-LA LIBRAIRE- Le nénuphar et l’araignée Claire Legendre , 15.95$, Éditions Les Allusifs Liste préliminaire du prix des Libraires.
- Est-ce que dans votre entourage vous avez à côtoyer ces bibittes étranges qui ont peur des maladies ? Ce livre est pour vous ! En plus, ça rejoint ce que l’auteure tente d’illustrer avec le concept d’empathie. - Est-ce que vous êtes comme moi cette bibitte étrange qui a peur des maladies ? Ce livre est pour vous ! Vous n’êtes pas seul !
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On va se le dire, j’ai vraiment clanché Le nénuphar et l’araignée. 100 pages, livre efficace. Un peu plus de 3h entrecoupées de courts intermèdes et d’un trajet de métro, Jean-Talon/Mont-Royal. Je retrouve dans le titre une belle allusion au roman de Vian, L’écume des jours, avec le nénuphar qui pousse dans le poumon de Chloé, et au thème de la phobie avec l’araignée. Tout s’y trouve : les peurs, la maladie.
J’avais toutefois l’impression que ce livre serait un ‘’inventaire’’ des peurs, voir un recueil de nouvelles dont la trame de fond serait LES PHOBIES. Des nouvelles traitant de manière loufoques ou extrêmes de peurs allant de la carpophobie* dont serait atteint un épicier, faisant un arrêt de quelques pages dans le quotidien de monsieur X assailli de la pantophobie*, pour terminer dans le quotidien hors du commun d’un pâtisser butyrophobe*. De la manière dont on me l’avait présenté et dont le site des Libraires en parle, ça sonne comme tel. (Peut-être pas de manière aussi loufoque, mais c’est ça que j’aurais voulu !)
Le nénuphar et l’araignée est un séjour de 100 pages couvrant un peu plus d’une dizaine d’années de la vie de l’auteure. Ce titre a pris forme dans le but de faire partie d’une branche connexe des Allusifs intitulée « Les peurs ». Ce texte y aura survécu. On pourra dire que la peur principale sera celle de la mort, qui favorisera la naissance d’une panoplie d’anxiétés qui y trouveront leur finalité. La peur du cancer, par exemple.
Extrait du chapitre 5 – La douleur « Tous les jours je tente de donner un sens à des événements qui n’en ont pas encore. […]J’ai construit cette conviction que j’allais mourir ici, avant que la maladie se profile je l’ai inventée. Je l’ai inventée pour en être l’auteur au cas où elle existerait cette maladie, qu’au moins elle ne s’impose pas, qu’elle soit mon œuvre. J’aurais alors l’illusion de la maîtriser. Elle me ferait peut-être moins mal de ne pas être une chienne sournoise infiltrée par-derrière. Alors je lui ai presque donné un nom, je lui ai trouvé des sources, des symptômes. Tout était logique et s’agençait fort bien. […] Je sais que probablement, cette maladie est une création de mon esprit. Mais la dénoncer comme telle c’est me mettre à sa merci. Alors je la cultive, je la tiens en laisse.»
Je me suis reconnue et rattachée aux craintes de l’auteur. Je pense que je peux découper les dernières années en cinq grandes périodes dites «d’hypochondrie*». Bien que cliniquement parlant, ces périodes de grand stress et d’instabilité mentale se rattachaient plus à de l’anxiété, la manière dont ces troubles s’exprimaient étaient tels qu’une piqure d’insecte pouvait se transformer en cancer de la peau. Une heure d’angoisse plus tard, je finissais par faire la paix avec l’idée de la mort à venir. Un jour plus tard, je finissais par pouvoir rationaliser, et m’avouer que cette idée était complètement injustifiée, et un nouveau cycle d’angoisse prenait le dessus : Oui, tu t’es bernée cette fois, mais si en fait ça cachait quelque chose de pire ? C’est exactement ce qu’elle finit par vivre. La crainte ultime de tout hypochondriaque qui se respecte : elle consulte pour une broutille et ressort avec un diagnostique de cancer du Thymus. J’ai vraiment été touchée par ses confessions, parce que c’est une sorte de journal intime de sa folie. C’est rassurant pour quelqu’un d’angoissé, ou simplement anxieux, et j’ai bien l’intention de le faire lire au Libraire pour lui dire ‘’R’garde : je suis pas toute seule, et elle explique très bien comment ça se passe dans ma tête !’’. J’avoue, en me relisant, que cette petite plaquette à l’air lourde et triste. C’est malgré le ton sévère, un vrai livre sur la peur, mais avec un soupçon d’optimisme qui fait de ces 100 pages un must.
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Carpophobie : peur des fruits Pantophobie : peur de tout Butyrophobie : peur du beurre Hypochondrie : Le sujet hypocondriaque vit dans la crainte ou l'idée d’être atteint d'une maladie grave. Il est persuadé de posséder des signes ou symptômes prétendument indétectables par les médecins. La préoccupation peut concerner soit certaines fonctions corporelles comme le rythme cardiaque, la transpiration, le transit digestif, soit des perturbations physiques mineures comme une petite plaie ou une toux occasionnelle, soit des sensations physiques vagues et ambiguës (le cœur fatigué, les veines douloureuses). Il attribue ces signes ou symptômes à la maladie qu’il soupçonne et s'inquiète de sa signification. Les médias tels qu'Internet ou la télévision conduisent parfois à l'hypocondrie, y compris dans les publicités exposant le cancer et la sclérose en plaques.








