La libraire lit beaucoup, mais manque cruellement de temps pour noter ses critiques.
En attendant, elle vous donne une petite idée des lectures effectuées durant le mois d’Août.
Et vous ? Vous avez lu quoi ?

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En attendant, elle vous donne une petite idée des lectures effectuées durant le mois d’Août.
Et vous ? Vous avez lu quoi ?
Samedi le 4 juin 2016 - Trois ombres, Cyril Pedrosa, Éditions Delcourt, 2007 SP – Hachette
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Pedrosa, je l’aime d’amour. Mon opinion est définitivement biaisée, alors attention! 268 pages que j’ai dévorées, et que j’ai relues à deux reprises. La deuxième, pour apprécier comme il faut ses planches. Ce qui me plait par-dessus tout, ce sont les traits, les dynamiques qu’il crée avec les épaisseurs de lignes. La manière dont le texte est incorporé aux cases. C’est organique. Si c’eut été en couleur, je m’en serais délecté encore et encore! Pour ce qui est du récit, une intrigue légère, agrémentée d’une aventure père/fils contre l’inévitable. Les trois ombres me font penser aux Parques de la mythologue grecque. Elles sont là, cavalières fantomatiques, pour chercher Joachim, le fils. Son père, ne pouvant accepter cette fatalité, décide de partir le plus loin possible, de fuir l’inéluctable. Il sait qu’elles finiront par les rattraper, mais il veut plus de temps. Leur route les mène jusqu’à l’autre rive d’un fleuve tumultueux, où ils rencontreront un être maléfique qui volera un bien précieux au père de Joachim, au moment même où il accepte la destiné de son fils, et décide de rentrer chez lui. Évidement, les ombres rattrapent le petit, et il doit les suivre vers cet « autre monde ». Mais bon. L’histoire fini bien, c’est clair! L’ensemble de l’œuvre fait son charme : traits, récit, aventures, dynamique, intrigue [même si elle est très simple !!!] 001
- À lire, pour découvrir Pedrosa : • Portugal – Parce que les couleurs, parce que les traits, parce que l’histoire, parce que le Portugal. Une fois que vous aurez lu cette BD, dont la taille nécessite de s’asseoir confortablement, la BD ouverte sur les genoux et donc inévitablement on y plonge, vous voudrez la relire. Vous assossierez le récit, qui se divise en trois parties, à un sentiment, un état d’esprit. Et malgré vous, vous vous direz ‘’Tiens, je lierais bien Portugal cet après-midi.’’
• Cœurs solitaires - Petite plaquette, récit rapide. On entre dans la vie morne du personnage principal, pour plonger dans une révolution personnelle. L’ampleur de cette révolution peut sembler dérisoire, mais tout est une question de perception. Couleurs, histoire, ambiance = Un must !
• La brigade fantôme – Deux petits volumes jeunesse. Des fantômes de jeunes se voient confiés des missions. Aventures, et originalité sont au rendez-vous.
