8 marques automobiles sur le bord du gouffre et personne n'en parle vraiment
Maserati a produit 220 voitures en trois mois. La Giulia d'Alfa Romeo stagnait depuis 617 jours chez les concessionnaires américains. Lancia a vendu 22 voitures en France en novembre. Vingt-deux voitures dans tout un pays, sur un mois. Ce n'est pas une série de coïncidences. C'est le même problème vu de huit angles différents.
Stellantis d'abord
En 2024, Stellantis perd 70 % de ses bénéfices nets en un an. Le cash-flow industriel devient négatif à hauteur de 6 milliards d'euros. Carlos Tavares, architecte d'une stratégie qui consistait à compenser les volumes faibles par des prix élevés, est poussé vers la sortie le 1er décembre 2024. La production italienne chute de 37 % — son niveau le plus bas depuis 1956. Antonio Filosa, son successeur, doit maintenant décider lesquelles des 14 marques méritent de survivre.
Maserati : mort lente en direct
Fondée en 1914, victorieuse en Formule 1. En 2024, Maserati vend 11 300 voitures — une chute de 57 % en un seul exercice, et une perte de 260 M€. Au 3e trimestre 2024, l'usine de Modène a produit 220 voitures en trois mois. 220 voitures.
1,5 Md€ d'investissements annulés en février 2025 : pas de nouvelle Quattroporte, pas de nouveau Levante, pas de MC20 électrique. McKinsey est mandaté pour évaluer les options. Des constructeurs chinois et des investisseurs émiratis s'y intéressent. Stellantis dit que la marque n'est pas à vendre. Ce genre de position change vite.
Aston Martin : la septième faillite en préparation ?
Aston Martin a déjà fait faillite six fois depuis 1913. Perte avant impôts de 323,5 M£ en 2024 — +48,7 % en un an. Dette nette à 1,163 Md£. Macroaxis estime la probabilité de détresse financière à 68 % dans les deux prochaines années. Le premier VE de la marque est repoussé de 2026 à 2030.
Lawrence Stroll injecte 52,5 M£ supplémentaires en mars 2025. C'est le genre de transfusion qui dure rarement longtemps.
Les autres — entre agonie lente et dernier espoir
DS Automobiles : 0,1 % de part de marché européen. La marque a quitté la Chine en 2023 après l'effondrement de ses ventes, de 26 000 en 2014 à 1 254 en 2019. La DS 9 flagship n'a vendu que 216 exemplaires sur certains marchés. Dernier pari : la DS 8 électrique à 750 km d'autonomie.
Alfa Romeo : la Giulia à 617 jours de stock invendu aux USA, le pire chiffre du marché. Les concessionnaires accordaient 7 500 $ de remise. Ventes américaines en baisse de 19 %.
Lancia : 22 unités en France et 13 en Espagne en novembre 2024. En Italie, les ventes ont chuté de 72,7 % entre janvier et février 2025. Stellantis avait investi 1 Md€ dans ce projet de renaissance.
Opel : l'usine de Luton, ouverte depuis plus d'un siècle, a fermé le 28 mars 2025. 1 100 emplois supprimés.
Lotus : Geely se désengage des opérations britanniques. Livraisons en baisse de 43 %. Pertes de 263 M$ au premier semestre 2025.
L'exception : Citroën
Dans ce désastre généralisé, Citroën tient. Part de marché française maintenue à 7,2 %, progression de 7,2 % en Italie. La nouvelle C3 électrique à 15 000 € est positionnée exactement là où le marché veut aller. C'est la marque la plus stable de tout le portefeuille Stellantis.
Ce n'est probablement pas un hasard que ce soit la seule marque du groupe qui ait accepté de jouer le jeu du prix abordable.
Pourquoi maintenant ?
Transition électrique trop rapide avec des VE trop chers. Concurrence chinoise à des prix que les Européens ne peuvent pas égaler sans perdre de l'argent. Stratégie Tavares qui a poussé les prix vers le haut jusqu'à ce que les stocks explosent. Et des gammes qui vieillissent face à des challengers qui développent un nouveau modèle en 18 mois.
La plateforme Giorgio d'Alfa Romeo date de 2015. Elle concourt face à des voitures de 2025.
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