Contentin (2025)
hello vonnie
Keni

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Claire Keane
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we're not kids anymore.
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@rosecrevette
Contentin (2025)
amour tendresse partout, Toscane (2023)
la plus jolie de toutes les plantes - Jazeneuil (2022)
Oléron (2022)
Oléron (2022)
Lâapparente tranquilitĂ© de lâattente, qui glisse sur ma peau, ricoche sur mes paupiĂšres qui sautillent, sâenroulent autour de mes mains aux ongles abĂźmĂ©s. Je cherche du bout des doigts le cheveu Ă arracher, celui sur lequel tirer, aprĂšs tous les autres et avant tous les prochains. Puis mes doigts remontent sur mon visage, appuient sur mes lĂšvres, mes dents viennent arracher un bout de peau. Lâesprit vagabonde, incapable de se concentrer sur cette tĂąche pourtant simple. MĂȘme si tout crie lâangoisse contenue, je souris : âsuper, et toi, ton weekend ?â
Exige ce que tu veux et sois prĂȘte Ă payer ce que tu obtiens.
Vivian Ă Maya - Tant que je serai noire, Maya Angelou (p.50)
Fake it 'till you make it
Comme se rattrape-t-on quand on tombe dans sa tĂȘte ? Quand on se noie Ă lâintĂ©rieur de soi ? LâimmatĂ©riel sâeffrite. Sâefforcer de poser les fondations dâun Ă©quilibre psychologique, sentir que le vent souffle fort. Tenter de construire seule sa maison dans la tempĂȘte. FatiguĂ©e, regarder ses voisin·es bien au chaud. Lâherbe est moins sĂšche prĂšs dâune source.
Comment fait-on pour regarder le corps aimĂ© pour la derniĂšre fois ? Pour tenir face Ă lâĂ©motion qui dĂ©ferle ? Sait-on mĂȘme que câest fini ? Effleurer des doigts la chaleur qui sâen va, lâamour qui disparait. Comment survivre Ă lâabsence imposĂ©e ? Peut-on enregistrer sincĂšrement les dĂ©tails, les grains, mĂ©moriser lâodeur, la texture, se souvenir du timbre, de la couleur des yeux, des cheveux, de la peau.
Doit-on
peut-on
souhaite-t-on
lutter contre lâoubli
qui terrifie ?
Sortir, sourire, tenter jour aprĂšs jour de vivre dans cette atmosphĂšre confinĂ©e, censurĂ©e, calfeutrĂ©e. Cette angoisse latente de l'appel qui brise tout. RĂ©aliser qu'au fond, tout ça ne tient pas Ă grand chose. L'appel du pĂšre, du beau-pĂšre, du mĂ©decin. De la tante peut-ĂȘtre. Se l'imaginer. Pleurer sur cette hypothĂšse : "Ta mĂšre est morte." Se dire d'arrĂȘter, que rien n'est fait. "Ta mĂšre est guĂ©rit." Deux futurs qui, suspendus aux bords de mon prĂ©sent, se battent pour savoir lequel prendra place sur le devant de ma scĂšne. Pleins feux sous les projecteurs. Qui sait comment tout ça terminera ?
Je remercie tendrement ta capacitĂ© Ă ne pas te formaliser quand, incapable de rĂ©pondre Ă ton âqu'est-ce qui ne va pasâ soucieux, je renifle entre deux sanglots. Les yeux fermĂ©s, ton front vient se coller contre le mien. Ta peau chaude apaise l'angoisse d'ĂȘtre jugĂ©e, la peur d'ĂȘtre abandonnĂ©e. Dans le silence de ma chambre, la pression qui m'empĂȘche de respirer lentement s'amenuise. Les dĂ©mons reculent. Est-ce qu'un jour c'est toi qui partira ?
Je t'entends bouger dans le noir à cÎté de moi. Je sais à ta respiration que tu ne dors pas, je sens l'énergie que tu déploies pour essayer de comprendre. Allongés cÎte à cÎte, l'espace entre nous dévore l'habituelle tendresse. Que donne-t-on quand on est vide ?
C'est ok si la seule chose que tu aies fait aujourd'hui soit deux traits de liner irréguliers au-dessus de tes yeux. C'est pas grave s'ils ont été balayés par plusieurs vagues de larmes irrepressibles. On fait comme on peut. Parfois ça fonctionne et parfois on passe une journée entiÚre au lit à regarder les poutres et à se demander comment aller mieux.
Ma chĂ©rie, il faut que tu te ressaisisses. Qu'est-ce qu'elle dirait si elle te voyait comme ça ? Il faut que tu rĂ©ussisses Ă plus apprĂ©cier la vie. La vraie vie, les changements de saison, la nature, les gens, les rencontres. La vraie vie, pas juste la fĂȘte. Regarde-moi, j'en suis Ă mon cinquiĂšme trou ratĂ©, impossible de ne pas Ă©clater la vitre Ă chaque fois et pourtant je suis contente. Regarde-moi cette vue."
Olympia, VIVES / RUPPERT & Mulot, p. 28
Oléron (2020)
Respirez, vous ĂȘtes dĂ©confiné·es / MouliĂšres (2020)