Aujourd'hui nous vous présentons la ferme de Viltain. . Laiterie que nous avons sélectionné de par sa qualité et sa proximité (Jouy-en-Josas dans le 78), pour l'utilisation de ses produits dans la confection de nos recettes. . @fermedeviltain . #lait #laiterie #fermedeviltain #label #bleublanccoeur #qualité #exigence #boulangerie #produitslaitiers #ferme #recettes (à Graine) https://www.instagram.com/p/CNHgfIRgMXx/?igshid=vdb9gt7wkf5l
La densité nutritionnelle en question ! Agir c’est mieux !
Des calories « creuses » aux maladies de civilisation… une triste histoire de variété de pomme et de ration de poules…Il serait temps d’agir, non ?
Une pomme, ce n’est pas que du jus sucré comme je le lis dans certains messages. Dans une pomme. Il y a du sucre bien sûr car il va bien falloir que les pépins, futures graines trouvent l’énergie nécessaire à leur germination et à leurs premiers jours de vie pour assurer la survie de l’espèce végétale. Mais pour que petit pépin devienne pommier robuste… il va aussi pouvoir puiser toute une source de micronutriments : Vitamines, pectines, Anti-oxydants…. dans les premiers jours de sa vie végétale.
Un œuf, c’est pareil…
Là aussi, c’est la survie de l’espèce qui est en jeu. Logiquement, le poussin à venir doit trouver tous les micronutriments nécessaires à sa vie naissante. Les poules savent bien mettre au bon endroit (sur le bon phospholipide) la précieuse molécule de DHA, cet Oméga 3 qui nous fait tant défaut pour assurer toutes les grandes fonctions de l’organisme.
Seulement, voilà, les variétés de pommes d’aujourd’hui sont issues de variétés sélectionnées pour tout un tas de critères : Aspect, couleur, goût sucré, conservation, etc…. Mais pas sur leur densité nutritionnelle !
Seulement, voilà, les poules d’aujourd’hui reçoivent une ration qui leur permet de produire beaucoup d’œufs, mais qui ne leur permet plus de fabriquer le DHA et les autres précieux micro-nutriments de l’œuf.
C’est ballot !
Il y a autant de calories dans les pommes et les œufs d’aujourd’hui que dans les pommes et les œufs d’il y a 50 ou 100 ans, même plus sans doute, mais les teneurs en vitamines, fibres, pectine pour les pommes ; DHA, lutéine, anti-oxydants, Oméga 3 pour les œufs ont connu une chute impressionnante sur cette période.
C’est surtout ballot car à force de manger des calories de plus en plus creuses sans leur « garniture » dense de micronutriments de qualité, c’est notre santé que l’on affaiblit. Quand de plus ces œufs qui ont perdu leurs Oméga 3 regorgent d’«acide arachidonique Oméga 6 (un facteur de croissance pour les poules, et un facteur d’inflammation pour nous) » alors, loin d’être des aliments de santé… les œufs deviennent selon l’expression du regretté David Servan-Schreiber de véritables « bombes inflammatoires ».
C’est ballot, car on peut changer ça. Changer les variétés de pommiers, ça prend du temps, mais c’est possible. Changer la ration des poules pour qu’elle se nourrissent à nouveau de diversité comme les poules de ma grand-mère (satisfaites des épluchures de la cuisine et des restes du potager en complément de quelques graines et des feuilles de leur parcours) c’est possible aussi.
On peut se plaindre, mais on peut aussi agir. On n’a pas le choix d’ailleurs, cette fois-ci, il n’est plus question de survie des pommiers ou des poussins, mais juste de la survie de notre espèce à nous, celle qui depuis toujours se nourrit de végétaux et d’animaux qui changent plus vite que nous.
C’est notre combat, nous sommes en train de le gagner avec tous les membres de l’association, qu’ils soient producteurs ou consommateurs, merci à eux….
Avec ou sans élevage ? Chimique ou Biologique ? (Nutrition et bien-être des animaux qui nous nourrissent).
J’ai lu et relu « Mangeurs de viande » de Marylène Patou-Mathis, un bouquin formidable. L’auteure, préhistorienne au CNRS raconte avec précision le rapport ancien de l’homme à l’animal. Au fil des pages, l’histoire de notre « hominisation » se décrit dans cette relation complexe...
La pratique de la chasse nous a construit. Pour prendre la piste d’un mammouth, le capturer, le tuer, le dépecer, le manger, il a fallu inventer une société d’entraide et de partage… la société humaine. Le rapport de l’homme à l’animal qui le nourrit n’est pas seulement un rapport de l’homme à la nourriture. Mes ancêtres (qui sont aussi les vôtres) ne se sont pas jetés sur le rhinocéros laineux juste pour sa teneur en Vitamine B12, en graisses, en acides aminés, en Fer ou en DHA…. Ils respectaient et déifiaient même parfois les animaux qui leur donnaient nourriture, vêtements et outils, mais aussi dont ils incorporaient leur force, leur vitalité, leur caractère.
En inventant les rituels d’avant consommation, ils s’excusaient auprès de l’animal de lui prendre sa vie pour nourrir la leur (1). Les rites de Grèce antique, où le couteau sacrificiel qui tuait le taureau était jugé et condamné avant d’être jeté à la mer, étaient explicites : on ne mangeait la viande qu’avec le respect dû à l’animal élevé ou chassé dont la vie nourrissait la nôtre.
Ce respect de la vie de cette « biochimie » au sens propre (la chimie du vivant) est le fondement de nos chaînes alimentaires. Du végétal ingéré par l’animal à l’animal consommé par l’homme, il y a bien plus qu’un simple échange de chaînes carbonées ou d’acides aminés ; il y a une concentration du vivant tout au long de ces chaînes. Le soleil, la synthèse chlorophyllienne, le végétal, l’herbivore, l’omnivore… tout un mécanisme de biosynthèses qui se concentrent de maillon en maillon.
Et l’animal qui nous nourrit, on ne l’abat pas… on le sacrifie !
Les premiers hommes ont imaginé leurs croyances, leurs premières religions en affirmant que nous prenons la force de l’animal peint sur les grottes des cavernes, que nous nous ré-incarnons en autres maillons de cette grande chaîne de la vie où le végétal capte l’énergie du soleil avant que l’animal ne capte l’énergie des plantes et que l’homme ne fasse profit des synthèses animales.
Le respect de la vie, surtout de la vie animale est le point central de tous ces rituels indissociables de la consommation de viandes et autres produits animaux chez les chasseurs des premiers temps, comme chez les premiers éleveurs qui ont su tirer profit des précieux nutriments du lait et des œufs que la vache et la poule destinaient à la survie de l’espèce (comme les herbivores ont détourné à leur profit l’énergie concentrée des graines destinée à la renaissance végétale du printemps suivant).
Comment pouvait-il en être autrement ? L’animal d’élevage ne nous donnait pas que sa chair, son lait, ses œufs, mais aussi son cuir, ses os, son fumier, pour nous protéger du froid, pour y tailler nos outils, pour entretenir la richesse de nos sols, etc… Et… nous incorporions sa « force vitale ».
