Premier samedi d’ateliers à Beaubassin
Voici le récit du premier samedi d’ateliers à Beaubassin, vécu par Renaud (ci-après appelé plus simplement « je » ou « moi » pour faciliter la compréhension du lecteur). Au programme : cours de créole, repas, pré-ateliers, rassemblement, et enfin ateliers.
La journée commence pour les enfants vers 11h avec l’accompagnement scolaire en créole : une occasion pour Alain et Marousia de faire discuter les enfants en créole sur un thème en rapport avec les événements récents, et de leur apprendre les mots anglais correspondant.
Cette semaine Marousia choisit de parler de la fête de la musique (fêt lamizik en créole) qui aura lieu le mardi suivant. Ceux d’entre nous qui désirent apprendre le créole s’asseyent avec les enfants et suivent aussi la discussion : je suis assis à une table où se trouvent des enfants parmi les plus jeunes. Marousia insiste pour qu’ils écrivent le calendrier de la semaine, et j’essaie tant bien que mal de les y aider. Arrive ensuite Alain qui fait subtilement dévier le sujet de la discussion, de lamizik vers les instruments de musique (« bann linstriman ») et des instruments vers… nos instruments : tronpet, tronbonn, saxofonn, batri et soubasofonn. Et Alain de nous inviter à venir chacun à notre tour présenter notre instrument aux enfants, et de noter les points communs et les différences entre instruments au tableau.
Vient ensuite le moment du repas où, une fois encore, la gastronomie mauricienne nous convainc tous. Nous regroupons ensuite les enfants dans la cour pour leur présenter les activités que nous allons leur proposer pendant l’heure qui arrive : qui veut faire du solfège ? qui veut faire de la guitare ? qui veut faire du chant ? etc.
Petite précision sur l’atelier chant, que j’anime avec Théo, Abel et Louis : l’objectif de cet atelier, que nous avions mené avec succès au Bénin, était de regrouper des enfants intéressés par le chant et possédant déjà de bonnes bases, afin de faire avec eux des chants plus complexes et plus intéressants que ce que nous pouvons faire en atelier « normal » : exercices techniques plus poussés (respiration abdominale, vocalises, etc) et chants à plusieurs voix.
Et là arrive la déception du jour : le groupe chant est en fait composé principalement des plus petits qui ne savent pas où aller, les grands bons chanteurs étant tous partis apprendre le solfège. Nous avons donc été un peu perturbés, essayant tant bien que mal d’apprendre des chansons assez simples à des petits qui se plaignaient de devoir rester debout, et qui d’une quinzaine au début de l’atelier n’étaient plus que la moitié à la fin. Nous ressortons de cette heure un peu dépités, ne sachant pas comment améliorer ça d’ici le prochain atelier. Théo soutient qu’il suffira de s’adapter et de proposer des choses différentes, alors que pour Louis et moi le résultat est tellement différent de ce que nous voulions que nous ne sommes pas sûrs de continuer à « faire la garderie ».
Nous avons ensuite un moment de pause pendant que les enfants font leur rassemblement, où ils discutent des événements de la semaine. Le principe est le suivant : chaque enfant qui a quelque chose à raconter à propos de la semaine, que ce soit une question d’actualité ou simplement ce qu’il a fait, le raconte brièvement, et tous les autres lui posent des questions pour avoir plus de détails. Parfois lorsqu’il s’agit d’un sujet qui se prête à la discussion, Alain essaie d’aller plus loin : par exemple un naufrage de navire dans les actualités a été prétexte à une discussion sur l’écologie.
Vient ensuite le moment des ateliers proprement dits, et nous nous apprêtons à devoir garder l’attention des enfants pendant deux ateliers de 45mn. Au programme pour le groupe que j’anime avec Thomas et Alexandre :
- des exercices d’étirements, de respiration et d’échauffements vocaux pour capter l’attention des enfants
- un « jeu des prénoms » : chaque enfant choisit un rythme corporel qu’il peut faire tout en disant son prénom, et les enfants s’appellent les uns les autres en faisant leurs rythmes respectifs. Une occasion pour nous d’apprendre leurs prénoms de façon un peu ludique.
- Un rythme corporel plus difficile, qui se trouve aussi être le rythme d’introduction de la chanson que nous leur apprenons ensuite :
- « les cactus » de Jacques Dutronc.
- Nous comptons aussi leur faire découvrir tous les rythmes qu’on peut faire avec des gobelets. Cette séance doit être consacrée à la découverte des différents sons que l’on peut faire… et nous avons aussi prévu un jeu : une course de gobelets par équipes. Chacun doit faire le rythme puis passer le gobelet à son voisin, et si quelqu’un se trompe le gobelet retourne au début de la ligne.
- Enfin nous avons commencé un petit programme de découverte des musiques du monde, avec des présentations par continents. Aujourd’hui c’est Thomas qui leur présente l’Afrique, avec au programme une musique traditionnelle Béninoise, une musique traditionnelle marocaine et un morceau de Fella Couty ; le tout accompagné de la localisation des pays sur une carte du monde et de photos des instruments.
Le début de l’atelier se passe très bien, au fur et à mesure il devient plus difficile de garder l’attention des enfants et ils n’ont pas retenu grand-chose des instruments africains traditionnels… Mes collègues d’ateliers sortent assez déçus et trouvent que les enfants ont été très difficiles : pour ma part je trouve que même s’ils ont été parfois dissipés, ils ont à peu près tout compris.
Après une telle journée, nous sommes tous épuisés et rentrons rapidement à la maison !