Doodled my ridgie Anjara at work today.
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Doodled my ridgie Anjara at work today.
#tesbihcimuharrem #damlakehribartesbih#damlakehribar#anjara#ustaişi#elişçiliği#doğal#naturel#sanat (Tesbihci Muharrem) https://www.instagram.com/p/CCbN1zAjuMC/?igshid=p04gpnosup65
We just had an amazing family dinner in the courtyard of a church Nasri’s grandfather built. The priest joined us for wine made in the holt city of #Anjara #Jordan that you cannot but bottles of and can only enjoy here onsite. Very special indeed. (at St Joseph Church - Jabal Amman،كنيسة مار يوسف - جبل عمان) https://www.instagram.com/p/B37twfKp-Nw/?igshid=xgevncen32au
LA MIA PARTE - il racconto in francese
ANJARA
En Octobre 1989, tout au début de mon travail à Madagascar, je passai pour première fois rendre visite au petit groupe de chrétiens de Jangany, un village comptant moins de 400 habitants, sans voie d'accès à l'agglomération.
Je vis beaucoup de cochons partout, en nombre impressionnant.
En rentrant à la Mission de Betroka, je racontai à mes confrères qu'à Jangany j'avais trouvé 40 chrétiens, 400 habitants et 800 cochons.
Selon l'usage des visites missionnaires, j'arrivai au village un samedi, en début d'après-midi.
Guidé par le catéchiste, j'allai voir une par une toutes les familles chrétiennes.
J'entrai dans leurs cabanes et, selon la tradition malgache, je me présentai aux “ray-amandreny” (les parents et les vieux), je saluai les personnes et j'écoutai leurs nouvelles. Je conclus les visites en invitant chaque famille à participer à la prière du jour suivant, le dimanche, dans la petite église. Je devins tout de suite ami des enfants et ils m'accompagnèrent en procession pendant mes visites aux familles.
Le soir je pris mon lit de camp du coffre de ma Suzuki, je le préparai dans la sacristie de la petite église et me couchai tôt pour ne pas gaspiller inutilement ma bougie et pour être prêt à l'aube du lendemain.
Le matin suivant je me levai au premier chant du coq, je pris le bidon de l'eau que je gardais toujours dans ma voiture, je remplis la bassine et je me lavai en plein air, en respirant l'air frais de la savane. Je fis ma prière personnelle du matin et, au lever du soleil, je sonnai la cloche pour rappeler aux chrétiens que ce jour là était Dimanche et qu'ils auraient prié avec le Mompera venu de Bertoka pour eux.
Deux enfants s'étant levés de bonne heure, accoururent tout de suite pour être les premiers à saluer le Mompera en ce jour de fête. Ce fut très émouvant de voir ces enfants courir vers moi si pleins de joie et de bonne volonté. J'aurai voulu leur donner des bonbons mais je n'en avais pas. Je me souvins que dans ma sacoche il devait y avoir un pain que j'avais acheté à Ihosy la semaine précédente. J'allai le chercher et, même s'il avait endurci, j'en coupai deux morceaux et je les donnai aux enfants, en m'excusant de ne rien avoir de plus à leur donner.
Je fus surpris de voir la joie extraordinaire avec laquelle les deux petits reçurent ce morceau de pain dur, d'autant plus en remarquant qu'ils ne le portèrent tout de suite à la bouche, comme j'aurais cru, mais il le levèrent haut dans leurs mains en le portant en triomphe dans tout le village pour le montrer à leurs amis et proclamer d'une seule voix que le Mompera avait apporté le “mofo-bombon” (pain-bonbon).
En quelques instants je vis une nuée de petits enfants se précipiter vers moi en me demandant l’ “anjara mofo” (une part de pain). Tous les enfants du village et même de nombreux adultes se rassemblèrent autour de moi et, évidemment, ils me demandèrent leur morceau de pain. J'en fus soufflé et mortifié: avec ma grande douleur, je fus obligé de dire que je n'avais qu'un petit pain et que cela n'aurai pas été suffisant pour en donner un morceau à chacun.
Ils en furent très attristés, et moi plus qu'eux.
L'un des plus petits se rapprocha et me dit : “Mompera, tu n'as pas apporté mon “ANJARA” (part)“! On aurait dit qu'il voulait me faire remarquer que je l'avais privé de sa « part de vie ». Je vis une grande tristesse dans les yeux des enfants et je compris que cette part de pain avait une grande importance pour chacun d'eux: c'était comme une goutte de vie, un morceau de leur pauvre vie. Je devinai que le mot “anjara”, que le petit avait prononcé avec les larmes dans la voix, cachait un sens profond que je ne soupçonnait pas.
Je n'ai jamais plus oublié l'expression désolée de ces enfants ayant été privés de leur “anjara mofo” (part de pain).
