Népal pour Daruma
painted and scratched directly on 16mm film
Director : Clifto Cream DP : Maxime Berger
Shot on Fomapan film 16mm - Bolex EBM

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Népal pour Daruma
painted and scratched directly on 16mm film
Director : Clifto Cream DP : Maxime Berger
Shot on Fomapan film 16mm - Bolex EBM
22/03/17
Certains vont à La Mecque, D'autres à Las Vegas, Nous on est fonce-dé quand on s'rend à l'évidence
Népal, Maladavexa
Népal : Hommage
J’ai découvert Népal comme de nombreuses personnes, avec sa décès. C’est à mes yeux l’un des rappeurs les plus talentueux, avec des textes profonds, portés par des instrus mélancoliques, transcendantes. Je cherche ici à lui rendre hommage en proposant ma façon de lire et comprendre ses œuvres. Pour ma part, à travers ses sons, Népal nous invite, sans préjugés, à rentrer dans son monde.
C’est une invitation à se rappeler de ce qui est réellement important. C’est le message qui se cache derrière l’anonymat de Népal. Quel est l’intérêt d’un succès nourrit par le culte de la personnalité ? Forger une audience réelle autour de ses textes. Garder ce qu’il y a de pur. Voilà peut-être la voie souhaitée par Népal.
Malgré ça, on pourrait se dire que cet anonymat le mystifie. Népal dans ses textes nous promène vers des lieux lointains. Il nous invite à rêver, à se laisser porter. Lorsqu’il choisit de parler de Babylone, du Japon, de l’océan … ce sont des lieux couverts de mythes et de mystères. Des lieux où la seule limite serait notre imagination. Est-ce qu’au final, Népal, en gardant ce mystère autour de lui, ne nous permet-il pas aussi de voir en lui ce que l’on veut ? De cette façon, il protège son art d’un succès taché d’un culte de la personnalité mais aussi sa vie privée, ce qui lui permet de garder les pieds sur terre.
Paradoxalement, alors que Népal avec ses textes mais aussi ses instrus nous propose une issue face à la lourdeur que peut représenter la vie, celle d’un rêve porté par la musique. Il nous rappelle aussi qu’il est important d’avoir conscience de la réalité et des changements qui nous entoure. Le temps qui passe, la pression sociale mais aussi celle de la routine, sont des thèmes que l’ont retrouve souvent dans ses textes notamment dans Kodak White, Rien de Spécial ou encore Malik al mawt.
Malik al mawt, c’est peut-être un des sons qui résume le mieux son avant-dernier album à mes yeux. On y retrouve de nombreux questionnements notamment sur le libre arbitre, la condition humaine, la difficulté des rapports sociaux entre copine et amitiés perdues, drogue … Quel sens donner à cette vie ? On oublie, on espère se rappeler. On se blesse, on se retrouve. On aime, on se déteste. On se dit prêt à rejoindre Malik, mais tant que le bateau flotte, on continue avec cette vie, avec ou sans missions, test ou non. Népal reste fidèle à lui et ses proches, fidèle à sa matière grise, malgré de nombreux doutes. Questions que l’on retrouve autour des mythes, toujours sans réponses, pour le meilleur comme pour le pire.
« J’garde la pêche ». C’est peut-être ce qu’il faudrait retenir. Népal veut nous faire réfléchir. Rêver c’est bien, c’est nécessaire. Tout comme se battre pour ce que l’on croit, avec ou sans soutient, avec ou sans quelque chose de spécial, avec ou sans destinée.
“Paraîtrait qu'le silence est la meilleure alternative
Nous on a choisi d'faire du bruit, pardonnez notre impertinence
Chaque jour qui passe est bon à prendre pour s'affranchir de leur matrice
Même si glissante est la piste, ils peuvent cimenter la vitre”