L'ONG a bloqué l'entrée du site de La Mède à l'aide de containers dans lequel des militants disposent "de quoi tenir plusieurs jours".
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L'ONG a bloqué l'entrée du site de La Mède à l'aide de containers dans lequel des militants disposent "de quoi tenir plusieurs jours".
Biocarburant
Le biocarburant, qu’est-ce que c’est ?
C’est un carburant issu de matériaux organiques non fossiles. Il existe 3 générations issus de filières différentes. Les plus répandues et commercialisées de nos jours sont les filières “sucre” et “huiles”. On parle alors respectivement de bioéthanol et de biodiesel. Les biocarburants de 2ème génération sont issus de source ligno-cellulosique (bois, feuilles, paille, etc.) et les biocarburants de 3ème génération encore à l’étude, consiste à l’utilisation de micro-organisme comme les algues.
Bioéthanol
Celui-ci est utilisé dans un moteur à essence. Il est produit grâce à des végétaux contenant de la saccharose ou de l’amidon. Il sera ensuite mélangé à l’essence sans-plomb dans des proportions allant de 5 à 85%. Une utilisation jusqu’à 30% dans un véhicule essence construit après 2000, ne nécessite aucun changement moteur, au-delà, il sera surement nécéssaire de l’adapter. Il est toutefois possible de l’utiliser à 100%.
Biodiesel
Appelé aussi diester, celui-ci est utilisé dans un moteur diesel. Il est produit grâce à la transformation par un procédé chimique (estérification), en principe, de toutes les huiles végétales et animale, même usagées. Cependant, certaines sont privilégiées à d’autres quant à leurs rendements. Ce diester sera mélangé ensuite à du pétrodiesel mais peut être utilisé à 100% (B100) sans modification moteur. Toutefois, l’huile végétale ou animal quelle qu’elle soit, sans transformation, après décantation et filtration, peut être utilisée à hauteur de 30%, là aussi sans modification moteur. Une utilisation à 100% d’huiles non transformées peuvent aussi être utilisées pour autant que le moteur soit adapté.
Il est intéressant de noter que la France interdit, pour des raisons fiscales, l’utilisation à plus de 10% de ce diester en contradiction avec les directives européennes qui encourage son utilisation à 100%. En revanche rouler à 100% aux huiles non transformées n’est pas interdit. La Suisse ne faisant pas partie de l’UE et malgré avoir signé les accords de Kyoto, rien n’est encore commercialisé, hélas.
Rouler ou manger, un jour il faudra choisir…
Ou comment l’agriculture industrielle affame le monde…
Aujourd’hui, alors que nous sommes censés être à la pointe de la productivité agricole, que nous sommes en théorie capable de nourrir plus de 10 milliards de personnes, près d’1 milliard de personnes ne mangent pas à leur faim. Prenons deux minutes pour revenir sur ce paradoxe et cet état des lieux révoltant.
Nous disions donc… 1 milliard de personnes qui ne mangent pas à leur faim alors que nous avons les moyens techniques de nourrir plus de 10 milliards de personnes. En parallèle, la FAO (Food and Agriculture Organisation of the United Nations) estime à 700 millions le nombre d’obèses dans le monde à horizon 2015. Les comportements alimentaires, le panier de la ménagère et les modes de vie ont profondément changé depuis 50 ans : consommation grandissante de produits transformés, essor des fast-foods et autres restaurations rapides, augmentation de la consommation de viande, etc. Autant de causes d’une surconsommation de sucres, de graisses et de protéines bien au delà des besoins alimentaires des pays développés.
Ce paradoxe est d’autant plus criant quand on sait que 30% de la production alimentaire mondiale ne termine pas dans un estomac. Ce gaspillage alimentaire avoisine les 40% dans les pays développés. L’industrie agro-alimentaire, de par l’augmentation des intermédiaires, des distances et du temps entre le champ et l’assiette serait responsable de 40% de ces pertes.
Les porte-voix de l’agrobusiness martèlent que l’agriculture paysanne n’est pas en mesure de nourrir la planète et ne pourra pas subvenir aux besoins d’une population mondiale croissante. Pour cela il propose d’augmenter encore la productivité de l’agriculture par le biais notamment des OGM… Nous sommes convaincus du contraire et voici quelques éclaircissements pour trouver les bonnes solutions :
Outre les conditions sociales désastreuses dans lesquelles travaillent les paysans et les ouvriers de l’agro-alimentaire et les conditions effroyables dans lesquelles les animaux sont élevés, l’élevage industriel pourraient être une piste de réflexion. Pour exemple, 50% de l’alimentation du bétail français est importée d’Amérique du sud, essentiellement de cultures OGM. Ces terres (qui, par ailleurs, contribuent fortement à la déforestation de la forêt amazonienne à hauteur de 250 000ha/an), à la destruction de la biodiversité, au déracinement des populations autochtones, à l’empoisonnement des sols, de l’eau et des populations locales) pourraient être destinées à l’alimentation humaine directement. Ce fait est d’autant plus parlant quand on sait qu’il faut environ 5 protéines végétales pour produire une protéine animale. En consommant de la viande produite localement et dans le respect des producteurs et de l’environnement, nous pourrions ainsi libérer des terres agricoles pour produire fruits, légumes, légumineuses et céréales pour nourrir chaque population locale.