Les enfants à leur tour virent ma grande affliction pour ne pas avoir eu autre chose à distribuer pour donner à chacun sa goutte de vie. Nous gardions un instant de silence, que je sentis long et lourd, puis je dis: “Aujourd'hui je n'ai pas assez de pain pour que chacun ait sa part, mais je vous promet que la semaine prochaine, au lieu d'aller visiter d'autres villages, je reviendrai chez vous et j'apporterai assez de pain pour en donner un morceau chacun, de façon que personne ne reste sans sa part. Je fus content de voir le visage des enfants se détendre et retrouver le sourire.
La semaine d'après, je retournai ponctuellement visiter le petit village en apportant un bon morceau de pain pour chaque enfant.
Comme ils étaient habitués à ne manger autre chose que du manioc et quelques cuillerées de riz, ils reçurent le pain comme une galette, comme un « bonbon ». En fait, outre au cadeau du pain, j'apportai 3 bonbons pour chaque enfant.
La réparation du Mompera à sa naïveté de la semaine précédente fut pleine et satisfaisante et le fait ennuyeux de l' “anjara” de pain manquée eut une conséquence inopinée: entre le Mompera et les enfants de Jangany une grande amitié s'instaura, menant, 6 ans après, à la fondation de l'école de Sainte Marie pour sortir tous les enfants de l’analphabétisme et de l'abandon et les guider, avec honneur, à la conquête de leur “anjara soa” (belle part de vie). Grâce à l'action de l'école, en quelques années la vie du village connut un changement radical. Les enfants purent étudier et sortir ainsi de l'analphabétisme. Jangany, de petit village de la brousse, devint une petite ville rurale en plein essor, tendue vers un futur plein d'espoir.
Après le fait du “mofo bonbon”, je fus plus prudent et je me proposai deux choses: la première, de ne donner des bonbons aux enfants que quand je suis sur d'en avoir assez pour tout le monde; la deuxième, de s'assurer, lorsqu'on a quelque chose à donner, qu'il y en ait suffisamment pour tous, afin que personne ne soit privé de sa part.
La question du mot “ANJARA” m’intéressa énormément et me mena à un approfondissement.
Ce qui fut avant tout, pour moi, raison de réflexion, c'est le comportement spontané des deux petits garçons, qui ne gardèrent point pour eux-mêmes ni mangèrent guère en secret le morceau de pain reçu, au contraire, ils se précipitèrent le montrer à leurs amis et au village tout entier, pour que tout le monde participe de leur joie. La surprise que ce sentiment inné de communauté me fit ouvrir les yeux sur ma mentalité d'européen habitué à penser à ses propres affaires avant toute autre chose.
Je commençai ensuite à remarquer avec attention l'occurrence du mot “ANJARA” dans le langage des gens, en essayant de mieux connaître l'ampleur de ce terme dans la mentalité et dans la vie de la population. Je relevai qu'ils l'utilisent fréquemment en certaines circonstances de la vie quotidienne, par exemple pour indiquer la « part de travail » réservée à chaque ouvrier, ou la « part de salaire » due à chacun, ou en se référant à la « part » d'une personne en différents rôles et services, ou encore lors de la distribution de la « part de nourriture » aux membres de la famille.
Je remarquai qu'on utilise le mot “anjara” pour indiquer le rôle (la part) de chaque membre de la famille et le rôle dans la société : autre chose est la part des “ray-amandreny” (les parents et les personnes âgées), autre chose est celle des “zoky” (frères aînés), autre chose encore celle des “zandry” (frères cadets). Lorsqu'on donne la parole aux différentes personnes, soit en famille ou lors des réunions publiques, chacun a droit à « sa part » selon son âge et la charge qu'il occupe.
La “part de vie” reconnue à chacun au sein de la famille doit être reconnue également par le “fokonolo” (la tribu) et la “firenena” (nation), car la famille représente le modèle fondant dont la société entière s’inspire.
On appelle “ray-amandreny” (père-mère) ceux qui représentent l'autorité de la nation, car ils représentent le rôle des parents et sont supposés guider la nation comme s'il s'agissait d'une famille.
A' l'occasion de la mort de quelqu’un, notamment au moment des condoléances, on entend souvent les expressions “izany no anjara fiainany” (cela a été sa part de vie), “lahatr'Andriamanitra izany anjara izany” (c'est Dieu qui a établi cette part). Dans telle circonstance, on emploie le terme “anjara” à coté de “lahatra” (chose établie par Dieu), s'agissant d'une des expressions les plus élevées et solennelles de la culture animiste.
C'est Dieu qui établit “part de vie” de chacun et non les hommes, c'est donc “manankasina” (elle a un caractère sacré).
