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"Après avoir tourné seul partout en Europe sous le nom de This Is The 3rd Day Of Our Freedom, JonCha a formé un groupe lui permettant de mixer les différents styles musicaux qui l'intéressent: JonCha & The Black Owl Club. En ressort un mélange de rock, d'harmonies classiques, de pop et d'influences cinématographique, une touche de musiques du monde et de sonorités électroniques. Un 3 titres est paru en 2013 sur le label Atmosphérique - "La Fine" - en attendant l'album en préparation."
Musicien prolixe, il est l'auteur depuis 2004 de nombreuses compositions pour des pièces de théâtre ou des spectacles chorégraphiques, évoluant de la musique classique à l'électronique. Egalement acteur et metteur en scène, il a participé à près d'une trentaine de pièces. Il a publié son premier roman - "Barbaque" - en 2007 chez Arcadia Editions.
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JonCha, mâle, 1980
Musicien, réalisateur, acteur, écrivain
Stockholm > Paris
Quel a été l’élément déclencheur de ton implication dans la musique?
J'ai écrit ma première chanson à 7 ans. Je ne jouais d'aucun instrument mais j'aimais écrire et je voulais être comédien. Le chant me paraissait être une bonne alternative avec bien moins de texte à apprendre!!! J'ai toujours été fasciné par les sons plus que par les instruments. Le vol d'un bourdon en été, le ronronnement d'un chat, un feu qui crépite, le bruit des vague, tous ces petits bruits complexes me fascinent autant qu'un bon morceau. Alors, quand j'ai entendu la 6ème symphonie de Beethoven qui me faisait littéralement entendre la passion adolescente, la sève, la nature, la fougue, j'ai compris que des gens avaient réussi à transcrire en musique ce qu'il y a de plus universel dans la nature. Puis, Jean-Michel Jarre avec Oxygen m'a procuré la même émotion. Il trahissait la nature en synthétisant les sons mais il créait aussi d'autres dimensions et m'ouvrait les portes d'une autre perception du monde, tout aussi sacrée. Après j'ai découvert le punk et le métal à 9 ans et c'est cette énergie primitive qui m'a définitivement poussé à me mettre à jouer d'un instrument. Je me suis logiquement tourné vers la guitare électrique, non pas pour être un technicien mais pour pouvoir, moi aussi, triturer les sons et en créer de nouveaux.
Dans quel environnement culturel as-tu grandi?
Je ne viens pas d'une famille d'artistes. A la maison, on n'écoutait pas de musique ensemble, on ne regardait pas de films en famille. Mes parents sont plus tournés vers l'actualité, la politique etc... Ce qui n'a jamais été mon truc. J'étais un rêveur, créatif, curieux. Mais ma grande chance est qu'ils sont très ouverts. J'ai toujours eu l'âme artistique, j'ai toujours chéri les livres que j'ai commencé à collectionner très tôt. J'adorais le théâtre, le cinéma, la peinture. Alors, ils m'ont laissé libre de faire mes propres choix. Ils ne m'ont pas mis la pression et m'ont encouragé à prendre mes rêves au sérieux. Le cousin de ma mère est un ancien hippie qui m'a appris les rudiments du blues et mon cousin, avec qui je suis très proche, est aussi un musicien (Rémingway, signé chez Atmosphériques).
Adolescent, quelles passades musicales farfelues as-tu eues avant de mieux cibler tes goûts?
Ecouter du métal et du punk à 9 ans, c'est quand même bizarre! A 14 ans, j'ai bu mes premières bières tièdes que des punks ivres et joyeux dans leurs pogos du vendredi soir me filaient, avec mes parents qui attendaient patiemment dans la voiture que la soirée se termine. J'ai même chanté la chanson 30 millions d'amis des Ludwig von 88, avec eux, sur scène! Ah si! Il y avait ce groupe de punk français dont la pochette avait été censurée mais qu'on pouvait voir en ouvrant le boîtier. Les mecs avaient photographié leurs anus, qui étaient tous très très sales! Je ne sais plus leur nom! C'était tellement obscène et nul que je trouvais ça cool d'aimer! J'ai bien sûr été fan de Nirvana. J'ai beaucoup écouté de rockabilly aussi. Le pire, c'est sans doute des groupes de Death Metal que le grand frère d'un copain me faisait écouter et que j'essayais d'aimer parce que ça me faisait rire! Au grand détriment de ces groupes extrêmes, c'est sans doute la découverte de Radiohead et d'Aphex Twin qui m'a stabilisé
Quel a été ton premier groupe et quelle était votre motivation?
Mon premier "vrai" groupe, je l'ai formé vers mes 15 ans avec mon cousin, mon frère et notre pote David. A cette époque, on ne cherchait pas à être connu. Notre but était juste de faire des concerts et de nous amuser. Les premiers morceaux étaient nuls mais je pense qu'on a aussi pas mal appris ensemble.
Fais-tu de la musique seul? Ressens-tu le manque de collaboration avec quelqu’un?
