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Reprendre ce bloc et tenter de faire un... writober ? Pourquoi pas. Alors postons.
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Inktober - Writober - 1.10.21
thème : ego.
Tu observes de loin cette amie à qui tout réussi. Cette amie qui est souriante, heureuse, aimée, aimante. Qui a un travaille qui lui plaît, qui s'épanouie dans son corps et dans sa vie.
Et toi Chloé, tu es assises ici dans cette chaise, ton verre de vin a la main, et tu souris. Tu souris et tu te réjouis pour elle, vraiment. Au fond de ton cœur tu ne peux qu'être heureuse que ton amie réussisse tout ce qu'elle entreprend. Tu sais bien que tout le monde a des problèmes et que tout le monde n'a pas une vie parfaite. Et tu le sais, que ton amie a ses propres démons. Qu'elle se bat jour après jour pour aimer son corps malgré les instances de cette société toute pourrie, qu'elle avance dans son job à petit pas sans forcément être sûre d'elle à 100% dans toutes les situations. Qu'elle aussi, parfois, son appartement est dans un bordel monstre parce qu'elle n'a aucune envie de faire son ménage.
Mais tu ne vois que ce qu'elle a et que tu n'as pas. Ce qu'elle a et que tu aimerais avoir. Et tu te détestes d'être comme ça. Tu voudrais être heureuse pour elle sans condition. Mais ton ego s'éveille tout seul, te pique parce qu'il aimerait être meilleur, parce qu'il voudrait voir dans les yeux des autres parfois l'admiration qu'il y a dans les tiens quand tu vois tes proches mener leurs vies. Alors tu essaies de cacher ça, tu l'enfouis tout au fond de toi. Tout tout au fond. Parce que tu l'aimes. Profondément. Et que tu veux te réjouir pour elle. Simplement.
015. something old, something new, something borrowed, something blue
Ca faisait un moment que tu avais rencontré cet homme. Quelques années maintenant. Trois si on veut être précis. Tu n’aurais jamais cru que tu t’en sortirais. Jamais. Tu avais dix-huit ans quand tu t’es tapé ton premier joint. Dix-neuf quand c’était le premier rail de coke. Et à trente-cinq ans, tu te shootais toujours. T’avais une tête de dix pieds de long, des valises sous les yeux, le teint blafard. Toujours malade, toujours le nez bouché. Tu dealais pas, pas assez fou pour ça. Mais tu te débrouillais pour bosser suffisamment pour payer le type qui te refilait ces conneries. Et puis, il est entré dans ta vie. T’as jamais compris pourquoi il t’avait collé. Jamais. T’étais pas beau, pas gentil, pas agréable. Mais lui, il s’accrochait. Tu lui envoyais de la merde dans la gueule, mais il revenait. Tu t’es demandé s’il n’était pas masochiste. Au fond, il doit l’être un peu. Mais tu t’en fiches. T’as commencé à te prendre d’affection pour lui à cette époque. Après tout, c’est la première fois qu’on s’occupait de toi. La première fois qu’on te portait de l’intérêt pour une autre raison qu’une baise dans un appartement miteux. Il te voulait toi. Il était hétéro, alors tu doutais un peu qu’il en veuille à tes fesses. Même si au final, tu l’as pensé plus refoulé qu’hétéro. Mais ça n’a pas d’importance. Tu ne voulais pas le salir de ta présence. Surtout qu’il était papa, tu ne pouvais pas te permettre de lui retirer son fils. Alors tu t’es éloigné. En vain. Il t’a poursuivi. Et même s’il était résigné à te laisser à ce moment-là, il ne l’a pas fait. T’as fini par faire un emprunt conséquent à un ancien plan cul, un ancien patron, un ami. Cet argent, tu l’investis dans un centre de désintox. Un centre qui t’auras permis de te laver. Ça a duré presque dix mois. Dix mois de tortures à ne le voir que quelques petites heures durant la journée, passant