Depuis une ou deux décennies, ce rapport « intime et complexe » de l’animal à l’homme se distend. L’animal d’élevage s’est éloigné du consommateur, voire parfois même de l’éleveur. La viande et lait sont devenus des « minerais » dans le jargon de certains technologues des « industries » de la viande et du lait. La politique agricole commune a magnifiquement réussi son objectif, celui de baisser le budget alimentaire pour laisser de la place aux achats de produits de notre industrie. Des friches de l’Amazonie ou de la Malaisie aux allées des « hyper » centres commerciaux, ces chaînes nouvelles ont inventé l’élevage de masse qui fait de l’animal un objet standardisé…. et mort.
Ensuite (et surtout), la consommation de produits animaux n’est plus une absolue nécessité. La biologie laisse place à la chimie. Les engrais de synthèse ont remplacé les engrais organiques, fumiers et lisiers ne sont plus indispensables. Le cuir peut être remplacé par des matières synthétiques issues du pétrole. Mêmes les nutriments spécifiquement animaux peuvent être produits en usine ; des bactéries OGM produisent industriellement de la vitamine B12 (plus besoin des ruminants qui la synthétisent « naturellement ») ; des microalgues trafiquées produisent du DHA dans des complexes agro-industriels. La margarine imite le beurre et un mix d’eau, soja, gluten de blé, tofu, huile de palme, amidon de maïs, farines de pois assaisonné d’arômes plus ou moins naturels, d’assaisonnements et additifs divers s’autoproclame « Steak végétal ».
Bref, les animaux, quand ils deviennent « minerais » ne sont plus indispensables et il est possible de se poser la question de la place de leurs produits dans l’assiette, dans nos chaussures, dans nos sols, etc…
Alors chimique ou biologique ?
Sur le plan de la nutrition, le problème ne se pose pas, jamais la chimie industrielle ne remplacera la complexité de la biologie, jamais les ersatz chimiques de beurre, lait, œufs et viandes ne remplaceront les originaux biologiques, même si les professionnels des arômes de synthèse peuvent faire des miracles.
Sur le plan de l’environnement, le problème se pose, mais, une fois débarrassées de la vieille propagande conjointe des végans et des compagnies de la chimie alimentaire, ses solutions sont évidentes : il ne faut pas confondre surconsommation et consommation (de viande et de produits animaux).
En moyenne, il faut un kilo de protéines végétales consommable par l’homme pour produire un kilo de protéines animales de bien meilleure qualité nutritionnelle (2). On est loin de la formule éculée des « 10 kilos de blé pour faire 1 kilo de viande » qui sert la propagande anti-viande et pro-chimie de remplacement. Et quel est le coût environnemental de la synthèse d’un kilo de ce que l’on appelle « steak végétal » ?
Alors, il y aura toujours des produits animaux dans nos assiettes ?
Eh bien, pas sûr…. Le terrain de la communication est largement plus occupé par le bien-être animal que par la nutrition, la naturalité et l’écologie. Le lien de respect qui unissait l’homme à l’animal qui le nourrit s’est distendu avec des impacts énormes.
L’animal qui dans notre imaginaire de chasseur puis d’éleveur à l’étape « juste avant » de notre histoire nous nourrissait de sa force, de sa spiritualité ne peut pas devenir un simple objet de consommation alimentaire.
C’est le message principal que je perçois dans le magma de la propagande vegan, et il est logique de l’entendre. Ce message doit sans doute dépasser l’image marketing (celle de l’animal heureux parce qu’en plein air à l’extérieur : une image rêvée à l’intérieur dans les appartements bien chauffés des beaux quartiers). Le lien entre l’animal et l’homme doit être ré-inventé, patiemment.
En créant Bleu-Blanc-Cœur il y a près de 20 ans, nous voulions une chaîne alimentaire dédiée à la santé de l’homme et de la planète, en mettant au cœur de celle-ci l’animal d’élevage et son « berger » : l’éleveur dont tout dépend.
Patiemment, nous avons décrit et mesuré l’impact des choix du « berger » sur son troupeau, sur la qualité de ses viandes, œufs et lait… Nous avons remis l’éleveur et ses décisions au cœur d’une chaîne car de ses actions dépendent notre qualité de vie et notre avenir sur terre.
Ce lien de respect entre l’animal et l’homme, ce lien intime entre le consommateur, le citoyen et le producteur sont au cœur de notre projet. Bleu-Blanc-Cœur est en train de devenir la marque de fabrique de l’agriculture familiale et de la richesse des terroirs Français : celle qui s’est construite autour de la santé de l’animal d’élevage, autour de la diversité dans les sols et dans les auges en s’adaptant à des écosystèmes d’une part, à des besoins nutritionnels d’autre part.
Maintenant que la chimie alimentaire sait remplacer Camemberts et Entrecôtes par des gélules et des ersatz de viande, le débat est ouvert : Chimique ou Biologique ? Les choix faits aujourd’hui par les consommateurs d’un côté, par les producteurs de l’autre sont cruciaux et engagent carrément notre avenir en tant qu’espèce humaine (3).
Le respect de l’animal, c’est d’abord le respect de sa place dans la chaîne alimentaire, consommateur de prairies, d’alpages, de rations équilibrées, de sous-produits indigestes (pour l’homme), gourmand d’équilibre des sols, l’animal d’élevage ne doit pas être le transformateur obligé de nos grandes monocultures de maïs, de soja, de palme ou de blé.
Le bien-être animal n’est pas qu’une question d’image marketing anthropocentrique de poules et de vaches gambadant sur les emballages et les pubs dans une prairie toujours verte, 12 mois sur 12. C’est une question qui doit s’adresser à notre cœur et à notre cerveau, pas seulement à notre « estomac ». C’est aussi un critère qui doit pouvoir se mesurer, nous y travaillons. (4)
Et c’est avec cette prise en compte sérieuse (et pas sur de l’imagerie anthropocentrique) que nous reconstruirons un indispensable lien de confiance :
entre le producteur et le citoyen
entre le berger et l’omnivore
entre notre avenir environnemental et nos racines biologiques.
Pierre Weill.
(1) Au Japon, « bon appétit » se dit « Itakidemass », mais lorsque j’en ai demandé la traduction, mes amis Japonais m’ont traduit « Merci pour la vie », car notre vie est soumise à la vie des animaux et aussi des végétaux que nous consommons. Une courgette ou un poisson, c’est en sacrifiant leurs vies que nous continuons la nôtre, d’où la notion de « sacrifice ».
(2) Je consacrerai mon prochain article de blog au détail de ce calcul sur une base étayée et sur les données de la FAO (Pour le rapport GLEAM – Global Livestock Environmental Assessment Model- seuls 32% des aliments consommés par les animaux sont consommables par l’homme qui ne se nourrit pas d’herbes, de feuilles, déchets alimentaires et de co-produits).
