L'homme est con, c'est pour ça qu'Hitler fut au pouvoir, c'est pour ça que l'idĂ©ologie de la race aryenne fut rĂ©ellement prise au sĂšrieux par des gens sans grande conscience, qui voyant le monde de loin pensaient alors qu'il Ă©tait petit, et qu'il n'y avait que chez eux qu'il Ă©tait grand. C'est de lĂ que naĂźt le racisme, de la peur, mais personne ne sait d'oĂč naĂźt la peur, chacun a ses raisons d'avoir peur mais tout le monde se doit de les affronter. L'homme pour grandir et se forger sa propre morale, se doit d'expĂ©rimenter, comme quand on est enfant et que nos parents nous disent de goĂ»ter avant de dire qu'on aime pas, il faut se confronter Ă sa peur avant de juger si il faut ou pas avoir peur. C'est pour ça qu'Hitler a quand mĂȘme rĂ©ellement apportĂ© Ă l'humanitĂ©, car nos grands-parents, mĂȘme s'ils Ă©taient jeunes pendant la guerre, nous l'ont racontĂ©e, cette Ă©poque oĂč leurs parents Ă©conomisaient les Ă©pluchures et travaillaient dans les mines de charbon - pour ma part. Ainsi je me sentis concernĂ© par cette piĂšce de théùtre pas drĂŽle du tout qu'Ă©tait l'Allemagne nazie. Mais nos enfants, qui ne connaĂźtront pas nos grands-parents, se sentiront-ils autant concernĂ©s ? Ou alors rĂ©pĂ©teront-ils les erreurs du passĂ© ? N'oubliez pas que la vie en sociĂ©tĂ© c'est qu'une grande piĂšce de théùtre. La sociĂ©tĂ© d'ailleurs, elle est invisible, abstraite, mais ce serait mentir de dire quâon ne la ressent pas, cette culture. Comme si chaque ville Ă©tait une scĂšne de théùtre avec ses dĂ©cors, son ambiance, ou alors un gĂ©ant avec sa propre personnalitĂ© qui dĂ©coule de la morale globale engendrĂ©e par les gens et leurs groupes, gĂ©ant dont le corps serait l'architecture, la gĂ©ographie, l'art du lieu. Que cette ville soit au bord de la mer sous un ciel gris, nostalgique, ou qu'elle soit entre des montagnes enneigĂ©es, tout change, la langue des gens en rajoute, leurs expressions, leurs regards et les Ă©motions qu'ils dĂ©gagent. C'est pour ça qu'il faut regarder les gens dans les yeux dans la rue, et non pas pour la domination symbolique. Mais le rĂ©el problĂšme est que l'homme créé la sociĂ©tĂ© de par ses actions, mais la sociĂ©tĂ© est inconsciente et abstraite, et que de ces actions vont dĂ©couler comme des dominos tout le théùtre de la vie, crĂ©ant la sociĂ©tĂ© qui sera alors incontrĂŽlable mĂȘme si elle a pour naissance les choix de l'humain. La sociĂ©tĂ© va grossir pour englober les gens, les villes, comme une fourmiliĂ©re invisible. Mais ce que les gens n'ont pas compris, c'est que la culture ne s'Ă©tend pas Ă l'infini, elle s'arrĂȘte aux frontiĂšres des rĂ©gions. C'est pour ça que la Bretagne ou que le pays Basque auront toujours cette identitĂ© culturelle forte, c'est car ils le mĂ©ritent, ce sont des gĂ©ants invincibles que des hommes avides, assoiffĂ©s de pouvoir, ont asservis voire mĂȘme coupĂ© en deux pour le pays Basque, pour pouvoir en tirer du profit, comme une poule aux Ćufs d'or, mais c'est avant tout un gĂ©ant abstrait invincible. L'homme, s'organisant par la culture comme des fourmiliĂšres, ne doit pas avoir la folie des grandeurs, ses frontiĂšres ne devrait jamais ĂȘtre autres que culturelles. Paris eut la folie des grandeurs, mais Paris ce n'est pas la France, ce n'est pas le Nord oĂč vivent les chtis, ce n'est pas le Sud et son accent, ce n'est pas non plus l'Alsace ou mĂȘme l'axe Grenoble-ChambĂ©ry-Annecy. Mais toutes les grosses villes ont eu un peu de Paris en elle, dans l'architecture haussmanienne par exemple. Mais tout le monde le sait, ce n'est qu'une forme de bourgeoisie un peu, personne ne se sent parisien s'il ne vit pas Ă Paris et c'est normal. Les vrais frontiĂšres Ă©tatiques et politiques devraient d'abord ĂȘtre culturelle avant d'ĂȘtre effacĂ©es quand la sagesse aura impregnĂ© les esprits, mais elle ne devrait pas ĂȘtre si larges. C'est simple, les petits pays sont naturellement plus simples Ă gĂšrer, une meilleure cohĂ©sion sociale, une exception culturelle qui en dĂ©coule, un théùtre nouveau et frais, et les parts du gĂąteau sont toujours plus simples Ă partager si il y a moins de gens pour le manger et surtout, surtout, si ils ne passent pas entre des mains avides avant d'ĂȘtre distribuĂ©. En vrai, la folie des grandeurs et l'aviditĂ© ne sont que des moyens de se compliquer la vie face Ă son vide existentiel. L'homme a juste besoin d'amour, d'amis et de rire pour ĂȘtre heureux, et la vie comporte toujours ses hauts et ses bas malgrĂ© tout, mais elle n'est pas insurmontable et l'aventure ce n'est pas gagner de l'argent. L'argent pourrit les gens. Et cette vision politique rĂ©gionaliste doit avoir l'air utopique dans ce monde mondialisĂ© par le soft power amĂ©ricain et ses rĂšgles. Mais n'oubliez pas que les gĂ©ants que sont la culture sont toujours forgĂ©s par les mains des hommes au travers de leurs actions, donc pour moi une utopie ce n'est qu'une rĂ©alitĂ© Ă venir, tout est question de choix, de positionnement. Mais ne laissez pas les autres vous positionnez pour vous, dans ce théùtre c'est vous qui Ă©crivez la piĂšce.