parfois plusieurs jours sans le voir. Mais tu ne l’as pas regretté. A la sortie, tu as réinvestis ton vieil appartement. Tu as fait du ménage et tu as décidé de chercher du boulot. Tu n’aurais jamais cru que tu pourrais trouver aussi vite. Un peu grâce à Aurelio, un peu grâce à Teo, tu as fait connaissance de José. Un type que tu avais déjà vu quand tu travaillais pour los Hermanos mais que tu ne connais pas plus que ça. José avait fait mettre en place dans son entreprise un programme permettant aux personnes qui sortaient de prison de faire une formation d’un an en alternance – payée par l’agence – et garantissant un diplôme à la fin. Agent immobilier. Ca n’avait jamais été ton rêve mais tu n’avais jamais osé rêver plus loin que barman dans une boîte de nuit ou un stripclub. Alors tu avais dit oui et José t’avais fait signé ton contrat. Durant ce laps de temps, tu avais commencé à sortir plus régulièrement avec Erwan. Il t’avait énormément manqué depuis que tu avais été enfermé et tu étais ravi à l’idée de pouvoir le serrer dans tes bras. Finalement, tu avais été diplômé. Tu avais gagné assez d’argent pour louer un appartement digne de ce nom, proposant alors à Erwan de vivre avec toi. Vous avez choisi votre nid douillet tous les deux et vous avez emménagé. Aujourd’hui, tu sais qu’Erwan est l’homme de ta vie. Celui sans lequel rien n’aurait été possible, sans lequel rien ne sera possible. Aujourd’hui, tu en es tellement persuadé que tu as décidé outre tes réticences : celles de l’engagement. Aujourd’hui, tu es debout sur le sable fin d’une plage du sud de la Californie. Tu portes un costume gris anthracite. Aujourd’hui, tu as envie de te cacher sous le sable tant le stress s’insinue lentement dans tes veines. Aujourd’hui, tous tes potes se sont donné le mot pour te charrier sans cesse. Teo, Aurelio, Armando, Miguel et même Luiz. Aujourd’hui, tu bénis José d’avoir un peu d’autorité pour calmé tout ce petit monde. Mais finalement, il arrive. Son costume est aussi gris que le tiens. A la seule différence que, pour une raison que tu ignores, son nœud papillon est bleu. Ses chaussures sont usées. Le badge d’un super héros quelconque est accroché à sa boutonnière. Et il porte un bracelet en argent que tu n’avais jamais vu. Il avance lentement jusqu’à toi, un sourire timide sur les lèvres. Toi, tu es comblé. Si un jour on t’avait dit que tu en serais là, tu aurais simplement cassé la gueule de ce type sans le prévenir. Il s’arrête quand il est à côté de toi et un homme approche. La cérémonie commence. Et à la fin, vous vous direz oui. Et à la fin, vous serez mariés.
022. anything you want to get off your chest
Je pense qu'il était temps que j'écrive à ce sujet. Qu'il était temps que ça sorte.
Ce matin-là, il y a une petite fille qui sort de son lit. On est mercredi, elle n'a pas école. Elle allume la télévision pour mettre les dessins-animés, comme toutes les semaines. Tu mets la chaîne France 3 et tu regardes les aventures de Snoopy et Charlie Brown. Tu ne te rendras pas compte à quel point ce dessin-animé peut être dans le mouvement actuel. Et puis, ça continue avec Scooby-doo et Oggy et les cafards pour terminer, une nouvelle fois, avec Snoopy. Toi, tu t'amuses. Tu rigoles des bêtises de ce gros chien gourmand, de ce petit chien ingénieux et de ce chat qui n'arrive pas à avancer. Et puis, ta journée continue. Ta maman fini par appeler à la maison, tu décroches et elle t'apprend qu'un attentat a eu lieu. Surprise, tu allumes ton ordinateur. Tu te rends directement sur le site de 20minutes. Et tu lis, les événements sont retranscris en direct. « 13h40 : Charb et Cabu seraient