BoLive PUP-RACCONTAMI DI LEI, ritratti di donne che da Padova hanno lasciato il segno. “un affascinante caleidoscopio di colori. Prefazione di Antonia Arslan ”
Durante l’ultima riunione del gruppo di lettura Girolibro di Selvazzano, Pina e Sara ripropongono con grande entusiasmo RACCONTAMI DI LEI, ritratti di donne che da Padova hanno lasciato il segno, a cura della redazione de il BO LIVE, Padova University Press
JAppena comincio a sfogliare il libro, vengo colpita dalla mappa temporale all’interno della copertina. Mi identifico immediatamente con…
6h30 du matin. Chili, désert d’Atacama, devant une guesthouse en périphérie de la petite ville de San Pedro de Atacama. Treize Globeshakers se dépêchent de sortir leurs innombrables bagages : le van vient les chercher d’une minute à l’autre. Ce n’est finalement qu’aux coups de 7h10 que le véhicule pointe le bout de son nez. Le conducteur commence à entasser d’abord les sacs puis les instruments en finissant par la hardcase de souba de deux mètres cubes. Tout ceci finit par occuper à lui tout seul quatre places et toute l’allée du van malgré le fait que l’agence ait été prévenue de l’énormité des bagages de la bande de touristes. Le conducteur, qui doit encore aller chercher trois autres personnes, ne sait plus comment faire. Il finit par passer un coup de fil, probablement pour dire d’envoyer un autre véhicule prendre le reste des gens, et le van démarre enfin direction la frontière Bolivienne.
Après une heure de trajet environ, nous arrivons à un petit hangar où nous rentrons vite pour nous abriter du froid du matin. Nous faisons la queue pour avoir le tampon de sortie du territoire chilien et c’est reparti. Quelques centaines de mètres plus loin dans le no man’s land séparant le Chili de la Bolivie et sur une route qui se transforme en piste juste après le poste de frontière, le van s’arrête au milieu de nulle part et le conducteur nous désigne une file d’européens devant une cabane en pierre surmontée du drapeau de la Bolivie : C’est le poste de frontière bolivien. Nous sommes tous réticents à l’idée de faire cette longue queue dans le froid glacial du désert, désert qui est quand même à 4500m au-dessus du niveau de la mer, mais bon, nous n’avons pas le choix si nous voulons fouler le territoire bolivien légalement. La file avance assez rapidement et en à peine 20 min nous rentrons déjà un à un dans le petit cabanon pour avoir notre tampon d’entrée. En revenant sur le parking (qui n’est que la vaste étendue de cailloux derrière le cabanon), nous disons adieu au conducteur de van qui retourne à San Pedro de Atacama et faisons la connaissance des trois chauffeurs qui nous guiderons à travers les paysages magnifiques de l’altiplano bolivien à bord de leurs Jeeps (de la marque Toyota). Le petit-déjeuner nous est servi sur une table dépliante à l’arrière des jeeps et nous faisons la connaissance des 6 brésiliens qui feront le trajet avec nous dans la troisième jeep de la flotte. Nous retrouvons aussi Nymphe, une amie flamande que nous rencontrée lors d’un de nos concerts à Valparaiso, que nous avons revue lors de nos concerts à San Pedro et qui fera la traversée de trois jours jusqu’à Uyuni avec nous. Une fois l’estomac bien rempli, nos chauffeurs escaladent leurs jeeps et on les aide à charger les bagages sur le toit. Cette quantité de bagages astronomique (facilement le double des autres jeeps que l’on voit autour de nous) amuse les conducteurs et ils voient la situation comme un défi de Tetris. Tout bien sanglé sur le toit, nous voici enfin partis pour une traversée des paysages inoubliables du désert d’Uyuni.
Premier arrêt rapide où les conducteurs nous invitent à aller payer les frais d’entrée dans le parc national qu’est la région d’Uyuni que nous nous apprêtons à traverser et nous repartons tout de suite après. En quelques minutes de route, nous voici arrivés au premier lieu fabuleux de notre périple. Il s’agit de la Laguna Verde qui, comme son nom l’indique si bien, a une eau de couleur verdâtre due à sa forte concentration en cuivre. Elle contient aussi des minéraux comme l’arsenic, ce qui rend, par sa toxicité, la lagune dépourvue de toute vie animale. L’endroit est au pied du volcan Licancabur qui culmine à 5920 mètres d’altitude et que l’on voyait déjà depuis San Pedro de Atacama. Nous profitons du paysage, prenons quelques photos et nous repartons. Rien ne sert de s’attarder dans le froid du matin et nous avons encore beaucoup de choses à voir.
