DHARMA QUINTET, End Starting, SouffleContinu Records
Pour Gérard Marais, guitariste du Dharma (version quintette) à partir de ce troisième disque (en fait, il remplace Gérard Coppéré, l'un des deux saxophonistes présent sur le premier), l’injonction d’un Albert Ayler à faire sa propre musique constitua le détonateur. Elle ne pouvait pas mieux tomber, en tous cas pas dans l’oreille d’un sourd, puisque malgré une certaine attirance pour le free jazz en tant que musicien, il lui paraissait difficile, sinon impossible, de faire siennes les visées esthético-politiques des Cecil Taylor, Archie Shepp ou Sun Ra. Différences ethniques résumera-t-on. Quête d'une musique à soi, aussi, et quelles qu'en fussent les racines plus ou moins évidentes.
Car au début des années 1970, Gérard Marais et ses camarades du Dharma Quintet sont obnubilés par le Miles Davis de la période électrique. Pas celui avec Pete Cosey, encore dans l’œuf. Mais celui fasciné par les claviers électriques et ce fameux Fender Rhodes ayant beaucoup fait pour l’ambiance de In A Silent Way.
Depuis les débuts du Dharma, mais sans pour autant copier qui que ce soit, Patricio Villaroel joue ainsi le rôle de Chick Corea chez Miles Davis. Tandis qu'en dynamisant le groupe de ses fulgurantes, Gérard Marais se montre à la hauteur de John McLaughlin, voire Sonny Sharrock au même moment. Autre soliste d'envergure, le saxophoniste alto Jeff Sicard rivalise d'inventivité avec Byard Lancaster, Noah Howard, Gary Bartz, Marion Brown et Sonny Simmons. Difficile de faire mieux !
Interrogé par un critique bien des années après l'éclatement du groupe, Gérard Marais insistait sur l’idée de chantier inhérente aux seventies, alors envisagée comme seule à-même de faire coexister de manière créative écriture et improvisation. Philosophie qu'il continuera de questionner dans l'ensemble de Michel Portal sur Splendid Yzlment, mais aussi le temps d’un beau duo avec son confrère Joseph Desjean (du Full Moon Ensemble), ou bien encore dans le trio du batteur Stu Martin, à deux guitares cette fois, en compagnie de Claude Barthélemy.
Reste aussi la trace du Dharma Quintet, à la lettre D, entre Dedalus et Dies Irae, sur la liste d’influences majeures échafaudée en 1979 par Nurse With Wound.
For Gérard Marais, guitarist with Dharma (the quintet), from this third album (in fact he replaced Gérard Coppéré, one of the two saxophonists present on the first album), Albert Ayler’s instruction to play your own music was the detonator. This did not fall on deaf ears, and was particularly appropriate as it would have been difficult, even for a musician attracted to free jazz, to make something of his own from the esthetic and political direction taken by Cecil Taylor, Archie Shepp or Sun Ra. What could be summarised as ethnic differences. The quest was to find one’s own music, whatever the more or less apparent roots.
For, at the beginning of the 1970s, Gérard Marais and his comrades in the Dharma Quintet were overwhelmed by electric period Miles Davis. Not the band with Pete Cosey, which was still gestating, but the one fascinated by electronic keyboards and the famous Fender Rhodes which added so much to the atmosphere of In A Silent Way.
From the beginning of Dharma, but without ever copying anyone, Patricio Villarroel played the role of Chick Corea with Miles Davis. While Gérard Marais whose fulgurant playing dynamised the group, was at the level of John McLaughlin, or Sonny Sharrock at the same period. Another important soloist, alto saxophonist Jeff Sicard was as inventive as Byard Lancaster, Noah Howard, Gary Bartz, Marion Brown or Sonny Simmons. It’s difficult to do any better!
Questioned by a critic, years after the group split, Gérard Marais insisted on it being an idea born of the seventies, which seemed the only creative way to enable written music and improvisation to co-exist. This was a philosophy that he would continue to develop within Michel Portal’s group, on Splendid Yzlment, but also in a great duo with Joseph Dejean (of Full Moon Ensemble), and yet again in a trio led by drummer Stu Martin, with two guitars the other being Claude Barthélemy.
The Dharma Quintet, made their mark, appearing under the letter D, between Dedalus and Dies Irae, on the list of major influences created in 1979 by Nurse With Wound.