morts, affirment plusieurs médias. » « Non, c'est pas vrai ? » « C'est ce qui est écrit. » « Oh merde... » Et la discussion se prolonge, tu lis le déroulé jusqu'à l'heure actuelle. Ta maman soupire et fini par raccrocher. Toi, tu ne mesures pas encore l'ampleur de la situation. Ce n'est que le soir, quand Papa met le journal durant le dîner, que tu commences à comprendre. Comprendre que l'on en veut aux valeurs fondamentales qui font que ton pays fonctionne. Tu es un peu émotive sur les bords alors, rapidement, une fois que ta soupe est avalée, tu te retranches dans ta chambre. Tu dois écrire. Pour autre chose. Mais tu n'y arrives pas. Tu ne peux pas. Tu t'y forces pourtant : tu as un challenge à respecter. Tu as déjà abandonné le mois dernier, tu ne peux pas le faire deux mois de suite. Et tu postes, un texte que tu as hésité à poster. Mais après tout, personne ne te lira. Alors tu te lances, un texte sur l'utilisation des armes. C'est le lendemain que tout prend un sens. Quand, à neuf heures, tu reçois un sms de ton père. « Fusillade avenue Pierre Brossolette, je suis dans le tram, tout va bien. » Et oui, tu vis à Montrouge, cette ville qui a toujours été si paisible, qui n'a jamais eu aucun problème – ou presque aucun. Aujourd'hui, elle a mal. Elle pleure cette policière qui est morte. Toi ? Tu aurais dû te recoucher. Mais à cause de cet événement – ou du rhume qui t'empêche de respirer – tu te lèves. Tu allumes ton ordinateur et tu vas directement sur BFMTV. Et les événements s'enchaînent. Les informations, les suppositions. Tu ne sais quoi penser. Sans que tu n'aies pu le comprendre, treize heures est arrivé. Pause déjeuner, il faut que tu arrêtes de fixer ton écran sans réagir. Tu dois bouger. Alors tu prends ta douche, prépares a manger, lance un épisode de ta série dans l'espoir qu'elle change un peu tes idées, en vain. À peine, l'épisode terminé que tu retournes jeter un œil sur BFM. Tu maudis ces journalistes qui, sans vouloir mal faire, donnent toutes les informations nécessaires aux terroristes. Tu maudis les médias de te scotcher ainsi à l'écran sans pouvoir en bouger. Et ce jour-là, tu dois écrire aussi. Mais tu ne pourras pas. Là encore, le moment du dîner est important. Tu ne pleureras pas, parce que tu ne veux pas pleurer devant tes parents. Que pourraient-ils dire de plus, de toute façon ? Alors tu restes stoïque, tu retournes ensuite dans ton antre et tu continues de résister. Et tu te rends compte que, toi aussi, tu aurais voulu être place de la république mercredi soir. Jeudi soir. Mais tu ne peux pas, parce que tu es loin et qu'il est trop tard pour les rejoindre.
Viens vendredi. La fin. Quand tu apprends que deux prises d'otages simultanées ont lieu, la seule chose qui te vient à l'esprit, c'est « Pourquoi ? » Pourquoi vous faites ça ? Sincèrement, votre Dieu veut-il réellement que vous tuiez pour lui ? Je ne suis pas croyante, mais j'ai été baptisée, confirmée. J'ai fait du catéchisme et, ce Dieu là, il ne veut pas qu'on tue pour lui. Je ne dis pas que les Catholiques ont toujours été un modèle de droiture, mais je sais que votre Dieu veut vous insufflés les valeurs d'amour et de partage. Alors pourquoi Diable tuez-vous votre prochain ? Pourquoi faites vous des victimes innocentes pour un but qui n'est pas valable ? Et d'ailleurs, c'est quoi, votre but ? L'école juive ? L'aéroport de Roissy-CDG ? La France ? La presse ? Le journalisme ? La liberté ? Après qui en avez-vous ? Pourquoi n'êtes-vous pas capable de combattre l'intelligence et l'art par votre intelligence et votre art ? Vous avez une culture qui est aussi belle que la nôtre, alors servez-vous-en