Pour la prochaine étape, les jeeps nous déposent aux Termas de Polques, des sources tellement chaudes que c’est presque (je dis bien presque) insupportable d’y rester trop longtemps au risque de cuire bouilli. Certains sont un peu hésitants à l’idée de braver le froid du désert avant de rentrer dans l’eau mais finissent par se laisser convaincre et ne le regrettent pas une fois dans l’eau. D’autres sont saisis de vertiges au moment de sortir de l’eau avec la différence brusque de température mais il leur suffit de quelques minutes de repos et tout va mieux. Nous nous séchons tranquillement au soleil et nous nous rhabillons pour remonter dans les jeeps pour la suite du périple.
Au moment de s’arrêter pour le troisième lieu, je commence à me dire que ce désert est bien dense en paysages exceptionnels : nous ne mettons qu’à peine 10 minutes de route à chaque fois pour arriver à l’arrêt suivant. Nous descendons des jeeps et écoutons les explications en espagnol des conducteurs tout en admirant le paysage. Comment dire ? Cette partie du désert présente tellement de nuances de rouges étalées de manière improbables sur des dunes imposantes et innombrables petites formations rocheuses qui viennent se poser ici et là sur les dunes qu’il porte le nom de l’un des plus grands peintres surréalistes. Laurent, Adel, Ewan et Emilie s’aventurent dans le désert Salvador Dali pour voir les dunes de plus près tandis que les autres prennent des photos. Nous ne sommes encore qu’à 4750 mètres à peine que Nymphe et moi-même commençons à sentir les effets de l’altitude, alors que pourtant c’est la première fois pour tout le monde à cette altitude, sauf pour Edmond et Benjamin qui ont fait l’ascension du volcan Cerro Toco la veille. Les vertiges nous prennent et on demande au conducteur si les feuilles de coca sont bien efficaces contre le mal de l’altitude. Il nous en donne généreusement depuis sa propre réserve toujours à portée de main. Il nous explique qu’il faut à peine mâcher la pincée de feuilles puis la loger entre la joue et la gencive et la laisser infuser. Les bienfaits de la coca se font sentir en quelques minutes et nous pouvons repartir vers notre prochaine destination.
Nous nous apprêtons au pire lorsque notre chauffeur nous annonce que nous avons un bout de chemin à faire au-dessus de la barre des 5000 mètres d’altitude pour arriver à notre prochaine destination : les geysers Sol de Mañana (soleil du matin). Nous nous accrochons à nos boules de coca dans la bouche et y arrivons sont trop de complications. Ces formations géothermiques font monter des traînées de fumée qui peuvent atteindre la cinquantaine de mètres au lever du soleil, heure recommandée pour les observer (ce qui donne le nom de l’endroit) lorsque le froid du matin et le soleil donnent toute sa splendeur au phénomène. Ces fumées toxiques ne restent pas moins impressionnantes au moment où nous les visitons. Les conducteurs nous invitent à revenir aux jeeps pour reprendre la route vers l’endroit où nous allons déjeuner.
Nous nous remplissons le ventre à l’auberge où les conducteurs nous amènent et nous reprenons rapidement la route car il est déjà tard et nous avons encore beaucoup de chemin à faire. Nous arrivons très vite au dernier et surement le plus incroyable arrêt de la journée : la Laguna Colorada. Ce lieu unique est l’abri de beaucoup d’espèces protégée et une escale pour de nombreux oiseaux migrateurs. On y retrouve des flamants roses par milliers venus pour s’y reproduire. La lagune compte 25% de la population mondiale de flamants des Andes et 50% de celle d’une autre espèce de flamants roses. Son nom est assez logique vu qu’il veut dire lagune colorée et on comprend au premier coup d’œil vu que la lagune a une eau d’une couleur allant de nuances de marron au rouge intense. Cette palette de couleur vient des sédiments ainsi que de algues présents dans la lagune. Nymphe et moi restons en position latérale de sécurité chacun sur une des banquettes de la jeep à mâcher nos feuilles de coca tandis que les autres gambadent parmi les flamants roses et les lamas qui s’abreuvent au bord de la lagune.
