Hello ! J’espère que vous allez bien 🥰 De mon côté c’est un peu la course mais je fais mon max pour alimenter le tumblr c’est d’ailleurs pour ça qu’il n’y a qu’un post par jour 👀 Je vais certainement me mettre à faire des aesthetic avec des icons, j’en ai d’ailleurs commencées qui sont dans mon pc. Je ne sais pas si ça peut intéresser ou quoi 🤔
J’ai reçu quelques demandes que je ne ferais pas, je vais le rappeler. Je n’accepte les demandes qu’avec les formules de politesse. Bonjour, Merci, S’il vous plait. Je trouve ça déjà incroyable de devoir le rappeler, c’est la base de tout. 🤷🏼♀️ Je tiens aussi a jouter une nouvelle fois qu’avec une galerie vous me facilitez les recherches, je ne passe pas 3h a trouver des photos, il y a donc plus de chance qu’il y ai plus d’avatars de fait. 🥺
En tout cas merci à ceux qui prennent le temps de dire de jolis mots ou qui me font découvrir des pépites, pleins de love sur vous ❤️❤️
Un festival qui joue la carte de la diversité des genres. A commencer par une soirée jazz et swing avec KBK Trio et Swing Manding, qui nous font remonter a
Du 28 juin au 2 août 2013
Vernissage jeudi 27 juin de 18h à 21h
360m³ invite Harald Fernagu à présenter Pièce à conviction #2.
Voir rapporté dans un même lieu un ensemble d’œuvres à priori disparates suscite une sorte d’incrédulité. Un ensemble mais quel ensemble? Est-ce un lieu, une idée, un rêve? Crânes décorés, armes de poing, photographies soignées, jeux de constructions, passe-temps, les œuvres exposées marquent le lieu comme d’autres l’entrée d’un sanctuaire, à la fois banal et précieux. Avant cela, l’espace se crée à mesure qu’on avance : un univers de détails et de couleurs tendres, teinté de brutalité. La vie telle qu’elle est, marquée par le temps et la mémoire, qui ne cessent de la défaire ou de la renouveler.
Les sculptures, distribuées dans l’espace d’exposition, apparaissent sur des socles de différentes hauteurs, tour à tour posées, accoudées, déposées, accostées. De la statue, sans toutefois représenter des corps érigés, elles ont le maintien, l’élévation, le port de tête. Autrefois, des jeunes filles portaient le baldaquin formant la partie visible des tombeaux. Vêtues d'une longue tunique, soutenant l’entablement sur leur tête, remplaçant un pilier ou un pilastre, elles marquaient l’entrée, ouvraient le passage vers l’autre territoire. Ici, ni tuniques pour le cacher, ni corps, mais partout des socles et des sculptures qui sont tout à la fois des images et des instants. L’espace, un circuit enroulé sur lui-même, épouse celui de la galerie, s’y colle. On passe de l’une à l’autre, entre les unes et les autres. Le temple, c’est le sol sous nos pieds. Des pans de placoplâtre émergent du sol et s’adossent aux murs, des socles bas, des colonnes plus étroites, des tables. La construction, comme un jeu d’étages et de découpes, ne semble pas achevée. Le lieu rappelle le gabarit ordinaire de nos maisons, les couloirs à suivre, les murs à contourner. Distribuant l’espace et la circulation, c’est un chantier, un pays de pleins et de déliés, d’excavations livrant ces choses à la vue : des crânes sacrificiels aux orbites noires et creuses descendues de leur piédestal.
Le crâne médical côtoie la maquette, le fusil et le jeu de cartes, le visage et l’objet, du vivant au mort. Echafaudages dérisoires : une tête de pierre est soutenue par des cure-dents. Plus loin, un édifice improbable posé sur de minuscules tiges de bois qui le soulèvent (La tour de Babel, 2010), architectures de papier prêtes à tomber, on surplombe des armes surmontées de modélisations de pylônes ou de ponts (Sans titre, pièce à conviction, 2011). Leur fragilité nous provoque. (Pourvu que je ne fasse pas un faux mouvement.) On passe de l’un à l’autre en se soumettant aux changements d’échelle avec la difficulté que l’on éprouve à distinguer ce qui est de l’ordre de la maquette ou de la réalité. Ce qu’elles déclenchent trouble ou excite : des sensations physiques bien réelles qui appellent notre retenue plutôt que notre maladresse, des options de jeux infinis qui encouragent une jubilation mêlée d’anxiété. L’exposition n’est ni sentimentale ni pathétique. C’est un lieu hanté par des choses qui veillent.
La scénographie sans histoire d’Harald Fernagu, la tension du positionnement spatial des objets, leurs inclinations, nous retiennent car elles manifestent tout de l’élan qui les a formées : ce geste spontané et intuitif, que la raison arbitre, le temps venu. Construire, sertir, orner, recouvrir, ajouter ou retirer dans un mouvement continu, est le geste d’une prière païenne, dont les reprises et les repentirs maintiennent la fragilité. Les poètes antiques ont eu recours aux allégories errantes, aux ombres infernales, pour convoquer le chagrin, les remords, la peur, etc. Les figures et les images de l’exposition sont hospitalières parce que nous les reconnaissons parmi d’autres, semblables à d’autres. Elles appartiennent à notre imaginaire comme tous ces lieux communs dont tous, pour de multiples raisons, nous avons l’usage. La qualité du geste sculptural, sa folie, sa consistance, balaie du geste le rituel, en appelle à l’emportement vital, à la répétition infinie, même dans sa perte. C’est un geste dans la continuité d’autres gestes, dans le flux des images et des années, et donc une situation pour nous, aujourd’hui. Toute appartenance à un genre est délaissée au profit d’une élaboration plus étrange, sorte d’allégorie sans référent, de variation poétique sans thème. Sur un mode juvénile, éperdu, Harald Fernagu déploie une autorité sans rapport avec le rapport de force, pour ne garder des vanités qu’un motif, le moment d’un surgissement, et l’obstination. « Comme le désir sexuel, la mémoire ne s’arrête jamais. Elle apparie les morts aux vivants, les êtres réels aux imaginaires, le rêve à l’histoire.» nous livre Annie Ernaux. Et, afin de régler son compte au cadavre, puisqu’il ne s’agit plus là d’attraper l’insaisissable, Harald Fernagu tente sans doute tout simplement de faire face, avec un bon sens absolu, celui qui fait de la mort, comme de la création, un événement de la vie parmi d’autres.