La beuverie anecdotique dans la grande vacuité : Je suis en début de samedi. Un jour d'été assombri. J'aime ce genre de lumière Qui suinte un ivrogne celte Je ne trouve aucune excuse pour ne pas lever le coude. Je déterre parfois mon vice le plus débile La lâcheté humaine face aux échecs, ceux qui sonnent creux. Je m'affale dans une piaule qu'il faut que je largue à tout prix. Mais j'ai acheté de la beuverie. Je vois toutes les projections de mes faux mouvements, Dans la pièce jaunie par la fumée et les cendres. Dans l'usure insaisissable de la ligne immuable du temps. Adolescent, destructeur ; adulescent, cyniquement méchant. Je me revois avec beaucoup de discernement. Adulte, citoyen, anonyme maintenant ? Pourquoi pas même si ça n'a aucun putain de sens. Comme ceux que j’encensais avant. Je pense aux non-sens après avoir décapsulé. Mon identité a plus de choses logiques qu'une somme hasardeuse d’expériences, de sensations, de multiples interprétations et d'autres illusions parfaitement orchestrées pour s'anesthésier du côté le plus intolérable de notre jugement. Je perds mon temps. Il galope pendant que je périme mes essais en faisant un rapport de désenchantement. Je perds mon temps pour exister seul et beurré, je perds mon encre en faisant un rapport d'une cuite sans allure dans un pur désintéressement. Après la blonde, la brune belge. Déjà entamée. Je pense aux femmes ; à celles qui savaient manier les armes, je pense aux putains, celles qui vivent de leurs charmes, puis j'en conclus que nous sommes tous des putains qui pensent guerroyer. Si les couples tiennent c'est pas pour une romance cathartique comme dans Shakespeare. Un couple ça tient dans le temps grâce au mariage et aux enfants. Bien sûr, il y a toujours des exceptions et ça fait vendre des romans et même la trique du matin un peu plus utile à la dictature biologique de la chair et tous ses retranchements. Mais Je songe à une victoire simple, celle d’empêcher ma propre nature ; celle d'être un père entre autres car ce monde n'est pas fait pour les humains encore moins pour leurs enfants, qui feront des enfants. Je suis pas non plus une table de la loi, de l’éthique ou une fulgurance de la pureté. Je ne pense pas plus loin que le bout de mon nez, parce que je suis né. Je ne pense pas à l'esclavage moderne ni a la montée des populismes même dans la cultures des quartiers. Je pense juste qu'il faut que je m'arrache de cette piaule, où je suis affalé avec ma deuxième bière. Je fais plus que perdre mon temps. Je suis en train de le tuer. Je lui dessine le sourire du diable au couteau et je me demande quelle couleur il prendra quand il ne mourra pas, le sourire diabolique de l'imparable avec ou sans moi et toi; et ça me donne l'extase de la vacuité. Je préfère boire seul. Anonyme, citoyen comme un adulte sans intérêt. Je ne mets pas de nom sur mon moleskine par lâcheté, je publie ma bile sans honte avec gratuité. Moi aussi je fais la putain en faisant les chroniques d'un rien, comme un rat de papier. Et vu ma grande gueule quand je bois des godets, va falloir que je boive quasiment que du café dans le peu de soirées que j'vais encaisser. Tout ce cirque mouvementé, qui devient comme pendant la dernière seconde avant la mort ; quelque chose qui n'a finalement peu d’intérêt. Comme la gueule de bois que j'aurai demain Une qui me fais faire le mort Une journée où je n’écrirai pas ; Comme j'adore ; En presque mort. Dugast Clément (nocto)