
seen from Australia

seen from Australia
seen from United States
seen from Brazil
seen from United States
seen from Türkiye
seen from Malaysia

seen from United States

seen from United States

seen from Singapore
seen from China
seen from United States
seen from Singapore
seen from United States
seen from United States

seen from Malaysia
seen from Malaysia

seen from Albania
seen from Senegal

seen from Brazil
Art Zoyd - 44 1/2 at a Glance: Selections from the Art Zoyd Box Set - a single-disc overview of the 14-disc, 256-track 44 1/2 collection
The 80’ of music contained on 44 ½ At A Glance provides a tantalizing taste of music contained in the 14 disc box set: 44 ½: Live and Unreleased Works. Featuring 9 tracks selected from the box, 44 ½ At A Glance was curated by Art Zoyd’s leader, Gérard Hourbette. Trying to make France's Art Zoyd fit into a single neat description is an exercise in futility. Sometimes they're fiendish sonic saboteurs bent on destroying listener's preconceptions about the way music works. Sometimes they're musical sorcerers conjuring strange but bewitching moments of lyrical beauty. You could call them the original post-rock band, moving on from the dark, stormy sounds of prog legends like Magma and King Crimson to something that makes even those fearless explorers sound conventional by comparison. You'd be equally accurate in dubbing them avant-classical composers, whose experimental visions are influenced by Stravinsky and Schoenberg. They were members of the notorious Rock In Opposition (RIO) movement alongside the likes of Henry Cow and Univers Zero. They're impressionistic soundtrack composers. They're a band. They're a multimedia collective. Ultimately they're simply Art Zoyd. And it takes a document as massive and monumental as the 12-CD/2-DVD/2-Book/2-Poster set 44 ½ to even come close to offering a comprehensive picture of what they're all about. Art Zoyd has always been a band in flux, not only stylistically but in terms of personnel as well. Countless musicians have come and gone through the band's ranks over the years, but most of them can be heard here, with core players like bassist/cellist Thierry Zaboitzeff, trumpeter Jean-Pierre Soarez, keyboardist Patricia Dallio, and violinist/keyboardist Gérard Hourbette providing the through-line. Whether they were warping centuries-old classical styles with their sonic funhouse mirror in a piece for the 1989 bicentennial of the French revolution, transforming themselves into an alternate-universe jazz trio in their 1983 accompaniment to Didier Fusillier's play L'Etrangleur est Derriere Vous, or indulging in the unabashed beauty of the piano and choral voices on "Debut" three years later for another of Fusillier's works, Terra Terra!, Art Zoyd has consistently flouted expectation at every juncture throughout a long, prolific career. And now, with the arrival of 44 ½, we can finally get a long view of all their most compelling twists and turns along the way.
Composers: Thierry Zaboitzeff (1, 4, 7, 9), Gérard Hourbette (2, 3), Patricia Dallio (5), Kasper T. Toeplitz (6), Rocco Fernandez (8)
V/A “The Recommended Records Sampler” (2LP. Recommended rcds. 1982 / rec. 1972-82)
Art Zoyd - Baboon’s Blood - Berlin (1986)
POST-SCRIPTUM 841
AGITATION FRITE, le volume 3, sous-titré “chroniques de l’underground français” est en cours de rédaction. Il contiendra entre autres un TOP 320 commenté des albums les plus singuliers en la matière. Merzbo-Derek en diffusera quelques extraits avant parution en 2018 chez Lenka lente...
EXTRAIT...
BABA SCHOLAE, 69 (2012)
JEAN-YVES LABAT DE ROSSI, Underwater Electronic Orchestra (1976)
Digne du meilleur de King Crimson, Jethro Tull ou Soft Machine, l’unique album de Baba Scholae a été enregistré en 1969 et c’est l’un des sommets du rock progressif, toutes nationalités confondues. Ce n’est pas un hasard si l’on y retrouve Jean-Yves Labat de Rossi, également connu sous le pseudonyme M. Frog quand il joue des claviers au sein d’Utopia, la formation de Todd Rundgren. Donné pour perdu (il n’en existe à l’époque que trois exemplaires), le disque ne sort officiellement que dans les années 2010.
Curieusement édité par Barclay, Underwater Electronic Orchestra est bien plus qu’une curiosité « planante ». Plutôt un disque étrange, aux ambiances variées évoquant les bandes originales électroniques des films de zombies italiens. Grand connaisseur, mais également amateur de bizarreries, l’électroacousticien américain Keith Fullerton Whitman l’a réédité sur son label pirate CD-R Creel Pone. Un gage de qualité !
JEAN-BAPTISTE BARRIÈRE, Pandémonium : ville ouverte (1979)
STABAT STABLE, Gainsaid Facts (1982)