(3) Le projet de recherche AGRALID (http://presse.inra.fr/Communiques-de-presse/agralid ) est très instructif à cet égard… la voie est étroite pour concilier nutrition et écologie et … il faut bien se garder des idées reçues.
(4) Les marqueurs de la souffrance comme du bien-être animal existent et se mesurent plutôt bien dans leurs produits. Dans le lait par exemple, l’acide « ruménique » est le marqueur de la bonne rumination, tandis que certains autres nutriments (acides gras trans 10) ne sont présents en quantités que quand la vache est malade. Idem pour les œufs, les viandes… on est loin de la dictature de l’image…. On est au cœur de la définition consensuelle du bien-être animal en 5 points principaux : L’absence de soif, faim et malnutrition + La présence d’abris appropriés et de confort + L’absence de maladies ou blessures + L’absence de peur et d’anxiété + La possibilité d’exprimer les comportements normaux de l’espèce, 5 points décrits décrits dans l’article L214 du code rural en France. La santé animale est une composante de base du bien-être et nous avons une foule de données sur le lien entre alimentation et santé… des animaux comme des hommes.
Quand je serai grand…. Je ferai président de la république et alors…. BBC sera obligatoire 😃.
Finies alors les carences en B12 qui rendent les gens irritables et grincheux, finies les carences en Omega 3 qui nuisent au bien-être et vous rendent dépressifs….
Bon, je serai jamais président de la république, mais pour créer une belle chaîne alimentaire dédiée à la santé du sol, des animaux et des hommes, pas la peine de faire des lois, faut juste se parler, se respecter et travailler ensemble à un bel avenir.
Bon, c’était bien quand même cette « garden party écologique »...
Cette fois-ci, ce sont les acteurs de la chaîne alimentaire qui ont le micro pour expliquer leurs engagements à un public attentif !
Quand je serai président, Yvan Chamielec (Monoprix à gauche) sera ministre de la consommation, Thierry Guicheteau (président du collège des pros de la santé), ministre de la santé et notre Jean-Pierre national sera ministre de l’agriculture et co-président, bien sûr. Et Nathalie, Premier Ministre n’aura pas trop de 3 co-présidents !
François Hollande peut sortir tranquille, un médecin BBC (aux lunettes oranges) le suit attentivement (alors docteur ? diagnostic ?).
Le producteur, le restaurateur et le médecin…. (Eric Lepêcheur, président de Restau’co, syndicat de la restauration collective) avec Thierry et Jean-Pierre) Tous engagés dans une chaîne alimentaire dédiée à la santé…. de tous.
Le pain était BBC, nos amis Vegans dont parle Libé ont donc pu manger BBC aussi ! Quant aux autres : Yaourts, Comté, Beurre, les œufs, et toute la charcuterie….ils n’avaient que l’embarras du choix de produits BBC pour faire le lien entre l’agro-écologie et le plaisir du partage et de la table. On s’est bien régalé…
Sortie de crise. Et manifeste de Bleu-Blanc-Coeur.
Ce qui se passe dans nos campagnes, ce n’est pas seulement une n ième crise de l’élevage dont on va sortir avec une n ième annonce d’aide à la veille du Salon de l’Agriculture.
Cette fois-ci, il est simplement question de la disparition de tout un monde rural qui nous a façonnés, qui nous a construits, dans lequel plongent nos racines familiales, sociales et biologiques.
Cette fois-ci, c’est la fin possible d’un lien entre notre alimentation et nos terroirs...
Si cette crise nous fait plus mal que les autres, c’est aussi parce qu’elle était complètement prévisible : Quand « le lait », « le cochon », « l’œuf » etc… deviennent des « commodités », des « minerais », on trouve toujours moins cher ailleurs.
Et demander au consommateur d’acheter le lait, le cochon, l’œuf Français plus cher juste parce qu’il est Français ne permettra pas une sortie de crise si ce lait, ce cochon, cet œuf sont identiques au lait, cochon ou œuf Danois, Allemand ou Espagnol, ou d’ailleurs.
Si cette crise nous fait mal, c’est aussi parce que nous avons construit une solution que nous avons mise en pratique et… qui marche depuis 15 ans.
Depuis 15 ans, nous construisons une différence pour les produits Français.
Depuis 15 ans, nous avons construit le seul cahier des charges qui impose à la fois :
Une origine nationale
Un bénéfice démontré, validé, expertisé pour la santé du consommateur
Un bénéfice démontré, validé, expertisé pour la planète et son environnement
Et ce modèle scientifique est aussi un modèle économique, équitable…. et social
Les bénéfices nutrition et environnement du mode de production Bleu-Blanc-Cœur, nous les avons validé avec les experts des ministères Français de la santé, de l’agriculture et de l’écologie (1) sous forme de compteur « nutrition », compteur « gaz à effet de serre » et compteur « paysage » qui chiffrent l’impact des apports des producteur Bleu-Blanc-Cœur à notre santé et à notre environnement. Mais c’est en Belgique que nous avons mis en place pour la première fois nos « compteurs sociaux » :
En 2013, lorsque le distributeur Belge Delhaize a passé tout son rayon porc sous cahier des charges Bleu-Blanc-Cœur, il annonçait de façon très transparente que le surcoût serait de 6 € par porc, soit pour un consommateur Belge (qui mange environ un demi-cochon par an) un surcoût de 3 € par an.
Ces 6 € de surcoût sont expliqués par :
Le surcoût des contraintes du cahier des charges et de la logistique Bleu-Blanc-Cœur (équilibre matière) pour 5 € maxi par porc (dont 2,5 € de coût pour le producteur).
Et par une prime nette versée au producteur (en plus du surcoût de production) de 1 € minimum par cochon en plus des surcoûts de production.
1 € net, pour les producteurs Belges impliqués dans l’aventure, c’est un revenu supplémentaire net minimum de 6000 € par an.
Cette équation avec un surcoût minimum, avec un bénéfice santé reconnu et… avec un revenu supplémentaire sensible pour le producteur qui s’engage, c’est la base de l’équation Bleu-Blanc-Cœur !
Plus de santé publique, un meilleur environnement (1) et plus d’équité dans les rapports consommateurs-producteurs, ce sont les 3 piliers du développement durable, et ce sont les 3 axes sur lesquels s’est construit Bleu-Blanc-Cœur
Et… ça marche !!
Pour les œufs : quand le distributeur Super U a passé toute sa gamme d’œufs en BBC, chacun peut constater en rayon quel est le surcoût par œuf : Moins de 1 centime par œuf, soit moins de 1,5 € par Français et par an…. Et pour un producteur d’œuf un bénéfice net (hors surcoûts du cahier des charges) de plus de 10.000 € par an. (2)
Et ça marche !!!!
Ça marche aussi pour le lait, les viandes, etc….Il est grand temps de reconstruire un nouveau contrat social sur la base de mesures étayées, de chiffres et de preuves validées. (2)
Aujourd’hui, des démarches Bleu-Blanc-Cœur se mettent en place dans toutes les filières à grande échelle. Contre vents et marées, nous avons réussi à faire la preuve d’un concept construit patiemment sur de l’innovation, de la science, de l’expertise….
