Ce ne sont pas des soldats : ce sont des hommes. Ce ne sont pas des aventuriers, des guerriers, faits pour la boucherie humaine […] Ce sont des laboureurs et des ouvriers qu’on reconnaît dans leurs uniformes. Ce sont des civils déracinés.
- Henri Barbusse (1873-1935), Le Feu, journal d’une escouade (1916)
Il y a 103 ans, le 11e jour du 11e mois à 11h, la Première Guerre mondiale prend fin. Le conflit a duré 1560 jours. Il a coûté la vie à 18,6 millions de personnes, dont neuf millions de civils.
En 1914, tous les manuels de stratégie militaire privilégient l’attaque. En France, par exemple, la mitrailleuse est jugée trop statique. [1] Le camouflage est perçu comme une perte de temps. De l’avis général, c’est la charge à la baïonnette qui incarne le mieux les «vertus» françaises.
Les soldats français partent à la guerre vêtus d’un manteau bleu et de pantalons bouffants rouges. Des cibles parfaites. Pour couronner le tout, ils attaquent souvent à découvert, ralentis par un sac à dos qui pèse 35 kilos.
En face, les mitrailleuses allemandes tirent 600 coups à la minute. Dix balles à la seconde. C’est le carnage. Durant la seule journée du 22 août 1914, 27 000 soldats français sont tués. En signe de dérision, les survivants rebaptisent les mitrailleuses «les machines à découdre».
Homage à tous ceux tombés....
Lest we forget.


















