Le Sphinx emmène Sinduh au zoo ou dans une réserve naturelle
Sinduh s'était réveillé assez tôt ce matin là. Toujours allongé dans son lit de camp, installé parmi le sable, il fixait le Sphinx, encore endormi sur sa poutre. Quelque part, il avait du mal à comprendre comment on pouvait dormir comme il le faisait. Mais en même temps, il était aussi loin d'être quelqu'un de normal. Son torse musclé se soulevait régulièrement, au rythme de sa respiration calme, signe d'un sommeil paisible. Il le regarda un long moment, admirant un peu la musculature du brun. Que ce soient ses bras, ses abdos, ou ses pectoraux... Il avait vraiment un physique impressionnant. Et même si jusque là, il avait plutôt été attiré par des gens de sa corpulence... Il devait avouer que c'était des plus plaisants. Mais, encore une fois, après tout, il n'avait encore jamais rencontré quelqu'un comme lui. Au bout d'un moment, sa respiration se fit un peu moins irrégulière, et le colosse finit par ouvrir les yeux, qu'il baissa immédiatement vers lui. Ils échangèrent un sourire, et le Sphinx gonfla un peu ses muscles en déployant ses ailes. Sinduh n'arriva pas à déterminer si c'était pour s'étirer, ou juste pour se mettre en avant comme il aimait le faire. La pensée le fit sourire.
Juan se laissa tomber de la poutre, ses ailes battant légèrement pour arrêter sa chute, et il se posa en douceur dans le sable. Le jeune Avatar en profita également pour se redresser dans son lit, le bas de son corps nu toujours couvert par les draps.
— Je te laisse la douche en premier ? proposa Juan. — Vu la poutre entre tes jambes, t'as l'air d'avoir plus besoin d'une douche froide que moi.
Le Sphinx poussa un petit grognement amusé. Au final, depuis qu'ils s'étaient rencontrés, ils n'arrêtaient pas de se chercher, frôlant parfois la catastrophe, mais ce petit jeu l'amusait beaucoup. Et avec le petit blond, Juan était enfin tombé sur quelqu'un qui n'avait pas peur de parler de cul, ou qui se choquait pour un rien. C'était assez agréable.
— Non, vas-y, ne t'inquiètes pas pour ça.
Avec un petit ricanement, Juan mit en avant son paquet tendu. Le mouvement attira le regard de Sinduh, ce qui ne fit qu'agrandit le sourire du Sphinx.
— Si tu le dis.
L'Avatar lui fit un petit clin d'oeil et se leva, dévoilant sa nudité complète. Pour le coup, le jeune homme n'était pas pudique pour un sous. Ou du moins, pas en présence de Juan. Une belle érection entre les jambes, il se dirigea vers la salle de bains, conscient du regard du colosse posé sur ses fesses, ce qui, à son tour, lui procura un petit sourire plein de fierté. Lorsqu'il ressortit de la douche une dizaine de minutes plus tard, il revint dans la pièce à vivre avec juste sa serviette autour de la taille. Juan l'attendait, adossé à un des piliers du hangar, les bras croisés. La bosse entre ses jambes avait légèrement dégonflé, même si on constatait toujours une zone humide qui fit sourire l'Avatar.
— Je t'ai préparé de quoi manger un peu, pendant que je me lave, lui expliqua gentiment le brun. — Oh... Merci, c'est gentil. Fallait pas te donner la peine... — Tu es mon invité. C'est normal que je m'occupe de toi.
Il lui sourit, et Juan partit vers la salle de bain. Quand il ressortit de la douche, les cheveux encore humide et un pantalon propre sur les jambes, le jeune Avatar attendait, habillé, le brun sur le bord de son lit.
— J'ai eu une idée, pour aujourd'hui, commença le Sphinx avec un petit sourire. — Ah oui ? Quoi donc ? demanda le blond, manifestement curieux. — C'est une surprise. Tu verras bien. Mais on ne peut y aller que si je t'emmène dans mes bras.
Sinduh haussa un sourcil.
— C'est vrai, ça ? — Non, ricana Juan, mais je préfère quand tu voyages contre moi.
Le blond haussa les épaules avec un sourire amusé.
— Il faut reconnaitre que c'est pas déplaisant. Et moins fatiguant pour moi... D'habitude, c'est pas moi qui vole, j'ai pas vraiment l'habitude de le faire sur de longues distances. — Alors que moi, si. Je suis plutôt endurant.
A nouveau, l'Avatar ricana du double sens.
— Je me doute, répondit le blond, clairement amusé. Tu es prêt ? — Quand tu voudras.
Il ouvrit les bras, et Sinduh quitta son lit pour venir s'y blottir, dos contre le torse du Sphinx.
— Non, dans l'autre sens, le corrigea Juan. Pour garder la surprise plus longtemps. — C'est pas plutôt pour que je me serre contre toi ? — Peut être. Mais l'autre sens à aussi ses avantages, à certains endroits...
Ils rigolèrent un peu tous les deux, en même temps, et quand Sinduh vint coller son torse contre celui du colosse, il put sentir que le simple fait de parler de ça avait suffit à déclencher un début de trique au Sphinx. Comme il en avait prit l'habitude, le plus petit des deux produisit un courant d'air ascendant, dont le Sphinx se servit pour décoller, et passer par la fenêtre.
