LA GRANDE NÉBULEUSE ANDROMÈDE
Nous atteignons le camp le soir Venu, sur une haute crête à découvert Dominant deux mille Mètres de montagnes et une immensité De vallées et de mer. Dans la nuit chargée d’étoiles nous cuisons Des macaronis et dînons À la lueur d’une lanterne. Des étoiles se massent Autour de la table comme des lucioles. Après le repas nous allons droit Nous coucher. La nuit est balayée de vent Et pure. Dans trois jours, ce sera La pleine lune. Allongés sur le lit Nous observons les étoiles et la lune Qui tourne dans notre petit télescope. Tard dans la nuit les chevaux qui bronchent Autour du camp me réveillent. Accoudé je regarde Ton beau visage endormi Joyau sous la clarté lunaire. Si la chance te sourit et que les Nations te le permettent, tu vivras Loin dans le XXIe Siècle. Je prends la lunette Pour regarder la grande nébuleuse D’Andromède nager comme Une amibe phosphorescente Autour du Pôle. Là-bas Dans des villes reculées Des hommes au coeur gras se préparent À t’assassiner pendant que tu dors.
Kenneth Rexroth (traduction de Joël Cornuault)

















