¿ Qué tal en el DF ?
Ici c'est une des plus grandes villes du monde, perchée à 2421 m d’altitude sur un plateau bordé par des montagnes que l’on peut apercevoir les jours où le “smog” est en vacances. De par sa taille, cette ville rassemble tous les types d’habitation, de routes, de styles de vie, de personnes… Se mélangent des quartiers résidentiels de luxe ultra sécurisés à un business disctrict ambiance Manhattan, agrémenté par des monte où s’entassent des habitations pas toujours en dur... Les quartiers chics du centre sont pris d’assaut par les artistes et les expatriés, ils bordent l’immense Parque Chapultepec qui est aussi appelé le poumon vert de Mexico. On y trouve d’adorables écureuils gris pas du tout farouches. Le tout est surmonté d’un périphérique à étages qui rappelerait presque Gottam City et vous donne l’impression de voler lorsque votre chauffeur de taxi y dépasse les limites.
Je ne vais pas m’étendre sur la circulation, c’est intense, sportif et hautement décommandé si vous avez peur en voiture. Le trafic est aussi le classique sujet dès que les horaires entrent dans la conversation, tout comme parler du temps en Bretagne, on ne peut y échapper.
L’altitude et la pollution (elle est telle que les voitures ne peuvent rouler qu’une semaine sur deux) surprennent à l’arrivée. C’est en courant le première fois pour attraper un métro que je m’en suis rendue compte. On s’y habitue tranquillement mais les fortes odeurs des voitures mélangées aux effluves huileuses des stands de tortillas postés à tous les coins de rue du centre peuvent vite donner mal au coeur.
J’ai aussi été surprise par la taille des distances. Moi qui ai toujours vécu en ville et adore m’y promener à pied lorsque j’ai un peu de temps, j’ai vite du ravaler mes prétentions de ballade d’un quartier à l’autre. Aucun des repères de taille que vous pouvez avoir en Europe n’a de commune mesure avec ce qu’il y a ici !
Je suis installée depuis quelques jours dans une grande maison du quartier San Miguel Chapultepec qui borde le parc dont j’ai parlé plus haut. C’est un quartier tranquille fait de maisons basses, très arboré. J’ai déjà repéré une petite taqueria de qualité qui sert les traditionnels Tacos al Pastor, déliciosité locale composée d’une tortilla de mais, de viande épicée rotie à la broche (qui ressemble aux broches de nos kebab adorés) mélangée à des oignons et de la coriandre pour le plaisir de vos papilles. Les plus ambitieux peuvent rajouter de la salsa roja qui vous met la bouche en feu. On ne rigole pas avec le chile ici ! J’ai hâte d’investir une véritable maison de mexicains pour mieux découvrir les secrets de la cuisine locale.
Globalement ce que j’en ai compris c’est qu’elle est très généreuse. Beaucoup de fromage, d’huile et de viande. Tout cela arrosé de bière (les bières Indio ont toutes des dessins différents, trop joli); et de Tequila, mieux vaut ne pas trop penser diète par ici…
En ce qui concerne les gens, j’ai encore du mal à en parler par manque d’expérience. Le caractere national semble tout de même très accueillant, toujours enjoué et peu enclin à la pelea. Les gens sont avenants, toujours prêts à vous aider et il n’y pas vraiment de stress ambiant comme on peut le ressentir dans d’autres très grandes villes. Le machisme est une composante majeure des comportements masculins et il se ressent beaucoup. Les hommes n’ont pas les yeux dans leurs poches et n’hésitent pas à lancer des “piropos” à tout va. Cela reste poli en général, mais tout comme lorsque j’étais arrivée en Argentine, cela m’a surprise et m’a rendu un peu parano les premiers jours. Je n’ose pas encore marcher les yeux droit devant et regarder qui je veux sans me poser de question. Autant prendre le bon côté des choses, cette propension au compliment callejero peut être adoptée comme un moyen de savoir si vous êtes très en beauté ou pas en sortant de chez vous le matin ! Mieux que le miroir, écoutez les ouvriers en bas de votre maison pour vous sentir belle ;)
Ma nouvelle maison est tout comme j’aime ! Grande, lumineuse, animée par les va-et-viens de chacun. Nous sommes 10 donc l’animation ne manque pas. Digeo et Juan, les “dueños de la casa” s’y sont installés au milieu de l’annee derniere et veulent faire de cette maison un endroit de création artistique et de rassemblement autour des passions de chacun. Lila étudie le théâtre, Su est photographe, Alicia est designer, Gwen cuisine… Pour l’instant je me positionne plus en observatrice mais qui sait si dans quelques temps je n’aurais pas moi aussi mon dada à mettre en scêne dans notre jardin ? Tout cela reste assez théorique, dans les faits c’est une maison comme une autre, mais où les conversations penchent souvent vers les mythes locaux, la possibilités de rencontrer un chaman prochainement et la croyance en les signes. La culture mexicaine y est bien présente, j’y ai même déjà appris à cuisiner du nopal, qui n’est autre que notre figuier de Barbarie méditerranéen. Pour l’instant c’est meilleur à la taquería du coin que cuisiné dans ma poele, mais je ne perds pas espoir !
Al final, la question que tout le monde me pose : “Alors il fait chaud à Mexico?”
Et bien non, ici c’est l’hiver, et comme il ne dure pas longtemps, les mexicains n’ont pas jugé utile de démocratiser le chauffage central, donc on se les pêle sévère.
D’où le weekend à la plage qui s’impose.
À la semaine prochaine...












