Vík, Iceland

seen from Australia

seen from Germany
seen from Netherlands
seen from Türkiye

seen from China

seen from United States

seen from Canada
seen from South Africa
seen from Poland

seen from South Africa
seen from Australia
seen from China
seen from Türkiye

seen from Brazil

seen from United States

seen from Germany
seen from Ukraine

seen from Guadeloupe
seen from United States

seen from Brazil
Vík, Iceland
Anya Taylor Joy as Furiosa in Furiosa: a Mad Max Saga (2024) dir. George Miller
Cuphead!
Enfin le soleil ! ☀️
Le vent dans le dos et l’horizon pour seule limite... Il n'y a rien de tel pour faire briller nos ambitions de voyage. Cap sur l’aventure ! 🏔️
À deux, chaque virage devient une nouvelle découverte. Partager la route, c’est multiplier les souvenirs et savourer ce sentiment de liberté pure. 🏍️💨
Les Marées de l'Aube Rouge
Fil de Navigation
Chapitre 7 : Faire table rase
Chapitre 6 - Chapitre 8
★⋆✩✩✩⋆★⋆✩✩✩⋆★
Après les tensions de la veille, Béatrice est forcée de confronter ses préjugés… et ses alliés. Tandis qu’un terrain d’entente fragile se dessine enfin avec Shanks, une menace bien plus intime se révèle : son propre corps est en train de la lâcher. Entre alliances politiques, secrets de famille et vérités divines longtemps étouffées, Béatrice comprend qu’elle n’a plus le luxe d’attendre. Faire table rase devient une nécessité : même si le prix à payer pourrait être sa vie.
★⋆✩✩✩⋆★⋆✩✩✩⋆★
« Rien de ce qui est ancien ne doit nous paraître inviolable. » Denis Diderot
Le lendemain matin, Béatrice serra sa petite sœur de toutes ses forces, heureuse de retrouver son rayon de soleil. La fillette lui avait préparé le petit déjeuner et s’était exceptionnellement levée tôt, huit heures, pour lui faire la surprise. Grâce à cette attention, Béatrice parvint à ne pas penser aux événements de la veille. Elle se rappela seulement qu'elle devait organiser la réunion et que le départ de l'équipage était prévu en début d'après-midi, ce qui la soulageait grandement.
— Bien, tu peux m’expliquer ce que tu fous ici ? lança-t-elle en croquant dans sa tartine, tout en fixant l’invité surprise.
Akira termina son café, un sourire aux lèvres.
— Je voulais que tu nous racontes un peu plus comment ça s'est passé hier soir avec Shanks.
Trop occupé la veille en agréable compagnie, Akira avait manqué la scène de chamailleries. Il avait donc sauté hors du lit, et quitté celle qui l'y retenait, pour rejoindre sa cousine et écouter les derniers potins, accompagné d’Ambre et d’Aïcha.
Béatrice observa les trois personnes alignées devant elle, impatientes. Après avoir pris une gorgée de son café au lait, elle raconta tout ce qui s’était dit, prenant soin d'édulcorer certains mots pour les jeunes oreilles de la plus petite.
À la surprise de Béatrice, ce fut Ambre qui claqua son verre de jus de fruits vitaminé sur la table et la foudroya du regard.
— Tu te moques de moi, Béa ! s’exclama-t-elle d’un ton autoritaire, celui qu’elle réservait habituellement à ses propres enfants. Tu ne vas tout de même pas bouder cet homme pour des raisons aussi puériles ! C’est honteux de ta part !
Béatrice fit une moue attristée, détestant être réprimandée par sa sœur de cœur.
— Enfin ! Bien sûr qu’ils ont raison d’être méfiants. C’est un équipage d’Empereur qui existe depuis plus de vingt-deux ans. Ils ont de l’expérience, c’est normal que Shanks voie les choses différemment de toi. Mets-toi à sa place : il a dû reconstruire son équipage après avoir perdu son capitaine, son repère, sa famille ! Il s’est forgé un nom, s’est battu dans tous les sens du terme pour devenir celui qu’il est aujourd’hui. Il s’est créé une nouvelle famille qu’il protège et garde près de lui à tout prix.
