Tanger, 5h00
Les adhans viennent de retentir, les mouettes les accompagnent. Je prie, puis m’assois sur le balcon, voulant faire de mon dhikr une contemplation de la nature.
Au fond du parc, sur un banc, un homme — saoul, ou peut-être fou — crie des versets du Coran entremêlés, comme si l’appel à la prière , pour un instant, l’avait inspiré.
À droite, le primeur, déjà préparé, guette sa première course de la journée. À gauche, des hommes reviennent de la mosquée : leurs pas sont plus rapides sur le chemin du retour, leur journée a commencé.
Il en est de même pour le jardinier, qui, à défaut d’être arrosé comme l’homme à ses côtés, arrose la rosée.
Très vite, un groupe de musiciens arrive, portant leurs instruments encombrants. Non loin, le cortège du même mariage achevé, klaxonne en passant.
Un homme dans un taxi, devant, attend le réveil de son premier client.
Je pensais contempler la nature un instant, et finalement, tant de vies, d’histoires, de passants ont figé le temps. Du haut du balcon tremblotant, je me demande : pourquoi tant de directions, tant de perte de temps ?
N’aspirons-nous pas tous à la même chose, finalement ?
L’aube pointant, je retourne m’endormir. Au réveil, à nouveau prise par le courant, je redeviendrai sans doute un de ces passants.