pour contester les dessins de Charlie Hebdo s'ils ne vous plaisent pas. Un coup d'kalach pour un coup d'crayon, tu salis ta religion. C'est exactement à ça. Et ça me met en colère. Pourquoi tuer ces gens dans ce supermarché Casher ? C'est les bras ballants et le cœur lourd que, ce jour-là, tu déjeuneras. Parce que maman te regarde et que lui faire de la peine n'est pas nécessaire. Puis, viens le soir. Ils sont morts, la France respire. Pas toi. Toi, tu as mal, tu sais que ça va continuer. Tu le sens. Tu n'as pas peur, tu as mal. Tu respires mal, tu es amorphe. Les marches républicaines s'organisent et tu aimerais y aller. Mais tu ne pourras pas, tu pars en weekend ce dimanche-là. C'est bête non ? Dix-sept personnes sont mortes et toi, tu pars en Belgique pour deux jours. Mais c'était prévu et annulé ne serait pas une bonne idée. Avant de quitter l'appartement familial, tu épingles une pancarte « Je suis Charlie » sur ton pull. Parce que, toi aussi, tu l'es. Et que, même si certains râlent de l'utilisation de ce terme, du manque de considération pour l'agent d'entretient qui était là, pour les victimes du supermarché. Toi, tu considères que Charlie les désigne aussi. Aujourd'hui, comme toute la France, comme le monde entier, tu es Charlie. Tu es juive. Tu es musulmane. Tu es policière. Tu es agent d'entretient. Tu es étudiante. Tu es Française. Tu es athée. Tu es Charlie. Et ce soir, tu regardes l'émission sur la 2. Avec ton animateur préféré : Nagui. Et quand la rédaction encore vivante de Charlie Hebdo apparaît, que toute la salle fond en larmes, tu voudrais faire pareil. Mais, là encore, tu ne peux pas. Par dignité, par fierté. Ce n'est pas plus mal. Tu regardes cette émission avec le sourire. Mais tu ne comprends toujours pas comment quelqu'un peut décider de tuer une autre personne. Personne n'a le droit de vie ou de mort sur autrui. C'est une phrase que tu veux hurler, que tu dois hurler. Une phrase en laquelle tu crois. Un juge ne peut ordonner la peine de mort tout comme un terroriste ne peut fusiller dix-sept personnes uniquement parce qu'il en a envie. C'est inconcevable. Alors ce soir, tu repousses l'heure de dormir, et tu écris. En espérant que ton cœur va s'apaiser un peu. Parce que tu n'as pas voulu parler. Mais il y a autre chose, derrière tout ça, qui t'a émue. C'est cette unité Française. Ce n'est peut-être que du vent. Peut-être que, demain, tout redeviendra comme avant. Mais tu veux croire en la France. Tu veux croire que ton pays peut rester soudé ainsi dans l'adversité. Ces marches et ces rassemblements spontanés en sont la preuve, non ? Pourquoi ne déciderions-nous pas de continuer ainsi ? Parce qu'aujourd'hui, nous ne sommes qu'un géant face à la petitesse du terroriste. Il ne sera jamais un martyr. Il ne sera rien d'autre qu'un imbécile qui s'est laissé embrigadé dans un mouvement qui l'a dépasser bien trop vite. Parce qu'aujourd'hui, je peux dire que je suis fière de la France sans risquer de me prendre des retours négatifs dans le visage. Et, qu'importe le futur, je serais toujours fière d'elle. Un de mes pseudos est « France ». En hommage à ma grand-mère dont il était le prénom. Mais également en hommage à ce pays qui m'a vu naître et qui m'a aidé à grandir. Qui m'a donné mes valeurs et mes goûts. Aujourd'hui, je suis d'autant plus heureuse d'avoir utilisé ce pseudo. Et je pense que Mi-France serait fière de porter ce prénom aujourd'hui. Tout comme je le suis de le porter en second prénom. Vive la France.
008. a scene inspired by your favourite quote
On peut obtenir beaucoup plus avec un mot gentil et un revolver, qu'avec un mot gentil tout seul.
