La Signature de Jordan chez Nike
23/01/2020 - Vente: Préparer une vente (exemple illustratif) - Niveau 1
Nous sommes en juin 1984, Ă lâAĂ©roport de Charlotte en Caroline du Nord. Rob Strasser attend une famille dont dĂ©pend lâavenir de sa sociĂ©tĂ©. Rob Strasser est le directeur commercial de Nike et il attend la famille dâun jeune espoir du basket universitaire.
En 1984, Nike, créé en 1971 par Phil Knight, est certes N°1 de la chaussure de running aux Etats-Unis mais reste derriĂšre la marque Champions USA pour les vĂȘtements de sport et surtout loin derriĂšre Adidas et Puma au niveau mondial.
Strasser est un personnage: Un colosse de 1,90 et 130kg, en chemise Ă fleurs, convivial et chaleureux, câest une vĂ©ritable encyclopĂ©die vivante du sport universitaire. Câest aussi un redoutable commercial et un marketeux brillant. Lorsquâil accueille le pĂšre, la mĂšre et le meilleur joueur de basket de la saison universitaire, il sort le grand jeu.
Sans se forcer. Il est fan de cet athlĂšte hors-norme qui une semaine avant vient dâĂȘtre draftĂ© en 3Ăšme position par lâĂ©quipe NBA des Chicago Bulls: Michael JORDAN.
La mission de Strasser est dâaccompagner Michael Jordan jusqâau siĂšge de Nike, Ă Beaverton afin de le convaincre de signer chez eux.
Mais malgrĂ© lâenthousiasme de Strasser et sa faconde, lâaffaire se prĂ©sente mal. Si la mĂšre se montre plutĂŽt sĂ©duite, le pĂšre est rĂ©ticent. En effet, il connaĂźt bien le directeur commercial dâAdidas qui Ă©tait partenaire de lâUniversitĂ© de Jordan. Dâailleurs, il aurait sans doute dĂ©jĂ signĂ© chez la marque aux trois bandes si ce dernier nâavait pas Ă©tĂ© retenu en Europe par lâEuro de soccer de 1984. Quant Ă Michael, il sâen fout. Ce quâil veut, câest jouer au basket et porter des fringues cool.
Les choses se compliquent encore en arrivant au siĂšge. Phil Knight nâassistera pas Ă la prĂ©sentation de la nouvelle ligne Nike Air dont Jordan serait lâambassadeur. Devant les Jordan, une secrĂ©taire informe Strasser que M. Knight Ă©tait retenu par une rĂ©union hautement stratĂ©gique avec des partenaires asiatiques.
La prĂ©sentation commence et les designers prĂ©sentent des produits et dessins de la gamme alors quâun Ă©cran gĂ©ant diffuse des extraits de la saison de Jordan. Peu avant midi, et alors que Strasser vient dâavancer le chiffre dĂ©jĂ colossal de 1,5 millions de dollars pour le contrat de ponsoring,Phil Knight entre et inonde la piĂšce de son charisme. Il prĂ©vient quâil ne peut rester plus de dix minutes mais celĂ suffit Ă charmer Mme Jordan et conquerir Michael, dĂ©jĂ sensible aux idolĂątrie de Strasser. Soudain, en voyant un dunk aĂ©rien de Jordan sur lâĂ©cran, Knight sâinterrompt, saisi un modĂšle de Nike Air et dĂ©clare solennel:
âCe ne sont pas des Nike Air ... Il faut que ce soit des AIR JORDANâ
AussitĂŽt, il met la machine en branle. Il annule ses rendez-vous, renvoie ses designers retravailler avec ce ânouveau conceptâ, invite les Jordan Ă dĂ©jeuner et sâentretient n pseudo confidentialitĂ© avec son directeur financier pour nĂ©gocier une rallonge.
Au dessert, on prĂ©sente la nouvelle gamme âAir Jordanâ et propose une rallonge de 1 million de dollars.
La suite est connue ... Jordan signa chez Nike dont il devient la premiĂšre icĂŽne avant de devenir lâun des plus grands sportifs de tous les temps.
Pour Nike, cette conquĂȘte fut la premiĂšre dâune collection de champion comme Tiger Woods, Cristiano Ronaldo, Nadal, Federer, Serena Wiliams, Lebron James, Neymar, Mbappe, Lebron James, Michael Johnson et les Ă©quipes nationale de football du BrĂ©sil et de la France ...
Cette signature a probablement Ă©tĂ© lâĂ©vĂ©nement fondateur qui a permis Ă Nike de devenir le numĂ©ro 1 mondial des Ă©quipementiers sportifs.
Et tout ça grĂące Ă une soigneuse mise en scĂšne ... puisque tout le scĂ©nario de la signature avait Ă©tĂ© construit (jusquâau retard du PDG) et prĂ©parĂ© par Strasser et Knight.