Depuis la naissance jusqu'à la mort et même au-delà de la mort il faut reconnaître à chacun la “part” que Dieu lui a assignée, parmi les “olombelona” (les hommes qui vivent sur la terre) comme parmi les “razana” (les ancêtres, appartenant à la gloire au-delà de la terre).
Tout individu est une partie vivante de la famille, de la tribu, de la nation et, en tant que tel, il doit être respecté.
La famille malgache se caractérise par un fort sentiment d'appartenance, par une cohésion solide et par un vif instinct communautaire. Cette particularité étant une valeur en soi, si elle n'est pas formée correctement, peut donner lieu à une forme d’égoïsme de groupe très accentué. A' la maison on répète souvent le proverbe des ancêtres: “Velona iray trano, maty iray fasana” (en vie une seule maison, après la mort un seul tombeau). La pire punition qu'on puisse infliger à un malgache c'est de l'exclure du tombeau de famille: cela reviendrait à le priver de sa part de vie”.
Dans ce contexte, une considération spéciale est due au phénomène identitaire de l'individu malgache, car la façon dont il prend conscience de son identité a une caractéristique spécifique.
Depuis son plus jeune âge, l'enfant participe aux déplacements de la familles et de la tribu. Pendant la période de travail dans les rizières on l'emmène à la campagne, où la famille entière se rend de bon matin et travaille toute la journée. Durant les fêtes, on l'introduit dans les danses, porté dans les bras ou sur le dos, ou bien par la main des parents ou de ses frères. Chaque individu expérimente ainsi de façon vive son « être part » de la communauté.
Cette sensibilité s'intensifie au point qu'un malgache refuse instinctivement même d’être considéré isolé du contexte social dont il « se sent partie ». Il n'aime pas qu'on l'appelle par son prénom ni qu'on s'adresse à lui de façon individuelle comme s'il était isolé de sa communauté : il préfère qu'on l'appelle par un surnom indiquant “sa part” au sein de la famille et de la société. Pour faire un exemple: un père de famille s'irrite, se vexe même si on s'adresse à lui en l'appelant par son prénom: “ianao Richard” (toi, Richard). Il préfère des expressions telles que “ianao aban'i Jean” (toi, père de Jean), “ianao mpanolo-tsaina” (toi, conseiller de la tribu ou de la Mairie), car elles rappellent son rôle, “sa part” dans la famille ou dans la société.
L'identité individuelle est donc très faiblement perçue, en faveur d'une puissante identité collective.
Étant donné cette sensibilité, absorbée depuis le plus jeune âge avec les pratiques de la famille et de la tribu, le malgache n'aime pas agir individuellement mais, pour le meilleur et pour le pire, il préfère se sentir inséré dans un groupe ou dans une bande.
Même le génie malgache dans le chant et la danse exprime mieux son talent dans les exécutions communautaires.
Le chant préféré est le chant choral à plusieurs voix, où chacun contribue spontanément avec « sa part de voix ».
La danse à laquelle ils sont plus attachés est celle en groupe. Lors de la fête, au lieu de mouvements individuels et personnalisés, on préfère ceux d'ensemble, offrant à chacun la chance de « se sentir part »de la communauté.
A' partir de ces considérations, il n'est pas difficile de comprendre la grande ampleur du mot “anjara” dans la culture malgache.
On exprime par ce terme certaines des caractéristiques fondamentales de l’être humain, telles que le droit à la vie et au respect de son rôle dans la famille et dans las société, la sacralité de la personne, qui nul doit priver de la « part » que Dieu lui a destinée et la dimension communautaire de l'individu.
Il faut également remarquer que l'idée d'“anjara”, porte en soi des nuances de sens qui ne sont pas facilement saisissables par ceux qui ne sont pas familiers avec la culture malgache. Ce n'est que par une longue expérience de vie quotidienne en contact avec les gens et avec leur langage qu'on devient capable d'appréhender ces nuances.
L'idée d'“anjara” concentre certains parmi les enseignements les plus précieux de la “fahendren-drazana” (sagesse des ancêtres), qui constitue la “lova soa” (beau héritage), souvent cristallisée dans de célèbres proverbes et vénérées par les malgaches comme la valeur la plus haute de leur culture.
Lorsque je rencontrai pour première fois les enfants de Jangany, j'étais bien loin de soupçonner de telles questions.
L'approfondissement que ma naïveté initiale a stimulé en moi, m'a mené à mieux apprécier certaines valeurs cachées dans la culture malgache. Surtout, il a stimulé une conscience critique par rapport à la mentalité européenne, forte de son personnalisme individualiste, mais faible et pauvre de sensibilité envers les valeurs de la famille et de la communauté sociale dont « on est part ».
Il nuovo CD a sostegno della scolarizzazione di Jangany (regione Tulear, altopiano Horombé, sud Madagascar).
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