Dette De Sang - Une Fanfiction sur la série Québécoise Antigang
Deux semaines après la mort de son père, Michelle croit avoir survécu au pire.
Elle se trompe.
À vingt trois ans, elle hérite de la maison familiale… et d’une dette de 556 000 dollars laissée derrière par un homme qu’elle pensait connaître.
Quand Denys Marchand, chef impitoyable des Death Shadows, franchit le seuil de sa porte, son monde bascule. Froid. Calculateur. Incontrôlable. Il ne vient pas offrir ses condoléances.
Il vient réclamer son dû.
Piégée dans sa propre maison, Michelle découvre que les dettes ne disparaissent pas avec les morts. Elles changent simplement de propriétaire.
Trois choix.
Payer l’impayable. Danser dans le bar de Marchand, le Quickie. Ou travailler pour lui… sous ses règles.
Mais dans l’univers de Denys Marchand, chaque décision a un prix. Et la peur est une monnaie d’échange.
Convoquée le lendemain à treize heures, Michelle comprend que ce n’est pas seulement une dette qu’elle devra rembourser…
C’est sa liberté.
Dans un monde où le pouvoir se gagne par l’intimidation et se conserve par la manipulation, une jeune femme fragile devra apprendre à survivre.
Parce que certaines dettes ne se paient pas en argent.
Elles se paient en sang.
CHAPITRE 1
Deux semaines s’étaient écoulées depuis le décès de son père, James. Michelle avait hérité de la maison familiale et, malgré la douleur qui l’habitait encore, elle voulait la garder. Elle se réjouissait d’être enfant unique à cet instant, seule maître de son destin au cœur de ces lieux qu’elle connaissait depuis toujours.
Elle avait accepté la succession de son père sans vraiment prendre le temps d’en étudier tous les détails. Elle savait seulement que son père avait des dettes, notamment envers un certain Vautrin. Mais ce que Michelle ignorait, et qui aurait pu changer sa perception de cette héritage, était que le fameux black book de Vautrin, ce carnet mystérieux contenant des informations sensibles et compromettantes, était désormais entre les mains de Denys Marchand, le redoutable leader des Death Shadows.
L’ombre de ce nom, Denys Marchand, planait déjà sur elle, même si elle n’en avait pas encore pleinement conscience. L’héritage de son père, loin d’être un simple legs, allait bientôt se révéler être une porte d’entrée vers un monde dangereux qu’elle n’aurait jamais imaginé.
Elle allait bientôt découvrir toute la vérité, alors qu’elle terminait d’aménager la dernière pièce de la maison familiale, désormais entièrement sienne. Les cartons étaient encore éparpillés sur le sol, le parfum de bois ancien et de souvenirs flottant dans l’air. Michelle entendit soudain la sonnette retentir, brisant le silence de la maison. Ignorant qui cela pouvait être, la jeune femme de vingt-trois ans se précipita vers la porte, le cœur battant plus vite qu’à l’ordinaire.
À travers la fenêtre, elle aperçut Denys Marchand, accompagné d’un homme plus âgé que lui et nettement moins séduisant. Un frisson lui parcourut l’échine. Elle se souvenait vaguement de cet homme lors des funérailles de son père, James, mais sans plus. Elle ne pouvait deviner la raison de leur visite, et un mélange de curiosité et de méfiance la saisit.
Lorsqu’elle ouvrit la porte, ses yeux bleus fixèrent Marchand avec une vigilance instinctive. Elle se sentait vulnérable, frêle, presque fragile du haut de ses 1 mètre 60. La brise de l’après-midi souleva légèrement ses cheveux, accentuant ce sentiment de fragilité. Son regard scrutait chaque mouvement de l’homme devant elle, tentant de deviner ses intentions, tandis que son esprit s’emballait : pourquoi ici, pourquoi maintenant, et surtout, que venait-il chercher dans sa maison ?
« Toutes mes sympathies… Je connaissais bien James, un bon gars ! »
Mentit Marchand d’une voix posée mais glaciale, tandis que son acolyte, resté près de lui, ne laissait échapper aucun mot, immobile comme une ombre. Michelle, un peu déstabilisée par la présence imposante de Marchand, ne savait pas quoi répondre. Elle hocha simplement la tête en murmurant un « merci » à peine audible, sa voix presque étouffée par l’incompréhension et la peur qui commençait à s’installer.