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Mercredi 27 janvier 2016 -
BD - Communardes: Les éléphants rouges, Lupano & Mazel, Vents d’Ouest, 24,95$. Service de presse - Connaissez-vous Lupano? C’est d’abord la question que j’ai à vous poser en parlant de cette BD. Au cours des dernières années, j’ai découvert cet artiste, qui ne cesse de me surprendre. Découvert d’abord avec Le singe de Hartlepool (Delcourt) ainsi qu’Un océan d’amour (Delcourt), puis avec la série hors du commun Les vieux fourneaux (Dargaud). Chaque album est différent de l’autre, et coup de force avec Communardes, c’est l’immersion dans un Paris assiégé et affamé, un Paris à l’aube de la révolution, le Paris de femmes qui luttent pour l’égalité. Je ne savais pas que c’était le deuxième tome avant ce matin, quand Le libraire me l’a appris. Après quelques recherches, j’ai pu trouver que c’était une série d’épisodes indépendants sur le destin des femmes lors de la Commune de Paris, dites les «Communardes». Dans ce volume on suit Victorine, jeune fille d’une dizaine d’années et sa mère. Pauvres et dépendantes du travail de manufactures octroyé au jour le jour selon les besoins, elles tentent de survivre au siège de la ville qui s’éternise. Les riches ne semblent pas aussi durement touchés. Bagarreuse et révoltée, Victorine ne laisse pas sa place aux garçons. Lorsqu’elle échappe à sa mère, elle se réfugie au zoo où elle entretient un lien d’amitié avec le gardien des éléphants. Comme le siège de la ville s’éternise, et que les ressources et denrées alimentaires diminuent rapidement, les animaux du zoo sont abattus et servis dans les restaurants des riches Parisiens, jusqu’à ce que cette ressource aussi se tarisse. C’est un portrait sombre qui est brossé, mais avec l’espoir de la jeune Victorine et de ses amis, le récit s’en trouve un peu plus optimiste. En plus du scénario bien intéressant, les couleurs et les dessins de Lucy Mazel nous éblouissent. Une bd accessible qui plaira aux jeunes (10 an +) ainsi qu’aux curieux et passionnés d’histoire.
Mercredi 27 janvier 2015 -
BD - Peurs bleues et humour noir, Fran Krause, Cambourakis, 26,95$ Service de presse -
Un peu avant les fêtes, nous avons eu une rencontre avec notre représentant Flammarion. Il avait alors parlé de cette bd à mon collègue qui n'était pas certain que c'était le genre de produits que nous risquions de vendre. Chanceuse que je suis, j'ai eu droit à une copie de presse pour me familiariser avec ce magnifique produit. Sérieusement, ce recueil de peurs se lit en quelques heures, maximum! J'ai pu en profiter en attendant l'autobus et en me rendant chez mes grands-parents. Le dessin et les couleurs sont superbes. Les peurs énumérées passent d'enfantines à maladives, mais le ton es toujours léger, bon enfant. Un recueil de 100 peurs soumises par de nombreux fans ainsi que des "originales". Un cadeau à offrir à quelqu'un qui aime la BD ou à s'offrir pour un moment de détente. Garanti que vous vous y reconnaîtrez au moins une fois! Site web de l’auteur: http://frankrause.tumblr.com/
Le plan
Catherine D’Anjou, 23.95$, Éditions La mèche Premier roman. Bien en sécurité́ dans son appartement de la rue Cartier, à Québec, un homme rédige des listes de manière compulsive; il se tient prêt. Guerre mondiale, bactériologique, civile : il possède un plan pour chacune de ces éventualités – elles surviendront, il n’y a rien de plus certain. Il prévoit tout, jusqu’à l’extrême. Surtout ne pas parler; personne n’est digne de confiance lorsque l’on a quelque chose à cacher. Le Plan accompagne ce personnage qui n’a qu’une seule envie : vivre selon ses propres règles, avec ses propres peurs, à une époque où le « social » prend de plus en plus de place.
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C’est le look différent des couvertures des éditions La mèche qui a attiré mon regard en premier. Ok Ok ! Ne pas juger un livre à sa couverture. Mais c’est simple, coloré et différent. De sorte que lorsque j’ai reçu Le plan un matin d’octobre, j’ai été interpellée par l’homme masqué sur le dessus du livre. On s’entend qu’un ouvrage intitulé Le plan avec un masque à gaz sur le top, on peut se demander c’est quoi, ce fameux plan. La construction du roman est particulière, l’auteure le divise en deux. Dans la première partie, on suit un individu dérangé, dans son quotidien rythmé selon ses TOC et névroses qui nous parle au « je ». Méthodique, structuré, précision et propreté chirurgicale. Dans la deuxième, un narrateur omniscient nous relate le quotidien de Baptiste, à coup de « chers lecteurs » et d’excuses de sa part quant à ses maladresses au court du récit. Le genre d’œuvre qui pourrait faire une excellente nouvelle, mais qui, dans l’ensemble, n’est pas cohérente. C’est audacieux de diviser le livre comme ça, et le thème du roman par la même occasion. Mais on n’a pas assez de jus.