Pour construire le socle, pour convaincre les experts, nous avons eu besoin de science.
Pour valider nos contrats sociaux entre producteurs engagés et consommateurs citoyens, nous avons juste besoin de transparence.
Si on fait le total des surcoûts pour l’ensemble des produits animaux Bleu-Blanc-Cœur, pour un « menu Bleu-Blanc-Cœur » dont l’impact sur la santé du consommateur (volontaire sain, diabétique, obèse...) a été démontré par des études cliniques, on arrive à moins de 40 € par Français et par an !!!
40 € par Français et par an, cela fait de 10.000 à 20.000 € par éleveur et par an à l’autre bout de la chaîne. C’est le retour équitable vers ceux qui cultivent notre santé et qui ne veulent plus cultiver du premier prix et des « maladies de civilisation ».
C’est le prix de notre prévention-santé et c’est aussi le prix du maintien de notre agriculture, du lien de notre corps à notre sol. Ce n’est pas une promesse pour demain, c’est une réalité démontrée depuis 15 ans.
C’est terrible, mais c’est ainsi : Les solutions existent, elles nécessitent juste une volonté d’avancer, le reste, nous l’avons déjà fait. Le pouvoir est définitivement au bout du caddie !!!
Pierre Weill Jean-Pierre Pasquet Dr Bernard Schmitt
Co-présidents de Bleu-Blanc-Coeur
Aidez-nous à construire ce contrat social nouveau en diffusant ce manifeste aussi largement que possible dans les réseaux sociaux. Nous pouvons ensemble imposer plus de transparence dans les filières d’élevage pour sauver notre santé et notre terroir, merci.
(1) Un cochon BBC, c’est 736 grammes d’Omega 3 en plus dans la chaîne alimentaire, 2 kg de graisses saturées en moins, 8 kg de soja importé en moins, 20 kg de maïs en moins remplacés par des protéagineux ou du lin en plus dans nos paysages, etc… Chiffres expertisés et validés des accords collectifs signés avec l’état Français, ici :
http://agriculture.gouv.fr/pna-signature-du-premier-accord-collectif
Et aussi 4 kg de CO2 en moins selon Coelho & al, nutrition clinique et métabolisme décembre 2015
(2) Nous allons diffuser tous les chiffres de surcoût liés au cahier de charges et les chiffres de prime avec les producteurs concernés au SIA 2016
Aidez-nous à construire ce contrat social nouveau en diffusant ce manifeste aussi largement que possible dans les réseaux sociaux. Nous pouvons ensemble imposer plus de transparence dans les filières d’élevage pour sauver notre santé et notre terroir, merci.
Amusant ce titre ??? Mais pas complètement incongru, je vais essayer d’expliquer pourquoi.
Lors de la COP 21, nous avons présenté une conférence dans le programme officiel dont le titre était : « Nutrition et Environnement sont généralement incompatibles, peut-on améliorer les deux à la fois ? »
Le même jour, hasard du calendrier, nous étions aussi associés à une présentation du programme « AGRALID »lors des Journées Francophones de nutrition (JFN) de Marseille avec des équipes de l’INRA. (1)
Réunir des gens d’horizons différents, environnementalistes et nutritionnistes autour de projets communs et d’enjeux vitaux, c’est l’idée de base du programme de recherche AGRALID (2) qui réunit de nombreux labo de l’INRA et aussi l’association Bleu-Blanc-Cœur.
Pourquoi associer Environnementalistes et Nutritionnistes ? Parce que les enjeux liés à la démographie et au réchauffement climatique les concernent tous puisqu’il faudra demain nourrir « bien » 10 Milliards d’humains et les nourrir « bien ».
Les analyses de cycle de vie (ACV) savent mesurer les impacts environnementaux (comme le réchauffement climatique mais aussi, la demande cumulative en Energie, l’eutrophisation etc…) de chaque composant de nos menus : La salade, les haricots, la Linette, le pain, les œufs, le jambon, de mes repas d’hier ont eu chacun leurs impacts sur l’environnement. Ces impacts sont liés à leur production à la ferme (50%), mais aussi à leur transformation, transport, cuisson etc… avant d’arriver dans mon assiette.
Et ces impacts environnementaux sont exprimés par kilo bien sûr : Un kilo de salade, c’est par exemple beaucoup moins de gaz à effet de serre qu’un kilo de jambon… ce qui est largement utilisé par certains végans prosélytes qui passent ainsi de la sensibilité à la souffrance animale (respectable) à la défense de l’environnement pour susciter de nouvelles « conversions » (stupide, mais efficace).
Mais voilà, on ne se nourrit pas de kilo, on se nourrit de calories et de nutriments.
Et là, les arguments s’inversent. Si on ne raisonne plus en kilo, mais en calories, les arguments changent de camp (3) et (4) puisque 100 kcal de « bacon » (4), c’est beaucoup moins couteux à produire en terme de gaz à effet de serre que 100 kcal de salade : Un partout, la balle au centre.
Les impacts environnementaux doivent logiquement s’exprimer par « unité fonctionnelle » (5). Alors, je vous invite à réfléchir au terme « unité fonctionnelle ».
Un « kilo » (de salade ou de jambon), ce n’est pas une « Unité Fonctionnelle ». Les calories de nos repas par contre ont bien une « fonction », celle d’apporter à notre corps l’énergie dont il a besoin. Oui, mais on emploie souvent le terme peu élogieux de « calories creuses » pour les mélanges de gras et de sucre de la plupart des produits de « snacking »
Les calories devraient arriver dans nos assiettes avec leurs apports de nutriments indispensables au bon fonctionnement de notre organisme : Acides aminés indispensables, Acides gras essentiels, Vitamines etc… à la sémantique éloquente.
Lors de l’étude AGRALID, nous avons cherché à mesurer l’impact environnemental de nos menus par calorie de régime équilibré en nutriments essentiels. A quoi bon ingérer des « kilos » si les calories n’y sont pas et à quoi bon ingérer des calories si elles sont creuses. Alors nous avons chiffré l’impact de menus équilibrés en Acides gras essentiels, pourquoi justement ceux-ci ? Parce que de l’avis (consensuel pour une fois de tous) des nutritionnistes, le déséquilibre entre acides gras essentiels des familles Omega 3 et Omega 6 est le problème n°1 de notre alimentation occidentale.
Parmi ces acides gras essentiels, les acides gras Omega 3 à longue chaîne dénommés EPA et surtout DHA présentent à la fois :
Des besoins physiologiques élevés
Des apports très largement déficitaires
Et un apport souvent limité dans les conseils diététiques aux « poissons gras » en voie de disparition.
Pour couvrir nos besoins physiologiques en DHA, il faudrait de 3 à 4 repas de poisson par semaine.
C’est beaucoup… d’autant que… (Autre consensus mais environnemental celui-là), il y a déjà de la surpêche et que les poissons d’élevage se nourrissent de farines de poisson de pêche !
Alors comment faire ?
