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Photo : Suvann
Chapitre dans lequel Bébert se fait virer de la ferme par sa rombière et retrouve son pote Jojo
Bafouille écrite à quatre mains (avec Mathieu Blard) dans le cadre d’un petit jeu, dont voici la règle : à partir de 18 mots imposés, chacun en choisit 3 qu’il doit faire apparaître dans un paragraphe, l’autre doit écrire la suite de l’histoire commencée et placer à son tour trois mots imposés dans son paragraphe à lui. Et nous ça a donné ça :) :
Il était un paysan d’une bourgade de la Suisse, qui travaillait dans son champ au volant de son petit tracteur. Il écoutait Bach en labourant, la clope au bec et la poire encore au ventre, quand il aperçut sa grosse femme passer par là. Ça faisait bien longtemps qu’il ne l’avait pas regardé. Elle était franchement laide, assez hideuse, tellement grasse qu’un anthropophage en aurait eu des indigestions pas possibles ! Il eut la larme à l’oeil, tant à cet instant il aurait aimé qu’une belle bimbo lui souffle dans la cornemuse… Il décida qu’il serait peut-être temps de refaire la tournée des bars.
Mais avant d’envisager d’aller s’en jeter un petit derrière la cravate, l’idée de la bête à deux dos commençait à le chatouiller sévère. Le turbin attendrait. En guise de prolégomène et pour oublier sa rombière, il laissa son esprit divaguer, imaginant une gisquette avec le pet en l’air au ras de la salle de jeu. Bigre, il en avait l’eau à la bouche. Planqué dans son tracteur, il prit la turgescence en main, bien décidé à se coller un mémorable rassis. Mais quelle ne fut pas sa surprise quand sa bougresse de bonne femme passa sa trogne d’axolotl en convalescence à travers la vitre pour lui jeter un regard assassin.
- Ben ça va, tu veux mon doigt ? Dit-elle avec un soupçon de mépris. Il sursauta comme un dingue tant il fut choqué de voir ce croisé de Charles de Gaulle et de Mimi Mati s’exprimer soudainement. Pris de honte, il s’enfuit à toutes jambes à travers champs, jusque dans la forêt, aussi vif qu’un lapin, le zizi encore à l’air, alors que la nuit tombait. Il se retrouva tout penaud, poussa un petit cri plaintif, de celui que poussent les adolescents pris sur le fait. Prenant son courage à deux mains, il se décida à retourner vers la ferme, usant de ses talents de nyctalope pour ne pas se ramasser.
Une fois de retour, la vioque l’attendait de pied ferme. Elle lui lourda en pleine poire un paquet de tires-jus et lui lança : -Dis donc, le cradingue, t’es pas un peu vieux pour ces saloperies ? Piqué au vif, la honte laissa place à la colère. Et fallait pas le foutre en rogne, le bébért. -Ta gueule, Josiane. Avec ta dyspareunie précoce, la dernière fois qu’on a s’est montés dessus, c’était du temps de l’Union Soviétique, et déjà, à l’époque t’étais plus froide qu’une kolkhozienne. -Il est gonflé, le chameau, avec son durillon de comptoir qui touche le guidon du tracteur. Fallait encore avoir envie de se fader un vieux poivrot.
Elle prit une faux ancestrale dans un coin de la baraque et le chassa de la maison en poussant des grands cris, prouvant définitivement que les marivaudages n’étaient plus d’actualité. Le voilà paumé au milieu de son champs, un peu rincé. « Foutu pour foutu, autant aller voir les copains au bistrot ». Il rejoignit le chemin qui ramenait au village. Pendant sa promenade, il se mit à rêver, croyant faire des poèmes dans sa tête alors qu’il alignait juste des parallélismes de constructions benêts. Il pensa à la fois à une jeune et belle femme, et au bon repas qu’il allait se taper. Il se dit aussi qu’avec son bide qui lui donnait l’air d’avoir un polichinelle dans le tiroir, il avait plus le chance de se taper un repas qu’une minette… ce qui le rendit soudainement tout triste.
Son spleen de poète raté et son gros bide passèrent la porte du bouge local. Sur le zinc, bien accroché, les deux coudes dessus, il y avait Jojo. Un gonz qu’on voyait jamais loin d’un alambic. A cause du rouquin bon marché, du genre qui tâche et qui déchausse les dents, il avait le teint rougeaud des poivrots et d’étranges protubérances sur le visage qui donnaient le sentiment de causer à un tentacule d’octopus. Mais enfin, c’était copain sympa, pas bien malin mais causant et rigolard. Bebert s’assit à ses côté, et réclama deux calvas au bougnat. Rapidement, les langues se délièrent, les coups de gorgeon s’accumulèrent, et les deux loustics, pionnards comme pas deux prirent la décision de se lancer à bicyclette sur la route des vins le soir même. C’est ainsi que démarra la formidable histoire de Bébert et Jojo, les clodos à vélo.
Liste des mots imposés : parallélisme de construction - octopus - bicyclette - protubérance - paysan - souffler dans la cornemuse - anthropophage - prolégomène - pet-en-l’air - polichinelle dans le tiroir - axolotl - plaintif - Charles de Gaulle - nyctalope - Union Soviétique - Dyspareunie - durillon de comptoir - marivaudage.
Jour 5du French avril: Patching up the other
Quel que chose n'allait pas. Mitch le remarqua quand Tom entra dans l'appartement en claquant la porte et se dirigea immédiatement vers la chambre sans même un sale ou merde pour sa geule. Mitch quitta immédiatement ses fourneaux pour rejoindre son mec. “Tom-Tom, il y a un problème” Il ne rentra pas immédiatement dans la chambre, préférant ne pas s'imposer. Ce fut donc Tom qui lui ouvrit la porte, en pleure, pour fondre dans ses bras à la recherche de réconfort. “Mec, tu veux en parler -J'ai reçu un appel de mes parents. Mon père nous a croisé l'autre jour et ils ont compris pour nous. -Me dis pas que… -Ils sont devenus fou, déjà qu'ils ne t'ont jamais appréciés. J'ai l'impression d'être un monstre a leurs yeux” Tom fondit en larme et mitch ne pus rien faire d'autre que le prendre dans ses bras et le réconforter. Ils allèrent s'assoir sur le lit. “Tu sais t'es parents ils ont pas des balls très open mais ça va leurs passer. Ils étaient pareils quand tu t'es révélé comme trans, maintenant ils ont réussis à l'accepter. Et puis il y a pas qu'eux dans la vie. Au bureau on est avec toi mec, Roxanne, Stan, Helo… -Merci Mitch, tu es le meuilleur” Tom posa sa tête contre l'épaule de son copain, se laissant réconforter par les câlins de celui qu'il aimait. Au fond, seul Mitch importait vraiment.
Triste Mercredi.
bon voyage à Toi
Andrex " Bébert " 1942
ANDREX 1907 - 1989
Bébert et Louis-Ferdinand Céline.
Armando: ‘Waldrand’, (series of five), Bébert & Steendrukkerij, Amsterdam, 1988
Jour 4 du French avril: Wearing the other’s clothes Encore une bonne qualité de merde, cadeau pour vos yeux. Keur