J’ai envie d’écrire sur les murs
Sur les voitures
J’ai envie de boire du vin en faisant des pompes
Fumer des pilons en lisant la Bible ou des ouvrages philosophiques venus d’une époque lointaine
Futur ou passé, peu m’importe
Tant qu’il y a des choses à apprendre
Des histoires à comprendre
Des devises à appliquer
Des mantras à pleurer
Je suis seule à l’hôtel
J’ai envie de crier ton nom
J’ai envie d’aimer trois filles en même temps
J’ai envie de rater la marche et de tomber sur toi
J’ai envie de retourner la ville
Pisser sur la porte du commissariat
Cracher sur les hommes médiocres
Puis me taire
Avec mes yeux tenter de te dire que t’es belle
Être sexy, c’est embrasser ses désirs
Sans jamais demander pardon
Ici-bas faut se battre
Libre et intense, sans se trahir
Tenter de s’élever chaque nuit
Se réveiller ailleurs chaque jour
la nuit a tendance à me nuire
Sans sommeil
Dans l’attente du soleil
J’ai le ventre noué et des milliers de papillons sur le corps
Je suis le printemps
Pour ces milliers de bêtes
Pour le loup
Je reste gibier
Si tu savais
C’est ma maison qui me suicide
Dans la forêt on se sent tout de suite plus libre
En ville, personne ne fait ce qu’il veut
À part ceux qui marchent sur des fils
Et ceux qui volent au milieu des chapiteaux
Cabrioles et voltiges
Chants japonais, gentils nuages timides, canards et grands chênes cosmiques
Sont nos seuls espoirs
Quelques voyages aussi
Mexique, Inde, vivre bien loin
Flotter comme un ange
Loin du pays béant
Du bitume brûlant
Bip bip intransigeant
Parfois
Attraper ta vulve avec ma bouche
Et me taire à nouveau
N’être plus obligée de parler
Seulement écouter ta bouche haletante
Respiration saccadée
Voir où tu veux m’emmener
Peut-être sous un pommier ?
Faire un tour en moto ?
Cheveux bruns dans la bouche
Un souvenir de qui ?
Je marchais au bord des vagues, marée basse
Les mouettes riaient beaucoup
Dans un élan de vie, je courais après l’eau
Je les ai vus se battre pour un poisson
Qui était en fin de compte un bout de plastique abandonné
Ça m’a déchiré
Le cœur
Les humains salissent ce qu’ils aiment
Ou alors, juste, ils s’en foutent
La nature n’a aucun succès
Mon amertume non plus
Je ne serai donc pas cette célèbre sirène
Dont les chants m’enivrent depuis ma naissance
Je dois vider ma chambre de tous les souvenirs qu’elle comporte
Et peut-être même brûler la voiture
Il restera les flammes
Et le respect que nous devons à la terre
À nos mères
À nous-même
Nous oublierons les ennemis secrets
Ne garder que le pardon
Et la distance
Se rappeler de l’immensité
Insoutenable univers
Auquel je me plie
Dans lequel je me fonds
Sans jamais oublier
Que demain encore
Il faudra payer des factures
Signer des CDD
Obéir aux horaires
Et se soumettre
A ces institutions
Sans vomir s’il vous plaît