Eh bien, il y a :
Une source d’Omega 3 végétale très abondante et tout à fait renouvelable, c’est l’acide gras végétal de l’herbe, de la graine de lin, des algues….
Et des animaux terrestres qui savent parfaitement convertir cet Omega 3 végétal en EPA et même en DHA.
Parmi les animaux qui ont une bonne synthèse de DHA à partir des Omega 3 végétaux, il y a tout particulièrement la poule pondeuse.
Aujourd’hui, qu’elle soit élevée en cage, en bâtiment, en plein-air, qu’elle soit estampillée Bio ou Label rouge, elle se nourrit toujours largement de maïs et de soja (6). Hors nous avons chiffré (dans l’étude AGRALID) l’impact de l’application du cahier des charges (qui diminue très largement l’apport de maïs et de soja) de Bleu-Blanc-Cœur sur :
Le bilan environnemental des œufs
L’équilibre nutritionnel de ces mêmes œufs.
Eh bien, les résultats sont désormais connus et publiés (1) et (2).
Un mode d’alimentation Bleu-Blanc-Cœur réduit de 5,5% l’impact de la production d’œuf sur le réchauffement climatique
Et
Double ou triple la quantité de DHA par œuf.
C’est beaucoup, non ?
C’est bien pour nous, c’est bien pour la planète… et c’est bien aussi pour les océans (7) puisque le poisson n’est plus « la » source d’Omega 3 longue chaîne unique.
Et si on regardait ça à l’échelle d’un pays comme la France ?
Et, bien … cela représente (si tous les œufs étaient BBC) :
50.000 tonnes de CO2 en moins (équivalent à 450 millions de km de voiture…)
700 tonnes de DHA en plus (équivalent à 700 millions de gélules d’huile de poisson)
Ou un repas de poisson de moins par semaine pour la même couverture de nos besoins en Omega 3 et beaucoup d’autres nutriments essentiels dans le coquetier par la même occasion.
C’est pas mal non ?
Alors, même si mon titre est surprenant, il n’est pas faux. En tous les cas j’espère qu’il incite à réfléchir à la complexité des liens biologiques sur terre… et sur mer et à la responsabilité de chacun de nous dans un acte aussi quotidien et banal que de « bien choisir ses œufs »…
Allez, sortons de notre coquille, moi…« j’arrête » avec un dernier conseil pour tous ceux qui pensent que les grands problèmes de demain ont des solutions simples et idéologiques, ou que le cholestérol de l’œuf est un terrible poison : Qu’ils aillent se faire cuire un œuf (Bleu-Blanc-Cœur SVP), pour sauver les océans….
(1) Impacts environnementaux et équilibres nutritionnels de menus omnivores et végétariens enrichis en acides gras oméga-3. Coelho & al
C’est sur la terrasse que je voulais profiter de la belle lumière du soir sur mon domaine, mais il fait frais et je vais rentrer à la maison. Mon fils m’attend à l’intérieur. Demain ce sera lui le patron ici. Il reprendra une ferme rentable en pleine forme qui nourrira sa famille. Puis viendra le jour où l’un de mes petits-enfants lui succédera et continuera à vivre de ces terres nourricières.
Ces terres, j’y ai pourtant tracé les sillons de ma colère, nourrie des années de surproduction, des années de misère, des scandales alimentaires, quand il fallait brader le fruit de notre travail.
Il y a 20 ans, j’avais participé à toutes les grandes manifestations paysannes. Nous réclamions alors au gouvernement des prix minimum garantis, des entraves à la concurrence déloyale des pays qui ne respectaient pas nos lois sociales, la fin des scandales et des fraudes.
Rien n’y avait fait, le gouvernement était resté sourd à nos demandes pourtant légitimes, il avait même envoyé la troupe contre nous. J’avais milité au sein des différents syndicats et organisations qui défendaient nos intérêts, sans succès.
Alors que la révolte s’essoufflait, alors que les gens semblaient devoir accepter le fait que la terre ne les nourrirait plus, nous nous étions organisés à quelques-uns : agriculteurs comme nous, mais aussi gens de l’amont et de l’aval de nos filières.
Notre réflexion était une réflexion d’avenir, nous voulions tous continuer les métiers qui étaient les nôtres mais nous avions tous conscience qu’il fallait les faire autrement. La production de masse avait conduit à une banalisation de nos produits. Plus l’offre était excédentaire, et plus les prix baissaient. Plus les prix baissaient et plus il fallait diminuer les coûts de production et les quantités produites à l’hectare. La qualité s’en ressentait et la consommation baissait, et le cercle vicieux repartait….
Il fallait casser tout cela. Certes la consommation de masse diminuait, mais les gens semblaient disposés à mettre plus d’argent dans des produits de haute qualité. La consommation en France n’allait pas bien, mais nos produits pouvaient aussi trouver d’autres débouchés ailleurs si la qualité était au rendez-vous.
Il fallait donc changer notre façon de produire, il fallait écouter les consommateurs de nos produits et leur fournir ce qu’ils attendaient. Nous n’attendions plus rien de notre gouvernement, de nos organisations syndicales. Il fallait nous prendre en main pour ne pas disparaitre.
Seul, c’était impossible, il fallait trouver des alliés chez les gens qui transformaient nos produits, chez ceux qui les vendaient, chez les experts, chez nos élus locaux, etc… Toute une chaîne alimentaire, tout un réseau d’abord local s’est mis en route à l’initiative de quelques-uns… et nous avons changé le monde !
Je n’ai pas quitté la ferme, il y a eu des années difficiles, mais je me suis battu. Après tant d’efforts, la rentabilité est revenue avec la qualité. Il a fallu du temps pour que nos consommateurs comprennent qu’en dépensant plus, il se faisait plaisir et ils soutenaient aussi notre travail. D’un bout à l’autre de la chaîne alimentaire, « le courant est passé », il a redonné du plaisir à table, il a redonné du sens à notre travail, il nous a assuré un revenu correct.
Demain, je partirai en retraite, conscient du devoir accompli avec mes amis et collègues de cette nouvelle chaîne de solidarité et de plaisir. Il y a 40 ans, je m’épuisais à travailler un sol aussi épuisé que moi sans sortir de revenu décent. Il y a 30 ans, je me battais dans les manifestations pour que le gouvernement entende nos revendications. Il y a 20 ans, je participais à construire une agriculture nouvelle dédiée à la qualité, du sol à la table. Et maintenant, je suis fier des produits de ma ferme, de mon sol, j’en tire un revenu décent et j’installe mon fils.
Le monde a changé, j’y ai participé.
Je me ressers un verre de ce vin délicieux qui fait le bonheur de ma famille et des consommateurs. Je le repose. Je jette un dernier coup d’œil aux collines désormais dans la brume du soir et je rentre à la maison, fier du devoir accompli pour les générations à venir.
Argilliers département de l’Aude, 19 septembre 1937.
D’une crise à l’autre
Comment ne pas tirer les leçons de la grande crise qui secoua le midi viticole au début du 20ème siècle avant de parler de celle qui secoue si durement le monde de l’élevage aujourd’hui. La crise de 1907 avait exactement les mêmes moteurs que la crise de 2015.
