Et voilà la dernière sélection photo du voyage ! Elle couvre nos deux dernières semaines qui, à l’image de ces 6 mois, ont été très riches pour profiter au maximum de Maurice.
L’album complet est ici.
Cosimo Galluzzi

tannertan36
★
Aqua Utopia|海の底で記憶を紡ぐ
Mike Driver

roma★

pixel skylines
TMBGareOK. The Official They Might Be Giants tumblr
hello vonnie
d e v o n

❣ Chile in a Photography ❣
Lint Roller? I Barely Know Her
official daine visual archive
occasionally subtle
🪼

Discoholic 🪩
Monterey Bay Aquarium

Product Placement
No title available
noise dept.

seen from United States
seen from Indonesia

seen from Chile
seen from Germany
seen from United States
seen from United Kingdom
seen from Pakistan

seen from Bangladesh
seen from Argentina
seen from United States

seen from United States
seen from United States
seen from Belgium

seen from Germany
seen from Brazil

seen from Paraguay
seen from Jordan

seen from United States
seen from Mexico
seen from Romania
@soundtrekproject
Et voilà la dernière sélection photo du voyage ! Elle couvre nos deux dernières semaines qui, à l’image de ces 6 mois, ont été très riches pour profiter au maximum de Maurice.
L’album complet est ici.
Une journée en Bretagne
Ce texte relate la journée du mardi 19 juillet vécu par 8 membres du Soundtrek Project lors d’une tempête tropicale.
Après une longue préparation du pôle tourisme, nous sommes 8 à décider d’aller passer une journée dans le sud de l’île Maurice. Nous ne savions pas alors que ledit pôle nous avait en réalité préparé une journée en immersion en Bretagne en soutien à Jean qui a le mal du pays.
Tous prêts pour cette journée censée allier une visite de Mahébourg et une montée de la montagne du Lion. Nous partons sous un ciel nuageux menaçant et après 1h30 de bus nous arrivons à Mahébourg sous la pluie et le froid. Après lecture de son livre sur la randonnée prévue, Jean nous fait part du fait qu’il faudra escalader un pan de montagne sous la pluie et le vent pour arriver en haut du Lion. Nous décidons que suite à l’oubli de nos crampons et piolets, nous ne nous sentons pas l’humeur de braver le danger. Nous nous rendons donc au musée de Mahébourg sur l’époque Hollandaise.
Le musée est fermé le mardi.
Suite à l’écoute de nos discussions dans la voiture, le chauffeur nous amène naturellement au KFC de Mahébourg à côté duquel se trouve la mer et un monument. Voilà une photo de l’équipe à l’arrivée.
Nous explorons alors Mahébourg et mangeons des encas typiques mauritiens. Nous tombons aussi sur des affiches d’un super concert, malheureusement un artiste n’a pas pu venir car ils ont oublié de l’inviter. Il a donc été barré, saurez-vous deviner quel est ce groupe?
Après ce début de journée, nous décidons de finir par une petite randonnée le long de la mer. Arrivés au point de départ pour pique-niquer, nous sommes sous la pluie, le vent mais nous avons une vue imprenable sur le bateau qui s’est échoué il y a un mois.
Après avoir voté à l’unanimité moins une voix qu’il est impossible de faire une randonnée dans ces conditions, le bus nous amène alors directement au point phare de la randonnée à savoir “le souffleur”. C’est une roche avancée sur l’eau avec des vagues caractéristique d’une côte Bretonne qui présente un trou donnant directement sur la mer.
Suite à un bref examen empirique, nous nous rendons compte qu’elle doit son nom de souffleur au fait que des masses d’air remontent violemment emportant des gouttes d’eau et les faisant s’envoler. Nous faisons alors toutes sortes d’expériences avec les liquides que nous avons sous la main avant de se faire recouvrir par une vague venue se briser sur notre rocher. Nous rentrons alors au bus heureux mais mouillés.
Au retour à la maison une séance chocolat chaud s’est imposée.
Josué pour Soundtrek
Soundtrek vu de l’extérieur
[Cet article a été écrit par Laurence Brihaye et Daniel Dahl, parents de Renaud, à la fin de leur séjour à Maurice.] Mercredi soir, conviés par Soundtrek à boire l’apéritif, nous avons pu découvrir leur villa de Pointe aux sables non sans avoir, au préalable, enjambé dès l’arrivée un amas de chaussures, sandales et autres tongs. Nous nous sommes donc aussi déchaussés à l’entrée dans le sanctuaire…
Les instruments étaient entreposés dans un coin du salon, dans la cuisine s’affichent les calendriers de la répartition des tâches. Nos hôtes étaient tous affairés : qui à l’accueil, qui à l’enregistrement dans le placard, qui sur son ordinateur, un autre encore au rangement des bières…
Pendant l’apéritif tournent prestissimo les plats de samossas tandis qu’une conversation polyphonique se déploie sur des sujets divers :
- Ça se dit « géniciviliste » ?
- Les inscriptions à Centrale c’est jusqu’à quand ?
- Que pensez-vous de la barbe de Renaud ?
- Eh ! Moins vite les samossas !
- Qu’est-ce qu’on a fait samedi ? [Clément qui rédige la prochaine newsletter]
- …oui mais Marie-Anne ne veut que ce cauri-là
- Etc…Vendredi après-midi nous sommes invités à rejoindre le groupe, qui prétend se détendre avant le concert du soir, sur la « plus belle plage de l’île » au pied de la montagne du Morne. Là, en lisière de la forêt de filaos, nous voyons soudain danser la silhouette du soubassophone, nous nous approchons pour écouter la harangue de Sylvain aux baigneurs et nous sommes surpris d’apprendre que le groupe nous fait cadeau d’un petit concert privé : pas moins de quatre nouveaux morceaux !