Nous repartons environ une heure avant le coucher du soleil et le chauffeur nous annonce que nous avons environ une heure et demi de route avant d’arriver à l’auberge où nous passerons la nuit. Le temps passe assez vite dans les blagues et les rires et nous arrivons enfin à Villa del Mar, le petit village où nous allons passer la nuit qui était déjà tombée. On nous sert un bon repas chaud durant lequel un des chauffeurs viens vers nous et nous demande si ce serait possible de jouer quelques morceaux pour le staff de l’auberge et les quelques autres touristes qui y passent la nuit. Après consensus, on accepte et tout le monde sort son instrument. Enfin, tout le monde sauf Adel dont la grosse caisse contient la moitié de ses habits et prendrait une trentaine de minutes à démonter, vider et remonter. Il finit par prendre juste une cloche en se disant que ça allait passer. Les gens filment et profitent du set bien que faux à cause de l’altitude et du froid. Nous allons ensuite tous dans nos chambres nous abriter sous nos couettes et profiter d’une nuit de sommeil bien méritée.
Le lendemain matin, réveil à 7h30 pour aller prendre le petit-déjeuner et partir à 9h tapantes. On commence donc à charger la tonne de bagages à 9h20. Lionel, Nymphe et moi décidons d’aller faire le long du petit village, le tour étant difficile avec une seule rue. A une des extrémités de la rue, nous apercevons un canyon et une queue d’avion qui dépasse. Nous nous mettons à grimper sans hésitation en espérant voir la carcasse de l’engin écrasé. Avec l’inscription « FAB-221 » et quelques recherches sur internet, je comprends qu’il s’agit en fait d’un ULM des forces aériennes boliviennes mais pas plus de détails sur comment il s’est retrouvé au fond de ce canyon. Nous revenons à l’auberge pour constater que seulement un 4x4 sur deux est chargé. Nous partageons notre découverte de l’avion avec les autres qui s’empressent d’aller voir d’eux-mêmes et prenons le relais pour passer les bagages aux chauffeurs qui sont sur le toit des jeeps. 10h passées, nous prenons enfin le départ pour le deuxième jour de notre odyssée.
Une fois dans la jeep et vu les effets de l’altitude sur les non-initiés, nous demandons au conducteur si c’est possible d’acheter des feuilles de coca dans le village. Il nous dépose dans une petite épicerie et nous rentrons demander ce pour quoi nous sommes venus. Le vendeur nous dit qu’il a des sacs de 30 bolivianos (3€75) et des sacs de 10 bolivianos (1€25). Edmond et moi prenons chacun un sac de 10 en nous disant qu’on en aura pas besoin de beaucoup dans tous les cas. Nous voilà bien surpris donc quand l’épicier reviens de l’arrière-boutique avec deux sacs de la taille d’un œuf d’autruche. Nous rangeons tout ça et c’est reparti. Nous n’avons pas de temps à perdre. Il y a beaucoup de choses à voir aujourd’hui d’après le chauffeur. La jeep commence à s’aventurer dans des paysages de plus en plus rocheux et nous finissons par arriver à notre première étape de la journée : La Copa del Mundo (pas besoin de traduire celle-ci). Nulle explication de la part du conducteur n’est nécessaire : C’est un gros rocher en forme de coupe du monde. On observe l’immense caillou quelques minutes et sommes tout de suite distraits par les autres canyons autour, semblant propices à l’escalade. Alexis, Jean et Lionel, voyant les petites tours de pierres construites par les touristes déjà passés par ici, décident de se lancer dans un projet faramineux et commencent à rassembler les plus belles pierres des alentours pour dresser la plus haute construction du lieu. Pendant ce temps, nous autres prenons des photos tout en haut des rochers impressionnants et redescendons avec précautions petit à petit vers les jeeps. Les retardataires sont nos architectes en herbe qui ont du mal a quitter leur beau dolmen d’un mètre de haut.
La destination suivante est seulement quelques kilomètres plus loin dans la même région rocheuse. On s’arrête devant un énorme rocher en forme de théière. La nature est parfois très imaginative. Le conducteur nous annonce comment les vents et l’érosion ont formé cette merveille naturelle qui d’après les locaux a la forme d’un chameau. Chacun sa vision des choses j’imagine. Nous nous ruons pour escalader la théière et le rocher trois fois plus haut à côté. Nous n’avons pas vu de forme particulière dans cet amas rocheux. A vous d’en juger d’après la photo. Valentin profite du fait qu’on soit tous dispersés à différentes hauteurs du rocher pour faire une belle photo de groupe et nous redescendons en directions des jeeps. Edmond et moi offrons une tournée générale de feuille de coca car certains veulent essayer. Nous n’avons pourtant aucun problème avec l’altitude jusque-là ; nous sommes redescendus aux alentours de 4000 mètres d’altitude, de la rigolade quand on a déjà passé la barre des 5000.
