Petit guide pratique à la location dans un pays étranger
Je sais, je vous ai entendu crier mon nom durant toute cette période de silence, ma boite mail a été inondé (de spams), je ne pouvais plus recevoir de textos (j’ai plus de forfait), ni de messages vocaux (je n’ai pas activé mon répondeur) donc j’ai entendu vos prières (comme Ophélie Winter) et me voila !
Certes j’ai eu beaucoup de travail mais j’ai aussi redécouvert une activité qui te prend tout ton temps, tes ongles et ton énergie à savoir : chercher un appart.
Fraichement arrivée de Paris et donc de l’enfer de la location, j’ai cru que chercher un appartement à Melbourne, se résumerait à comparer les photos du salon et de la chambre tout en faisant monter les enchères pour que l’on y vienne.
MOUH AH AH
Tu la vois la bonne blague ?
C’est vrai, je le reconnais les australiens sont cools, relax et easy way of life, c’est vrai…Par contre je n’avais pas capté que cela s’appliquait aussi dans leur boulot… et encore plus dans l’immobilier. Quelle aventure mes amis.
Sache déjà que ici, tu ne te pointes pas dans une agence comme ça à l’improviste avec les photocopies de tes 32 dernières années de travail et la lettre des tes garants sur 12 générations. Non, non… Tu vas sur un site internet ( pour ceux que ça intéresse: http://www.domain.com.au/), et la, dans la mignonette annonce est notifiée le jour, l’heure et le lieu, en gros
Mardi 12, 14h, sur la croix que tu vois dans Google Maps (j’allais mettre mappy la honte, so 2011)
Donc tu te fais ton petit programme de visite et tu te pointes au rendez vous comme indiqué. Bon déjà, les mecs te donnent des rdv le mardi après midi à 15h30, pour être sur que tu poses ta seule journée de RTT et bien te faire chier (Oui l’australien est parfois vicieux)
MOUAH AH AH (bis), je sors ma carte free lance et je me pointe aux visites.
Mais l’australien est fourbe, parce que 1 fois sur 2, bah c’est simple, il ne vient pas. Le mec doit raconter des cracks à sa boss « Je ne comprends pas pourquoi il ne part pas cet appart » et s’en va en fait déguster un « strong weak decaf latté with one sugar » avec Kelly face à l’océan (j’en ferais un billet parce que le café ici, c’est un peu notre fromage, c’est sérieux cette affaire) et moi je reste 2 heures à attendre en fumant ma clope à 4000 dollars…
J’ai aussi eu droit à : « Oh oh, ce n’est pas les bonnes clés…zut, revenez demain, allez bisous ». Vu que c’est arrivé 3 fois, je pense qu’ils sont totalement décomplexés avec l’idée de te faire perdre 3 heures de ta journée… Ca ne leur pose aucun problème. La carte free-lance c’est pratique mais bon quand même.
Allez, je vous passe les détails mais hop, miracle on trouve celui qui nous fait vibrer. Commence alors un incroyable parcours. Eux, les rois de la connexion 1G, du débit proche de 0, eh bien tu dois postuler en ligne (l’australien est comique).
24 pages plus tard et au moment de valider ton dossier, la page plante. Mouah ah ah, 4 000 dollars plus tard, je recommence. J’ai donné, je pense tous les numéros qui sont dans mon répertoire, mes expériences depuis mon stage de troisième et tous les numéros de mon passeport, carte d’identité et permis de conduire, etc… La police a moins d’infos sur moi que l’agence immobilière.
Eh bien, ils ont TOUT vérifié, ils ont téléphoné à mes boss, au boss de mon mec, à notre actuel proprio, en fait à peu près tous les gens que l’on connait en Australie.
En discutant avec ma boss de Sydney sur cette incroyable aventure, elle me confie qu’une lettre de motivation est fortement appréciée par les agences.
KEUOUA ?
Il faut que je fasse une lettre de motivation ? « J’ai toujours adoré les appartements parce que de toute façon j’ai pas les moyens de me payer une maison. Vivre sous un toit est un truc que j’ai toujours kiffé et j’espère le faire pour les 100 prochaines années. J’aime beaucoup les koalas et les kangourous et votre robe est formidable ».
Ok, je vous donne une réponse dans 24h.
"Purée…j’ai peur que mon sponsor soit annulé et de me retrouver à Brie sur Essonne ou Nogent sur Marne…."
Le lendemain et 15 appels en absence de ma part, elle me rappel et « YESSSSSS », nous avons été « choisi » par la main de dieu. Et la, dans un joli rictus, elle t’explique que tu as 24h pour lacher la caution et le premier loyer sinon tu es expulsé du pays (bon j’exagère mais en tout cas, si dans 24h son compte ne s’est pas alourdi de 6 000 dollars, bah tu peux commencer à préparer le repas à tous tes colocs pour leur annoncer que tu restes).
Tin tin tintin tin (Je chante mission impossible), coups de fils, banque, coups de fils : c’est bon ! Nous sommes pendant 2heures, virtuellement riche…
RDV à l’agence, bon la, elle te sert la main tout en vérifiant le chèque et te fait signer 10 000 papiers qui en gros te disent que si il y a unproblème, dans 99% des cas, bah c’est pour ta pomme (logique). Tu signes parce que tu as pas trop envie de repartager ta salle de bain à 6.
ENFIN, le premier sourire de l’agent, en même temps, elle vient de calculer que grâce à moi elle remplit ses objectifs et que du coup elle peut ne plus se pointer aux autres visites du mois…
Donc bref, j’ai quand même trouvé ça plus facile que Paris mais par contre j’ai bien senti la notion ici de Buisness is Buisness, on encaisse, on sourit après. En même temps, c’est peut être pour ça que l’Australie n’est pas en crise… ?