Le soir, concert au bar Enso, à La Gaulette, et plaisir pour nous de percevoir immédiatement la cohésion plus forte des musiciens, de sentir leur complicité musicale plus affirmée et de partager leur énergie très communicative !
Samedi, le lendemain soir, autre rendez-vous dans les locaux de l’association Abaim pour le spectacle de fin des ateliers. Les enfants arrivent peu à peu, tous parés pour le « grand soir », des parents s’installent, des mères apportent de grands plats chargés de crêpes ou de gâteaux piments.
Dans son discours d’accueil Alain se montre plein de gratitude à l’égard du groupe Soundtrek dont il souligne l’implication sans faille et le sérieux. Théo, à son tour, trouve les mots justes pour remercier Abaim de leur accueil et dire le plaisir qu’ils ont trouvé à travailler avec eux.
Tout est enfin prêt pour ce qui fut une joyeuse fête piaillante et trépignante mais aussi une vraie rencontre. Les chants, les jeux rythmiques, les danses ont témoigné des affinités créées entre les enfants et les musiciens et, au-delà, entre les organisateurs et leurs hôtes. Apothéose, ou « kreasion mondial », nous avons pu entendre « 37 Matlo », le morceau composé en commun par les groupes Abaim et Soundtrek !
Et voici les photos de notre 8ème semaine à Maurice ! Des concerts sur la plage, chez les scouts, chez Enso bar... Des spectacles aussi, à Abaim Beau-bassin et Grand-baie, des tournages... Une semaine très chargée quoi.
Pour l’album complet c’est par ici !
Rencontre avec l’Atelier Mo’Zar
Voici l’histoire de la rencontre d’une association un peu particulière : l’atelier Mo’zar. Il s’agit d’une association qui s’occupe des enfants défavorisés et les accueille au sein d’une école de musique, pour leur apprendre piano, batterie, guitare ou encore saxophone, véhiculant par là des valeurs que nous cherchons aussi à transmettre par nos ateliers. De plus, tout comme Abaim, cette association a aussi son groupe qu’on peut voir en concert, il s’agit du Mo’Zar Jazz Band. Après avoir rencontré Valérie, de cette association, via le musée d’histoire naturelle de Port-Louis, nous avons convenu de passer une après-midi avec cette association pour voir ce qu’ils font, leur faire écouter quelques-uns de nos morceaux, et jouer avec eux.
C’est donc lundi 18 juillet que nous quittons la maison à l’heure mauricienne (comprenez : transport prévu chez nous à 11h40, départ effectif vers 12h20) pour rejoindre Valérie devant les locaux de l’association puis pour la suivre jusqu’à un terrain peu aménagé de Roche Brune, à Port Louis.
Lorsque nous arrivons nous découvrons que tout est prêt : une grande tente est dressée, sous laquelle des musiciens sont déjà en train de jouer. Nous écoutons quelques-uns de leurs morceaux de Jazz, ce qui nous donne l’occasion de nous rendre compte de leur (très bon) niveau, avant de nous mettre à table. Valérie nous enjoint à nous mêler aux membres de l’association et c’est donc en discutant agréablement avec des musiciens que nous partageons un repas ma foi fort goûteux.
Vient ensuite le moment de notre set : nous leur présentons un éventail assez large de nos morceaux, allant de nos compositions aux Balkans en passant par la Nouvelle Orléans. C’est déjà la deuxième fois à Maurice que nous jouons pour un public de musiciens, et ça se passe très bien, certains dansent, d’autre tapent dans leurs mains.
Enfin après notre set tout le monde se retrouve pour jouer ensemble quelques classiques : Tequila, Oh When The Saints et Strasbourg Saint Denis. Nous suivons Philippe, le trompettiste et meneur de leur groupe, pour faire tantôt l’accompagnement, tantôt le thème principal avec tout le monde, et parfois des solos !
Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et nous devons repartir vers Beaubassin pour répéter avec le groupe Abaim notre morceau commun… Dont vous entendrez sûrement parler bientôt !
Et voici les photos de la 7ème semaine à Maurice, une semaine orientée musique avec des concerts et des échanges !
Pour l’album complet, il est par ici.
Notre rencontre avec ABAIM + ABAIM Késako ?
Chers lecteurs, chères lectrices, depuis quelques temps déjà vous voyez fleurir sur notre blog un bon nombre d’articles, de photos, de vidéos, d’anecdotes et autres réjouissances à propos d’une association ou d’un groupe de musique que l’on appelle ABAIM. Or il se trouve que vous n’avez probablement pas fait les recherches nécessaires pour comprendre ce qu’est ABAIM et comment nous les avons rencontrés … Je suis donc certain qu’une question vous brûle les lèvres et que le bout de vos doigts titillent d’envie de taper en vitesse un mail pour nous demander :
« Comment en est-on arrivés à rencontrer ABAIM et d’ailleurs : ABAIM késako ? »
Heureusement, Soundtrek anticipe et ce double article est là pour vous éviter ces désagréments. Voici donc l’histoire de comment nous avons rencontré ABAIM suivi d’une petite explication de ce qu’est ABAIM réellement.
#MieuxVautTardQueJamais #MeaCulpaJeDevaisEcrireCetArticleYAUnMois
Comment a-t-on rencontré ABAIM ?