— Je ne dis pas que tu n’as rien accompli, poursuivit Ambre en voyant son amie rougir d’offuscation, mais je t’invite à te mettre à sa place. Ce n’est pas dans ton caractère de juger aussi rapidement et d’être aussi injuste.
Akira et Aïcha hochèrent la tête d’un même mouvement.
— Je comprends ce qui te retient, ajouta Ambre. Tu as peur qu’il fasse du mal à notre famille, celle que tu t’acharnes à protéger depuis toujours, ce qui t’a d’ailleurs conduite à rester dans la Marine pendant vingt-quatre ans. Mais n’oublie pas ce qu’il a fait pour ton père, ton frère et pour Uta. C’est lui le père d’Uta. Certes, tu as su redonner confiance à cette jeune fille, et regarde-la aujourd’hui : elle vit entre l’académie de chant et chez lui, en garde alternée. Elle l’aime, elle lui a pardonné, et il l’a mérité.
Même si Béatrice reconnaissait la justesse des paroles de ses proches, les souvenirs douloureux de cette précieuse petite crevette, autrefois psychologiquement brisée, réduite à l’ombre d’elle-même, continuaient à ronger sa raison.
Akira se pencha vers elle, ramenant son attention à nouveau.
— Et puis, il faudra bien que tu lui dises un jour, à Shanks, qui tu es pour sa fille.
Les poils de Béatrice se hérissèrent à l’idée de révéler qu’elle était, pour Uta, la figure la plus proche d’une marraine… et peut-être plus encore.
— Plus tard... quand j’aurai plus confiance en lui, murmura-t-elle.
— Que comptes-tu faire désormais, maintenant que Thoma et nous t’avons éclairée ? demanda Akira.
— Pour l'heure, je ne sais pas. Béatrice haussa les épaules, honnête. J’entends ce que vous me dites, mais…
— Prends ton temps, la rassura doucement son cousin aux cheveux bordeaux. Shanks a aussi sa part de responsabilité dans tout cela, y compris dans les erreurs qu’il a répétées, tout comme toi.
Béatrice hocha pensivement la tête. Elle réalisait que sa relation avec le Roux avait très mal débuté, mais que dans d'autres circonstances, tout aurait pu être différent. Ils avaient tant en commun : il était proche des membres de sa famille, détenait la confiance de certains, était devenu son allié malgré tout, et partageait bien des traits de caractère avec elle.
Cependant, cette prise de conscience n’effaçait pas la honte qui l’envahit en repensant à la veille : l’éclat de colère qu’elle avait déversé sur le capitaine pirate devant ses subordonnés. Elle se demanda, juste une seconde, s’il était encore temps d’annuler l’alliance.
— Tu ne peux pas rompre cette alliance, Béa, gronda Ambre, sans la quitter des yeux.
Maugréant, Béatrice quitta la maison pour aller s’installer sur la balancelle.
La maison qu’elle partageait avec Ambre, ses enfants et Aïcha était située presque à l’opposé de celle de Thoma et de sa femme Havana. Elle surplombait le village, offrant une vue dégagée sur le centre et, plus bas, sur le port. De là où elle se trouvait, Béatrice distinguait à peine les silhouettes floues des navires et des gens qui s’activaient au loin.
La balancelle, installée à l’ombre d’un arbre à quelques mètres de la maison, semblait hors du temps. Le calme du matin, mêlé à l’odeur saline portée par la brise, et au parfum de son café au lait, détendit chacun de ses muscles. Elle se laissa bercer doucement, au rythme du vent, tandis que les blés voisins ondulaient paisiblement et que, plus loin, les petites clochettes suspendues au perron tintaient doucement.
