L’auto édition, le rythme de croisière n’est pas atteint !
Aux Etats Unis, en 2009, l’auto édition a dépassé le nombre d'exemplaires de l’Edition traditionnelle. En France, on suit lentement, tant la législation a freiné un phénomène, à terme inévitable (l’explosion de l’activité d’auto publication et d’auto édition…) Y a-t-il trop de livres ? Y a t’il trop de gâteaux dans une pâtisserie ? Si l’on dispose de livres, qui n’ont pas été touchés dans sa propre bibliothèque, est ce que cela veut dire qu’on n’en achètera plus ou qu’on ne lira pas les prochains ? « les gens véritablement cultivés peuvent détenir des milliers de livres non lus sans perdre leur appétit pour d’autres », déclare Zaid, écrivain.
BOD, Book on Demand, une Société allemande de publication de livres à la demande, a mené une enquête sur 7 pays européens, avec un échantillon de 2700 auteurs, dont les résultats sont sortis en début d’année 2015.
1. L’auto édition, un pan nouveau d’activité qui va modifier l’histoire de l’édition :
>> Le budget de l’auteur auto édité est important et va croissant : un auteur sur 10 investit plus de 1000 euros pour la conception et la création de son livre; Cela va de la mise en forme, passage en divers formats, correction orthographique, syntaxique et dans certains cas promotion.
>> L’auto édition passe à l’ère du loisir. Pour 70 % des auteurs, écrire un livre est un hobby récréatif au même titre que la musique, la danse voire même le sport. En revanche 30 % d’entre eux y voient une manière de gagner des revenus, principaux, ou annexes. C’est le passe temps préféré de 42,3% des auteurs. On voit la le degré d’implication que suscite l’écriture sur cette population, ce qui explique leur énergie déployée sur les réseaux sociaux, et les sommes qu’ils y consacrent.
>> Les activités de marketing des auteurs autoédités explosent : 20 % des auteurs passent plus de 5 heures par semaine à des activités de marketing (Chiffres France et Suède) destinées à promouvoir leurs livres.
>> Amazon, i Books, Fnac.com…et confrères, l’ont bien compris et commencent à se partager le gâteau, Les critères sont nouveaux, les paris sont différents, mais de manière rampante, les sites de ventes géants ambitionnent secrètement de devenir éditeurs à leur tour.
>> Des services internationaux comme « Author solutions » vont exploser. Les services à la carte sont recherchés par les auteurs auto édités. A la carte pour des besoins de "sur mesure", ou pour des raisons budgétaires.
2. Les conséquences de l’auto édition sur le marché du livre sont importantes
>>L’auto édition va continuer de progresser. Les auteurs auto édités réalisent un rêve (ce qui est déjà bien) et se constituent un lectorat (même réduit). Si 70 % d’entre eux ne sont pas intéressés par les revenus, c’est déjà une victoire en soi de rencontrer 1, 10, 100, 1000 lecteurs.
>> L'auto édition fait naitre de façon exponentielle des livres spécialisés. Ceux ci n’auraient pas été sélectionnés par les maisons d’édition. Il y a donc là toute une professionnalisation intéressante qui n’aurait pas vu le jour pour des mauvaises logiques économiques.
>> Le marketing devient incontournable pour avoir une vraie portée lecteurs. Les réseaux sociaux, les blogs et le marketing internet pour se faire connaître, deviennent incontournables; les auteurs deviennent de vrais entrepreneurs. Et si l’on ne chiffre pas cela en Euros ou en Dollars, le budget temps est colossal. Si le livre est de qualité, les ventes suivront.
Selon B.O.D., 84 % des auteurs considèrent que la présence physique de leurs livres en librairie est un facteur très important pour assurer leur succès. Preuve que « la vieille Dame Librairie » est loin d'être enterrée.


