Al Capone
Elle était installée dans la salle d'attente, un magazine dans les mains. La grande horloge faisait défiler les minutes. Un soupir quitta les lèvres de la jeune femme et elle referma la revue. Ses doigts glissèrent dans ses cheveux pour les remettre à leurs places et elle fixa de nouveau la pendule. Il était en retard. Elle déteste qu'on la mette en retard. Elle allait se lever pour se plaindre à la secrétaire quand la porte s'ouvrit enfin. Elle plaqua alors un sourire poli sur ses lèvres et se leva, attendant que le rendez-vous précédent daigne sortir de la pièce. Après avoir été invité à entrer, elle prit place dans le siège réservé aux visiteurs et croisa ses longues jambes. - Je vous remercie de prendre le temps de me rencontrer, j'apprécie énormément. - Votre appel m'a intrigué, que puis-je pour vous. - J'aurais besoin de quelques informations que vous renfermez dans vos locaux, Monsieur Kenburry. - Nous sommes une société d'import, de quel genre d'information une jeune femme telle que vous peut-elle avoir besoin ? - J'aimerais pouvoir acquérir toutes les informations concernant Enzo Torez. Prises de service, lieu de travail, sécurité social, mutuelle, informations personnelles. - Ce sont des informations confidentielles ! Qui êtes-vous pour me demander une chose pareille ? - Je suis envoyée par Plume. Plume, le nom de code. L'alias. Le pseudonyme. L'identité secrète. Pour le grand public, Plume était un détective privé talentueux et mystérieux qui essayait – au mieux – de rendre la justice en ce bas monde. Évidemment, les maris infidèles et les vols de voitures étaient aussi monnaies courantes, mais, il faut bien pouvoir payer son déjeuner. En réalité, Plume était une jeune femme bien moins impressionnante. Kendall Reagan était une journaliste du Chicago Times qui s'occupait de la rubrique « Faits divers ». Et, officiellement, elle était aussi une secrétaire de Plume. Secrétaire qui n'était pas censé connaître l'identité du fameux détective et qui ne faisait qu'organiser ses rendez-vous et son courrier dans une petite bicoque du centre-ville. En entendant le nom du détective, l'homme en face d'elle blanchit légèrement. À partir du moment où elle le mentionnait, elle pouvait observer deux genres de réactions. La première était un rire gras qui lui faisait comprendre que le « mensonge » ne passait pas. Le second, une peur panique. Parfois, les gens étaient simplement dubitatifs, mais, du moment qu'ils n'avaient rien à cacher, ils lui fournissaient les informations désirées. Kenburry était dans la seconde catégorie. - Vous mentez ! - Quel intérêt aurais-je à vous mentir, Monsieur Kenburry ? Plume à besoin de ces informations pour l'enquête sur laquelle il travaille actuellement. Si vous n'avez rien à voir avec cette histoire, je pense qu'il serait plus sage pour vous de me donner ces documents. L'homme se leva et posa ses deux mains à plat sur son bureau, tentant de prendre un air ferme. - Sortez. - Je vous laisse une dernière chance. La demoiselle fouilla dans son sac pour en sortir un revolver. Un Colt Python 357 magnums. Oui, c'était un gros modèle. Mais il effrayait suffisamment à lui seul pour qu'elle ose le sortir ainsi. L'homme commença à transpirer et il se redressa. Ses mains tremblèrent et il recula d'un pas. - Qu'est-ce que... - Donnez-moi ces documents, Monsieur Kenburry. S'il vous plaît. - D'accord ! J'ai compris ! Rangez votre arme. Elle resta néanmoins sortie tout le temps ou le patron de l'entreprise fouilla dans son étagère. Une fois qu'il eut tendu le dossier de Torez à Kendall, elle s'en empara d'un geste souple et rangea le paquet dans son sac, l'arme rejoignant le fond du bagage. - Merci, je savais qu'on pourrait se comprendre ! Je vous souhaite une très bonne journée Monsieur Kenburry. Et ouvrez la fenêtre, vous semblez mourir de chaud. Un sourire en coin ponctua cette recommandation avant que la demoiselle ne quitte les locaux. Elle grimpa dans la Mini Cooper qu'elle avait abandonnée au bas de l'immeuble et quitta le quartier rapidement. Elle avait eu ce qu'elle voulait, c'était tout ce qui comptait.