Un instant, en balayant des yeux le ciel d’un bleu limpide, Béatrice envia tous ceux qui avaient la chance de mener une vie simple, paisible, rythmée par un quotidien choisi et assumé. Mais la chaleur incandescente de l’allumette d’Iowa, pesante contre elle, lui rappela le poids de son propre destin, aussi chargé qu’inéluctable.
Boum. Boum. Boum…
— Ce paysage est tellement beau que cela me ferait presque rester, lança une voix derrière elle.
Béatrice n’avait pas besoin de se retourner : elle reconnaissait désormais la voix de Shanks Le Roux. Grave, captivante, capable de provoquer un frisson le long de l’échine. Une arme en soi, et lorsque le Roux y insufflait son Haki des Rois, elle en devenait mortelle.
L’homme s’approcha, dépassant la maison pour venir vers la balancelle à trois places. Béatrice, assise en tailleur, son café au lait dans les mains, l’observa avancer. Elle faillit détourner les yeux, gênée par leurs différends de la veille, mais le guetta approcher. Il gardait la main posée sur la poignée de son sabre, comme par réflexe.
— Effectivement, cela pourrait être une raison suffisante pour rester ici.
À sa grande surprise, Shanks choisit de s’asseoir à même le sol, sur l’herbe verte. Il posa Griffon à côté de lui et, de là, il bénéficia de la même vue qu’elle : le port, les silhouettes des navires, ses hommes s’affairant.
Béatrice attendit qu’il prenne la parole. Elle n’osait pas entamer la conversation, encore prisonnière de sa honte et de son orgueil. Elle pria pour que l’ombre dissimule la légère rougeur qui montait à ses joues à mesure que les souvenirs de la veille refaisaient surface.
— Il semblerait que nous soyons partis du mauvais pied, commença Shanks, contemplant le paysage. Je tenais à m’excuser pour mes paroles d’hier soir. Je ne te connais pas, et chacun a droit à ses secrets.
Le cœur de Béatrice battit plus fort. Elle avait souhaité des excuses, oui, mais les recevoir ainsi, avec une sincérité si brute, la déstabilisa. Il était difficile, pour beaucoup, de s’excuser véritablement, de reconnaître ses fautes. Cela demandait du courage, un temps de vulnérabilité.
Toutefois, le plus dur était de faire le premier pas.
Rien que pour cela, son immuable rancune se fit casser la gueule par son empathie et sa bienveillance naturelle. Cet homme avait fait preuve de plus de recul et de maturité qu’elle concernant leurs différends, et ce fut à ce moment précis que la Shine comprit que l’Empereur pirate n’avait pas volé son titre. Il possédait l’expérience, la remise en question, et l’autorité d’un vrai leader. L’écart entre eux deux était indéniable.
Et dire qu'elle devait bientôt prendre la tête de sa famille... Face à un homme comme lui, un vertige d'imposture la saisit brièvement. Mais ce n'était ni le moment ni l'endroit pour flancher.
Sans un mot, Béatrice déposa sa tasse sur la petite table avant de glisser au sol, sur l’herbe douce qui chatouilla ses pieds nus. Elle s’assit en tailleur près de Shanks, gardant toutefois une distance prudente.
Le mouvement attira l’attention de l’Empereur qui haussa un sourcil en la voyant finir de s’installer par terre.
— Je tiens moi aussi à m’excuser pour mes paroles. Je ne te connaissais pas. Mes a priori ont obscurci mon jugement, envers toi et les tiens.
Désormais, elle comprenait pourquoi il était difficile de faire face à ses fautes tout en assumant le regard de son interlocuteur. D’ailleurs, deux marchands en bas de la rue, en train de se chamailler, devinrent soudain fascinants à observer. Toutefois, prenant son courage à deux mains, Béatrice osa dévier son attention sur lui.