ABAIM a été « découvert » par notre pôle ONG en décembre 2014 au travers de leur site haut en couleur (et tout en créole ce qui n’a pas été évident à déchiffrer pour nous). D’abord intrigués par l’idée de se rendre sur une île connue pour ses paysages idylliques mais manifestement rongée par des problèmes d’inégalité sociale (grosses défaillances du système scolaire [Cf pour les intéressés : https://ries.revues.org/2050] et gros problèmes de toxicomanie notamment [Maurice est le premier pays consommateur de drogue africain d’après l’organe international de contrôle des stupéfiants de l’ONU]). Nous avons très vite été conquis par les valeurs et le sérieux de l’association avec laquelle nous avons petit à petit, au travers d’une bonne trentaine de mails, bâtî un programme sérieux et précis. De plus nous souhaitions nous rendre, pour notre troisième et dernière destination, dans une association qui faisait déjà de la musique avec les enfants. En effet, nous voulions pouvoir aller plus loin dans l’apprentissage des notions musicales, et qui sait peut être créer une chanson originale mêlant leur musique à la nôtre (affaire à suivre). L’idée était que faire cela nous permettrait de combattre le sentiment de lassitude présenté dans certains projets à l’idée de recommencer une troisième fois le « même projet ».
Nous avons donc atterri à Maurice le mercredi 1er juin à 17h, heure locale, après 43h de trajet. Marousia et la plupart des membres du staff de l’association : Aurélie, Katty et leurs mamans, Silvio, Cliford, etc … étaient à l’aéroport pour nous accueillir. Ce fût un accueil très chaleureux. Avec Katty et Aurélie qui luttaient pour nous reconnaitre d’après le trombinoscope de notre site qu’elles avaient imprimé. Seulement ce fût un peu difficile pour elles en raison de notre pilosité qui a quelque peu évolué depuis. Ils avaient prévu un véritable cortège pour nous amener de l’aéroport à notre futur domicile : un pick-up et une fourgonnette pour les instruments plus un van 15 places pour nous plus deux de leurs véhicules personnels … Autant dire que c’est dans des conditions de confort dont nous avions perdu l’habitude au Bénin que nous sommes arrivés chez nous à Pointes Aux Sables.
Quel ne fût pas notre surprise d’y découvrir Alain et le reste des membres du staff d’ABAIM qui nous attendaient avec de la nourriture (des chips, des « gâteaux piments », des samossas, etc …) et des boissons pour tous. Ce fût un grand moment pour nous que de découvrir la taille et le confort de la maison dans laquelle nous allions habiter durant les 2 prochains mois. Une fois que nous fûmes enfin rassurés sur la taille de la piscine et après quelques présentations courtes au vues de notre état de fatigue nos hôtes ont eu l’amabilité de nous laisser nous reposer en nous disant à très bientôt. Sans oublier bien sûr de nous préciser qu’un repas nous attendait dans le frigo.
C’est le samedi suivant que nous nous sommes rendus pour la première fois à ABAIM. Nous avons alors découvert le centre chaleureux et décoré de façon très agréable de Beau Bassin. Nous avons bien sûr été accueillis par les enfants qui bien qu’assez timides nous ont posé pas mal de questions au travers d’un poster de bienvenue qu’ils avaient préparé pour l’occasion.
S’en est suivi une journée « type » :
11h – 12h : Cours de Créole / Anglais (le sujet du jour était pour l’occasion : « la bienvenue »)
12h – 13h : Repas que nous avons partagé avec grand plaisir avec les enfants
13h – 14h : Cours d’instruments (Ravann, guitare, et chant)
14h – 15h : Nous avons donné un petit concert pour l’occasion et pour nous présenter également
15h – 16h30 : Jeux d’antan : les enfants ont sorti les toupies, les roues, les cordes pour nous montrer et partager avec nous les jeux dont ils sont si fiers
L’histoire ne s’arrête pas là puisque la semaine suivante nous avons été invités à « assister » à l’une des répètes du groupe ABAIM. En effet, ABAIM s’occupe des enfants de la cité Barkly au travers de leur programme Saturday Care mais elle propose également aux plus motivés d’entre eux de participer au groupe ABAIM qui joue de la musique traditionnelle créole. Nous avons donc eu droit pendant une « heure de temps » à un véritable spectacle où les enfants, accompagnés de certains membres du staff, ont chanté, dansé, joué de la ravann, du triangle, de la maravann et de la guitare pour nous. Ce fût une expérience formidable et assez émouvante. Nous avons eu l’occasion de nous rendre compte de l’incroyable talent de ces enfants qui chantent d’une façon magnifique et qui mettent une telle énergie dans leur façon de danser qu’elle ne peut que donner le sourire.
L’histoire d’ABAIM
L’association ABAIM est née en 1982, lorsqu’un groupe de jeunes étudiants de gauche en opposition avec le pouvoir en place décident de soutenir la cause des travailleurs aveugles du centre de Beau Bassin qui entamaient alors une grève afin de ne plus être exploités par un organisme public qui récupérait le fruit de leur travail au centre Lois Lagesse.
Ensemble il créent alors une association parapublique ayant comme objectif de favoriser l’intégration de ces personnes aveugles dans la société au travers du sport et de la musique. C’est ainsi qu’est né l’Association Bien être des Aveugles de l’Ile Maurice (ABAIM)
C’est en défendant la cause de ces personnes malvoyantes que l’association a évolué jusqu’à ce qu’en 1990 l’une des personnes aveugles ait suscité un grand débat parmi la direction : comment se vouloir une association œuvrant pour le social tout en se limitant à une seule cause (celle des personnes malvoyantes) ? C’est suite à ces débats et suivant la volonté de l’une de ces personnes malvoyantes qui avait été émue par le sort d’une petite fille pauvre du quartier qui venait lui rendre visite régulièrement, qu’ABAIM s’est ouvert à l’aide à l’enfance.
