Big Bang
Quand ma psyché a explosé Quand mon corps, meurtri par l’effort, a pu souffler Il n’y avait plus que le néant ; Un grand rien émotionnel Était-ce de trop ? Est-ce anesthésié ? Comme champ labouré, Comme une pièce vide, Rien.
Le vortex m’a emporté Et je n’en suis pas revenue ; Du moins pas tout de suite, Pas comme avant.
Ce qui se passe en nous Nous traverse Nous dépasse Nous transcende Inconcevable Non intelligible. Cette expérience mystique m’a entrainée loin, Mais je ne sais pas où. Elle a mis à mal mes émotions, les a exacerbées et les a fait taire.
Quand j’ai attrapé ma fille, Molle et visqueuse, Mes deux mains sous ses aisselles, Et que je l’ai tirée, épuisée pour la déposer sur mon bas-ventre Il y a eu du soulagement. Puis du rien. Beaucoup de rien. Trop de rien. Annihilée, exténuée.
Étais-je heureuse ? Certainement L’aimais-je ? Plus que tout, mais ça datait d’avant déjà. Or quand mes yeux plongeaient dans les siens Quand ma peau touchait la sienne Aucune partie de moi ne pouvait réagir. Je la voulais près de moi. Je la couvais. Mais je ne ressentais rien. Le néant. Le vide dans mon corps. Seul l’instinct animal.
Ça m’a brisé le coeur. Ou plutôt la raison. Car le coeur était rempli. Mais je savais, au fond, que c’était normal. La rencontre a été violente, On devait atterrir. Et je l’ai observée, des heures durant. Fusionnelles. Je l’ai regardée intensément, Comme pour m’habituer à elle, Comme pour me forcer à ressentir quelque chose.
Et finalement, il n’y avait peut-être rien d’autre à chercher, Qu'observer Et accepter. Accepter que rien soit une chose incroyable. Accepter que cette rencontre fut hors du temps, hors du monde, hors de moi. Animale et non cérébrale. Avec les tripes. Le reste était éteint par la puissance charnelle de l’évènement. Rien. Un magnifique néant, Créateur. Une page blanche finalement, Pour tout écrire, Tout construire, Ensemble désormais.