Si j'aime cette citation, c'est parce que j'admire - en un sens - l'homme qui l'a prononcée. Mais, il faut faire attention à l'utilisation que l'on fait d'une arme à feu. Personne n'a le droit de vie ou de mort sur quelqu'un. Personne. Ni terroriste, ni état, ni assassin. Une discussion posée vaut souvent bien mieux que la violence.
007. the beginning of a novel in less than 500 words AND the ending of the same novel in less than 500 words.
Et oui. Je me suis perdue entre temps. Mais je reprends aujourd'hui au jour 6 pour survivre tout le mois de Janvier.
Je ne reprends pas au thème 6 simplement parce que le thème ne m'inspire pas. Je n'ai pas de "photo préférée" du coup c'est un peu problématique haha.
Bref. Place au texte ♥
La journée avait été plutôt paisible. Ils avaient passé la soirée de la veille à regarder les étoiles depuis la terrasse qui ornait le toit de l’immeuble du mafieux. Il adorait ça, regarder les étoiles. Ca le faisait sentir petit et calmait ses envies de grandeur. En tant que chef de gang, Miguel était dans l’obligation d’avoir de l’ambition. Qu’il soit pour récupérer une parcelle de terre ou pour éliminer un rival de son territoire, il fallait voir plus loin que le bout de son nez. Et ça pouvait monter à la tête de certain à tel point qu’ils faisaient des erreurs. Il avait connu quelques partenaires qui, dans la dernière décennie, s’était fait ridiculisé en voulant prendre la place de leur Boss. Ils avaient beau être latino aussi, les ritals étaient bien moins intelligent que les sud-américains.
Miguel tourna la tête sur le côté et observa le corps étendus entre les draps. Il avait énormément hésité avant de le faire entrer dans sa vie. Sa dernière relation c’était terminée dans un échec cuisant et il avait peur de mettre ses relations en danger. La première chose qu’on apprend quand on entre dans la pègre c’est que l’amour n’existe pas. Ce sont des relations de travail, des alliances, du cul ou simplement un peu de compagnie. Miguel a toujours essayé de concilier les deux, tout en crevant de peur de les perdre. Alors il fait un pas, recule de deux, essaie d’avancer d’un mais il en revient toujours au même point : le célibat. Mais à presque quarante ans, il a décidé que faire le con n’était pas productif, qu’il voulait une famille.
Quand il avait rencontré Armando, il n’avait pas fait attention à lui. Un gamin dans la vingtaine qui essayait d’ouvrir un bar. Et puis, il avait commencé à fréquenter ce bar. Il était en couple à ce moment-là alors il éviter de laisser traîner son regard sur d’autres. Mais il avait bien vieillit et, finalement, il était plutôt plaisant à regarder. Et puis, récemment, il avait pris la décision d’essayer. Mais ça n’avait pas été facile. Il avait dû se battre avec lui-même pour l’accepter. Mais aujourd’hui, il est là, cet homme au creux de ses bras, encore embuée par le sommeil qu’il vient de quitter. Les lèvres de Miguel fondent doucement sur celles de son compagnon pour lui offrir un baiser de bonjour, un petit sourire s’étirant sur les lèvres du plus âgé.
- Bonjour, Guapito. Tu as bien dormis ?
***
La morale de cette histoire, c’est qu’importe les obstacles, si vous désirez vraiment quelque chose vous ne laisserez personne se mettre en travers de votre chemin. Miguel avait cette envie de fonder une famille, d’avancer, de ne plus être simplement « le chef de clan mexicain » mais d’être Miguel Muños, l’homme, le père, l’époux. Alors quand il avait réussi à récupérer son amant sain et sauf, il s’était promis de ne plus le lâcher. De ne jamais abandonner Armando sur le bord de la route simplement par peur qu’il lui arrive quelque chose. Le barman lui avait assez prouvé qu’il était capable de se défendre. Et même s’il était vrai que son arrivé avait changé la répartition des forces, il s’était bien débrouiller. C’était peut-être ce qui avait poussé Miguel à accepter la situation, à comprendre que, qu’importe ce qu’il se passait, Armando n’allait pas l’abandonner de sitôt.