Extrait partie 1 - « Le placard devant lequel je me tiens dissimule l’accès à la quatrième pièce, que j’ai transformée à force de travail en un bunker où j’accumule le nécessaire, où je prévois tout. Il existe des tas de guerres, des tas de fins du monde et elles éclatent n’importe où, et pour n’importe quelles raisons. Elles ne nous laisseront pas le temps de réagir. Il faudra être prêt. La construction du bunker paraissait incontournable. En plus, il me sert d’entrepôt pour ranger les articles que je n’utilise pas immédiatement, comme les rasoirs jetables ou les déodorants. » Extrait partie 2 - « Lecteurs, l’avantage d’être un narrateur omniscient réside principalement dans le fait que l’on peut tout prévoir. Baptiste m’oblige toutefois à prendre conscience de mes failles. Le fonctionnement de son esprit demeure encore à ce jour un casse-tête que je n’arrive pas à résoudre. Je me console : il égarerait le plus féru des psychiatres. Heureusement, les éléments extérieurs à Baptiste, eux, ne me posent aucun problème. C’est pourquoi je me permets d’affirmer que le pire l’attendait au détour du tourniquet et qu’à l’inverse de ses convictions, les incidents de la journée n’étaient qu’une mince préparation à ce qui allait suivre. Quelqu’un combinait pour qu’un bouleversement survienne dans sa vie, cela ne faisait plus aucun doute. Réjouissons-nous, il se produira finalement quelque chose. »
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Points intéressants du roman : • L’histoire se déroule dans la ville de Québec. • Le sujet est audacieux, surtout considérant la résurgence des phobies en lien avec les catastrophes et fins du monde. (Eschatologie et autre) Points faibles du roman : • On reste sur notre faim. • On sent que c’est un premier roman qui aurait put être travaillé encore un peu, ou simplement choisir une approche ou l’autre. Comparatifs : • Le sujet et la structure pourraient s’apparenter à certains titres aux éditions Alire. Je pense entre autre à L’aile du papillon de Champetier.
-LA LIBRAIRE- Le nénuphar et l’araignée Claire Legendre , 15.95$, Éditions Les Allusifs Liste préliminaire du prix des Libraires.
- Est-ce que dans votre entourage vous avez à côtoyer ces bibittes étranges qui ont peur des maladies ? Ce livre est pour vous ! En plus, ça rejoint ce que l’auteure tente d’illustrer avec le concept d’empathie. - Est-ce que vous êtes comme moi cette bibitte étrange qui a peur des maladies ? Ce livre est pour vous ! Vous n’êtes pas seul !
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On va se le dire, j’ai vraiment clanché Le nénuphar et l’araignée. 100 pages, livre efficace. Un peu plus de 3h entrecoupées de courts intermèdes et d’un trajet de métro, Jean-Talon/Mont-Royal. Je retrouve dans le titre une belle allusion au roman de Vian, L’écume des jours, avec le nénuphar qui pousse dans le poumon de Chloé, et au thème de la phobie avec l’araignée. Tout s’y trouve : les peurs, la maladie.
J’avais toutefois l’impression que ce livre serait un ‘’inventaire’’ des peurs, voir un recueil de nouvelles dont la trame de fond serait LES PHOBIES. Des nouvelles traitant de manière loufoques ou extrêmes de peurs allant de la carpophobie* dont serait atteint un épicier, faisant un arrêt de quelques pages dans le quotidien de monsieur X assailli de la pantophobie*, pour terminer dans le quotidien hors du commun d’un pâtisser butyrophobe*. De la manière dont on me l’avait présenté et dont le site des Libraires en parle, ça sonne comme tel. (Peut-être pas de manière aussi loufoque, mais c’est ça que j’aurais voulu !)
