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VĂdeo sobre: Nissrine Seffar
Quel est le lien entre une jeune artiste peintre, Guernica de Picasso et lâartiste peintre AblkĂ©bir Rabii? La rĂ©ponse Ă cette question a Ă©tĂ© donnĂ©e samedi 30...
Camp de Rivesaltes (camp Joffre) Impressions rehaussées et dessins, technique mixte sur plùtre, 14 x 3/ 21/ 4,5cm chacun, actuellement à la fondation Dar el kitab à Casablanca jusqu'au 10 Janvier 2018.
Je suis trĂšs heureuse de vous convier au vernissage de mon exposition personnelle TRACE/ECART, Samedi 30 septembre 2017 Ă DAR EL KITAB, Casablanca, PrĂ©cĂ©dĂ© de confĂ©rences Ă partir de 16h de Sylvie Lagnier, docteur en histoire de lâart et AbdelkĂ©bir Rabi, Artiste peintre, animĂ©s par lâartiste et Ă©crivain Mohamed Rachdi.
L'Institut français d'Espagne a placĂ© sa saison culturelle, la TIFE 2017, sous le signe des "mĂ©moires du futur", du dialogue incessant et nĂ©cessaire entre passĂ© et futur. ParticuliĂšrement fĂ©cond artistiquement, il a nourri et continue Ă inspirer d'innombrables crĂ©ateurs. Il est Ă©galement au cĆur de problĂ©matiques philosophiques, scientifiques, Ă©conomiques ou sociĂ©tales qui dominent les dĂ©bats de notre Ă©poque.
C'est par ce prisme que nous souhaitons nous souvenir du bombardement de la ville de Guernica en 1937, et commĂ©morer le 80Ăšme anniversaire de la toile que Picasso rĂ©alisa dans lâatelier du Quai des Grands-Augustins pour lâexposition universelle de Paris.
L'artiste franco-marocaine Nissrine Seffar nous est apparue comme la crĂ©atrice idoine pour mener ce double projet. Elle a, en effet, fondĂ© son Ćuvre sur le dialogue entre passĂ© et futur. Son inspiration jaillit littĂ©ralement du contact direct, physique, avec des lieux de mĂ©moire. Au moyen dâempreintes, la terre quâelle saisit et, au- delĂ , les lieux mĂȘmes lui parlent des blessures dâhier comme des cicatrices plus ou moins refermĂ©es dâaujourdâhui. De cette rencontre, et de lâutilisation du plĂątre, du fusain ou du bois, lâartiste tire des crĂ©ations qui ne sont vĂ©ritablement ni peintures, ni installations, ou sculptures mais un peu tout cela Ă la fois.
Nissrine Seffar s'est rendue sur place, comme elle l'avait fait notamment au camp de Rivesaltes ou Ă Monte Cassino pour ses projets prĂ©cĂ©dents. Cette exposition est le rĂ©sultat de ce sĂ©jour, des traces quâelle a suivies, de celles quâelle a produites, et mĂȘme, indirectement, de celles quâelle a pu laisser. Elle a ainsi transformĂ© le paysage aprĂšs son passage: les arbres en particulier, aux branches plĂątrĂ©es, symboles de la permanence aux yeux de lâartiste de certaines blessures encore Ă panser...
Fruit dâun dialogue avec le âlieu-Guernicaâ dâaujourdâhui, lâexposition est Ă©galement le rĂ©sultat dâune rĂ©flexion
approfondie sur le âGuernica-tableauâ, chef- dâoeuvre de Picasso. La toile majeure de lâexposition, joue ainsi avec le cadre et la composition du Guernica, respectant et rĂ©interprĂ©tant dimensions, perspectives et formes principales.
Cette exposition prĂ©sente une jeune artiste talentueuse, franco-marocaine, Ă©tablie dans la belle ville de SĂšte. Elle symbolise une MĂ©diterranĂ©e ouverte au dialogue entre les cultures comme Ă celui entre le passĂ© et le prĂ©sent. Elle montre un art contemporain Ă©minemment politique et fondĂ© sur ce choc crĂ©atif entre passĂ©, prĂ©sent et futur. Loin dâĂȘtre dĂ©sincarnĂ©, il se nourrit Ă l'inverse des souffrances du passĂ©, exhibant sans pudeur nos cicatrices et construisant, sur ce fondement assaini, le futur. Notre futur.