En réaction au système éducatif mis en place par le gouvernement (très élitiste ne laissant pas de place pour la créativité et surtout totalement en anglais) qu’ABAIM ouvre le programme « Saturday Care » en 1995 où les membres de l’association accueillent encore aujourd’hui les enfants de la cité Barkly pour leur proposer tout un tas d’activités pédagogiques (cours de créole, français, anglais), récréatives (remises au goût des « jeux d’antan »), et musicales.
L’association grandissant et les enfants prenant de plus en plus goût à la musique, ABAIM crée le groupe ABAIM. Tous les enfants qui manifestent l’envie sont ainsi invités à venir à deux répétitions par semaine pour composer et interpréter des chansons aux accents traditionnels (chant, ravann, maravann, triangle, bouteille, guitare).
Petit à petit ABAIM est ainsi devenu une référence sur l’île en terme de patrimoine. Ils sont aujourd’hui sollicités régulièrement pour animer des « jeux d’antan » et leur musique connait un succès fulgurant sur l’île (on peut par exemple rappeler que leur album « Ti Marmit » est le CD le plus vendu sur l’île en 2001).
Mode de vie au Bénin
Perdu dans les méandres de l’administration Soundtrek - à l’instar de ce précieux document égaré par les autorités béninoises (http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/07/12/le-benin-voulait-classer-ouidah-au-patrimoine-mondial-de-l-unesco-mais-ne-retrouve-plus-le-dossier_4968022_3212.html)- mais heureusement retrouvé, voici à présent l’article sur le mode de vie béninois.
Commençons par les premières impressions à notre arrivée dans les rues de Cotonou : les transports.
Une problématique importante de ce pays dont seuls les grands axes principaux sont goudronnés. Pour le reste : des pistes mènent aux villages plus reculés, mais surtout des rues en terre défoncées dans les villes, qui se transforment en pataugeoires une fois la saison des pluies venue.
Ni bus ni metro officiels ne parcourent les villes, le service est assuré par des particuliers possédant des minibus type Renault traffic dont les sièges ont été remplacés par des bancs sommaires permettant d’accueillir 20 personnes ou plus. Pour les trajets moins réguliers, il y a les moto-taxis, les « zem » (Zemidjan signifie « emmène-moi » vite en fon, la langue locale). Reconnaissables à leur chemise jaune à Cotonou, bleue à Porto-Novo, Orange à Abomey, …. Ils fourmillent dans les rues, et nous emmènent à destination pour quelques centaines de Francs CFA (soit quelques dizaines de centimes d’euros).
Le casque est évidemment optionnel pour le passager tout comme la ceinture de sécurité dans les voitures. Et pourtant … La circulation est aussi anarchique qu’au Cambodge, à cela près que les vitesses adoptées sont bien plus élevées ! La loi du plus fort –donc du plus lourd- règne et accrochages plus ou moins dangereux sont fréquents. Tous les véhicules hormis les motos sont issus de l’importation de véhicules, principalement d’occasion, en provenance d’Europe. Même si certains, destinés aux élites et aux expatriés, semblent assez récents, une majorité des véhicules est très vétuste, maintenue en état tant bien que mal en dépit de la sécurité et du confort.
Comme au Cambodge, le ravitaillement se fait grâce aux stands vendant de l’essence frelatée contenue dans des bouteilles, et provenant du Nigeria voisin, au bord de la route.
Cette dépendance du Bénin vis-à-vis de ses voisins se retrouve également dans le secteur de l’électricité : 90% de la puissance consommée provient du Ghana, de Côte d’Ivoire et du Nigeria. Ce qui reste insuffisant aux heures de pointe ; des coupures de courant de plusieurs heures ont lieu plusieurs fois par semaine. De même que des coupures d’eau fréquentes, parfois pendant plusieurs jours !
Seconde première impression à notre arrivée, la chaleur. Ce n’est pas une surprise : au Bénin il fait chaud, très chaud ! Ce qui est d’autant plus difficile à supporter à cause de l’humidité importante qui nous fait être en nage à tout moment. Le climat est tropical, avec au sud du pays deux saisons sèches et deux saisons des pluies, dont une qui débutait lors de notre présence sur place donnant lieu à de violents orages et averses. Avec un tel climat, les moustiques prolifèrent, porteurs de paludisme, et dont il faut se protéger à grands renforts de moustiquaires et de spray répulsif.
Un bon moyen d’échapper à cette chaleur est la baignade. En effet, Cotonou est situé sur le littoral atlantique, et nous avons pu en profiter de manière bien sportive tant les vagues sont hautes et puissantes.
Après la baignade, vient l’heure de se restaurer, dans un des nombreux boui-boui ici appelés maquis qui servent des plats typiquement béninois accompagnés d’une délicieuse béninoise (bière locale) ou d’une sucrerie (un soda) plus ou moins fraîche en fonction de la vétusté du frigo et la dernière coupure d’électricité. Un plat béninois « typique » se compose de trois éléments de base : une pâte –sorte de purée- obtenue à partir de farine de maïs ou de manioc, de la viande ou du poisson en général frit, et de la sauce très pimentée.
Bien consistant en général, et le tout pour l’équivalent de 1€50 grand maximum.On trouve également de nombreux beignets sucrés et salés et de nombreux fruits et légumes délicieux.
On paye ensuite l’addition en Francs CFA, dont le taux de 656F pour 1€ est fixe. Les rares distributeurs distribuent quasi-uniquement des billets de 10 000F –la plus grande coupure, environ 15€-, qu’il est très difficile de casser en petites coupures pour les dépenses courantes de nourriture et de transport qui dépassent rarement quelques centaines de Francs, la pénurie de monnaie étant une constante des petits commerces, des maquis et des zems.