Dans cette position, Sinduh ne pouvait effectivement pas voir grand chose : ses yeux dépassaient à peine de l'épaule du brun, et il ne voyait que le ciel, ou quelques hauts bâtiments quand il descendait un peu pour reprendre de la vitesse. Cela dit, ça ne le gênait pas forcément plus que ça : il aimait aussi la position, les bras noués autour du torse du Sphinx, le nez dans son cou. Le brun avait cette odeur assez caractéristique franchement agréable. Et comme les dernières fois, il en profitait pour caresser doucement le dos de Juan, bien que n'osant pas s'aventurer jusqu'aux ailes, puisqu'elles étaient en mouvement. Il n'en avait d'ailleurs que caressé la base, jusque là. Le blond n'avait jamais vraiment osé caresser les ailes en elle même. Mais de ce qu'il pouvait en juger par la pression contre sa propre entrejambe, le Sphinx avait l'air d'apprécier.
Ils se posèrent après au moins une bonne vingtaine de minutes de vol. Ils devaient s'être un peu éloignés de la ville, car Sinduh apercevait beaucoup moins de gratte ciels.
— Où est-ce qu'on est ? demanda l'Avatar, en se séparant du Sphinx. — Le zoo de Néocity, répondit Juan en souriant. — Le zoo ? Qu'est-ce que c'est ? — Un endroit où on préserve des animaux sauvages. — Oh !
Le visage du blond s'éclaira : il adorait les animaux. Juan prit les devants, et leur paya deux entrées. Heureusement que la plupart des enclos présentaient un petit panneau donnant des informations sur l'espèce animale qu'ils contenaient : Sinduh n'en avait jamais croisé la plupart. Il resta en admiration un moment devant une tortue centenaire, racontant à Juan les légendes sur les tortures-lion qu'il avait entendues quand il était petit, ces créatures géantes aux immenses pouvoirs et à la très grande sagesse. Ils assistèrent à un spectacle marin qui le fit beaucoup rire, notamment les otaries, et un autre où des oiseaux de proie volaient au dessus du public de façon synchronisée. L'Avatar était impressionné par le niveau de dressage que cela devait demander, même si Juan marqua un point en disant qu'au final, il faisait la même chose avec son oiseau-dragon.
Il fit sourire le Sphinx en craquant complètement devant les pandas : selon le brun, vu le physique de l'Avatar, on ne s'attendait quand même que peu à le voir complètement gaga devant des animaux, ce qui lui valut un petit coup de coude. Sinduh lui glissa d'ailleurs à voix basse qu'au final, il préférait l'être devant des animaux que devant son cul, ce qui les fit rire tous les deux.
Un peu plus loin, dans la zone tropicale, il resta un bon moment à regarder deux alligators allongés l'un contre l'autre. Juan eut beau ne pas comprendre ce qu'il trouvait d'intéressant, l'Avatar éprouva une certaine fascination pour ces animaux, sans qu'il sache vraiment expliquer pourquoi. Les giraffes l'impressionnèrent relativement aussi : il savait ce que ça faisait d'avoir les pieds sur terre, et d'être assez haut dans les airs pour avoir une vue surplombant les environs, mais il ne pouvait s'empêcher de se demander quelle sensation cela devait procurer d'avoir les deux en même temps.
Quand ils arrivèrent dans la zone réservée aux grands félins, il s'arrêta près de l'enclos des guépards, et sourit.
— Alors c'est comme ça qu'ils s'appellent... — Tu en as déjà vu ? lui demanda le Sphinx, curieux. — C'est même le premier animal que j'ai vu depuis mon retour...
Devant l'air surpris de Juan, il expliqua :
— Après vous avoir quitté, nous avons volé un bon moment au dessus de la mer... Nous avons fini par survoler un continent assez désertique... Nous avons fini par atterrir, et je suis tombé sur un groupe de chasseurs qui voulaient l'abattre...
Son regard s'assombrit un peu, et il poussa un soupir triste.
— Ils avaient des armes barbares... J'ai réussi à les arrêter in extremis.
Un des animaux de l'enclos s'approcha d'eux, et Sinduh s'agenouilla devant, se retrouva malgré la séparation nez à nez avec lui. Le fauve le fixa un moment, avant de finalement venir se frotter contre le grillage, ce qui fit retrouver son sourire au blond.
— C'est un peu comme s'il avait compris ce que tu avais dit... s'amusa Juan. — Les animaux sont souvent sensibles à ce genre de choses, tu sais. Et puis j'ai toujours eu un bon contact avec les animaux.
Il posa sa main sur le grillage, et il sentit les poils doux de l'animal à travers les interstices. Le guépard se frotta encore un peu, avant de finalement se coucher devant eux. Sinduh resta un moment à le fixer, avant de finalement se redresser.
— Mais je dois avouer que je trouve ceux-ci particulièrement beau. Ils sont impressionnants à voir, lorsqu'ils courent...
Il regardait toujours l'animal, couché au sol, d'un regard attendri. Il le contempla de longues minutes, et Juan se contenta se rester légèrement collé contre lui, sans rien dire, son attention plus portée sur le jeune homme que sur l'animal, mais le regard tout aussi rempli de tendresse. Finalement, Sinduh finit par se retourner pour regarder le grand brun avec un grand sourire.
— Dis moi, j'ai une question à propos d'un truc devant lequel on est passé tout à l'heure... C'est quoi, un hot dog ?












