Ecouter
Là tu reviens, dans la grande maison, tu reviens sur tes pas, les mains plaquées contre les oreilles. Tu sens que ce n’est pas tout à fait la même chose que la dernière fois. Pourtant ce qui s’est passé pendant un an, tu ne veux plus le voir, ni côtoyer ceux qui en faisaient partie, comme si ça n’avait jamais existé, comme si tu n’avais rien fait, un non-avenu, un rêve. Et puis soudain tu l’entends, le battement des espoirs brisés. Tu l’entends raisonner dans le noir tandis que tu savoures la grandeur du silence, le pépiement des bambous dans le soir calme, le bruit de la vaisselle de l’amoureux qui fait la cuisine. Un bruit d’effondrement, de brisure, un trou noir qui s’ouvre sous tes pieds dans un fracas muet. Et puis plus rien. Tu peux enfin t’arrêter, voir, toucher. Tu l’entends comme si c’était la première fois. La vie était juste derrière, depuis tout ce temps, offerte, patiente, comme un chat lourd et plein du ronronnement des bienheureux. Il n’y avait qu’à s’asseoir, un instant, et simplement écouter. Tout était calme à présent dans la nuit, le passé pouvait coexister avec l’espoir, il n’y avait que maintenant.











