Passerelles Numériques Cambodge
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Passerelles Numériques Cambodge
Pour le dernier épisode du voyage j’ai retrouvé Laura, une dernière fois. Après avoir été contrariés dans nos plans par le mauvais temps de la région et les nombreux glissements de terrains qui nous barraient la route pour Srinagar ou retardaient notre progression vers l’Himachal Pradesh nous avons décidé de visiter la vallée de Spiti. Une jeep remplie de 4 habitants de Manali (Patlikuhal exactement), qui s’offraient quelques jours de tourisme dans leur région, nous a récupéré pour entamer la traversée de la vallée. Nous avons décidé de les suivre jusqu’à Chandra Tal (le lac de la lune) puis eux ont décidé de prendre le même chemin que nous vers Kaza. Ce fut 3 jours de voyage sur ces routes défoncées, secoués comme des pruniers à l’arrière de la voiture, nos dos et nos bagages s’en souviennent. Nous avons vécu les rituels sacrés autour des monuments de cultes que les hindous et les bouddhistes se partagent avant, encore une fois, de se faire bloquer par les aléas de la nature et de rebrousser chemin pour revenir dans le village de nos nouveaux potes.
Gustor de Karsha, célébré une fois par an par des danses et des prières dans ce village accroché à la falaise mais aussi dans bien d’autres de la région.
En continuant dans cette vallée on retrouve la religion bouddhiste, puis en passant le col de Pensi La on tombe sur le grand glacier de Drang Drung et on pénètre dans le Zanskar, une des plus belles régions que j’aurais pu voir. J’aurais donc traversé ces deux vallées dans les différents véhicules qui ont bien voulu me ramasser sur le bord de la route pour aller voir un festival bouddhiste, le Gustor de Karsha. En chemin, j’ai fait la rencontre des moines du monastère de Rangdum qui m’ont accueilli pour deux nuits en me faisant avaler leur thé au beurre de yak.
En partant vers l’Ouest, sur la route de Srinagar, la population devient musulmane. Kargil, probablement peu habilitée à recevoir les touristes étant donné les figures intriguées que je croisais dans la rue, marque le départ de la vallée de Suru, verte et magnifique et que l’on doit emprunter pour rejoindre le Zanskar. Les voiles de couleur se mêlent à l’herbe verte de la vallée alors que des pics culminants à plus de 7000 mètres dominent ces paysages de noir et blanc, surtout de blanc... Ici, les sourires sont un peu plus durs à décrocher, excepté le 18 juillet qui marquait la fin du ramadan.
Leh, c’est la capitale du Ladakh entourée d’une vallée sèche et de montagnes imposantes. Les buddhists ladakhis sont largement influencés par la culture tibétaine, on retrouve les moulins à prières, les mantras sur ces petits drapeaux colorés qui volent au vent, les gompas accrochées aux flancs des montagnes et les toges rouges des moines. Les habitants de cette région sont très accueillants, souriants et agréables. Cette culture, ainsi que l’environnement attire de nombreux occidentaux qui s’adonnent aux joies du trek ou de la moto dans la région du Ladakh et du Zanskar. Leh est un véritable terrain de construction pour les nombreuses guesthouses où les commerces de souvenirs alors que quelques dizaines d’années auparavant il fallait emmener sa tente pour être sur d’avoir un toit. Dans le Ladakh, les forces militaires sont omniprésentes pour protéger les frontières de la Chine et du Pakistan qui reluquent d’un oeil envieux cette haute région.
Après quelques jours dans l’Himachal Pradesh, là où l’Himalaya indien prend ses racines j’ai retrouvé Laura, sa soeur et un ami à Manali. Après un petit trek dans les montagnes alentours nous avons pris la route de Leh. Quelques 24h de bus qui s’effectuent en 2 jours nous ont fait passer par des paysages lunaires et inhabités hormis par les nomades qui vivent de leur bétail et des précieux poils de chèvres qui servent à la fabrication des fameux pashminas du Cachemire. Sur la route défoncée, recouverte par endroits par des torrents rendant le passage de certains véhicules difficile notre chauffeur fait tranquillement avancer son bus de 5h à 23h à travers des montagnes qui semblent irréelles et sur des cols qui vous coupent le souffle.