Si l’on pense pouvoir échanger sans soucis au Bénin par le simple fait que c’est un pays francophone : erreur. Selon le niveau d’éducation, de nombreuses personnes parlent peu français voir pas du tout, surtout dans les coins reculés au profit d’une des nombreuses langues locales : fon principalement, mais aussi mina, yoruba, bariba, … Quant au français, il reste … dépaysant ! Je vous renvoie pour cela à l’article de Sylvain consacré aux expressions locales.
Côté religion, il y a l’embarras du choix : musulmans, catholiques, protestants, célestes et vaudous cohabitent sans trop de problèmes apparents. De nombreuses petites mosquées sont visibles dans les rues, ainsi qu’une multitude d’églises ou de temples affichant leur appartenance à telle ou telle branche du christianisme. On trouve également beaucoup de références bibliques dans les noms des échoppes ou apposées sur les tee-shirts, peintes sur les véhicules …
Mais la religion traditionnelle vaudou reste très présente parmi la population, que ce soit par les différents temples et autels ou les pratiques rituelles telles les sacrifices et cérémonies, réservées aux initiés. Il nous a par exemple été refusé de nager dans un lac ou de pénétrer dans certaines parties d’une forêt, dotés d’un pouvoir vaudou.
Ici une photo du temple des pythons à Ouidah.
Autre particularité béninoise : à moins que la personne enterrée soit décédée jeune, les enterrements sont des fêtes au même titre que les mariages, les baptêmes, … Pour les personnes influentes des goodies sont même créés. Nous avons ainsi été invités à jouer pour la fête d’enterrement d’une dame appartenant à la famille ou étaient entre autres distribuées des bouteilles d’eau à l’effigie de cette dame. Lors de notre set, les participants ont manifesté leur contentement en collant des billets sur la sueur de nos fronts…
Cette semaine la sélection de photos ne retrace pas réellement notre semaine... La faute au reporter qui se repose, ou anime des ateliers, et aux écoles qui disposent d’un droit à l’image. Ce sont donc des photos de paysage, ou de Port-Louis au lieu de photos d’ateliers.
L’album complet est ici
Visite au conservatoire
Ce Vendredi 24 Juin, Soundtrek s'apprête à vivre une nouvelle expérience puisque nous sommes pour la première fois amenés à jouer dans un conservatoire de musique. Le conservatoire François Mitterand, le plus important de l'île, situé dans la ville de Quatre-Bornes, organise en effet une commémoration annuelle de la mort d'Ernest Wiehe, saxophoniste et compositeur de jazz mauricien, qui a été le précurseur du jazz à Maurice. A cette occasion, les élèves et les professeurs du conservatoire montent sur la scène de l'auditorium pour jouer quelques morceaux de jazz, et nous sommes conviés à en faire autant. Lorsque nous arrivons, le spectacle n'a pas encore commencé, quelques chanteurs et chanteuses font une dernière répétition sur la scène, ce qui nous donne un avant-goût de l'excellent niveau des professeurs de musique du conservatoire. On nous propose d'apprendre sur le tas un morceau pour se joindre au groupe de chant des professeurs. Nous sommes quelques-uns à être intéressés, jusqu'à ce qu'on nous imprime la douzaine de pages de partitions (non transposées dans les tonalités respectives de nos instruments), qu'on n'a pas le temps de déchiffrer avec nos instruments, car à ce moment le concert commence. Nous avons droit à une version abrégée de Rhapsody In Blue de Gershwin, jouée par l'orchestre des élèves du conservaoire. Ca rend plutôt bien. Les groupes se succèdent, il y a notamment un groupe de chant à plusieurs voix accompagné d'un piano, un trio guitare-basse-batterie d'un niveau impressionnant (surtout le batteur), puis c'est à notre tour de monter sur scène. Nous avons un peu le trac car nous ne sommes pas habitués à jouer devant un parterre de musiciens chevronnés et capables d'apprécier notre performance à sa juste valeur, en bien ou en mal. Nous jouons quelques morceaux dans des styles New Orleans et jazz, en essayant de donner le meilleur de nous-mêmes. Au premier rang se trouve un des professeurs de musique qui semble fixer chacun de nous et entendre la moindre erreur et le moindre écart que nous commettons. Ceci dit, le concert se déroule bien et nous sommes applaudis. Pendant que nous rangeons nos instruments, un des chanteurs basse du groupe de chant dont nous parlions plus haut vient donner à Louis quelques conseils techniques utiles autant pour le chant que pour le soubassophone. Ledit groupe de chant remonte sur scène pour une version chantée du célèbre In The Mood de Glenn Miller, dont nous avons eu les partitions plus tôt pour accompagner le groupe si le coeur nous en disait. Comme nous avions vaguement regardé les nombreuses pages pendant le concert, nous décidons tous de ne pas nous joindre à eux et de nous placer en simples spectateurs. Tous? Non, car Thomas, armé de son saxophone et de ses partitions, décide de relever le défi. Mais il ne jouera pas une note, dépassé par le tempo très élevé du morceau qui rend difficile un déchiffrage en live. Par contre, le guitariste, le batteur et le bassiste que nous avions déjà aperçus tout à l'heure font monter Thomas et Théo sur scène pour une petite session d'improvisation sur un blues, puis sur Oh When The Saints, très impressionnante, dont nous n'avons malheureusement aucun enregistrement. Après cela, la soirée se termine et nous rentrons à la maison en chantant à plusieurs voix dans le bus prêté par le conservatoire.