Nicolas Kssianides Directeur GĂ©neral de lâinstitut francais dâEspagne
âGuernica Huellaâ à l'occasion du 80 Ăšme anniversaire du Guernica de Picasso
Exposition personelle, Nissrine SeffarÂ
Partir des traces
«La terre se nourrit d'empreintes, le ciel d'ailes »
Miguel Angel Asturias
Le travail de l'artiste Nissrine Seffar, qu'il soit en peinture, dessins, objets, installations, sculpture ou images est d'une grande cohĂ©rence dans laquelle ces Ă©lĂ©ments peuvent surgir dans une intrication formelle autant que symbolique comme la nature sait elle-mĂȘme que tout est liĂ©. Ces processus de forme s'appuient Ă la base sur l'empreinte et son prĂ©lĂšvement. Georges Didi Huberman Ă ce sujet explique : « Une forme, pour un peintre, pour un sculpteur ou pour un cinĂ©aste, câest ce quâil sâagit dâincarner, de mettre en mouvement et de produire matĂ©riellement, en jetant du pigment sur un support, en attaquant au marteau un bloc de granit ou en modifiant la structure chimique dâune pellicule sensible. Ă aucun moment, la forme â qui se meut, qui se transforme â ne se sĂ©pare de la matiĂšre, qui se meut et se transforme avec. Ă chaque moment, la forme se forme, comme un organisme, ou prend, comme du sang qui coagule. Les notions dâincarnat, dâempreinte ou dâinforme, tentent en effet, Ă chaque fois, de penser cette intrication et de forcer les sĂ©culaires oppositions oĂč le mot forme se trouve immobilisé : pas seulement lâopposition Ă la matiĂšre, dâailleurs, mais aussi lâopposition Ă la prĂ©sence, lâopposition au contenu⊠voire lâopposition Ă lâinforme lui-mĂȘme. »
Sous les peintures de Nissrine Seffar, l'empreinte devient trame et les trames se superposent ou bien se cĂŽtoient, se conjuguent pour Ă©tablir comme une sorte de fondation Ă l'architecture des couleurs qui surviennent et ces fondations contiennent en elles-mĂȘme la mĂ©moire de lieux.
Il y a 80 ans le grand Pablo Picasso exĂ©cutait Ă Paris, rue des grands Augustins durant le mois de mai 1937, l'immense toile fameuse pour tĂ©moigner de l'horreur de ce premier bombardement sur des civils Ă Guernica. L'Espagne commĂ©more, cette annĂ©e, le drame et l'Ćuvre. Nissrine Seffar est venue Ă Guernica l'an dernier pour prĂ©lever les traces de son sol, l'empreinte de ses pavĂ©s prĂšs du chĂȘne vĂ©nĂ©rĂ© guidĂ©e par le dĂ©sir ardent de dialoguer avec le chef d'Ćuvre du maĂźtre.
Depuis le Printemps Arabe, fin 2010, Nissrine Seffar arpente physiquement les lieux de guerre, de drames, d'exode autour de la MĂ©diterranĂ©e. Elle se rend sur les lieux mĂȘmes marquĂ©s Ă jamais par la violence pour en prĂ©lever les traces. Toute l'Ćuvre de Nissrine Seffar est ainsi habitĂ©e par la mĂ©moire, particuliĂšrement de ce milieu du monde, pays cher Ă Fernand Braudel, mer bleue Ă©tale ou dĂ©chaĂźnĂ©e pleine d'horreur et de mythes immĂ©moriaux. Du quai de l'Exodus Ă SĂšte Ă Monte Cassino, de JĂ©rusalem Ă Guernica, de Barcelone au camp de Rivesaltes et autres lieux de drames, autant de traces prĂ©levĂ©es sur toile qui lui serviront, en les rĂ©utilisant, de base graphique comme un code binaire de la mĂ©moire. Cette singularitĂ© dialectique avec le temps dont la technique de l'empreinte est l'expression permet aussi Ă l'artiste se s'Ă©manciper des rictus formels de notre Ă©poque.