Alors, quand ils s’installèrent dans son appartement, devant le bouquet de chaîne proposé par le satellite, il ne fit pas attention au film d’action qui se déroulait devant ses yeux. Son regard était posé sur son homme et il le fixait avec intensité. Armando finit par s’en rendre compte et lui décrocha un regard inquiet : après leur première dispute, il avait fini par prendre peur dès que Miguel le regardait fixement. Généralement, c’est que l’homme réfléchissait. Et, après une journée comme la leur, ce n’était pas forcément une bonne chose.
- Guapito…
- Ne dit rien. Je ne veux pas t’entendre rompre parce que j’ai été enlevé, le devança-t-il en quittant le canapé.
Miguel lui décrocha un regard surpris et, en se reprenant, il se leva. Il approcha de lui, passa un bras autour de sa taille, le colla contre son corps alors que sa main libre venait lever un peu son menton pour l’observer au fond des yeux.
- Ou as-tu vu que j’allais rompre ?
- Tu me fixais.
- Épouse-moi, Guapito.
Un ange passa avant que le plus jeune n’assimile les mots de son compagnon. Un sourire en coin passa sur ses lèvres et il souffla.
- A combien d’homme avant moi as-tu dis « épouse-moi » ?
- Aucun. Aujourd’hui plus qu’hier j’ai compris que tu avais bien trop de place dans ma vie pour que je te laisse t’enfuir. Je suis tiens, tout entier. Soit miens en retour.
- Tu n’es pas à moi et je ne suis pas à toi… Mais je veux bien t’épouser.
005. a scene using two characters who don’t speak each other’s languages
Alors j'ai décider de faire les trois "5" d'un coup, comme y'a beaucoup de chose et que c'était globalement la même chose... Voilà. Du coup, voilà le thème complet 005. a scene using two characters who don’t speak each other’s languages — 005b. same scene, this time from the other character’s POV — 005c. same scene, this time from a unique POV - for example the walls of the room they’re in
Je l’observe d’un air morne. C’est quoi ce type qui débarque de nulle part en hurlant des mots que je ne connais pas ? On est en Angleterre mon pote, parle anglais. Je ne sais pas ce que tu essaies de me dire mais je ne comprends pas. C’est quoi ? Du français ? De l’espagnol ? C’est un truc du sud ça, j’en suis sûr. Enfin je crois. Ça se trouve c’est du finnois ! Je continue d’essuyer mon verre, je ne te servirais pas si tu n’ouvres pas ta bouche dans une langue que je connais. Et tu n’as pas l’air motivé. Je vois les gros yeux de mon patron et je soupire. Okay, on va essayer de parler anglais calmement. « Je ne comprends pas votre langue, parlez anglais s’il vous plaît ! » Tu me baragouines quelque chose en anglais mais je ne comprends rien. Enfin, je supposais que c’était de l’anglais. Je t’accorde un regard entre pitié et agacement et tu pestes un moment avant que quelqu’un d’autre ne décide de s’occuper de toi. Je me fais sermonner par mon patron mais que veux-tu que je lui dise moi… je ne parle pas ta langue, c’est quand même pas ma faute. ** J’entre en courant dans un café quelconque, j’ai faim, j’ai soif et j’ai une envie pressante d’aller aux toilettes. Pourquoi ai-je suivis cet imbécile d’Alejandro dans un pays ou je ne connaissais ni la langue ni les coutumes et j’étais totalement perdu. « Mais tu verras Londres c’est trop cool ! ». Je t’en ficherais moi du trop cool. Tu t’es tiré avec une anglaise en deux jours et tu m’as lâché comme un mal propre. Connard. Je te ferais la peau. J’essaie de rassembler le peu de connaissance en anglais qu’il me reste de mes études. Autant dire « Hello » « Thank you » et « Please ». Je lance un regard suppliant au barman qui ne semble pas enclin à m’aider. Super. En plus, je tombe sur un connard de première zone. Le charme anglais, on repassera. J’essaie alors de rassembler de toutes mes forces pour parler un peu et lui demander une bouteille d’eau. Je fais des gestes