droit à l’erreur.
— Croisez les doigts, répondit simplement Nick à Iron Man.
Le blond était sur le point de fermer les yeux pour se concentrer, comme il le faisait d’habitude, mais non : cette fois, il valait mieux garder les yeux sur sa cible. Il prit une profonde inspiration et dessina mentalement un champ de force d’une forme grossière mais proche de celle du rocher. Mais cette fois, au lieu de l’imaginer fixe, il l’imagina mouvante. Se déplaçant d’abord à la même vitesse que la ville tombante. Et quand il fut sûr de son champ de force, il ralentit le mouvement de la barrière invisible, sans l’arrêter complètement, sans la fixer dans l’espace. Il sentit la douleur parcourir son corps comme les premières fois. Non, plus intense encore. Là où elle avait duré un quart de seconde alors que son champ de force se désintégrait, là , elle perdurait. Parce que son champ de force ne s’était pas désintégré. La douleur transperçait chaque membre de son corps mais il sentait une détermination sans faille couler dans ses veines. Il hurlait de douleur et de rage, alors que l’effet commençait à se déceler sur les capteurs : la chute du rocher était bien en train de ralentir.
— Merde, ça marche ! Tiens bon, gamin. Friday ?
— Ajustement des calculs en cours, patron. Encore une petite seconde… C’est bon. J’ai l’angle et l’intensité.
Quelques secondes après que le rocher ait commencé à ralentir, il reprit son accélération, signe que le champ de force de Nick avait fini par lâcher. Mais ils avaient déjà ce qu’il leur fallait.
Sans perdre de temps, Tony se dirigea vers l'ouverture dissimulĂ©e sous la ville, et tira Ă l'aide de son laser principal en plein sur le coeur selon les consignes gĂ©nĂ©rĂ©es par la simulation, et crĂ©ant ainsi une dĂ©charge Ă©nergie se propageant Ă travers les diffĂ©rents mĂ©canismes responsables de l'envol du rocher.Â
— Thor, à mon signal !
Le dieu leva son marteau en l'air, la foudre s'abattant sur celui-ci et commençant ainsi Ă accumuler une forte charge Ă©lectrique. La surface infĂ©rieure de ce qui avait autrefois Ă©tĂ© une ville commençait Ă s'enflammer Ă cause des forces de frottement avec l'atmosphère, se dĂ©sagrĂ©geant en poussière et dĂ©bris. La surface, elle, Ă©tait proie aux fumĂ©es et violemment frappĂ©e par les Ă©clairs rĂ©pĂ©tĂ©s en direction de Thor.Â
Wanda, restĂ©e dans la ville, commençait Ă littĂ©ralement perdre pied, le rocher tombant plus vite que la gravitĂ© ne la maintenait dessus. Mais c'Ă©tait sans compter sur Vision, bravant les dĂ©bris de plus en plus nombreux, et naviguant Ă travers ceux-ci avec une dextĂ©ritĂ© aĂ©rienne impressionnante. Alors qu'un peu plus loin, la foudre continuait de s'accumuler, il la saisit dans ses bras protecteurs, et tous les deux sortirent juste Ă temps du rayon du rocher.Â
— Maintenant ! rĂ©sonna la voix de Tony.Â
Dans un grognement de rage, Thor abattit son marteau sur le socle avec lequel Ultron avait activé son arme. La foudre cumulée frappa violemment la cible, alors qu’une onde de choc sans précédent frappait la ville et parcourait le rocher, le faisant littéralement imploser en un million d’éclats. Les morceaux retombèrent avec force dans la masse d’eau située en dessous, créant une pluie de roche enflammée impressionnante.
— Est-ce que quelqu’un voit Nick ? demanda la voix morte d’inquiétude d’Elric par radio.
— Je scanne les alentours de la ville pour voir si… commença Teddy.
— Je le vois, coupa Juan. Il est en chute libre.
Dans le vaisseau de l’Ironstar, il fallut quelques secondes de plus aux capteurs pour déterminer la position de Nick. Celui-ci ne répondait plus mais son corps se trouvait en plein milieu de la pluie de météorites.
— Je vais le chercher, grogna la voix du Sphinx à la radio.
— Non, Juan, t’es pas équipé pour, si les rochers te touchent… protesta Teddy, qui était déjà en plein vol pour rejoindre Nick.
Mais l’espagnol n’en fit qu’à sa tête et les deux supers continuèrent leur plongée à travers la pluie de rocher, devant tous les esquiver l’un après l’autre. A la radio, Elric continuait d’appeler Nick, dans l’espoir qu’il se réveille. Mais le corps du blond continuait de dériver et de chuter sans le moindre signe de contrôle de trajectoire.
— Nick, attention ! hurla Teddy par radio.Â
Quand la ville avait explosé, il ne se trouvait pas directement en dessous, mais des rocher étaient partis dans toutes les directions, et un rocher presque aussi gros que lui venait de heurter le super de plein fouet, déviant sa trajectoire, et augmentant la vitesse de sa chute.
— Oh merde, reprit l’australien, vu l’angle de sa chute… Le rocher vient de le dévier. Il ne va plus tomber dans l’eau mais s’écraser directement sur le sol. Et je ne suis pas sûr que l’un de nous deux ne soit assez rapide pour l’intercepter…
Juan grogna en entendant la nouvelle et plia ses ailes encore un peu plus pour essayer de prendre de la vitesse. De son côté, Teddy l’imita en changeant de position pour tenter de gagner la vélocité qui leur manquait. Ils se rapprochaient petit à petit de lui, mais ils devaient continuer d’éviter les rochers qui tombaient, ce qui les ralentissait toujours un peu plus, alors que Nick, lui, se rapprochait de plus en plus du sol.
— Envoyez une Ă©quipe mĂ©dicale au sol, ordonna Parker Ă bord du vaisseau, voyant qu’ils n’arriveraient probablement pas Ă temps.Â
Elle ne protesta même pas quand Elric se précipita vers les navettes sans demander l’autorisation de faire partie de l’équipe.
Après une longue descente, Teddy et Juan avaient fini par sortir de la zone de la pluie de météorites et pouvaient à nouveau gagner en vitesse. Mais les deux avaient bien compris que c’était trop tard. Le corps de Nick n’était plus qu’à quelques mètres du sol. Et quand eut lieu l’impact, sous un hurlement de Teddy et un grognement de Juan, un nuage de poussière impressionnant s’en dégagea. Les deux atterrirent quelques dizaines des secondes plus tard, et avec quelques coups d’ailes, Juan réussit à dissiper le nuage de poussière.
Le corps de Nick reposait au creux d’un cratère de plus de deux mètres, creusé par l’impact.
— Merde alors… s’exclama Juan, alors que Teddy ne cachait pas non plus sa stupéfaction.
Ils descendirent tous les deux comme ils purent pour arriver jusqu’au corps de Nick. Celui-ci reposait sur le sol. Complètement intact. Teddy s’agenouilla et posa une main sur son torse. Il respirait toujours, doucement mais sûrement. La force d’un tel choc aurait du réduire son corps en miettes. Mais il ne présentait pas la moindre trace de sang. Pas la moindre blessure. C’était comme s’il s’était simplement allongé dans le trou, avant de s’endormir.
Ils eurent beau l’appeler, sans trop oser le secouer, en revanche, ils ne purent rien y faire : le blond refusa de reprendre connaissance. Et l’arrivée de l’équipe médicale, et d’Elric, n’y changea rien. Bien que toujours en vie, Nick semblait être tombé dans une sorte de coma.