Pour sa défense, l’homme était fichtrement intimidant et possédait un charisme naturel qui écrasait presque le sien.
Il l’examinait avec un air narquois, qui fit apparaître une veine sur le front de la femme : ce petit con se marrait alors qu'elle s'excusait. En voyant la fille de son nakama se tendre : elle l'avait percé à jour, Shanks éclata de rire, un rire franc et chaleureux qui le caractérisait.
— Et dire que j’allais retirer ce que j’ai dit hier, que tu étais un pauvre con, grogna Béatrice, ce qui redoubla l’hilarité du pirate.
— Je ne t’ai jamais contredit là-dessus, lui répondit-il en la narguant du coin de l’œil.
Cela eut néanmoins l'effet de la dérider. Elle libéra l'air de ses poumons, plus légère. Un coin des lèvres de la femme s’éleva, Shanks l'aperçut immédiatement.
— Cela étant dit, précisa-t-elle, je ne m’excuserai pas pour ma présence dans la Marine ni pour les souffrances qu’elle a causées. Nous avons tous fait des choix qui nous ont opposés. Mais aujourd'hui, nous sommes alliés. Mon temps dans la Marine touche à sa fin. Je ne ferai plus de tort à ton équipage. J’espère que nous pourrons apprendre à nous faire confiance.
Shanks écouta attentivement, hochant de temps à autre la tête. Intérieurement, il appréciait le courage et la sagesse dont elle faisait preuve en partageant ainsi sa façon de penser et son envie d'aller de l'avant.
— J’apprécie ton honnêteté.
Il se laissa tomber en arrière, appuyé sur son coude pour continuer à la regarder.
— Will m’a tellement parlé de toi… Quand je t’ai rencontrée, je me suis senti déçu, comme si on m’avait menti.
Béatrice haussa un sourcil, sceptique quant à la façon dontil allait rattraper cette première partie de sa phrase sans la vexer.
— Mais, poursuivit-il avec un sourire, tu ne t’étais pas adressée à moi comme tu le fais avec ta famille. Et c’est ça qui m’a perturbé. Aujourd'hui, je suis entièrement d’accord : nous sommes alliés. Ça ne sert à rien de s’enliser dans nos passés respectifs. D’ailleurs, si on regarde bien… nous aussi, nous avons fait du tort aux tiens.
La femme hocha la tête. Béatrice, n'étant pas du côté exécutif, avait moins considéré ce point de vue.
— Bref, on a tous nos torts, comme tu l’as dit. Et si on repartait de zéro ? proposa-t-il en lui tendant la main.
Son expression s’adoucit lorsqu'elle lui prit la main, notant à quel point la sienne semblait menue dans celle du pirate.
— Quand veux-tu faire le point sur les infos sur Teach ? demanda-t-elle, reprenant son café au lait.
Shanks observa ses hommes en contrebas avant de se frotter la barbe.
— Fin de matinée ? Cela nous laissera le temps de partir en début d’après-midi.
Béatrice, à sa propre surprise, ne ressentit pas la joie attendue à l’idée de leur départ. Au contraire, une pointe de curiosité la piqua. Elle haussa intérieurement les épaules : elle aurait d’autres occasions de revoir cet équipage.
— Je vais prévenir tout le monde, dit-elle en se redressant, avant d’être arrêtée par Shanks.
— Je me rends compte que je n’ai pas ton numéro d’escargophone.
— Il est vrai qu'avant, j'avais en tête de ne pas te le donner, car ce sont plutôt les branches du recueil de données qui possèdent les infos qui peuvent t'intéresser, développa-t-elle, en se grattant l’arrière de la tête, un peu gênée. Je vais y remédier avant que tu ne partes. Y a-t-il autre chose que tu veux me demander ?