avec mes mains, j’essaie de lui montrer. Mais il ne veut pas voir. Il me parle, je ne comprends rien. Un soupire quitte mes lèvres et je me passe une main sur le visage. Je crois que je vais laisser tomber. J’irais manger à l’hôtel, au moins le groom parle espagnol. ** Je les ai vu tous les deux je vous dis ! C’était plutôt drôle d’ailleurs. Moi j’aime bien ce genre de situation. Ça arrive souvent puisque le petit restaurant ou je me trouve est en plein cœur de la city. Alors, des gens qui ne parlent pas Anglais, j’en ai un peu croisé. Mais le pauvre petit cœur avait l’air tout perdu ! Je l’aurais bien aidé moi, si je n’avais pas eu les mains de l’autre british dans le derrière. Je suis une vieille caisse enregistreuse moi, faut prendre soin de moi ! Oula, doucement mon mignon, fait pas de grand geste comme ça tu viens de manquer de me donner un coup ! C’est dangereux ! Mais ils n’ont pas l’air de se comprendre, c’est particulièrement étrange. Je crois que l’employé ne fait pas beaucoup d’effort non plus. Et mon maître n’est pas content. Je crois que le petit anglais va se faire taper sur les doigts. Le latino s’en va, il a l’air triste. J’aurais presque envie de lui faire un câlin.
004. a war scene
Quelques minutes de retard, mille excuses. Mais on est toujours le quatrième jour tant que je ne me suis pas couchée alors. Enjoy.
Le ciel est gris, la chaleur est insupportable et la poussière vole dans la ville. C’est désagréable, ça colle à la peau. Je suis en sueur et je ne comprends pas comment je me suis retrouvé au milieu de tout ça. Je savais que le pays n’était pas sûr, que la ville n’était pas un havre de paix. Je savais tout ça, mais je m’en fichais. J’étais heureux moi, heureux avec lui. Et nous allions nous marier. Alors pourquoi faut-il que tout ça nous tombe dessus. Je sais qu’il est en ville lui aussi. Et s’il est pris dans une embuscade du même genre… Et s’il ne s’en sort pas ? Je serre les dents. Non, on s’en sortira. Et on invitera même ce type au mariage. Juste pour profiter de la vie. Pour lui montrer qu’on est heureux. Une voiture explose un peu plus loin et je me recroqueville un peu plus sur le sol. Ça n’arrête pas depuis deux heures. Des explosions, des tirs de mitraillettes, de coup de feu. Mes oreilles bourdonnent, mes yeux aimeraient se fermer. Je suis fatigué. Quand est-ce que ça va finir ? Je me redresse un peu, je passe la tête au-dessus de la poubelle derrière laquelle je m’étais cachée. Une bien piètre cachette pour un homme comme moi. J’aurais mieux fait de ne pas aller chez cette esthéticienne. La manucure laisse à désirer et elle est totalement détruite maintenant. Peu importe, j’observe la rue. Des corps jonchent le sol un peu partout. Certains portent des armes dans les mains, d’autre des ours en peluche. Mon cœur se serre quand je vois un petit garçon seul dans la rue. Il ne peut pas rester là… Il va se faire tuer. Il doit avoir à peine cinq ans. J’observe l’avenue ou le calme semble persister depuis quelques minutes. Alors je sors de ma cachette et je cours, je l’attrape dans mes bras quand j’entends de nouveau des coups de feu. Et merde. Je fais un roulé boulé avec l’enfant dans mes bras et j’arrive derrière un kiosque à journaux. Au moins il sera à l’abri ici. Je reste sur lui, je n’arrive pas à me redresser. Mes forces quittent peu à peu mon corps et je ne sens plus mes jambes. J’ai mal au dos quand même. Alors je tends ma main pour la poser sur la chute de mes reins… c’est poisseux. La balle a dû me sectionner la colonne vertébrale. Génial. Je ne pourrais plus jamais sauter. Je tousse un peu et l’enfant gigote. J’essaie de bouger pour le laisser respirer. Je me vide doucement de mon sang. La nuit est de plus en plus sombre, de plus en plus poussiéreuse. Elle est moite et désagréable. Et toi, tu n’es pas à côté de moi, ma puce.