Plume essentielle de l’indispensable fanzine Atem (lire l’entretien avec Pascal Bussy dans le deuxième volume d’Agitation Frite), Gérard N’Guyen est aussi producteur. Son label Atem dévoile un penchant pour les musiques « torturées » qu’il défendra par la suite pour le compte des Disques du Soleil et de l’Acier (DSA) : Art Zoyd, Univers Zéro, Présent sont quelques-unes des signatures du premier ; Fushisusha, Keiji Haino, Sprung Aus Den Walken, Autrement qu’être et Tetsuo Furudate illustrent notamment le second. Après des opus d’Univers Zéro et Art Zoyd, Pandémonium : ville ouverte constitue la troisième référence d’Atem : un disque sombre « de bruits et de fureurs », une « esquisse pour une descente aux enfers » enregistrée par un électroacousticien issu de l’IRCAM, précurseur du travail d’un Maurizio Bianchi. Le suivant, Non, jamais l’espérance, est aussi indispensable.
Sur le même label, Gainsaid Facts est un grand disque post-punk. La pochette fournit peu de renseignements en dehors du fait qu’on y apprend avoir affaire à un duo constitué des mystérieux PL et JLA, tous deux multi-instrumentistes. Au sujet de Stabat Stable est souvent évoqué This Heat comme référent. Factrix ou, par chez nous, Ptôse et Déficit des Années Antérieures colleraient aussi bien. Le genre de disque qui figurerait à coup sûr dans une réactualisation de la Nurse With Wound list.
POST-SCRIPTUM 796
AGITATION FRITE 2 : UN COCKTAIL AU CURAÇAO BLEU
Agitation Frite 1, Témoignages de l’underground français est donc sorti chez Lenka lente. Un second volume est en préparation. La forme en est la même : un peu moins d’une quarantaine d’entretiens dont la plupart, cette fois, sont inédits. On en trouvera ici des extraits, régulièrement. Par exemple, Kasper T. Toeplitz.
EXTRAIT…
Est-il possible, d'une manière ou d'une autre, de faire advenir au disque ce qui existe dans un espace donné ? Crois-tu qu'en écoute domestique sur disque, l'on puisse s'en approcher ? S'en faire une idée précise ?
C’est quoi, finalement, la question ? Sinon celle de la dualité du « live » et de l’enregistrement ? Et donc de savoir si le disque peut recréer le live, la performance du musicien – encore que les disques, ce soit en train de mourir... Je dirais que le disque est un rêve d’absence, alors que le live est un rêve tout court, auquel on assiste.
Je fais très clairement partie de ces personnes – de ces musiciens ? – pour qui le disque, les disques, c’est très important. J’ai par exemple passé des années à rechercher Hopper Tunity Box du bassiste de Soft Machine, Hugh Hopper, disque pourtant fort moyen… Et globalement, pendant très longtemps, pour moi, posséder tel ou tel disque a été source de fierté : j’en ai d’ailleurs rarement revendu, sauf une fois, lors de mon départ définitif de France (raté donc, puisque j’habite à Paris), où j’ai vendu tous mes vinyles, ce que je regrette encore, trente ans après !
Dans ma vie de musicien, c’est par un autre biais, en complément, que le disque a été important : lorsque j’ai commencé la composition classique et l’écriture pour orchestres, qui ont constitué mon entrée en musique exclusive durant dix ou quinze ans, avant le noise, l’électricité et tout cela, je me rappelle clairement avoir acheté les partitions de « Ramifications » de Ligeti et « Les Diables de Loudun » de Penderecki, d’avoir emprunté les disques à la discothèque du quartier, puis de m’être fait un cocktail au curaçao bleu, et d’avoir mis le casque sur les oreilles, partoche devant moi. Eh bien, même dans ces choses du domaine du « classique » (on ne parle pas des disques de rock, de production, de Sgt. Pepper’s ou de Bitches Brew), le disque n’est pas le reflet de ce qui se passe. Par exemple, les contrebasses sont toujours gonflées, ce que j’ai mis du temps à apprendre : au début, j’écrivais toujours des choses pour contrebasses qui n’étaient pas entendues, en réalité vraie, alors que « Ramifications », c’est une seule contrebasse, et elle est présente ! Si Ligeti le fait, pourquoi pas moi ? Parce que c’est un disque, tiens… Mais c’est quand même comme ça, par le disque et la partition, que j’ai appris à composer, à écrire (non, je n’ai pas fait le conservatoire).