Pour rester dans le même paysage canyonneux, les conducteurs nous emmènent dans un vrai labyrinthe rocheux. Un sable fin jonche le sol plat et d’immenses tours de pierre se dressent tels de gratte-ciels au milieu du désert. Ceci explique en partie le nom de l’endroit : la Ciudad de la Italia Perdida (la Cité de l’Italie Perdue). D’après le chauffeur (et d’après ce que j’ai compris de son espagnol), ce lieu porte ce nom en hommage à deux italiens qui étaient venus explorer l’endroit et qui s’y sont perdu pendant des jours avant de retrouver leur chemin vers la civilisation. Nous nous enfonçons dans la cité de pierre puis descendons des jeeps. Nous commençons à nous aventurer parmi les tours de pierre en repérant bien notre chemin, histoire de ne pas finir comme les deux italiens. On finit par se trouver quelques rochers dont les sommets sont accessibles et entamons l’escalade. Comme d’habitude, nous nous posons un petit moment en haut pour une petite séance photo et pour papoter un peu avec une vue sans pareil sur les canyons d’un côté et le désert de l’autre.
Il est presque midi et avec la matinée d’escalade, les conducteurs nous proposent une pause de 15 minutes au bord d’un point d’eau avec des lamas. Nous nous y posons et profitons de la tranquillité de l’endroit. Quelques malins tentent d’approcher les bêtes. Plusieurs stratégies sont déployées : imitation du cri de l’animal (même si personne ne sait quel bruit fait un lama), dissimulation parmi le troupeau en marchant à quatre pattes, approche en mode 1, 2, 3, soleil… Mais toutes échouent bien évidemment et nous repartons vers les jeeps avec des crampes de rires à l’estomac.
Nous passons devant l’endroit où le déjeuner est prévu mais le conducteur nous annonce que nous allons d’abord aller visiter un lieu proche qui vaut le détour. Nous arrivons sur une plaine à côté d’un canyon et les conducteurs nous disent qu’il faut marcher un peu pour arriver jusqu’au lieu en question. Nous suivons leurs pas experts d’abord sur la plaine puis ensuite au-dessus des rochers. On continue à monter jusqu’au moment où on arrive au bout du rocher. Au-delà, nous apercevons une étendue d’eau noirâtre entourée de canyons. C’est la Luguna Negra. Nous nous posons sur ce bord de rocher, admirons le paysage et redescendons car c’est pas tout ça, mais on a faim.
On nous sert un repas bien copieux à base de riz, de salades diverses et d’un pastel de pàpas, un plat à mi-chemin entre le gratin dauphinois et les lasagnes. Bien entendu, en quelques minutes toutes les assiettes sont vides. Voyant cela, les brésiliens qui font le voyage avec nous dans la troisième jeep, qui ont déjà compris qu’on ne mange pas des quantités normales pour des êtres humains, nous donnent généreusement le reste de leur déjeuner (cet à dire la moitié, à croire qu’eux non plus ne mangent pas non plus des quantités normales pour des êtres humains). Nous repartons le ventre bien rempli. Prochaine destination : el Canyon del Anaconda. Non, cet endroit ne tient pas ce nom d’un gros rocher en forme d’anaconda (ce serait improbable quand même) mais de la rivière sinueuse et verte de vase qui coule tranquillement en bas du canyon. Nous sommes tout en haut de la falaise pour observer ce paysage. Nous allons à la recherche de coins de falaise moins fréquentés des touristes pour être tranquilles.
Pour le prochain arrêt, les conducteurs ont prévu une petite pause au petit village de San Augustin. Nous y trouvons une petite épicerie où nous faisons des courses de sucreries. Certains se posent au soleil sur les bancs de la place principale quand d’autres vont visiter les alentours. Déjà 30 minutes sont passées dans le village et nous devons repartir en direction de notre dernière étape de la journée : une voie ferrée parfaitement rectiligne en plein milieux de nulle part. Cette voie ferrée marque le début de la région désertique du salar d’Uyuni (qui est le programme de la troisième et dernière journée). Ces rails qui semblent s’étendre jusqu’à l’infini disparaissent à l’horizon dans un mirage impressionnant. Nous décidons de mettre à l’épreuve notre sens de l’équilibre et allons essayer de marcher droit sur les rails. Les meilleurs arrivent à enchaîner trois pas avant de poser pied à terre. Nous prenons des photos à la perspective hallucinante et revenons vers les jeeps.
