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Espagne 2007.10 ©FrançoiseLarouge
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Sam ‘Lightnin’ Hopkins & Clifton Chenier, circa 1966
Quand souffle le vent du nord
Les feuilles mortes
Fraternisent au sud
Buson Yosa
On prend le pouls du soir sur la promenade. On regarde les visages, les allures, les silhouettes et les flaques de lumière qui s'étendent au pied des lampadaires … On va, par deux ou trois … en mangeant des glaces à la fraise. On circule tout près de la mer, sur le bord de sa propre vie, revenant là toujours sans trop savoir pourquoi, à cause du bleu sans doute, de la lumière qui change, des coques colorées des barques …
On regarde, on respire, heureux de ce goût de fraise dans la gorge, de ces mèches emmêlées qui vous caressent le front, des enfants dans vos jupes et du petit bruit de la vie, là …
On circule, on avance. On se pose sur un banc comme font les oiseaux sur les branches. Il semble que l'on ne souffre pas, mais parfois l'on s'ennuie un peu. Comme si l'on attendait que quelque chose se passe, comme si l'on espérait davantage. Heureusement c'est l'été; il fait doux. On tiendra bien ainsi jour après jour, jusqu'à l'hiver. On a des provisions en soi. De quoi, au juste, on ne sait pas. On s'alimente par les yeux, les heures, les pas. L'important se dit-on, est de subsister sans chagrins. Ailleurs, c'est guerre, tueries, famine … De pleines charrettes de misère. Ici, on n'est pas malheureux !
… La comédie humaine récite avec ses couacs sa monotone histoire … Mais le bleu obstiné du ciel et de la mer surveille ce grand désastre, lançant ici et là des écumes, des signaux, de petits nuages blancs, qui parviennent à sauver assez de parcelles de beauté, dans suffisamment de regards un instant détournés, pour que le décor tienne, au moins jusqu'au prochain été.
(Texte : J.M.Maulpoix ) (Photo : Yann Grancher)
my life
Léo Ferré - Comme à Ostende (texte de Jean-Roger Caussimon et musique de Léo Ferré). Léo Ferré - “Comme à Ostende” en public : https://www.youtube.com/watch?v=nsSuBjC8FtI et https://www.youtube.com/watch?v=8FmuY9hcIFk COMME À OSTENDE On voyait les chevaux d´la mer Qui fonçaient la tête la première Et qui fracassaient leur crinière Devant le casino désert La barmaid avait dix-huit ans Et moi qui suis vieux comme l´hiver Au lieu d´me noyer dans un verre Je m´suis baladé dans l´printemps De ses yeux taillés en amande Ni gris ni verts, ni gris ni verts Comme à Ostende et comme partout Quand sur la ville tombe la pluie Et qu´on s´demande si c´est utile Et puis surtout si ça vaut l´coup Si ça vaut l´coup d´vivre sa vie J´suis parti vers ma destinée Mais voilà qu´une odeur de bière De frites et de moules marinières M´attire dans un estaminet Là y avait des types qui buvaient Des rigolos des tout rougeauds Qui s´esclaffaient, qui parlaient haut Et la bière on vous la servait Bien avant qu´on en redemande Oui ça pleuvait, oui ça pleuvait Comme à Ostende et comme partout Quand sur la ville tombe la pluie Et qu´on s´demande si c´est utile Et puis surtout si ça vaut l´coup Si ça vaut l´coup d´vivre sa vie On est allé, bras d´ssus bras d´ssous Dans l´quartier où y a des vitrines Remplies de présences féminines Qu´on veut s´payer quand on est saoul Mais voilà que tout au bout d´la rue Est arrivé un limonaire Avec un vieil air du tonnerre A vous faire chialer tant et plus Si bien que tous les gars d´la bande Se sont perdus, se sont perdus Comme à Ostende et comme partout Quand sur la ville tombe la pluie Et qu´on s´demande si c´est utile Et puis surtout si ça vaut l´coup Si ça vaut l´coup d´vivre sa vie
Jean Roger Caussimon - Comme à Ostende Christian Audemard : Version studio, enregistrée en 1970. Paroles de Jean Roger Caussimon, musique de Léo Ferré. Interprétation différente de celle de Léo Ferré (1960) (elle prend moins aux tripes) mais tout aussi émouvante juste et forte.