Vendredi soir, le choc. Le choc, alors que, dans un bar de mon quartier à Berlin, la nouvelle tombe. La nouvelle foudroie.
Vendredi soir, l'angoisse. L'angoisse de ne pas savoir si mes amis et ma famille sont en sécurité. Tout est possible, le coeur névralgique de la fête parisienne ayant été frappé. De contacter tout le monde par sms, de guetter les réponses, de rafraîchir twitter et FB frénétiquement.
Vendredi soir, le noeud au ventre. Le noeud au ventre de constater le déroulement des événements et à quel point la terreur s'est installée. De près comme de loin, personne n'y échappe.
Vendredi soir, les larmes, la tension, la colère, le dégoût. Le sang et les larmes qui coulent, les morts, les blessés, les disparus. Tous ces endroits bien connus réduits au silence.
Et certains vivent dans cette terreur au quotidien depuis des années.
Samedi, dimanche, ça ne lâche pas, ça te ronge, il n'est pas vraiment de mot, il n'est pas franchement grand chose que tu puisses faire, que tu puisses dire, que tu puisses exprimer.
Les disparus n'en sont plus, pour la plupart.
La terreur est sans surprise récupérée à des fins absurdes et vides de sens.
Ne pas flancher, ne pas céder à leurs noirs desseins. Ne pas entrer dans le cercle vicieux de ceux qui sèment la terreur, ni de ceux qui l'exploitent.
Comme le rappelait Adam Hills après les attentats de janvier : “There are 1.6 billion Muslims in the world right now. 1.6 billion. As someone pointed out on twitter this week, if Islam really bred terror, we’d all be dead right now. The combined forces of Islamic State, Boko Haram and Al Qaeda makes up 0.003% of the global Muslim population.“
On ne peut sans doute pas se mentir, et se dire qu'on n'a pas peur.
Mais le seul mot qui vienne maintenant, c'est celui-ci :
AMOUR.
Et c'est le seul qui doit rester.