Le nénuphar et l’araignée est un séjour de 100 pages couvrant un peu plus d’une dizaine d’années de la vie de l’auteure. Ce titre a pris forme dans le but de faire partie d’une branche connexe des Allusifs intitulée « Les peurs ». Ce texte y aura survécu. On pourra dire que la peur principale sera celle de la mort, qui favorisera la naissance d’une panoplie d’anxiétés qui y trouveront leur finalité. La peur du cancer, par exemple.
Extrait du chapitre 5 – La douleur « Tous les jours je tente de donner un sens à des événements qui n’en ont pas encore. […]J’ai construit cette conviction que j’allais mourir ici, avant que la maladie se profile je l’ai inventée. Je l’ai inventée pour en être l’auteur au cas où elle existerait cette maladie, qu’au moins elle ne s’impose pas, qu’elle soit mon œuvre. J’aurais alors l’illusion de la maîtriser. Elle me ferait peut-être moins mal de ne pas être une chienne sournoise infiltrée par-derrière. Alors je lui ai presque donné un nom, je lui ai trouvé des sources, des symptômes. Tout était logique et s’agençait fort bien. […] Je sais que probablement, cette maladie est une création de mon esprit. Mais la dénoncer comme telle c’est me mettre à sa merci. Alors je la cultive, je la tiens en laisse.»
Je me suis reconnue et rattachée aux craintes de l’auteur. Je pense que je peux découper les dernières années en cinq grandes périodes dites «d’hypochondrie*». Bien que cliniquement parlant, ces périodes de grand stress et d’instabilité mentale se rattachaient plus à de l’anxiété, la manière dont ces troubles s’exprimaient étaient tels qu’une piqure d’insecte pouvait se transformer en cancer de la peau. Une heure d’angoisse plus tard, je finissais par faire la paix avec l’idée de la mort à venir. Un jour plus tard, je finissais par pouvoir rationaliser, et m’avouer que cette idée était complètement injustifiée, et un nouveau cycle d’angoisse prenait le dessus : Oui, tu t’es bernée cette fois, mais si en fait ça cachait quelque chose de pire ? C’est exactement ce qu’elle finit par vivre. La crainte ultime de tout hypochondriaque qui se respecte : elle consulte pour une broutille et ressort avec un diagnostique de cancer du Thymus. J’ai vraiment été touchée par ses confessions, parce que c’est une sorte de journal intime de sa folie. C’est rassurant pour quelqu’un d’angoissé, ou simplement anxieux, et j’ai bien l’intention de le faire lire au Libraire pour lui dire ‘’R’garde : je suis pas toute seule, et elle explique très bien comment ça se passe dans ma tête !’’. J’avoue, en me relisant, que cette petite plaquette à l’air lourde et triste. C’est malgré le ton sévère, un vrai livre sur la peur, mais avec un soupçon d’optimisme qui fait de ces 100 pages un must.
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Carpophobie : peur des fruits Pantophobie : peur de tout Butyrophobie : peur du beurre Hypochondrie : Le sujet hypocondriaque vit dans la crainte ou l'idée d’être atteint d'une maladie grave. Il est persuadé de posséder des signes ou symptômes prétendument indétectables par les médecins. La préoccupation peut concerner soit certaines fonctions corporelles comme le rythme cardiaque, la transpiration, le transit digestif, soit des perturbations physiques mineures comme une petite plaie ou une toux occasionnelle, soit des sensations physiques vagues et ambiguës (le cœur fatigué, les veines douloureuses). Il attribue ces signes ou symptômes à la maladie qu’il soupçonne et s'inquiète de sa signification. Les médias tels qu'Internet ou la télévision conduisent parfois à l'hypocondrie, y compris dans les publicités exposant le cancer et la sclérose en plaques.