Alors qu’elle s’apprêtait à refermer la porte pour mettre fin à cette intrusion inattendue, Marchand planta sa botte en cuir noir dans l’encadrement, bloquant l’entrée avec une aisance inquiétante.
« Oh, pas très polie… surtout que je n’avais pas encore terminé de discuter avec toi ! » Sa voix était ferme, autoritaire, sans laisser place à la contestation.
Les yeux de Michelle, habituellement clairs et calmes, se remplirent d’une lueur tranchante, d’une colère mêlée à la peur, tandis que Marchand et son complice pénétraient dans la maison sans demander son autorisation. Chaque pas qu’ils faisaient sur le parquet résonnait comme une menace silencieuse dans l’immense hall d’entrée.
« Ton père était un bon gars… mais un très mauvais gambler ! » Marchand esquissa un sourire qui n’atteignait pas ses yeux, et son ton laissait deviner que ce n’était que le début de ses révélations.
Michelle avala difficilement sa salive, le cœur battant à tout rompre, comprenant très vite où Marchand voulait en venir. Chaque mot, chaque mouvement trahissait l’intention de ce visiteur dangereux, et elle savait déjà que cette rencontre allait bouleverser sa vie de façon irréversible.
La panique s’empara d’elle comme un souffle glacial, et Michelle se retourna en courant vers la porte-patio arrière, espérant disparaître dans le jardin. Mais avant même qu’elle ne puisse atteindre la poignée, l’homme de Marchand, grand et massif, surgit et la saisit avec une rapidité effrayante.
« Where do you think you’re going, lil’ bitch, eh ? » ricanna Marcos Francis, l’acolyte de Marchand, son sourire cruel trahissant le plaisir qu’il prenait à la saisir. Il la plaqua au sol avec une force qui la fit suffoquer. Michelle se débattait faiblement, ses larmes roulant sur ses joues alors qu’une peur sourde lui compressait la poitrine.
« S’il vous plaît… ne me faites pas de mal ! » sanglota-t-elle, la voix brisée par la terreur.
Marcos la maintint au sol, implacable, tandis que Michelle se sentait complètement impuissante. Son esprit s’emballa, imaginant mille scénarios terrifiants, persuadée que sa situation était désespérée. Elle ferma les yeux un instant, tentant de retrouver un souffle, mais le danger était palpable.
Pourtant, malgré la brutalité de Marcos, Marchand ne semblait pas là pour infliger un mal direct. Ses yeux, froids et calculateurs, observaient la scène depuis un pas de recul, pesant chaque mouvement, chaque réaction de Michelle. Le silence qu’il laissait derrière lui était presque plus terrifiant que la violence physique, comme si chaque décision qu’il prenait pouvait changer instantanément le cours de sa vie.
Michelle sentit son cœur battre à tout rompre, chaque seconde étirée dans une tension insoutenable. Elle savait que, pour l’instant, elle ne pouvait compter que sur sa chance et sur sa rapidité d’esprit pour espérer s’en sortir de cette rencontre terrifiante.
Marchand avait compris que Marcos prenait un malin plaisir à terroriser Michelle et, d’un geste sec, ordonna à son acolyte de la relâcher.
« Laisse-la… » dit-il d’une voix ferme. Mais voyant que Marcos semblait presque s’amuser à la maintenir au sol, Marchand haussa le ton. Cette fois, il choisit l’anglais, avec une autorité qui broyait toute contestation.
« Enough! Let her go!! »
Marcos grimaça mais s’exécuta à contrecœur, laissant Michelle reprendre son souffle. Elle resta un instant à terre, ses genoux tremblants, essayant de calmer son rythme cardiaque effréné. Marchand s’avança lentement, imposant, et se pencha vers elle.
« Ton père me doit une somme importante, et ce n’est pas parce qu’il est mort que sa dette a disparu. Si j’ai bien compris, tu es la seule héritière de son testament. Que cela te plaise ou non, tu devras me rembourser sa dette… » Sa voix était calme mais glaciale, chaque mot pesant lourdement sur Michelle comme une menace silencieuse.