Abel
Cette vidéo est l’occasion pour nous de revenir sur le spectacle réalisé à l’institut français de Cotonou avec les enfants de Citoyens des rues Bénin. Procédons à l’américaine. Énonçons le résultat puis les arguments. Le résultat est le suivant « un succès à casser la baraque » pour citer un des spectateurs souhaitant rester anonyme.
Premier point, la scène. C’est certainement la plus belle scène du Bénin. Nous ne remercierons jamais assez l’institut français. Non seulement spacieuse, dotée de coulisses, particulièrement bien sonorisée et éclairée, ses gradins permettent à la totalité du public de profiter du spectacle d’une manière optimale. Une scène de professionnel en somme.
Second point, les enfants. Ils ont été tout simplement extraordinaires ! Ils ont pris très au sérieux nos 3 scènes montées autour des fables de la Fontaine. La première, autour du Loup et l’Agneau, mêlait une reprise de « Laisse Béton » de Renaud et du rythme, le tout chorégraphié de main de maître. La seconde scène réinterprétait « La cigale et la fourmi » avec une chorégraphie rythmique mettant en scène tantôt les fourmis, tantôt les cigales. La dernière, plus classique, autour du « Lion et du rat », alternait un chant reprenant les vers de la fable sur une mélodie de Joe Dassin, et une batucada.
Troisième point, Citoyens des rues Bénin. Leur volonté était de faire de ce spectacle un grand événement, ils y ont mis toute leur énergie. A nous la responsabilité de monter les scènes avec les enfants, à eux de compléter. Grâce à eux se sont ajoutés un animateur, venu de la radio ; l’association Rugby pour tous qui a présenté son action avec les enfants ; une association pour la prévention routière au Bénin ; et une vente aux enchères au profit de Citoyens des rues. Tout cela s’est déroulé devant un public nombreux constitué des huiles béninoises, et de badauds. Le spectacle s’est conclu en beauté par un concert où les enfants de Citoyens des rues et de Messagers de la paix , présents dans le public, se sont invités sur scène pour danser et célébrer avec nous.
Une interview à la radio
A Maurice, Soundtrek est la coqueluche des médias ! Après un passage au journal télévisé (visible ici : https://www.youtube.com/watch?v=eWcv4nurI28 ), nous avons récidivé et accepté l’invitation de Roselyne, rencontrée pendant un set au Waterfront de Port-Louis, à participer à son émission de radio.
L’interview est prévue samedi 09 juillet au matin, mais Roselyne tenait à nous « briefer » avant ; l’équipe qui allait s’y rendre (Sylvain, Thomas et Renaud c’est-à-dire moi-même) a donc dû trouver un créneau dans notre emploi du temps déjà chargé pour un petit appel téléphonique.
Roselyne nous a alors expliqué le principe de l’émission « Kouler nou pei » : elle veut inviter des jeunes passionnés pour parler avec eux de leur passion, dans notre cas la musique. Pendant l’appel elle nous a aussi donné une bonne idée des questions, à la fois pour nous préparer et pour qu’elle ait une idée des réponses. Les questions allaient des grands classiques sur le projet (quand avez-vous formé le groupe ? Pourquoi ce projet ? En quoi consiste-t-il ?) à des questions personnelles assez ouvertes (qu’est-ce que vous aimez / n’aimez pas dans la vie ?) en passant par « comment vous est venue cette passion de la musique ? »
Le jour même nous partons avec un peu d’avance, puisque nous avons tout de même deux bus à prendre… Et arrivons tout juste à l’heure après s’être fait une petite frayeur devant la lenteur des bus. L’accueil se fait sans aucun problème, nous sommes guidés facilement à travers le bâtiment de MBC vers le studio de Kool FM où va se dérouler l’interview, et après un petit moment d’attente Roselyne nous accueille, nous installe… et c’est parti !
Nous sommes un peu stressés au début et au fur et à mesure nos réponses se font plus naturelles et plus détendues. Finalement entre les questions personnelles, dont nous étions prévenus et les questions sur le projet, auxquelles nous savons tous répondre, il n’y a pas de piège. Nous enchaînons des séquences de 5-10mn de questions, séparées par la diffusion de musique… De fanfare bien sûr ! N’ayant pas de CD Soundtrek déjà prêt nous avions apporté le disque de Fanfare Sans Frontières et les mauriciens ont pu entendre des morceaux de nos aînés les Brasspackers et les Submarine Brass Band. Ils ont aussi pu entendre un air de Coltrane joué en direct par Thomas, et une danse traditionnelle des Balkans que j’ai jouée à la trompette ! Car en prévision du concert du soir, Thomas et moi-même avions emporté nos instruments.
Après cette interview nous passons encore quelques temps dans les transports pour retrouver le reste du groupe à Abaim… où ils nous annoncent qu’entre leur trajet en minibus et un poste de radio trouvé à Abaim, ils ont pu écouter quasiment toute notre intervention.
Petit bonus : pour conclure l’entretien, Roselyne nous a demandé de tirer chacun un papier de la « boîte à questions », de lire la question à voix haute et d’y répondre en direct. Sylvain a pioché « Quel serait ton rêve de bonheur ? », Thomas devait dire ce qu’il aimerait emporter sur une île déserte, et je me trouve face à « Après ta mort, qu’est-ce que tu aimerais que Dieu te dise ? »
Si vous voulez connaître nos réponses il va falloir participer avec nous à la recherche de l’enregistrement de cette émission car nous ne l’avons pas encore trouvé !
Renaud
Une journée vitesse Grand Baie
Retour sur notre première journée à Grand-Baie.
