[…] traversant sans m’attarder plusieurs salles consacrées aux peintures française et anglaise du dix-huitième siècle, toute une série de Nattier, Boucher, Largillierre, Hoppner et Raeburn, sur lesquels je jetais un rapide coup d’œil au passage en me gardant bien de les juger. Car il me semble que, si l’on peut être péremptoire dans l’admiration, il faut rester modeste dans le dénigrement. L’ignorance, en tout, la méconnaissance, l’inaptitude à être séduit ou à aimer, ne sauraient être érigées en vertus (voilà une pensée qui m’honorait, en effet, me disais-je, en passant rapidement devant ces croûtes).
Jean-Philippe Toussaint, La Télévision, 1997 (via tributeto)