Les centaines de milliers de manifestants qui envahissent alors les rues de Béziers, Montpellier et de toutes les villes du midi viticole sont les victimes de la grande surproduction de vin. A cette époque, la chute des cours a été tellement forte que le vin peut se vendre « à l’heure » dans les cafés Parisiens.
Un temps dopé par les conseils médicaux du 19ème siècle, quand les médecins pensaient qu’il était plus sain de boire du vin que de l’eau, la consommation baisse 50 ans plus tard, et de nouveaux concurrents apparaissent. Parmi eux les colons d’Algérie qui bénéficient d’un climat et d’une main d’œuvre bien plus favorables.
Pour tenter de gagner de l’argent, certain tentent alors tricher et les fraudes sont nombreuses. Dès que l’une d’entre elles est connue, la consommation baisse encore, et le cercle vicieux se remet en route.
Ce sont exactement les mêmes moteurs que la crise de l’élevage, c’est même incroyable de ressemblance.
Mais… la crise viticole est finie et les viticulteurs sont sûrement aujourd’hui les paysans les plus riches de France.
Il faut donc lire les similitudes dans les raisons des crises, dans leur déroulé, mais aussi dans les solutions qui ont transformé le métier misérable de viticulteur en un modèle pour nos professions.
Ceux qui pensent que la transformation s’est faite grâce aux injonctions de la foule des manifestants et grâce à la sollicitude des élus commettent une erreur historique. C’est à des initiatives individuelles que le monde du vin a dû son salut !
Parmi les personnages hauts en couleurs et en convictions de la crise viticole il y a eu Marcellin Albert, cafetier et vigneron d’Argelliers dans l’Aude qui fut le meneur des grandes manifestations de 1907 pour la défense du vin naturel contre les vins de fraude.…. Meneur d’homme exceptionnel, il organisa la révolte, mais celle-ci n’obtint guère de résultats (si ce n’est la fourniture de vin à l’armée qui jusque-là se désaltérait à l’eau. Le pinard des poilus fut la boisson de la victoire et des tranchées.)
Et il y eut aussi Pierre Leroy. Normand d’origine, il se trouve à Montpellier pendant les grandes manifestations et y participe activement avec le peuple de la vigne. Aviateur pendant la guerre de 14-18, juriste ensuite, il aura l’idée de défendre les « vins naturels » non par la loi comme le voulait Marcellin Albert et comme le refusait Clémenceau (alors chef du gouvernement), mais en édictant des règles pour les vignerons et les négociants et en les communicant aux consommateurs. Il commença à Châteauneuf du pape, alors vignoble de piètre réputation qui vendait ses raisins… en Bourgogne.
Avec ses camarades de combat, paysans, négociants et élus, Pierre Leroy allait inventer tout simplement les labels de qualité qui devinrent « officiels »… bien des années plus tard (30 ans après). C’est ce combat de quelques-uns pour la qualité qui révolutionna la production et la consommation de vins assurant aux vins Français une prédominance mondiale et finalement un revenu décent aux producteurs après des décennies de progrès.
La vie des idées
Notre ami David Servan-Schreiber écrivait que :
« Les idées nouvelles ont toutes la même vie, d’abord rejetées avec mépris, elles sont ensuite combattues avec violence, puis, enfin acceptées comme une évidence »
Ce fut vrai des idées de Pierre Leroy, ex marginal – original qui finit président de l’INAO (Institut National de l’Origine et de la qualité) en 1947 !
Aujourd’hui, la crise de l’élevage a les mêmes moteurs que la crise du vin il y a un siècle.
Aujourd’hui, la crise de l’élevage aura les mêmes solutions que la crise du vin, il y a un siècle.
Par une de ces pirouettes dont l’histoire a le secret, les héritiers des marginaux de 1920 sont devenus les gardiens du temple du nouveau conformisme des « signes officiels de qualité » et l’INAO qui fut créée à l’initiative de quelques non conformistes se revendique comme le temple de la « qualité supérieure ». Celle-ci concerne moins de 5% des produits alimentaires pour mieux banaliser les autres et condamner les 95% restants à ses deux seules marques possibles : « Promotion » et « Premier Prix ».
Alors tirons les leçons de la crise de 1907 et surtout de ses solutions : La qualité ne se décrète pas, elle se construit sur des bases étayées, de plus en plus mesurables en faisant se rencontrer les besoins des consommateurs et des citoyens avec les aspirations des producteurs. Elle se construit dans le temps (il aura fallu bien plus de 20 ans à Pierre Leroy et à ses amis pour triompher et proposer un début de solution). Elle élève la qualité des produits de masse et n’en concerne pas que le vingtième. Elle se construit sur une chaîne alimentaire solidaire. Elle se construit avec les producteurs, les transformateurs, les élus, les médecins, les experts, etc….
Plus de 20 ans….
Nous avons créé Bleu-Blanc-Cœur pour le monde de l’élevage il y a déjà 15 ans… Depuis 15 ans, nous militons pour sortir les produits de l’élevage de leur banalisation, pour les viandes, laits et œufs ne soient plus jamais les « minerais », nom horrible inventés par les transformateurs de viande et de lait.
Il y a 15 ans, nous avons inventé le seul signe de qualité qui revendique une obligation de résultats mesurable, en lien avec les attentes de la société en matière de goût, d’origine, d’environnement et de santé.
15 ans déjà, plus que 5 ans alors ?
La réussite est déjà là, porté par un incroyable réseau qui va des champs à la restauration collective en passant par le collège des professions de santé, etc… Nous avons su créer une filière forte de ses 500 adhérents, de ses 1000 produits, de son milliard de chiffre d’affaire de ses 15 pays membres, etc….Nous avons surtout su rassembler tous ceux qui se réclament de ces filières tracées, de ces pratiques nouvelles et qui acceptent de se plier à « l’obligation de résultats » pour leurs produits.
C’est bien ! Certes, nous ne sommes pas encore « la » solution à la crise de l’élevage, nous ne sommes encore qu’ « une » solution, certes, la plus aboutie la plus proche du succès. Mais le succès le vrai, ce sera de fédérer toutes les bonnes intentions qui s’agitent de l’éleveur engagé au consommateur citoyen. Ceux qui ont sorti le monde du vin de la crise n’ont pas gagné en un jour, nous non plus.
Ceux qui disent « pourquoi créer un nouveau signe de qualité pour l’élevage, il y en a déjà assez » doivent trouver que tout va bien dans le meilleur des mondes. Ceux qui pensent que « Puisque Bleu-Blanc-Cœur a réussi, nous n’avons qu’à faire pareil (avec l’exigence scientifique et la force de la preuve en moins) » doivent penser que la qualité est juste un gadget marketing.
Ces crises, celles de 1907 et celle de 2015 nous rappellent notre raison d’être, nous n’avons jamais été aussi proche du but….
