les allées dallées d’arbres – le désordre des arbres ; le désordre des rues où s’enchaînent des jambes – et des haies de motifs : femmes aux robes à motifs – parois aux frises à motifs – feuilles aux lobes à motifs ; le boucan, le désordre ; des chemins de fourmis sur le tronc des platanes ; les grandes paumes des grands arbres – mais les jambes sportives – férocement ou forcément – en double file ; et toi devant, la moue bougonne –
et ces drapés, ces faux drapés, crénelés d’ombres à nervures (les lumières sont veuves : on se mange à nouveau) ; tes yeux questionnent les moulures – tes yeux ouvrent le vide et y voient des motifs ; les allées d’arbres dallées d’ombres ; le désordre des murs ; les reflets sur les vitres ; tes grands yeux font tomber les motifs de leurs murs ; – et tout se vide tout se vide ; – mais tu gardes les lignes –
les lumières sont vieilles : des majuscules minuscules ; les femmes lourdes de motifs – les enfants enrobés de motifs et de graisses – tout est trop vieux ou tout est neuf / tout se déverse se dévide ; et s’enchaînent les jambes / là-haut montent les arbres ; là-haut montent les arbres, et dessus eux montent des miettes ; tout se déverse tout se vide ; – et tes yeux perlent de questions –
on se mange à nouveau : tout procède du vide ; tu y prends des motifs : – une ligne de murs, une file de courbes, un pavillon, des paraboles – des reflets sur des vitres ; tu n’y vois que motifs, tu y plantes des lignes – captes les vagues des grands arbres (par-dessus ton épaule) – captes les ondes les lumières – vides les sièges de leurs corps ; captes / transcris – à ta manière ; – captes le vide – et le repeuples –
les allées plantées d’ombres – et les drapés des robes ; les rayures des murs et les troncs tachés d’ocre ; tous ces grands arbres ces grands arbres – et ces fuites de jambes ; tout ce boucan, tout ce désordre – mais toi beau comme un neuf : – tentation de soleil, tentation de rochers – tentation de l’immense ; toi qui souris dans ces motifs – et qui refuses ce vacarme – qui dis que tout est à jeter : ces hurlements, ces rayements, les cris terrestres des essieux jetés lourdauds contre des rails – tu défais tout, tu t’en défais ; – mais tu gardes les lignes –
au-revoir aux feuillages, – à ces yeux illisibles, – à ces cocardes ces motifs, – aux diesels aux soleils, – à ces nombres croisant leurs propres ombres allongées, – aux fourmis et aux signes, – à l’indolence et à l’immense, – à l’heure aux formes déformées, – aux reflets des poissons dans les reflets des vitres, – et réduire à des lignes les lignes du monde, – ne garder que des lignes –
ne garder que tes doigts sur le papier du monde.
T.T.d.F. - Voix d’Orphée-Noir - pour C. (26/06/17)