Sur les coups de 16h, on arrive déjà devant un petit bâtiment en périphérie d’un village au milieu de nulle part. Les conducteurs nous expliquent que nous passerons la nuit ici et nous nous empressons donc de prendre chacun un lit dans un des dortoirs pour éviter de se retrouver dans la chambre conjugale que les deux derniers arrivés se partageront. Comme il est encore assez tôt, nous partons à l’exploration des environs. A moins de 200 mètres à l’est, nous tombons sur un endroit assez particulier. Nous voyons des monticules de pierres dressés en dômes. En s’approchant, nous nous apercevons qu’il s’agit en fait du cimetière du village. Les dômes sont en fait des tombeaux dans lesquels un trou laisse apercevoir les ossements du défunt. Le sang glacé, nous continuons notre route vers une zone de canyons qui a l’air idéale pour profiter du coucher du soleil. Émilie règle l’appareil photo, lance un timelapse du coucher du soleil et se joint aux autres posés à rigoler et à lire le livre d’espagnol de Jean sur le sable qui devient de plus en plus froid. Tellement froid que n’avons plus la patience d’attendre la fin du timelapse et refaisons le chemin inverse vers l’auberge dès que le soleil passe derrière la ligne d’horizon montagneuse. Une fois à l’abri du vent froid de l’altiplano, nous profitons d’un bon maté (boisson d’Amérique du sud à base d’infusion de feuilles) de coca et d’une douche chaude pour la modique somme de 10 bolivianos (1€25) pour certains. On nous sert ensuite un repas généreux et même une bouteille de vin par table. A la fin du repas, un des conducteurs vient nous voir et nous demande si ce serait possible de jouer quelques morceaux. Nous acceptons et sortons les instruments. Comme la veille, les gens sortent leurs smartphones et filment tout le set pour garder une trace des déhanchés endiablés des musiciens. Malheureusement, le set ne peut pas durer longtemps car les musiciens commencent déjà à suffoquer à cause de la poussière qui s’élève du sol fait entièrement de sel. Nous rangeons les instruments dans leurs étuis et sortons dehors pour trouver un ciel comme on en a jamais vu auparavant. Des centaines d’étoiles éclairent la voute céleste avec au milieu une Voie Lactée éclatante.
Le lendemain matin, les réveils sonnent à 4h30. Nous faisons rapidement nos sacs et les chargeons sur les jeeps. Il faut partir vite pour ne pas rater le lever du soleil sur le salar d’Uyuni. Nous continuons la nuit dans les voitures et arrivons vers 6h du matin à l’entrée du Salar. Les jeeps roulent sur une route au beau milieu de ce qui semble être un lac immense. C’est en réalité juste une couche d’eau de quelques centimètres au-dessus de la mer de sel que sont les alentours. Ce miroir d’eau salée reflète parfaitement les montagnes à l’horizon donnant ainsi un paysage de lever de soleil qu’on ne voit qu’une fois dans une vie.
Nous prenons la route (enfin la piste de sel) ensuite vers notre prochaine destination où nous attend le petit-déjeuner. Pour y arriver, les deux jeeps roulent l’une à côté de l’autre pendant une heure sans sembler avancer tant le paysage est plat et uniformément blanc dans cette mer de sel de plus de 10000 kilomètres carrés.
Nous arrivons ensuite à l’Île Incahuasi (oui une ile au milieu du désert). Cette colline de corail est en fait une ile uniquement pendant les quelques jours de l’année où le salar et recouvert d’eau (comme à l’endroit du lever du soleil). Ça peut paraitre absurde de dire que cette île est formée de corail alors qu’elle se trouve à 4000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Mais tout s’explique quand on apprend que le salar est en fait une partie de mer qui s’est retrouvée coincée par la formation de montagnes autour et dont l’eau s’est évaporée en laissant tout ce sel. Cette île est surtout connue pour sa multitude de cactus imposants pouvant aller jusqu’à 4 mètres de haut, avec une taille record de 12 mètres pour le plus haut cactus de l’île. Nous escaladons le chemin aménagé de la colline pour arriver au sommet où nous observons l’immensité du salar et le sel qui s’étend à perte de vue à l’horizon. On se dit même qu’avec un peu d’imagination, on peut très facilement imaginer l’eau qui à dû se trouver à un moment sur ces terres. Après une demi-heure passée à flâner et prendre des photos, nous redescendons pour le petit-déjeuner qui nous attend sur le parking.
