L’arrêt du cœur
Simon a 10 ans et bien du mal à accepter la mort de Simone, sa voisine et nounou. Elle comptait beaucoup pour Simon, il a passé tellement d’heures avec elle. Leur rituel lui manque particulièrement, ils écrivaient des vœux sur des bandes de papier et en remplissaient une théière rouge… Simon va récupérer la théière. Et ne pas résister longtemps avant de lire tous les vœux qu’elle contient. Dans les mots de Simone revient très souvent un nom qu’il ne connaît pas, Farid. Mais qui peut bien être Farid? Simon va enquêter auprès des proches de Simone et découvrir un pan de l’histoire de la vieille dame que personne ne connaissait.
Cette recherche permet à Simon de tenir à distance la douleur de la disparition ; elle lui permet de s’ouvrir aux autres, de sortir… il a un but qui lui tient à cœur, connaître un peu de l’histoire de Simone.
Comment vous dire à quel point j'ai aimé *L’arrêt du cœur*... les phrases de Agnès Debacker s’enchaînent à merveille, Simon est un garçon attachant et les illustrations mêlant des couleurs pastels, terracotta et bleu marine de Anaïs Brunet sont parfaites. Et si le deuil est au cœur du roman, il n’est pourtant rien moins que lumineux. En cherchant et en enquêtant, Simon revit – et va se faire une nouvelle amie! ; on apprend qu’une vieille dame très modeste a connu un amour véritable que tous aimeraient connaître… L’arrêt du cœur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine est un baume pour les cœurs et les âmes.
Extrait :
"Quelques heures plus tard, avant de grimper dans mon lit, je me penche pour m’assurer que la théière est toujours là. Je la regarde quelques instants. Je la trouve droite et fière dans la pénombre de mon dessous de lit. Je décide de la laisser là. Je lui ferai une place dans mon placard demain matin. Finalement, certains objets de défunts ont raison de ne pas disparaître. Ils sont comme des morceaux d’eux. Cette théière, à l’allure altière, c’est un peu des bouts de Simone planqués sur ma moquette. Des morceaux d’elle échappés de la mort."
Agnès Debacker, dans NOUVELLES DE POLYNIES n°3 : "Ne s’ennuierait-on pas diablement si l’art n’avait rien d’autre à proposer que des histoires positives et bienveillantes ? N’est-ce pas parfois le drame d’une certaine littérature enfantine? Il n’est peut-être pas inutile ici de rappeler d’où Maurice Sendak partait et parlait quand il a commencé son métier d’auteur pour la jeunesse. Issu d’une famille juive polonaise immigrée aux États-Unis, la découverte des camps de concentration où une partie de sa famille fut exterminée se lit en filigrane de ses histoires. Est-il encore possible, après avoir été témoin de la barbarie à l’œuvre de la part d’un peuple que tout le monde s’accorde à qualifier de cultivé et d’intelligent, de donner à voir et à entendre aux enfants des histoires où règnent uniquement la joie, l’aventure, l’allégresse? N’était-il pas urgent – et l’urgence ne cesse pas aujourd’hui – de leur montrer la complexité du monde et des êtres humains qui le peuplent? Non pas pour leur donner une leçon de morale, mais pour éveiller leur conscience, pour les rassurer sur la confusion de leurs ressentis, afin qu’ils se sentent moins seuls et homme parmi les hommes. Certains récits, heureusement ils sont nombreux et peuplent encore les rayonnages de nos librairies et bibliothèques, sont une adresse, grâce à laquelle les enfants ne se sentent pas abandonnés avec leurs encombrants démons."
Anaïs Brunet, dans NOUVELLES DE POLYNIES n°3 : "(…) je voulais un parti pris graphique fort qui serve de fil conducteur. J’ai choisi de décliner sous de nombreuses formes le motif du terrazzo. Cette technique de construction qui consiste à couler dans du béton des fragments de marbre avant de polir le tout a connu un âge d’or dans les années 1950 à 1960, c’est-à-dire au moment de la jeunesse de Simone. Je vois tout à fait son charme désuet emplir l’appartement de la vieille dame. Actuellement, ce motif revient en grâce et j’ai très envie de l’utiliser. Enfin, il faut dire que c’est un matériau mystérieux qui peut révéler des surprises. On peut marcher dessus sans y prendre garde, mais on peut aussi l’observer de près et y découvrir la grande variété des petites pépites qui s’y logent. Vu de loin, il prend l’aspect d’un ciel étoilé et invite à la méditation. Il a donc bien des qualités pour accompagner l’histoire de Simon et Simone."