Encore un effort. Il faut se battre, c’est une exigence au nom de ceux qui ne veulent pas disparaitre, au nom de tous ceux qui veulent juste que leur engagement pour améliorer la chaîne alimentaire soit reconnu et valorisé !!!
A leur santé donc et à la vôtre, elles sont indissociables !
Vern sur Seiche (Ile et Vilaine) le 19 septembre 2015
Les leçons d’un concours … pour « Sauver la planète »
Ces six dernières semaines, Bleu-Blanc-Coeur (BBC) a participé à un jeu-concours de la fondation Nicolas Hulot. Il s’agissait de proposer aux votes d’un public Internaute des « solutions pour la planète » (1).
Tout à fait dans l’esprit du « Think globally, Act locally » (2), ces solutions concernaient l’habitat, le recyclage des déchets, l’énergie… et l’alimentation.
Au début, je regardais ça d’un œil amusé.
BBC présentait sa solution « Eco-Méthane » validée par les Nations-Unies depuis 2012 (3). Mise en place d’abord aux USA (4), elle est soutenue par différents états (5) et dans l’Union Européenne (6). Elle est désormais en place dans une vingtaine de pays, de la Suisse au Canada, ou au Japon, mais peine à s’imposer en France où elle figure pourtant parmi les 19 seuls projets « officiels » de réduction des gaz à effet de serre (7).
Nous avions « bonne allure » au milieu d’un peloton de solutions sympathiques dans des domaines parfois très éloignés souvent très complémentaires. Je trouvais même que cela illustrait parfaitement ces nouveaux challenges de demain, sans solution unique, et que l’on ne saura relever que par la complémentarité des innovations.
Bref… tout allait bien dans un monde en marche.
Et puis, à mi-course de ce concours, alors que nous occupions une bonne position du fait sans doute de nos reconnaissances officielles, on me transmet des messages qui appellent sur des sites web et des forums à voter explicitement non pas « pour la planète », mais « contre Bleu-Blanc-Cœur »…
Les uns sont issus de « Vegans » (8) qui soutenaient le projet « defi Veggie » pour diminuer notre consommation de viande. Beau projet (9), une goutte d’eau dans l’océan des solutions, mais une goutte d’eau quand même.
Bien sûr, être sensible à la souffrance animale est respectable. Et diminuer la consommation de quand on en consomme plus que nos besoins est souhaitable.
Mais faire de l’environnement un argument central pour plaider la cause anti-élevage est surprenant. La partie la plus extrémiste de ce mouvement ne s’en prive pourtant pas et c’est mis à nous insulter copieusement sur nos sites (« Bleu-Blanc-Carne », « Bleu-Blanc-M… », « Bleu-Blanc-Sang » disent-ils à notre sujet) et dans leurs forums. Tout est possible. Ainsi, un message posté sur notre site contient cette phrase entre autre amabilités:
« Votre solution ne permet qu'une réduction partielle des émissions de gaz à effet de serre : devenir Vegan permet une réduction de 100 % des GES… »
100%, diantre !! C’est beaucoup, ça veut dire que ce garçon ne mange pas, rien du tout, il ne boit pas non plus.
Je sais que science et sectarisme n’ont en commun que leur première lettre, mais il faut quand même rappeler quelques données admises par tous et publiées parfois dans la presse scientifique à comité de lecture (10) :
On se nourrit de calories, de protéines, de nutriments variés… sinon, il suffirait de boire de l’eau.
Si l’on raisonne au kilo de produit, 1 kilo de carottes « coûte » moins de CO2 pour sa production et sa préparation qu’1 kilo de viande. (C’est le mode de présentation de la stupide « pyramide Barilla » issue du centre de recherche de la multinationale du même nom. (11))
Mais évidemment, il y a beaucoup plus de calories (et aussi de protéines, d’acides gras essentiels, de Co-Enzyme Q 10, vitamine B12…) dans 1 kilo de viande que dans 1 kilo de carottes.
Si l’on raisonne en calories, les régimes plus « denses en calories » sont les moins couteux en CO2.
100 calories de melon par exemple coûtent 2 fois plus de CO2 que 100 calories de bœuf, et ces 100 calories de bœuf ne coûtent pas plus de CO2 que 100 calories de tomate, tandis que 100 calories de poulet coûtent deux fois moins de CO2 que 100 calories de fruit, etc… A ce jeu-là, c’est le café qui a le pire poids carbone de tous nos aliments, et de loin (ce qui est d’ailleurs intéressant : Les réfractaires au café sont bien plus « planet friendly » que les végétariens.)
Si réduire une consommation excessive de produits animaux peut avoir un effet positif sur l’environnement (c’est ce que propose le « défi Veggie »), supprimer les produits animaux de son alimentation est une catastrophe environnementale. (Et pas que pour le « CO2 »). Ce n’est pas un point de débat, c’est un consensus scientifique.
Et si l’on va au-delà des calories et que l’on s’intéresse à tout ce qui fait un menu équilibré, avec tous ses micronutriments d’intérêt, alors…
Alors les idées simplistes explosent, et tant mieux !
Alors le mode de production des aliments et notamment des aliments animaux (ce que nous défendons ici) prend toute son importance !
C’est le sens du projet de recherche AGRALID auquel nous participons avec fierté et qui a déjà livré ses premières publications (12)
La nutrition, c’est une belle science qui se nourrit d’équilibre. Elle déteste les excès comme les déficits. Elle ne supporte pas les idées toutes faites, les « Y qu’à, fait qu’on ». Et si la nutrition doit aussi intégrer l’environnement (et le social), alors, il n’y a plus de place pour les approximations stupides du style « devenir Vegan, c’est réduire les GES de 100% ».
Changer les modes de production des produits animaux comme nous le proposons, c’est bien ! (pour la nutrition et l’environnement sur la base mesurable de nos études cliniques et de nos compteurs Eco-nutrition)
Manger moins de produits animaux, mais des produits de qualité comme nous le proposons, c’est bien ! (sur les mêmes bases)
L’élevage a façonné nos paysages, construit notre physiologie et nos rapports sociaux. J’aimerais bien que cet élevage et ses valeurs survivent à nos grandes mutations et que les Vegans ne nous inventent pas un avenir dépourvus de pâturages et d’alpages, peuplé de palme pour remplacer le beurre, de soja pour remplacer la viande et des monocultures de leurs puissants sponsors. 1,3 milliard de personnes vivent de l’élevage au travers le monde, 70% sont des femmes (13).
L’élevage intensif a montré ses limites, elles sont connues. Le véganisme intensif nous a bien montré les siennes durant ce concours. Nous continuerons à défendre nos valeurs faites de juste milieu, de rassemblement, de tolérance et de respect des autres… c’est compliqué !
Il ne faut confondre en matière de nutrition et d’environnement les effets négatifs d’une SURCONSOMMATION avec les effets positifs d’une CONSOMMATION, mais dans notre monde qui va trop vite et ne prend pas le temps de réfléchir un peu, on passe trop vite des idées simples aux idées simplistes.
