Le jeudi, c’est jour d’entraînement de volley, ou de match. Évidemment, ces temps-ci... Alors on écoute la voix de la raison et l’on pratique en famille l’activité physique qu’il est possible de pratiquer chez nous. Là encore, nous avons un jardin et nous habitons une impasse, cela aide. Donc, chaque fin d’après-midi, ou presque, nous nous mettons au badminton devant la maison, isolés puisqu’il n’y a pas de passage dans ce fond de cul de sac... Puis je passe au saut à la corde, au “gainage” tellement à la mode, et à des séries d’exercices pour abdominaux. Cela ne paie pas de mine, mais constitue une activité physique conséquente de presque une heure par jour. Bien sûr, il y a les prescriptions générales qui incitent à ces exercices, mais il y a surtout que l’absence de pratique sportive nous pèse réellement, car dans la famille, comme cela est assez courant, nous aimons bouger. Mais cette pratique suppose d’abord un équilibre personnel certain, une acceptation de son corps, avec ses capacités et ses limites, sans tomber dans l’addiction sportive, ni l’abandon physique, juste de quoi se sentir bien dans son corps, comme l’activité intellectuelle permet de sentir bien dans sa tête, “mens sana in corpore...”, enfonçons des portes ouvertes, mais qui n’a pas envie d’ouvrir des portes en cette période de confinement ? Et entrons dans les détails... l’esprit d’abord réclame le mouvement physique, il y a comme un appel au mouvement lorsque le corps ne s’est pas remué depuis un temps trop long, un besoin de se bouger. La mise en activité se fait alors naturellement, et donc avec un plaisir qui prépare positivement à l’effort. Ensuite, lors de la mise en œuvre elle-même de l’activité sportive, les muscles sont en mouvement, on les sent fonctionner, s’étirer, travailler, il y a une sensation d’échauffement de la partie du corps qui fait l’effort, presque de brûlure parfois, c’est en même temps fatigant et agréable, on sent que la matière qui nous compose n’est pas altérée, qu’elle est saine, cela fait naître une satisfaction, donne un sentiment de force, presque nietzschéen. En même temps, la respiration s’étant accélérée, la puissance de l’air entrant et sortant à une cadence plus marquée qu’à l’ordinaire, on ressent dans les bronches, dans la gorge, un très léger échauffement là encore, comme si les muscles de la poitrine s’étaient eux-aussi mis à l’unisson de l’effort général. Les quelques exercices effectués pendant la période de confinement permettent d’éprouver ces sensations, mais, et c’est là qu’un regret peut naître du fait de notre enfermement, à un degré moindre qu’en compétition, lorsqu’une fois de temps en temps on pousse nos capacités physiques à leurs limites et que ce qui a été décrit plus haut est ressenti au décuple, laissant l’âme et le corps dans un état de bien-être global, avec un sentiment profondément satisfaisant d’unité de l’être. Le sport est parfois proche de l’ascèse mystique...