D’autre part, la mise à contribution croissante de l’agriculture dans la production d’énergie a des effets inattendus sur la faim dans le monde. La fausse bonne idée des agrocarburants en est le meilleur exemple. Aujourd’hui la culture de céréales pour faire fonctionner nos autos représente l’équivalent de 300 millions d’hectares dans le monde. Sachant qu’un hectare permet de nourrir une famille de 4 personnes sur 1 an, cette superficie pourrait nourrir 1,2 milliards de personnes… Mais ce n’est pas la seule contradiction que génère ce privilège de rouler en voiture un peu plus longtemps que ne le permettent les réserves actuelles d’hydrocarbures mondiales.
D’une part, la production d’agrocarburants émet plus de gaz à effet de serre que l’extraction d’hydrocarbure. Pas étonnant quand on sait que la production d’agrocarburants consomme plus de calories qu’elle n’en produit. D’autre part, la culture d’agrocarburants a été identifiée comme une des causes majeures des graves crises alimentaires de 2008 et 2009 qui ont touché plus de 37 pays dans le monde. Ces crises alimentaires ont pris la forme de simple augmentation du prix des aliments dans les pays développés jusqu’à des émeutes de la faim dans les pays les plus démunis. En effet, les agrocarburants ont joué un rôle primordial dans l’augmentation des cours des matières premières ces dernières années sur les marchés mondiaux, en raison d’une forte demande sur les marchés pour produire cet éthanol. Dans un monde ou les échanges agricoles sont mondialisés, les agricultures de chaque pays se spécialisent et rendent les populations de plus en plus dépendantes d’importations pour subvenir à leurs besoins alimentaires. Lors d’augmentation brusque des cours des matières premières, comme l’ont provoqué les agrocarburants ces dernières années, il y a un impact immédiat sur la capacité des peuples à se nourrir eux-mêmes.
Rouler ou manger, un jour il faudra choisir…
Donc non, vraiment, il existe encore beaucoup de marges de manœuvre à activer avant d’oser dire que l’agriculture intensive avec des OGM est la seule solution pour nourrir la planète. Quand on sait que les petits paysans, bien qu’ils détiennent moins de la moitié des terres cultivables dans le monde, produisent pourtant 70% de l’alimentation mondiale, il semble plus que jamais nécessaire et pertinent de réorienter nos politiques agricoles en faveur de l’agriculture paysanne et de la souveraineté alimentaire. Là est la véritable et la seule solution.
Vous avez dit souveraineté alimentaire ?
La souveraineté alimentaire est définie par la Via Campesina comme « un droit international qui laisse la possibilité aux populations, aux Etats ou aux groupes d’Etats de mettre en place les politiques agricoles les mieux adaptées à leurs populations sans qu’elles puissent avoir un effet négatif sur les populations d’autres pays. La souveraineté alimentaire est donc une rupture par rapport à l’organisation actuelle des marchés agricoles mise en œuvre par l’OMC.
Complémentaire du concept de sécurité alimentaire qui concerne la quantité d’aliments disponibles, l’accès des populations à ceux-ci, l’utilisation biologique des aliments et le problème de la prévention et gestion des crises, la souveraineté alimentaire accorde en plus une importance aux conditions sociales et environnementales de production des aliments. Elle prône un accès plus équitable à la terre pour les paysans pauvres, au moyen si nécessaire d’une réforme agraire et de mécanismes de sécurisation des droits d’usage du foncier. Au niveau local, la souveraineté alimentaire favorise le maintien d’une agriculture de proximité destinée en priorité à alimenter les marchés régionaux et nationaux. Les cultures vivrières et l’agriculture familiale de petite échelle doivent être favorisées, du fait de leur plus grande efficacité économique, sociale et environnementale, comparée à l’agriculture industrielle et les plantations de grande échelle où travaillent de nombreux salariés. La souveraineté alimentaire privilégie des techniques agricoles qui favorisent l’autonomie des paysans. Elle est donc favorable à l’agriculture biologique et à l’agriculture paysanne. Elle refuse l’utilisation des plantes transgéniques en agriculture. »
Source : http://enviedepaysans.fr/blog/2013/10/rouler-ou-manger-un-jour-il-faudra-choisir/