Si nous travaillons principalement avec ABAIM Beau Bassin, nous réalisons aussi des ateliers O Morne, tout au sud de l’île, et à Grand Baie, tout au nord. Sur les deux 6 d’entre nous irons O Morne tous les dimanches, et les 6 autres à Grand Baie.
Ces deux programmes nommés « Sunday Care » permettent aux jeunes du quartier de partager autour de la musique, quel que soit leur situation sociale.
Pour ce deuxième dimanche à Maurice,le 12 juin, à l’instar de la semaine précédente ou nous étions tous allés rencontrer les enfants O Morne, nous somme tous les 12 allés découvrir les jeunes de Grand Baie.
Ici viennent tous les dimanches entre 40 et 60 jeunes, de 6 à 17 ans.
Selon les coutumes mauriciennes, nous avons commencé par un jeu où deux cercles tournent l’un autour de l’autre au rythme du sega local, s’arrêtant toutes les minutes pour proposer à ceux qui se retrouvent face à face de se poser des questions.
Nous avons enchainé par un traditionnel concert, où nous pouvions voir tous ces jeunes danser et être émerveiller par des instruments qu’ils n’ont pas l’habitude de voir, sur des rythmes 4/4 peu communs pour eux.
Ensuite, nous sommes partis avec tous ces enfants sur le terrain de l’école qui nous prêtera ses locaux pour les ateliers.
Dans la grande salle, nous nous retrouverons tous les dimanches à 15h pour un échange de 15 minutes où, sous le commandement de deux jeunes « présidents de séance », des enfants partagent des informations personnelles ou des actualités du pays, et répondent aux multiples questions de leurs camarades, avant de chanter tous ensemble un air traditionnel mauricien. C’est un exercice particulièrement intéressant tant il force les jeunes à se responsabiliser, les nouveaux à se présenter, à prendre leur place dans le groupe, les autres à les accueillir, à poser des questions, mais tout cela selon le rythme de chacun.
Pour finir ce premier jour à Grand-Baie, nous sommes allés sur le terrain que nous prête l’école pour jouer tous ensemble au jeu du béret. A 70 c’est un sacré capharnaüm, mais un capharnaüm de rires et de sourires un dimanche, on ne peut pas refuser ça.
Concernant les ateliers que nous effectuerons à Grand-Baie, nous décidons tous les 6 (Théo, Sylvain, Abel, Clément, Jean et moi-Louis-) de changer un peu nos habitudes. Fini les groupes par âge ! Ainsi la choisquette magique (à ne pas confondre avec le très emblématique choipeau magique) répartit aléatoirement les enfants dans les 3 groupes au son des « trompet, saxofon et tronbonn ».
Et chaque dimanche, ce sera 1h d’atelier par groupe, puis 1h de jeu tous ensemble sur le grand terrain, sous forme de défis par groupe, de petits stands, etc… Je ne vous spoilerai pas plus, à vous d’aller voir les photos de Jean ou d’attendre les prochaines nouvelles… Un seul indice, il en faut peu pour être heureux.
Louis
Et voici enfin les photos de notre 5ème semaine (”Déjà ?” me glisse une personne enchantée par ce bout de paradis). Une semaine normale qui comme les autres ne ressemblent à aucune autre grâce à nos nombreux projets et découvertes. Cette semaine a notamment marqué le début d’une étroite collaboration musicale entre Abaim et Soundtrek (des informations viendront). Pour le reste : des ateliers, des concerts et des visites comme à notre habitude.
Le lien vers l’album complet est ici.
Une semaine avec Soundtrek à Maurice
Certains d’entre vous se demandent certainement ce qu’est le quotidien d’un membre de soundtrek, et bien pour vous en exclusivité voici une description d’une semaine dans notre groupe à travers mes yeux, et donc tout ce que je dis se généralise assez bien au reste du groupe!
Je commence ma semaine évidemment le mercredi, logique. Aujourd’hui je vais à Terre de Paix, avec 7 autres membres pour faire des ateliers. Les trompettistes et le batteur préfèrent rester enregistrer le futur CD pas encore dans les bacs mais presque. Au retour de ces ateliers, c’est répète, la première de la semaine, souvent précédée d’une répète avec les autres saxos, vu que les autres pupitres ont la même idée ça fait du bruit. Le reste de la journée est libre, j’en profite pour travailler le passage sur le nouveau morceau que j’arrive pas à caler et jouer à la coinche.
Le jeudi matin je commence avec une réunion pour préparer les ateliers de dimanche qu’on fera en commun avec les autres groupes. Après manger c’est le départ pour Beau-Bassin où on fait la répète épisode 2, les locaux sont adaptés pour jouer et on dérange personne (alors que les voisins...). Suivent les ateliers d’Abaim avec TT puis la répète du groupe Abaim avec tout le monde.
Vendredi : journée de réunions : j’enchaine les préparations des ateliers de Terre de Paix, puis les ateliers d’Abaim du jeudi et du dimanche avec TT. Tout ça coupé par une répète et de temps en temps un membre du pole cd me demande d’enregistrer. Je trouve quand même le temps d’aller piquer une tête dans la mer pas loin.
Samedi : journée Abaim, CF la vidéo de TT pour tout comprendre! Parfois un plan se greffe à la soirée sinon tout le monde s’endort à 21h.
Dimanche : la journée du split, je me rends au Nord de l’île avec la moitié du groupe, l’autre au Sud pour les ateliers d’Abaim dans les centres de Grand-Baie et O Mornes. Je fais l’atelier préparé avec TT en première partie et ensuite je rejoins les autres pour faire le jeu préparé le jeudi matin. Le bus me prend 4h dans la journée mais ça en vaut la peine vue le nombre d’enfants!
