*Surf* de Frédéric Boudet
Surf, c’est l’histoire d’Adam, 18 ans, qui ne sait pas par quel chemin commencer sa vie.
C’est également l’histoire d’un père disparu bien trop tôt dans la vie de son fils (Adam) et qui revient auprès de lui, après sa mort, sous forme de lettres. Des lettres qu’Adam va lire à son rythme, partagé entre impatience et colère, curiosité et anxiété.
C’est encore l’histoire d’une amitié hors normes (entre Adam et Jack, un sacré personnage complètement barré) et essentielle.
C’est enfin l’histoire d’une rencontre improbable avec Katel sur une aire d’autoroute, ce genre de rencontres qui tombe juste bien pour peu que l’on lève les yeux et que l’on se fasse un peu violence pour qu’elle « donne quelque chose ».
Pour moi, il ne s’agissait en rien de continuer, mais de commencer, de commencer enfin.
Dans Surf, il y a l’apprivoisement nécessaire d’un père inconnu par son fils pour se sentir droit dans ses baskets et dans sa vie.
Surf, c’est une quête de soi qui est superbement menée par son auteur qui ne nous livre pas tout, ne nous mâche pas tout : on doit s’impliquer en tant que lecteur pour relier les choses. On est tour à tour bien ancrés dans la réalité, on fait des incursions contées, on imagine la Californie (où le père d’Adam a fini sa vie). Les points de vue et les tons sont variés et c’est assez génial ! Durant ma lecture, je me suis retrouvée plusieurs fois à lire et relire des passages que j’ai trouvés d’une force et d’une intelligence folles :
− Quand un type psalmodie durant des heures des trucs bizarres dans la cafétéria d’une aire d’autoroute, ou bien il est fou, ou bien on risque de beaucoup apprendre à son contact, pas vrai ? Les gens ne réfléchissent jamais à leur vie comme à une succession d’occasions à saisir, ils sont obnubilés par la peur. Elle leur fait croire que leur vie a un sens parce qu’ils savent prétendument de quel côté il faut se tenir.
(…) l’équilibre du monde réside dans sa beauté, ce qui pour nos cerveaux d’Occidentaux est à proprement parler insupportable.
− Tu ne cherches pas au bon endroit, Adam. Ton histoire de pigeon, ça craint, oublie ça. Ce qu’il faut c’est comprendre pourquoi ces mecs restent des heures perchés sur leur planche sans jamais redescendre.
− Je ne cherche rien, Jack, rien du tout.
− Si, je crois bien que si, tu cherches mais tu n’es pas sûr d’être à la hauteur de ce que tu vas trouver. J’ai grossi, non ?
Avec Surf, il faut oser prendre sa planche et trouver la vague...
Pour finir, je ne saurais trop vous recommander d’aller sur le blog Nouvelles de Polynies et de lire les propos de Frédéric Boudet recueillis par Chloé Mary –aka l’éditrice de cet excellent roman et de tous les autres textes de la collection Polynie !, c’est en 4 parties et c’est absolument passionnant.
Et je vous invite aussi à consulter LES NOUVELLES DE POLYNIES ÉDITION N°4 !
*Surf*, de Frédéric Boudet, est paru chez MeMo.