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Le Bugul-noz
Le Bugul-noz (/by.gyl.’noz/ en breton vannetais) ou bugel-noz, « enfant de la nuit » ou « berger de la nuit », est une créature nocturne du légendaire breton, proche du lutin et du loup-garou, et connue pour se présenter sous la forme d'un berger métamorphe portant un large chapeau. Surtout attaché au Vannetais, qui forme l'actuel Morbihan, il est mentionné depuis le xviie siècle et peut-être issu des créatures du type « appeleur ».
La tradition populaire parle de la crainte qu'il inspire et des moyens de s'en protéger. Il aurait pour fonction, selon Walter Evans-Wentz et Pierre Dubois, de prévenir les bergers attardés de l'arrivée des hordes nocturnes, et de les pousser à regagner leur foyer. Les mères bretonnes effrayaient jadis leurs enfants en l'évoquant.
Le bugul-noz est un « lutin malfaisant » qui effraie les humains par ses apparitions, et revêt parfois une peau de loup pour courir nuitamment9.
« Quand les ombres sont descendues, et que l'oiseau de nuit quitte sa retraite, éloignez-vous : vous y entendriez, comme des voix plaintives, les gémissements des pâtres enlevés par le Bugul-Noz, ce Croquemitaine breton ! »
— Guide du voyageur : Carnac et ses alentours14
Les Bretons qui rentrent tard du labour sont susceptibles de le rencontrer et redoutent ce moment15. Esprit de la nuit, le bugul-noz voit l'apogée de son pouvoir à  minuit et fréquente les bois et les chemins, caché par un chapeau8 « plus large qu'une roue de charrette »16 et un ample manteau. Comme dans le cauchemar, il grandit au fur et à mesure que l'on s'approche de lui8. Il possède le don de métamorphose17 afin de surprendre ses victimes16, et peut se changer, par exemple, en cheval18. Il est parfois accompagné de korrigans poussant leur chant de marche19. Anatole Le Braz dit qu'à  Riantec, lorsqu'on l'entend siffler derrière soi, il faut bien se garder de siffler aussi20.
Dans d'autres histoires, il est un loup-garou qui emporte les enfants en les cachant dans son chapeau21. Paul Sébillot livre une version selon laquelle un cultivateur s'aperçoit que son frère est « bugul-noz » et sort tous les soirs sous forme de loup. Suite aux conseils d'un prêtre, il va le rejoindre une nuit et le pique avec une fourche à deux pointes22. Le bugul-noz est parfois lié à la mer, où il officierait, « armé jusqu'aux dents »23, et il craint l'aubépine, dont le pouvoir met fin aux enchantements24. Ce serait un homme maudit qui accomplit une pénitence16. Une version de la légende est affichée sur le chemin de randonnée de Pont Augan, à Quistinic.
L'américain Walter Evans-Wentz s'est intéressé au bugul-noz, qu'il qualifie d'« homme-fée », mais n'est pas parvenu à trouver de description du troupeau qui l'accompagne, ni ce que présage sa rencontre, même s'il a noté que les Bretons préfèrent l'éviter. Il suggère, tout comme Pierre Dubois, que le bugul-noz emmenait paître son troupeau d'ombres à la nuit tombée pour signifier au berger qu'il est temps de rentrer, et ne serait pas maléfique, mais presserait les hommes à quitter les territoires qu'il hante avec les esprits de la nuit25,15.