Claude Lorius Des bulles et une intuition
Été austral 1965 Terre Adélie, Antarctique
Après une journée de travail, Claude Lorius trinque avec ses collègues.
Ici, pour les glaçons, on se sert dans les carottages. Dans son verre de whisky, les bulles d’air qui remontent intriguent le glaciologue, et chef de mission. Et si ces bulles conservaient la composition de l’atmosphère du passé ?
S’ouvre ainsi à l’occasion d’un apéro un nouveau champ de recherche pour la glaciologie. Pour cela, il va falloir continuer de forer, et de creuser plus profondément dans les glaces.
Il s’agit de continuer à retracer le climat, et ce jusqu’aux origines de l’humanité.
La mission que s’est assignée Claude Lorius avec les scientifiques et les logisticiens des Expéditions Polaires Françaises (EPF) qui deviendront l’Institut Polaire Français Paul-Émile Victor (Ipev).
Dans les années 1960, direction l’intérieur du continent Antarctique.
Avec l’aide des nords-américains et des soviétiques, les Français choisissent le site du Dome Charlie, situé à 3 230 mètres d'altitude et 1 100 kilomètres de la base Dumont-Durville.
Là, ils forent dans les glaces jusqu’à 900 mètres de profondeur, révélant ainsi 40 000 ans d'archives du climat de notre planète.
Pour Claude Lorius, ça n’est cependant pas suffisant.
À 550 kilomètres de Dome C, Vostok est une base scientifique soviétique près de laquelle les russes sont parvenus à prélever des carottes de glace jusqu’à 2 200 mètres de profondeur.
Lorius n’a alors qu’une idée en tête : recevoir l’autorisation des soviétiques de ramener en France des carottes pour les analyser plus finement.
Les Soviétiques acceptent l’idée.
En 1984, Claude Lorius obtient l’autorisation de sélectionner environ 150 échantillons de ces 2 000 mètres de carottes de glace exceptionnelles.
Échantillons qu’il ramène en France et qu’il va analyser en s’intéressant notamment à la quantité de gaz à effet de serre.
À force de recherches et d’analyses, Claude Lorius et ses équipes vont prouver que la Terre a sa vie propre, avec une alternance de période chaude et froide.
Autre découverte notoire, celle de l’accélération brutale de teneur en gaz carbonique concomitante avec la hausse de la température moyenne sur Terre, la signature de l’activité humaine et de ses effets négatifs. Et dire que tout est parti d’une intuition en buvant un whisky avec glaçons.
Extraits de mon film documentaire « Odyssées Blanches » (Ekla production - Ushuaia Tv) et du livre « Une histoire de l’exploration : neiges et glaces » (éditions Glénat)
Photographies © Archipôles (Archives polaires Françaises)
ARCHIVES
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DIFFUSION TV
Hommage, rediffusion de mon film documentaire « Odyssées Blanches » (Ekla production - Ushuaia Tv) sur Ushuaia TV le dimanche 26 mars à 23h30.