Il faut donc manger de tout en petites quantités comme disait ma grand’mère. Elle avait raison sur le plan de la nutrition et sur le plan de l’environnement, mais en plus il faut manger des produits qui respectent l’équilibre et la santé du sol et des animaux qui nous nourrissent. Ça, c’est juste une histoire de chaîne alimentaire préservée. … c’est vraiment révolutionnaire.
Mais il n’y a pas que les Vegans qui ont appelé à voter « contre Bleu-Blanc-Cœur ».
Le CNIEL (14) présentait dans ce concours un projet proche du notre : « la ferme laitière bas carbone ». C’est un projet de recherche qui impliquera à terme avec l’appui financier du CNIEL des organismes techniques (France Conseil Elevage, Institut Technique de l’élevage…). La « ferme laitière bas carbone » va mettre en place toutes les stratégies de réduction des gaz à effet de serre en élevage laitier… Enfin, pas vraiment toutes, toutes sauf la seule qui soit déjà reconnue, soutenue et expertisée, c’est-à-dire la nôtre !
Lors du concours, la « solution » proposée par le CNIEL a été soutenue par le monde officiel de l’élevage qui a mobilisé avec efficacité les contrôleurs laitiers, les salariés des chambres d’agriculture, les administrateurs des syndicats laitiers, les employés de laiterie, les techniciens des instituts de recherche sur le lait. Et les sites de certains de ces organismes appelaient aussi à voter « contre » Bleu-Blanc-Cœur.
Pour la filière lait, il ne s’agit pas de conviction mal placée comme pour les Vegans, mais de calcul. Est-ce un bon calcul ?
Je n’en suis pas sûr.
Pendant que le CNIEL mobilisait le monde laitier, nous rassemblions une communauté Bleu-Blanc-Cœur faite d’agriculteurs et d’éleveurs engagés bien sûr, mais aussi de médecins, de restaurateurs, de consommateurs, de diététiciens, d’industriels, de scientifiques, et de citoyens de tous horizons.
Pendant des années l’institution laitière a soigneusement tenu BBC à l’écart car leur doctrine veut que le monde du lait ait un seul représentant, et que tous les laits soient être du même blanc ! Le CNIEL et ses organismes techniques ont réussi l’exploit d’organiser en juin 2015 un forum de deux jours sur l’élevage et les gaz à effet de serre sans inviter Bleu-Blanc-Cœur et sans citer une seule fois la seule solution officielle (au monde) reconnue par les Nations-Unies (14) pour l’élevage laitier.
Mais ce temps a vécu. Les attaques que nous avons subies durant ce concours sont révélatrices d’un monde qui change. Le lobby végétarien y est excessivement puissant, les compagnies qui les soutiennent sont bien plus fortes que les industriels du lait. Le monde de l’élevage souffre et se rétrécit. Dans ce concours, le lobby du lait finit loin, très loin du lobby végétarien et derrière aussi notre projet qui rassemble producteurs et consommateurs.
Face à un monde de l’élevage aussi divisé, les anti-lait, les anti-viandes rigolent, et ils ont bien raison !
Sur le fond, il est agréable pour nous de voir le CNIEL et toutes ses organisations suivre la route d’un meilleur mode de production, route dont nous avons tracé les premiers sillons il y a deux décennies.
Mais il est surtout agréable de se prendre à rêver d’un monde idéal où les enjeux dépasseraient les conflits d’orgueil et les idéologies mal comprises.
Le réchauffement climatique est une réalité, la démographie et l’accès à un meilleur pouvoir d’achat vont doubler ou tripler la consommation de lait, viandes et œufs d’ici 2050 sur notre planète en surchauffe. Réduire encore la consommation de produits animaux pour 1% de la population des 10% d’habitants des pays riches n’est pas une solution sérieuse au regard des enjeux planétaires.
Il faut changer nos modes de production, sur une base étayée, pas sur un mode auto-proclamé.
Notre projet Eco-Méthane doit servir à cela. Ce devrait être un pont entre nous et le CNIEL, une méthode expertisée et validée de mesure des efforts des producteurs pour la qualité de leur produit. Une méthode qui marche aussi bien au Danemark qu’au Canada ou au Japon.
Pourquoi ne pas l’utiliser aujourd’hui en France ?
C’est une vraie grande question. Les éleveurs engagés font déjà des efforts (16). Les producteurs et les consommateurs sont à la recherche d’un nouveau contrat qui les lie autour de la qualité des productions animales. Eco-méthane sera forcément un jour un élément de contrat nouveau qui liera producteur engagé et consommateur averti, nutrition et environnement.
S’ils avancent avec nous, et que la qualité environnementale des laits est mesurée et payée un jour aux producteurs, et bien, tant mieux !
Mais que de temps perdu pour les éleveurs.
Les corporatismes sont pesants et les choses n’avancent pas aussi vite qu’on le voudrait. Pourtant dans la situation des producteurs de lait post quota… ce serait bien, non ?
Les Vegans extrémistes écrivent de BBC que nous sommes dangereux, car « nous pouvons rendre l’élevage sympathique »… C’est un compliment à nos yeux. L’élevage est sympathique (quand il ne tombe pas dans les excès de trop d’intensification), il rend les paysages plus beaux, il a un rôle social fort partout dans le monde. Il contribue fortement à la nutrition, à l’emploi et au tissu rural.
Je préfère définitivement vivre dans la campagne Bretonne ou Franc-Comtoise plutôt qu’au milieu des mornes plaines déforestées de soja, de palme et de maïs qui couvrent de plus en plus la planète.
L’élevage Français est en crise, il ne mérite pas de crouler sous des critiques injustifiées, il ne mérite pas non plus des divisions d’un autre temps.
La « mobilisation contre nous» (corporatistes et sectaires emploient les même mots guerriers) sonne comme un formidable appel à « bouger les lignes », à « rassembler » autour de nous, ou avec nous tous ceux qui s’intéressent vraiment la santé des hommes et à celle de la planète.
Ce concours fut passionnant et instructif, il devait démontrer que l’avenir de notre planète passe par une addition de solutions nouvelles, loin des idéologies et des conformismes du passé. Il l’a fait, brillamment, grâce à vos votes, merci à tous
PW.
(1) http://www.mypositiveimpact.org/accueil/index
(2) Pense global, mais agis local, phrase clé des militants pionniers de l’environnement dans les années 1960-1970
(8) Les « Vegans » refusent l’exploitation des animaux au service de l’homme et refusent donc viandes, laits, œufs, laines, miel, cuir et tout produit testé sur des animaux.
(9) Voir Blog n° 12 : La consommation de viande va doubler dans les 10 ans qui viennent
(11) La « double pyramide Barilla » du nom de cette multinationale des céréales qui soutient les thèses Vegans explique qu’il faut manger plus de céréales et moins de viandes au nom du poids CO2 au kilo de produit. Tiens donc….
(15) Heureusement, cet « oubli » a été réparé par le ministre de l’agriculture dans son discours de clôture du colloque
(16) Par exemple ici : https://vimeo.com/120051871 dans la démarche Agri-CO2 de la coopérative Terrena qui combine plusieurs actions « pour la planète »