Réfléchissant intérieurement à ce qu’elle pouvait mettre en place pour améliorer leur nouvelle relation, en plus de lui donner son numéro personnel, Béatrice envisagea de lui donner un morceau de sa carte de vie. Néanmoins, une partie d’elle ne fut pas d’accord avec cette décision, la jugeant trop précoce. Béatrice savait que cela reviendrait à lui donner sa localisation constante et son état de santé. Et l’état de celle-ci n’allait pas en s’arrangeant.
Shanks se redressa, posant son unique coude sur sa cuisse, sa mine s’assombrissant.
— Tout à fait. J’aimerais que tu m’éclaires sur quelque chose que Will m’a dit. J’ai du mal à y croire.
Béatrice sentit un frisson la parcourir. Qu’est-ce que son père avait bien pu leur dire pour que l’Empereur prenne un air aussi sérieux ? William aurait-il fait référence à son affiliation avec la famille Kamuku ou peut-être qu’il lui a dit qui elle était pour Uta ?
— Est-il vrai que tous les Shine ont un problème avec le contact physique ?
… Hein ?
La tension se relâcha. Un rire qu'elle ne put retenir lui échappa, cet homme avait vraiment des réactions aléatoires et priorisées de la même manière. Sûrement, le stress amplifia son fou rire, car elle eut du mal à s’arrêter. Quand elle parvint à revenir à la réalité, Béatrice se rendit compte qu’elle avait influencé le rouquin qui l’avait suivie.
— Qu'est-ce qu'elle a de bizarre, ma question ?! s’offusqua-t-il faussement en la pointant du doigt. Aussi bizarre que cela puisse paraître ton frère avait un mal fou à faire des câlins au début.
— C'est vrai, et c'est pareil pour tout le monde. Il vaut mieux attendre que ce soit nous qui initiions le geste plutôt que le contraire. J’ignore trop d’où ça vient… On est plus gêné quand cela vient du sexe opposé aussi, peu importe qu’on soit un homme ou une femme.
— Vous êtes une sacrée famille de bizarres… Je pensais que seuls les Charlotte avaient ce genre de trucs !
— Fais gaffe à ce que tu dis, grinça-t-elle, amusée. Ne nous compare pas à eux !
Les deux se chamaillaient, leurs visages s'illuminant alors qu'ils s’étudiaient avec malice et amusement dans les yeux.
La femme expira l’air de ses poumons, son hilarité lui avait permis de vider toute l’anxiété accumulée et une partie de la rancœur à l’égard du pirate.
Shanks apprécia le silence détendu qui accompagna leur échange. C’était la première fois qu’il réussissait à la faire rire et sourire. Il se mit vraiment à penser que, dans d’autres circonstances, ils se seraient appréciés d’entrée de jeu. D’après les récits des membres de sa famille, elle était une femme bon public et ouverte à tous. Il était vrai que leur rencontre n’avait pas arrangé, en plus d’être dans des camps adverses. Néanmoins, Shanks avait vite compris que leur alliance ne fonctionnerait jamais s'ils ne mettaient pas tout à plat.
Elle avait ouvert son cœur et ses pensées, le pirate avait compris que Béatrice avait été aussi tracassée que lui à ce sujet et souhaitait que cela change.
En revenant sur son navire, son sourire et sa bonne humeur parlèrent d'eux-mêmes. Yasopp, Limejuice et Beckman ricanèrent en le voyant si joyeux.
Même Holy en déposant sa caisse de munitions se tourna vers son capitaine.
— Ça y est, vous avez enterré la hache de guerre ?
— Tout à fait, confirma Shanks, un sourire éclatant aux lèvres. Nous ferons le point sur les infos dans une heure et nous partirons après.
Un chœur de « Enfin ! » s’éleva à l’unisson parmi les membres présents sur le pont. Certains levèrent les bras au ciel comme s’ils venaient d’échapper à une terrible épreuve, d’autres haussèrent les épaules avec des sourires amusés.
Beckman, toujours fidèle à son calme légendaire, s’approcha de Shanks, lui tendant une bouteille d'alcool bon marché.