Elle n'est pas seulement une artiste peintre baroudeuse. Elle cherche et rĂ©vĂšle aussi chacune des choses dont la forte signifiance impose une prĂ©sence au dĂ©bat de son for intĂ©rieur, houleux, passionnĂ© et profondĂ©ment sensible, elle-mĂȘme arc-boutĂ©e entre les deux rives de la grande bleue. Bouteilles de gaz, peaux de mouton ou de vache, cartes gĂ©ographiques, livres d'histoire, balises maritimes, corps morts et bouĂ©es, tripes, plĂątre, feu, photographies, vidĂ©os, drapeaux, etc.  Surgissent ainsi dans l'espace d'exposition certains Ă©lĂ©ments symptomatiques des tragĂ©dies propres Ă notre cruelle MĂ©diterranĂ©e qui peuvent aussi bien ĂȘtre des prĂ©lĂšvements, des dessins, des notes, des documents.  Les peintures de Nissrine Seffar sont dĂšs lors nourries ou mĂȘme augmentĂ©es de ces Ă©lĂ©ments qui dialoguent les uns avec les autres. Ainsi, une peinture peut ĂȘtre seule, posĂ©e simplement avec sa force propre, sa gestualitĂ©, sa palette, ses formes, ses traces, mais elle peut aussi venir interprĂ©ter un rĂŽle dans une installation dont la dramaturgie se dĂ©crypte Ă plusieurs niveaux, formels ou scĂ©nographiques bien sĂ»r, mais aussi symboliques, politiques et sans doute poĂ©tiques.
Ici, face Ă l'Ćuvre de Picasso et exactement au mĂȘme format, Nissrine Seffar s'inspire de l'enracinement de l'arbre de Guernica, de ses mĂ©andres, de sa force puisĂ©e dans le sol. Les couleurs appliquĂ©es par couches, les contrastes, les lumiĂšres et les noirs ne sont pas sans Ă©voquer les ombres dansantes sous les grands chĂȘnes un aprĂšs-midi d'Ă©tĂ©. Ses couleurs renaissent ainsi sur les tons de cendre de la toile du maĂźtre. Plusieurs triangles sombres viennent rythmer, comme une  basse dans un quatuor, l'Ă©clat dansant de ces lumiĂšres. Ces triangles sont en rĂ©alitĂ© « prĂ©levĂ©s » dans la grande toile de Picasso. Elle respecte les formats rĂ©els des ces pointes gĂ©omĂ©triques et leurs emplacements prĂ©cis. Est-ce rĂ©ellement le hasard qui a voulu que ces triangles soient au mĂȘme format que ceux que Nissrine Seffar utilise pour d'autre installations ? Incarner la mĂ©moire par le fait de l'empreinte a quelque chose qui tient de la magie sans doute.
A plusieurs endroits de la toile, des réserves sont pratiquées au plùtre. Ces dépÎts circulaires de plùtre badigeonnés de couleurs sont ensuite retirés de la toile puis réutilisés éventuellement pour d'autres dispositifs. Le plùtre est récurrent dans le travail de l'artiste. Il est pour elle symbole de réparation comme lorsqu'elle enferme par exemple dans cette matiÚre liquide puis solide les livres d'horreurs qui servirent les idéologies les plus délétÚres du XXÚme siÚcle. Nissrine Seffar d'une certaine façon par ce geste, répare la malédiction attribuée à Pandora, accusée d'avoir ouvert la jarre des maux. La boßte de Pandore, ouverte depuis des millénaires est ici refermée.
AssemblĂ©s de façon rigoureuse, de nombreux Ă©lĂ©ments convergent ensemble vers une perspective encore inconnue. Des traces de fumĂ©e en dessin, des images transfĂ©rĂ©es sur des supports improbables, des empreintes de tripes dans le plĂątre, des mots hagards, des tĂąches de couleurs, autant d'Ă©lĂ©ments qui semblent dessiner, comme dans un temps chiffonnĂ©, les projets passĂ©s et Ă venir. Ces Ă©lĂ©ments pourraient ĂȘtre le glossaire d'un travail plastique intriquĂ©, comme seule la nature sait l'ĂȘtre. Â
 Philippe Saulle
Directeur de lâĂ©cole des beaux-arts de SĂšte
Critique dâart
mars 2017
[1]- in Georges Didi-Huberman « Image, matiÚre : immanence » entretien avec F. Noudelmann, Rue Descartes N°38, 2002.