Au moment du départ, nous partageons aux conducteurs que nous aimerions nous arrêter une petite heure au milieu du salar à un endroit peu fréquenté des touristes. Le but de cette pause est de faire des photos défiant la perspective et trompant la logique mais aussi de profiter de ce cadre unique pour tourner un clip pour un de nos morceaux. Ils acceptent volontiers et nous emmènent à un endroit tout à fait comme on l’imaginait. Quelle que soit la direction dans laquelle on regarde, il y a du sel jusqu’à l’horizon. Nous nous empressons de décharger la jeep qui emmène les instruments et nous mettons en position pour filmer. Les brésiliens restent nous regarder un petit moment et finissent par partir au bout de 30 minutes du même morceau joué en boucle et filmé de tous les côtés. Voilà déjà presque une heure que nous nous sommes arrêtés et le tournage arrive à son terme. Nous ne rangeons néanmoins pas les instruments tout de suite. Il est d’usage au salar d’Uyuni de faire des photos qui jouent avec la perspective et le fait qu’il n’y ait aucun point de repère dans le paysage (vous comprendrez ce que je veux dire avec cette photo :
Nous repartons donc, toutes cartes mémoires remplies et batteries vidées, vers ce qui reste de l’aventure. Nous voyons une petite construction à l’endroit où les conducteurs nous arrêtent. C’est le plus vieil hôtel de sel du salar. Maintenant, il n’a plus d’hôtel que le nom, car il n’est plus en service mais sert plutôt de checkpoint touristique où on peut acheter des souvenirs. A côté de l’hôtel, un petit espace est réservé aux drapeaux que les touristes plantent là. Il y en a des énormes et on ne manque pas d’apercevoir le drapeau breton bien entendu, présent à toute occasion. A quelques mètres, une petite construction de sel se dresse en l’honneur du Dakar qui passe chaque année par le salar d’Uyuni depuis 2014.
Nous revoici de nouveau dans les jeeps. A l’approche de Colchani, nous passons devant les mines de sel de cette région de salar. Il n’y a là que des monticules de sel gratté et rassemblé pour ensuite être ramené aux raffineries de Colchani pour être traité. Nous décidons de ne pas s’y arrêter et continuons notre route. On arrive enfin à Uyuni, point final de notre périple. Nos guides nous amènent tout de suite au restaurant prévu pour le déjeuner car ils savent maintenant que nous ne prenons pas le sujet de la nourriture à la légère. On nous y sert un repas bien nourrissant et, alors qu’on pensait le tour est fini, les conducteurs nous invitent à remonter dans les jeeps et nous annoncent que nous avons encore un lieu à visiter. Nous ressortons de la ville et nous retrouvons de nouveau en milieux désertique. On arrive très vite donc à l’ultime stop du voyage : le Cimetière de Trains d’Uyuni. On y trouve des carcasses de locomotives de la fin du XIX siècle. Abandonnés là, ces trains appartiennent au patrimoine de la ville et attirent les touristes aussi bien que les taggueurs. Nous y flânons une bonne demi-heure et grimpons les véhicules en nous prenons pour des gangsters du Far West en plein braquage.
On nous amène ensuite en ville, juste à côté de la gare ferroviaire car nous prenons le train pour Oruro le soir même. Nous partons à la recherche de cartes sim, de wifi et de bon café pour faire passer la fin de l’après-midi. Nous disons aussi au revoir à Nymphe qui prend le bus pour Potosi, la prochaine destination de son voyage qui s’organise au jour le jour. Mais ce n’est qu’un au revoir, car nous la reverrons à Lima lorsqu’elle y passera. La nuit tombée, nous “gîtanisons” dans la gare jusqu’à minuit passé, heure où nous embarquons vers deux semaines parmi les Chipayas.
Sud-Lipez, partie 1 : les habitations régionales. Que ce soient la Ciudad del Encanto avec les peuples précolombiens ou les mines d’or et d’argent avec les espagnols et leurs esclaves africains, l’histoire de ces lieux s’est terminée subitement avec de sombres histoires de malédictions. On espère qu’il n’en sera pas de même avec les pueblos actuels !