Au XIXe siècle, la Ville de Québec arrête à peu près à la hauteur de la rue Turnbull. À l'ouest c'est la campagne, on trouve surtout des villas de riches anglais et des domaines agricoles de propriété religieuse.
Depuis le XVIIe siècle, il y a deux chemins qui quittent la ville et s'enfoncent vers l'ouest, la Grande-Allée et le chemin Sainte-Foy. En 1841 on crée une entreprise privée, la Compagnie des chemins à barrière de la Rive-Nord, pour le pavage et l'entretien de ces voies de communication. Pour financer le tout, on construit des postes de péage à peu près au coin de l'avenue de Salaberry.
C'est pour échapper à ce péage, et aux taxes municipales, que le Faubourg Guénette est né un tout petit peu plus à l'ouest (un peu au sud du chemin Sainte-Foy, entre Cartier et Bourlamarque). Il y avait déjà deux maisons qui s'étaient construites là en 1833, à côté de la fontaine Manseau (un point d'eau potable), de nombreux pauvres sont venus les rejoindre au fil des ans. Au point où, en 1875, on compte 40 maisons (il n'y en aura jamais plus de 60). Vivent là en bonne entente des francophones et des irlandais (ils sont légèrement majoritaires jusqu'au début du XXe siècle), plusieurs ayant été mis à la rue par les grands incendies qui ont ravagés Saint-Jean-Baptiste. Fait comique, pour les anglophones le lieu porte un autre nom (Mount-Pleasant).
On parle d'un mini-quartier ouvrier construit avant la vague d'industrialisation. Les rues sont étroites –deux voitures peuvent à peine se croiser–, les maisons sont minuscules, sans cour, et les portes ouvrent directement sur le trottoir. La mixité des fonctions est omniprésente. Quand le périmètre d'urbanisation le rejoint finalement, on est rendu à une forme urbaine complètement renouvelée (on parle alors d'immeubles à logements de trois étages, en retrait de la rue avec des balcons). Montcalm s'est ainsi construit « autour » de son noyau urbain populaire original en l'ignorant complètement. La Ville de Montcalm a fusionnée avec la Ville de Québec en 1913.
C'est le seul faubourg du centre de Québec à être resté quasi intact. Au fil des ans des blocs à appartements, puis des HLM et maintenant des condos se sont rajouté mais le tout garde son cachet. Comme dirait l'autre, on dirait un petit bout de la basse-ville transposé au coeur de la haute-ville bourgeoise (et, d'ailleurs, jusque dans les années 1950, tant que tu étais dans la côte, tu étais en basse-ville).
Sur la première photo on voit des maisons modestes, c'est un euphemisme, sur la rue Saint-Laurent. Concrètement on dirait juste des rallonges construites dans la cours des maisons de la rue Crémazie. Ce qui est hot c'est que de l'autre bord de la rue, ben c'est des condos avec stationnement privé dans un garage.
N.B. : Cette galerie photo a été prise l'an dernier. Depuis lors de nouvelles maisons de ville se sont ajoutés au secteur en faisant disparaître quelques maisons anciennes.