Ceci étant, et même si le disque n’est que nostalgie d’un moment révolu, il permet, mieux et plus encore que le concert, de se faire une idée. Une idée de quoi ? Une idée de l’idée, justement. Revenons à Bitches Brew : ce qui est étonnant, lorsque Miles invente cette musique – et c’est pas rien, cette musique, c’est énorme même ! – c’est qu’il en joue une tout autre, bien plus « classique », sur scène. À ce moment précis, entre aller le voir en concert et écouter ses disques afin de savoir où il en est, où s’invente sa musique, c’est le disque, et non la réalité, qui, pour s’en faire une idée précise, prime. Je pourrais aussi citer les Beatles et le choix du studio à la place de la scène, voir les interviews de Ringo Starr à ce sujet, qui racontait comment dans les dernières années des Beatles, sur scène, il s’entendait pas et se calait sur les gestes des trois autres ! Ou Roger Daltrey, le chanteur des Who, qui dit avoir passé les années 1960 à ne pas s’entendre. Aujourd’hui, c’est un peu pareil, et bien que j’ai en horreur ceux qui jouent en live des fichiers-son bricolés au calme dans leur chambres, il faut quand même admettre que c’est là, et pas tellement sur scène, mais plutôt dans le calme de la chambre (ou du studio) que s’invente la musique. La tristesse de plein de concerts d’impro est là pour le prouver : on y a affaire à des gens qui, soi-disant, inventent dans l’instant, sauf que tu sais ce qu’ils vont jouer avant même qu’ils soient montés sur scène ! Mais c’est partout pareil : mon passage dans Art Zoyd m’a montré comment Gérard Hourbette composait des « samples » hyper longs, de parfois plusieurs minutes, les claviéristes n’ayant qu’à enfoncer une touche en se balançant vaguement… D’ailleurs, il est intéressant de noter que Gérard Hourbette va peu au concert, alors qu’il a une collection de disques immense.
Au début, je faisais que très peu de disques, mais je voulais qu’ils soient enregistrés « live », comme un reflet de la réalité. Ce qu’ils ne sont évidemment pas. Tandis que désormais, je pense le disque comme autre chose : ainsi je n’ai aucun scrupule à reprendre un enregistrement, à remonter, à ne pas considérer « la vérité » comme un truc important. Un disque, ce n’est pas un témoignage… Il parait que les vieux bluesmen, lorsque John Hammond les enregistrait, certains du moins, ils mettaient la cravate – ce n’est pas une captation du quotidien, ça.
En fait, pour moi, c’est le côté composition qui prime toujours dans mon faire de la musique, et en la matière, on est du côté de l’invention du disque, pas du live.
Bitches Brew est un disque intéressant à plus d'un titre... Dans le jazz, la date précise de l'enregistrement prime, dans ce qu'elle enseigne. Les historiens savent par exemple que Bitches Brew a été enregistré au cours de trois journées successives d'août 1969, puis complété d'une autre, en janvier 1970. Pourtant, sur la pochette, ce disque n'indique que son année de parution, c'est-à-dire 1970, comme s'il s'agissait d'un disque de rock dont il est justement, la plupart du temps, impossible de dater précisément l'enregistrement, puisqu'il est travaillé pendant des jours et des jours, voire des semaines durant ou plus, en studio, avec des techniques particulières d'overdubbing et de post-production.
Par là, Bitches Brew s'affirme différent des performances enregistrées en studio que sont, par exemple et dans le jazz, les disques du label Blue Note, où une prise ne varie d’une autre qu'en fonction de l'interprétation. Un critique a dit de Bitches Brew qu'il s'agit, en ce sens, bel et bien d'un disque de « fusion » (entre jazz et rock : le jazz pour le côté improvisé des sessions de travail à son origine, et le rock pour le travail du producteur Teo Macero postérieur à ces sessions), voire même, plutôt que d'une performance enregistrée, d'une « œuvre-enregistrement ».
Bitches Brew est né d'improvisations, mais sa réussite réside dans sa composition, ce que Miles Davis appelle sur la pochette « Directions in music ». À t'écouter, j'ai l'impression que c'est là l'idée que tu te fais de la composition, et qu'elle rejette tout ce qui aurait trait à une performance improvisée (idiomatique ou pas, d'ailleurs), comme pouvant se suffire à elle-même : je me trompe ?
Ces jours-ci, je suis à fond dans les outtakes de Bitches Brew. Il est clair que c’est un disque de rock, tel que tu le définis – et ce n’est pas tant pour les quatre sessions que tu évoques que pour tout le travail de production, ensuite, qui est énorme.
C’est vrai qu’à questionner ce qu’est la composition, c’est aussi ce travail-là, oui. Durant des années, cela a été d’écrire (dans le silence), alors que là, cela devient aussi (je n’ai pas « renoncé » à la composition classique) de travailler une matière sonore. Bon, faut relativiser : je ne me mets pas au sampling et j’ai toujours en horreur les recherches de matières sonores – tous les sons sont de moi, je ne vais pas enregistrer le vent sur la montagne par exemple… Mais reconstruire un discours à partir d’une matière enregistrée, je peux le faire, ..., ..., ...
( Miles Davis, par là )