J'aime faire de la musique seul. Je compose beaucoup pour le théâtre, la danse et je fais aussi beaucoup de musique électronique. J'aime parce que ça me repose. Je n'ai aucune pression, je me sens comme un type dans un laboratoire qui aurait tout à disposition mais aucune deadline. Mais, parfois, je crève d'envie de partager. Je rêverais de pouvoir composer un morceau avec quelqu'un et laisser ma créativité être guidée par celle d'un ou d'une autre. Jeune, quand je composais avec mon cousin, j'aimais cette exaltation d'achever quelque chose à deux, quelque chose qui était autant lui que moi. Mais je crois qu'en vieillissant, ça devient plus difficile. J'ai besoin de tout contrôler. Ce n'est pas toujours drôle. Surtout en groupe! Et puis, une fois que je commence un projet, je suis obnubilé par lui. Je ne pense qu'à ça, ne parle que de ça. Il faudrait donc que je trouve quelqu'un d'aussi obsédé que moi!
Quelle est l’histoire de la formation de ton groupe actuel?
Lorsque je suis revenu vivre à Paris (je vivais en Suède et j'y vis aujourd'hui), j'avais pas mal tourné avec mon projet solo électro. L'énergie d'un groupe me manquait. Et puis, je voulais me lancer comme challenge de composer des morceaux simples, pop, efficaces. J'ai fait écouter une démo à mon pote Sylvain, qui avait déjà joué des synthés dans mon précédent groupe, et qui a aimé. Il l'a fait écouté à Vincent, un de ses potes bassistes qui a insufflé le reste d'énergie pour qu'on puisse penser "groupe". On a ensuite enregistré une démo dans le studio d'un de ses potes batteurs qui a fait les batteries parce qu'on n'avait pas de batteur attitré! Il est resté et voilà comment est né JonCha & Black Owl Club.
As-tu un projet musical futur en tête, une envie pas encore concrétisée?
En ce moment, je travaille sur un nouveau projet solo électro. J'ai, envie de revenir à la musique psychédélique que j'affectionne beaucoup et, plutôt que de créer un nouveau groupe, je préfère tenter de façonner ça avec des machines et des synthés modulaires! Je pense sortir quelque chose d'ici la fin de l'année.
Comment se passe la composition des morceaux?
Lorsque je suis en groupe, je leur amène une maquette finie. Puis les musiciens vont souvent améliorer les lignes de leurs instruments et puis, on développe le groove à force de répéter. Mais la composition même, en amont, peut naître d'un son trouvé sur un synthé, d'un riff de guitare ou d'un pattern de batterie. Les paroles viennent toujours en dernier.
Es-tu plus intéressé par la scène, les répétitions ou l’enregistrement? Que t’apportent les concerts au niveau personnel?
Ce sont deux énergies bien différentes! J'aime le studio parce que j'aime faire des expériences. C'est là que la créativité est la plus explosive. Les concerts, ce n'est que du fun. C'est un exutoire pour tout le monde. C'est l'un des plaisirs les plus extrêmes mais aussi les plus simples qu'on puisse trouver! Je tombe généralement amoureux à chaque concert des musiciens avec qui je partage la scène. Je ne mens pas! L'excitation est telle, ce moment privilégié qu'on partage en groupe est si incohérent, que ça me fait littéralement les aimer de toutes mes tripes!
Fais-tu d’autres choses touchant à l’art en dehors de la musique?
Je viens du théâtre. Donc, je mets en scène, je joue. J'ai aussi écrit des pièces et un roman "Barbaque" publié aux éditions Arcadia. Toi qui aimes lire, tu devrais le lire et me dire ce que tu en penses!
Quel personnage de cinéma aurais-tu pu/voulu jouer?
Pour la performance, j'aurais adoré joué Oh Dae-Soo, le personnage principal de Old Boy. Sinon, j'aurais aimé faire partie de l'aventure Breaking Bad qui est, à mon avis, la meilleure chose jamais écrite pour le cinéma/télévision. J'aurais aimé être le partenaire de Lillian Gish dans The Wind de Victor Sjöström (elle est seule une bonne partie du film mais j'aurais alors traîné sur le plateau pour la voir jouer en vrai!)
Aimerais-tu réaliser un film, être acteur même juste une fois?
J'adorerais réaliser un film! J'espère le faire un jour...
Quels livres as-tu gardés dans la bibliothèque de ton esprit?
J'aime les livres. Peut-être plus que tout le reste, d'ailleurs. Il y a tellement de livres qui m'ont marqué! J'ai tatoué sur mon bras, les personnages principaux de 6 de mes romans préférés: -Le bleu du ciel (Bataille) -La conjuration des imbéciles (John Kennedy Toole) -Sur la route (Kerouac) -Water Music (T.C. Bolye) (Peut-être mon livre préféré). -Le lièvre de Vatanen (Paasilinna) -Le Maître et Marguerite (Boulgakov)
Je pense aussi à: Le Seigneur des porcheries (Egolf), Le pendule de Foucault (Eco) et tous les livres de Selma Lagerlöf (que j'ai aussi tatoué sur mon bras!)
Photo: Anna Malmberg