J’aurais passé deux jours dans la ville d’Amritsar, les sikhs offrent de la nourriture et l’hospitalité à n’importe quel visiteur. Dans le Golden Temple, le plus célèbre des temples sikhs, 8000 personnes peuvent recevoir de la nourriture en même temps dans la grande salle de repas, le bruit que font les assiettes dans la cuisine en témoigne. De nombreux sikhs, principalement du Punjab, viennent se baigner dans l’eau sacré du temple d’Amritsar alors que les musiciens se relaient pour fournir une agréable musique de fond à cette atomsphère colorée et calme.
Quelques portraits de Sikhs autour du Golden Temple d’Amritsar. C’est un lieu au en couleur où les hommes aussi doivent se voiler pour rentrer.
Quelques photos de la mousson, principalement prises depuis un taxi qui se frayait un chemin dans les vagues de la ville. Sous la pluie la vie suit son cours, les rickshaw bravent les marées avec parfois quelques dégâts, les gens sortent les parapluies et les tongs pour aller au boulot et puis on se fait des petits volley ou d’autres jeux aquatiques.
Après la visite de Thrissur puis Goa et ses plages désertiques lors de la saison humide nous avons subit deux jours de pluie continue dans Bombay avant de se résigner à remonter vers le nord.
Seconde photo de Laura qui en a fait de très jolies. Je ne sais pas si elles sont postées mais vous pouvez toujours aller voir à www.differemmentsemblables.tumblr.com
Sous la pluie du Kerala - 13 juin
Dans le sud de l´Inde, plus précisément dans la région du Kerala, j´ai retrouvé Laura et Émile (un autre ami de mon école grenobloise). On est arrivé, pile poil pour le début de la mousson indienne, dans la ville de Cochin, vidée de ses touristes fuyant les averses. On ressent bien une culture assez forte en Inde, les femmes sont vêtues de beaux sarees colorés, les hommes portent le longyi, comme en Birmanie, les gens d´une manière générale ne sont pas occidentalisés comme en Asie du Sud-Est. Cela dit, le Kerala ne rend pas l´image de l´Inde qu´on pouvait avoir, surtout au rythme calme de la basse saison, peut être aussi que c´est dû au fait qu´on se trouve dans une région plutôt riche, au taux d´alphabétisation approchant les 100%, avec de jolies routes et des vielles maisons portuguaises. Mais l´Inde est si grande et si variée qu´il semble difficile de poser une étiquette sur ce pays.
Nous avons échappé aux vielles maisons des colons portuguais de Fort Cochi, maintenant reconquises par la nature, en rejoignant les montagnes de Munnar. Ce sont les gouttes de pluie que nous n´avons pas réussi à semer et qui nous ont suivi jusque dans les plantations de thé. La mousson est bien là et les averses s´abattent sans prévenir à certains moments de la journée mais laissent quand même pas mal de temps pour aller se faire des balades au milieu des femmes qui coupent les jeunes poussent de thé. 25 kg de feuilles sur la tête ce n´est pas si facile à porter! Sous le regard attentif des quelques hommes, les femmes sont enrobées dans des bâches en plastique pour ne pas avoir à s´arrêter quand il pleut des cordes et bien mériter les 200 rupees qui ne tombent pas du ciel à la fin de la journée.
Les environs de Munnar sont parsemés de montagnes et de forêts, une végétation dense et diverse couvre la région mais des fois, les paysages font plutôt penser à la Suisse. Quand on s´enfonce un peu dans la jungle pour atteindre un petit sommet de la région, les sangsues s´en donnent à coeur joie, ici les chemins ne sont pas tracés de manière évidente, il faut donc se créer le sien pour profiter d´un beau point de vue!
Pour la suite du voyage, nous longerons la côte ouest pour atteindre les montagnes du Cachemire afin de fuir pour de bon l´humidité pesante.