Michelle se releva lentement, encore secouée par l’intensité de la scène. Elle passa le revers de sa main sur ses joues pour essuyer les larmes qui brouillaient ses yeux bleus, clairs comme un ciel d’été.
« Écoutez… je… je ne savais pas que mon père vous devait de l’argent. Je ne veux pas d’ennuis… » murmura-t-elle, la voix tremblante mais décidée à montrer qu’elle n’était pas totalement soumise.
Elle sentit alors le regard pesant et malsain de Marcos, qui ne quittait pas ses mouvements du regard. La peur se mêlait à la colère dans le cœur de Michelle, tandis qu’elle réalisait qu’elle était confrontée à ces deux hommes seuls dans sa maison, piégée entre menace et intimidation. Chaque respiration semblait plus lourde, chaque silence plus oppressant, et elle comprit que cette rencontre allait marquer le début d’un cauchemar dont elle ne voyait pas encore l’issue.
« Je vais être gentil aujourd’hui… Ton père ne m’a jamais causé d’ennuis, et tu sembles être une bonne fille toi aussi. Je vais te donner la chance de choisir une des options que je vais te proposer. »
Michelle resta silencieuse. Le fait qu’il la qualifie de « bonne fille » ne la rassurait pas, bien au contraire : cela la terrifiait. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Était-ce un compliment ou une menace déguisée ? Son cœur battait la chamade et ses mains tremblaient légèrement. Elle hocha la tête rapidement, incapable de trouver ses mots, tandis que Marchand commençait à énumérer ses options.
« Je… je ne veux pas d’ennuis… » murmura-t-elle, la voix brisée, en essayant de contenir ses larmes.
Mais les sanglots finirent par la submerger. Cette fois, ils étaient plus forts, plus désespérés. Marchand observa la scène avec une expression calme mais calculatrice. Il roula ses yeux verts vers le plafond, légèrement agacé par les pleurs, mais il comprit rapidement que Michelle était simplement ébranlée par la présence de Marcos et par l’intensité de la situation. Elle avait besoin de temps pour respirer, pour reprendre le contrôle, et surtout, Marchand devait gagner sa confiance… un défi qu’il savait délicat, mais qu’il avait l’habitude de relever.
« Ok… viens t’asseoir dans la cuisine. On va discuter à la table. » Sa voix était douce, presque persuasive, mais chaque mot portait une autorité qui ne laissait pas de place à la contestation.
Sentant à quel point Michelle était intimidé par Marcos, Marchand se tourna vers son acolyte et lui ordonna d’un ton sec : « Va m’attendre dans le véhicule dehors. » Marcos obéit, jetant un dernier regard à Michelle avant de quitter la maison, laissant un silence pesant derrière lui.
Michelle suivit Marchand jusqu’à la cuisine, chaque pas lourd et hésitant. Elle s’assit à la table, encore tremblante, le regard fixé sur le sol. Marchand, lui, resta debout un moment, l’observant attentivement, comme un prédateur jaugeant sa proie. La pièce, éclairée par la lumière du jour filtrant par les rideaux, semblait soudain plus étroite, plus oppressante. Michelle sentait que chaque mot qu’elle prononcerait à partir de maintenant pourrait déterminer le cours de cette rencontre… et peut-être bien de sa vie entière.
Marchand attendit que Michelle se calme. Les sanglots s’étaient peu à peu estompés, ne laissant derrière eux qu’un souffle tremblant et irrégulier. Lorsqu’il jugea qu’elle pouvait l’écouter, il commença à parler, sa voix basse et mesurée, mais lourde de menace.
« Ton père me doit 556 000 dollars… et maintenant cette dette est la tienne. »
Michelle, déjà pâle à cause de ses cheveux roux et sa peau naturellement claire, devint presque translucide. Elle resta figée sur sa chaise, incapable d’aligner un seul mot, ses mains crispées sur le rebord de la table. Le montant résonnait dans sa tête comme un coup de tonnerre, et elle sentait sa poitrine se serrer sous l’effet de l’angoisse.