Lundi et mardi : c’est le Deb’s :début de semaine, ie notre weekend, mais on pouvait pas garder le mot weekend par peur d’ambiguïté, d’où Deb’s. Pendant ce Deb’s Jean nous a préparé une rando et Renaud une visite, je me laisse guider et je profite. Evidemment ce repos se termine par un peu de travail avec la réunion hebdomadaire sacrée où je prends les informations du groupe et je donne celles qui me concernent.
Voilà pour notre semaine! En somme beaucoup de réunions, beaucoup d’action, beaucoup de musique et de temps en temps on glande.
La fête de la musique
Le 21 Juin, le monde célèbre la fête de la musique et l’île Maurice n’échappe pas à la règle. Ce mardi 21, c’est donc à l’occasion de la Fet Lamizik, comme on l’appelle en Créole, que nous nous sommes donc rendus au centre de l’association Abaim pour proposer quelques activités musicales à de très jeunes enfants dont les mères sont en prison. Nous leur proposons des petits jeux suivis d’un goûter et d’un concert, avec une présentation de nos instruments de musique. Après cela, nous allons donner un petit concert dans une école maternelle dont Marousia - notre contact à Abaim – connaît la directrice. Les enfants sont ravis et nous nous voyons offrir des bols de Jelly, un des apports culturels de l’Angleterre lorsque l’île Maurice était sous sa tutelle. Enfin, la fête de la musique est l’occasion pour de nombreux groupes de se produire dans la rue et nous décidons d’aller jouer à Port Louis, sur le front de mer. Il y a déjà des groupes qui jouent sur des scènes sonorisées dans les endroits les plus passants, et nous nous rabattons sur un spot situé devant le port. L’endroit est agréable, mais le public est peu nombreux et a le soleil dans les yeux. Au moins, la police ne vient pas nous déranger. Le soir, nous avons l’occasion de jouer sur une scène installée dans la rue, ouvrant le bal à un certain nombre de groupes de rock et de séga. C’est aussi notre dernier concert avec notre ami Alexandre Manai, passé nous rendre visité pour les vacances et dont l’avion décolle le soir même.
Mais c’est le 25 Juin que nous avons réellement célébré la fête de la musique, car le groupe Abaim a décidé de profiter de ce samedi pour faire une tournée musicale et nous sommes invités à y participer aussi. Il est prévu de faire de concerts en quatre endroits différents dans la journée, et nous alternons nos morceaux avec ceux du groupe Abaim. Le premier set a lieu sur le front de mer à Port Louis. Ça fonctionne plutôt bien, un certain nombre de Mauriciens et de touristes s’arrêtent pour écouter et regarder, certains même pour danser, notamment sur notre reprise des Beatles adaptée par Renaud. Le point d’arrêt suivant est dans un parc public, et le suivant, la devanture d’un centre commercial, où l’une des employées, venant de l’île voisine de Rodrigue, vient danser au son d’un air rodriguais interprété par le groupe Abaim. Les concerts sont des succès, le public est à chaque fois au rendez-vous malgré l’instabilité climatique. En effet, nous constatons rapidement que chaque fois que nous jouons, il se met à pleuvoir, tandis que les chansons d’Abaim ramènent le soleil. Alors que ce phénomène climatique commence à nous faire douter de notre performance musicale, la tendance s’inverse et c’est désormais au tour d’Abaim de chanter sous la pluie ! Fort heureusement, ces petites averses, fréquentes en hiver à Maurice, sont peu intenses et de courte durée et ne nous gâcheront pas la journée.
Les trajets entre les différents endroits se font au moyen d’un car loué pour la journée, rempli à ras bord d’enfants du groupe Abaim survoltés, chantant joyeusement et frappant à tue-tête sur leurs ravannes, triangles, sièges, et tout autre instrument de percussion qui leur tombe sous la main. Théo tente de concurrencer les rythmes séga traditionnels en lançant de la bonne vieille chanson française, mais les enfants ont l’avantage du nombre.
Le dernier concert a lieu dans le quartier ouvrier d’où proviennent les enfants qui viennent au foyer Abaim. La nuit commence à tomber et il se met à faire froid, sensation dont nous avions un peu perdu l’habitude au cours de notre voyage. Un grand feu est allumé devant nous, entre les musiciens et le public, pour se tenir chaud, mais aussi pour retendre la peau des ravannes qui perd en résonance lorsqu’il fait humide et froid. Malgré la fatigue, nous sommes contents de jouer dans cette ambiance chaleureuse. Lucas, le frère de Camille, venu passer deux semaines avec nous, nous fait ses adieux à son tour pour aller à l’aéroport. A la fin du concert, nous sommes invités à déguster quelques rôtis (des galettes remplies d’une sorte de curry de légumes pimentés) chez la famille d’un des enfants du groupe Abaim. Nous constatons au passage que ces habitations sont bien plus étroites et spartiates que les belles maisons de Pointe-Au-Sable, et bien éloignées de la vision de l’île Maurice donnée par les guides touristiques. Cependant, on s’y sent bien accueillis, et nous y prenons un court repos bien mérité avant d’aller enchaîner sur un concert qui cette fois-ci n’a rien à voir avec le groupe Abaim : il s’agit d’aller jouer à l’Irish, un bar à décoration irlandaise situé à Trianon. Nous sommes épuisés par la journée et ce n’est pas notre meilleur concert en termes de qualité musicale, mais heureusement il y a peu de gens pour écouter nos erreurs. Il n’en reste pas moins que le concert a été entièrement enregistré et qu’il y a aujourd’hui débat pour savoir si oui ou non il est pertinent d’en diffuser des extraits. Affaire à suivre.
Abel
Reportage Inside sur une journée d’atelier à Abaim