Nissrine Seffar âD'une terre Ă l'autreâ
Exposition individuelle à la galerie Saint-Ravy, du 05 au 28 août 2016.
Montpellier, France.
Artiste plasticienne, rĂ©sidant en France depuis 2011, je suis nĂ©e au Maroc en 1983. Ayant vĂ©cue des deux cĂŽtĂ©s de la mĂ©diterranĂ©e, je suis particuliĂšrement sensible aux Ă©vĂ©nement sociĂ©taux et historiques liĂ©s Ă ces pays. Je suis Ă cheval entre deux cultures, arabo-musulmane et judĂ©o chrĂ©tienne, et mes travaux plastiques en tĂ©moignent. Jâai entamĂ© une dĂ©marche artistique, depuis « le printemps arabe », de prĂ©lĂšvements dâempreintes autour de la MĂ©diterranĂ©e, dans des lieux tĂ©moins dâun passĂ© ou dâune actualitĂ© douloureuse. A ce jour, plusieurs pays font dĂ©jĂ partis de ma collection
Depuis le printemps arabe, je parcours les pays mĂ©diterranĂ©ens pour rĂ©aliser des empreintes (Georges Didi-Huberman parle de ressemblance par contact), aux endroits mĂȘme oĂč sâest fait lâhistoire, et oĂč elle continue Ă se faire dans la douleur. Par ces gestes, jâaffirme lâattachement de cette toile peinte Ă un pays qui devient, de fait, sa ville nataleâŠPrendre des empreintes des sols de chaque pays du pourtour mĂ©diterranĂ©en est un projet pictural qui propose de multiples implications⊠Une valeur poĂ©tique, une orientation plus politique, engagĂ©e dans la recherche du lien qui unissait tous les peuples mĂ©diterranĂ©ens autour de la libre circulation dâidĂ©es. Enfin un aspect plus symbolique et interactif avec la participation des peuples rencontrĂ©s.
« Quâest-ce quâon donne Ă voir dans la peinture ? », cette question sâabsente parfois pour laisser la place Ă une question plus sociĂ©tale et politique « quâest-ce quâon nous donne Ă voir ? » et quel est notre libre arbitre dans ce regard-lĂ ?
Et sur cette base de travail, lâintervention plastique Ă proprement parlĂ© sâinstalle, comme sur une grille, par masses, coulures, dessins et lignes en utilisant toutes sortes de mĂ©dium, de la bombe aux pigments, et en jouant avec les contrastes formels. Superpositions et effacements proposent plusieurs types de « lecture », en profondeur et en surface. Les formats sont Ă lâĂ©chelle du corps sur le modĂšle de lâhomme de Vitruve, oĂč la position du corps peignant donne une indication sur la dimension du tableau.
Nissrine Seffar, Exposition personnelle " Mer au milieu des terres " Ă la galerie Nadar, Casablanca, Maroc,Â
Nissrine SeffarÂ
Exposition personnelle âReconstruireâÂ
Galerie le âClubâ My Art Goes Boom, NĂźmes
Exposition personnelle ârĂ©parationsâ galerie librairie, l'Ă©chappĂ©e belle, SĂšte, France
Nissrine Seffar âreconstruireâ Exposition Snapchat Galerie Le Club, My Art Goes Boom 16 Rue Emilie Jamais, Nimes Samedi 12 mars Ă 18h #art #museum #galeria #galerie #lelouvre #france #exposition #nimes #maroc #installationart #instalation #beaubourg #biennale
Nissrine seffar, exposition personnelle ârĂ©parationsâ Du 12 fĂ©vrier au 13 Mars 2016. Librairie galerie, l'Ă©chappĂ©e belle 7 Rue Gambetta, 34200, SĂšte, France
Installation âtraversĂ©â Ă mon exposition personnelle ârĂ©parationsâ