« Tu as trois options… » continua Marchand, le regard fixé sur elle, pesant chacun de ses mots. « Option une : tu me payes et la dette disparaît. Option deux : tu pourrais travailler comme danseuse dans mon bar, le Quickie… mais je doute que ce soit ton genre, tu as l’air trop prude pour ça. Et la dernière option : tu travaillerais pour moi. Tu ferais les commissions du Quickie, tu t’occuperais aussi de l’inventaire du bar. Tu serais payée, mais une partie de ton salaire servirait à rembourser la dette de ton père. »
Michelle leva finalement les yeux vers lui, fixant Denys Marchand, cet homme de cinquante-trois ans dont l’aura imposante remplissait la pièce. La peur et l’indignation se mêlaient dans son regard bleu, mais elle rassembla le peu de courage qu’elle avait.
« Et si je dis non ? » demanda-t-elle d’une voix tremblante, à peine audible.
Marchand ne put s’empêcher de laisser échapper un petit rire moqueur. Lentement, il s’avança vers elle, chaque pas résonnant dans la cuisine silencieuse. Sa main droite, large et chaude, se glissa sous son menton, levant doucement son visage vers lui.
« Je trouverais ça dommage de te passer… tu es une belle petite fille… » Sa voix était douce, presque séduisante, mais chaque mot portait une menace implicite. Michelle sentit un frisson glacé lui parcourir l’échine, consciente qu’elle était totalement à sa merci. La tension dans la pièce était presque tangible, chaque souffle, chaque mouvement pesant sur elle comme un poids écrasant.
Elle sentit son cœur battre à tout rompre, chaque seconde s’étirant en un supplice silencieux. Marchand la regardait, un sourire presque imperceptible aux lèvres, et Michelle comprit qu’elle n’était pas simplement face à un créancier… mais face à un homme capable de la manipuler, de l’intimider et de transformer sa vie en un jeu dont elle ignorait encore les règles.
« Tu vas revenir me rejoindre demain au Quickie, à treize heures. C’est sur le Boulevard Marie-Victorin… As-tu un crayon et du papier ? Je vais t’écrire l’adresse exacte. »
Michelle hocha la tête, encore tremblante, et se leva de la table pour aller chercher un crayon et un bout de papier. Chaque pas lui semblait lourd, comme si la peur lui paralysait les jambes. Elle tendit le papier et le crayon à Denys, consciente qu’elle était complètement prise au piège. Il n’y avait aucune échappatoire.
Denys prit le crayon et écrivit l’adresse du Quickie d’une écriture nette et ferme. Puis, il glissa le papier entre ses doigts, le faisant passer dans la main de Michelle avec un geste calculé, presque possessif. Alors qu’il s’éloignait pour partir, quelque chose dans son regard sembla changer, et il fit brusquement demi-tour.
Sa main se referma sur le poignet de Michelle, la ramenant vers lui. Le contact était chaud, ferme, et chargé d’une menace silencieuse.
« Si jamais l’envie te prenait de raconter tout ça à la police… » Sa voix avait changé. Plus basse. Plus dure. « Je te trouverais. Peu importe où tu te caches. Et je te tuerais. Compris ? »
Les mots tombèrent un à un, lourds comme des pierres.
Les yeux bleus de Michelle s’agrandirent sous le choc. Son cœur frappait si fort contre sa poitrine qu’elle avait l’impression qu’il allait exploser. Ses doigts devinrent froids, engourdis. L’air semblait manquer dans la pièce. Elle tenta d’avaler sa salive, mais sa gorge était sèche, bloquée par la peur.
Elle hocha la tête, incapable de produire un son.
Marchand la relâcha lentement, comme si elle n’était rien de plus qu’un objet qu’il reposait à sa place. Il lui adressa un dernier regard, long, évaluateur, puis quitta la maison.
La porte se referma.
Le silence.
Michelle resta immobile quelques secondes, incapable de bouger. Puis ses jambes cédèrent et elle s’agrippa au comptoir pour ne pas tomber. Ses mains tremblaient violemment. Elle porta le papier à son regard brouillé par les larmes. L’adresse semblait brûler entre ses doigts.
Demain, treize heures.
Et elle savait que ce n’était que le début.















