Vendredi 5 fĂ©vrier 2021 - SĂ©ance dâEducation aux MĂ©dias et Ă lâInformation
âLibertĂ©s Rutiglianoâ a dĂ©marrĂ©, lâĂ©mission enregistrĂ©e au CDI reprend lâensemble des thĂ©matiques abordĂ©es par les 3Ăšme C. La parole est aux Ă©lĂšves.
âMĂȘme en centre-ville, on se fait regarder, siffler et suivre, quâimporte la tenue !â. Les filles sont catĂ©goriques : les regards âperversâ, les gestes dĂ©placĂ©s dans les transports en commun ou les sifflements rĂ©pĂ©tĂ©s Ă leur Ă©gard entachent leurs dĂ©placements en centre-ville. âA Commerce (point nĂ©vralgique du centre-ville de Nantes), faut pas du tout y aller, on va se faire agresser !â. En consĂ©quence, les solutions dâĂ©vitement - ne plus sortir aprĂšs une heure tardive, contourner certaines rues - ou de dissuasion - faire semblant de connaitre la personne agressĂ©e ou appeler quelquâun au tĂ©lĂ©phone - se gĂ©nĂ©ralisent.Â
âJe trouve triste de mettre tous les hommes dans le mĂȘme sac, plein dâhommes ne posent aucun problĂšme aux femmes, on est obligĂ© le soir dâavoir peur Ă cause de certains qui nous suivent.â âet ça salit lâimage !â. Autour de la table, les garçons avouent ĂȘtre mal Ă lâaise en marchant derriĂšre une fille dans la rue, ne souhaitant pas ĂȘtre jugĂ©s comme potentiels harceleurs.
Quid de la tenue vestimentaire ? âTout le monde devrait respecter tout le monde mĂȘme avec une tenue jugĂ©e indĂ©cente, on a tous un corps et câest naturel !â. On peut sâhabiller comme on veut, je ne sais pas ce quâest une tenue provocante, ce sont les gens qui doivent changer !â mĂȘme si ... âĂ un enterrement, tu ne vas pas y aller en mini-jupe !â.Â
LâinvitĂ©e du jour, Sarah Caquineau, responsable de la politique publique menĂ©e en matiĂšre dâĂgalitĂ© femmes - hommes au sein de la Mission Ă©galitĂ© Ă Nantes, explique comment Ă lâĂ©chelle de la ville, la municipalitĂ© tente dâaccompagner les femmes qui subissent les violences au sein de leur foyer. Les Ă©lĂšves sont sensibilisĂ©s Ă ce quâest un fĂ©minicide, un viol et comment chacun.e peut Ă son niveau agir.Â
Si la sociĂ©tĂ© Ă©volue, le terme âfĂ©minicideâ est aujourdâhui reconnu, les violences conjugales ne sont plus considĂ©rĂ©es comme des crimes passionnels ou de simples disputes, le confinement a rĂ©vĂ©lĂ© un peu plus encore lâampleur des violences faites aux femmes dans notre pays.Â
En 2020 et avec un premier confinement, plus de 90 femmes ont Ă©tĂ© tuĂ©es par leur conjoint ou ex-conjoint et plus de 99 500 appels ont Ă©tĂ© traitĂ©s par lâopĂ©rateur de la ligne dâĂ©coute 3919 soit une hausse de 22 % des prises en charge par les associations de son rĂ©seau en 2020.Â
Comment les violences conjugales sâinstallent dans la durĂ©e ? Comment
sâopĂšre le rapport de domination entre la victime et son conjoint ou ex-conjoint ? Combien dâannĂ©es encourt lâagresseur, l'homme violent, alors mĂȘme que trĂšs peu de plaintes aboutissent, pourquoi ?... Autant de questions soulevĂ©es au cours de lâinterview.Â
Les Ă©lĂšves dĂ©couvrent le projet Citadâelles, un lieu refuge pour les femmes et leurs enfants, victimes de violences conjugales.Â
https://www.nantescitadelles.fr/
Enfin, Sarah Caquineau revient sur le sexisme ordinaire âtoutes ces petites choses anodines qui renforcent lâidĂ©e que les femmes seraient infĂ©rieures aux hommes.âÂ
Les mĂ©tiers genrĂ©s fĂ©minins, masculins sont ensuite passĂ©s au crible par les 3Ăšme C. âEst-ce que vous vous voyez chauffeuse routiĂšre ou maĂŻeuticien ? Comment faire Ă©voluer les mentalitĂ©s Ă©galement dans le sport ? Est-ce que vous parlez des menstruations avec vos sĆurs, vos copines ?â...
Pour conclure, les Ă©lĂšves soulignent avoir pris conscience de la gravitĂ© des faits et remercient dâavoir pu ĂȘtre mieux informĂ©s sur ces sujets.Â