— T'as pas trop ramassé au passage ?
Shanks fit une brève accolade à son second en guise de remerciement.
— Ça va, je m'en suis mieux sorti que prévu. Elle est moins féroce qu'elle n'en a l'air... quand elle veut.
Les éclats de rire fusèrent de nouveau. Limejuice, pipe coincée entre les dents, lança à mi-voix :
— Méfie-toi, chef, ces petites panthères-là, ça griffe fort quand ça se sent à l’aise.
— Et elles mordent aussi, renchérit Yassop, ce qui fit hoqueter de rire Holy.
Shanks laissa échapper un rire profond.
— Bon, les gars, on a qu’une heure devant nous, alors finissez de charger le nécessaire, vérifiez le Red Force, et on se retrouve pour le briefing.
— Aye, capitaine ! répondirent-ils en chœur dans une joyeuse cacophonie.
Shanks observa ses hommes s'éparpiller avec efficacité sur le pont, le cœur plus léger que ces derniers jours. Tout doucement, il sentait que la suite de leur aventure allait s'annoncer différente.
Peut-être... en mieux.
★⋆✩✩✩⋆★⋆✩✩✩⋆★
— Comment ça ? Tu ne t’es pas encore Éveillée ? demanda Thana’, la voix tendue à l’autre bout du fil.
Depuis le centre scientifique de Céleste, Béatrice s’était enfermée dans le bureau de communication, l’un des rares endroits équipés d’un escargophone blanc brouilleur d’ondes. Après avoir averti sa famille de la situation, elle avait choisi cet endroit pour discuter à l’abri des oreilles indiscrètes avec Thana’, le Chevalier du Haki de l’armement.
Ce dernier lui avait avoué, au fil de leur conversation, avoir côtoyé bon nombre d'anciens Rois et Reines... et, incidemment, qu'il était âgé de plusieurs siècles. Leur rencontre remontait à ses treize ans. À l'époque, Thana’, trompé par l'aura émanant de Týr, avait d'abord cru que le jeune garçon de quinze ans était le nouveau Roi. Ce ne fut qu'après quelques jours qu’il avait compris son erreur et rencontré la véritable héritière. Depuis, les trois avaient tissé une amitié solide.
Quand Týr avait été en âge de voguer de ses propres ailes, il avait défié Béatrice en prétendant qu’il finirait assez fort pour qu’elle-même puisse le rejoindre, libérée de la peur des Cinq Doyens. Thana’, fasciné par son ambition, avait choisi de devenir son premier compagnon. Aujourd’hui, Týr était devenu une figure reconnue, poursuivant son rêve d’amitiés sincères et de fêtes ininterrompues.
Alors, bien sûr, sa rencontre avec Shanks n’avait pu que sceller une alliance haute en couleur.
Cependant, la situation de Béatrice n’avait rien d'aussi festif. Sa discrétion sur son état de santé l’avait menée dans une impasse dangereuse. Elle n’aurait jamais imaginé que les Cinq Doyens, et peut-être Sengoku lui-même, voudraient la faire disparaître.
— Non, répondit-elle d'une voix serrée. Soit Sengoku n’est pas conscient des préjudices que cela peut encourir, soit les Cinq Doyens veulent ma peau ou me retenir à leurs bottes pour éviter que je ne les gêne si je cherchais à les quitter un jour en me laissant dans l’ignorance.
— Cela voudrait dire que Sengoku ne t’a donné aucune véritable éducation ? s’étonna Thana’.
— Il m’a parlé de l’histoire, des limites et des pouvoirs… mais rien de concret sur l’Éveil.
— Et ton état actuel ? Tu peux toujours utiliser tes dons ?
Béatrice hésita avant de répondre :
— Récemment, oui… mais chaque utilisation me provoque une douleur atroce. Sengoku m'a conseillé d’arrêter.
Un juron éclata à l’autre bout de la ligne. Thana’ était hors de lui.
— C’est des putains de conneries ! hurla-t-il. Il t’a volontairement maintenue dans l’ignorance pour mieux t’exploiter ! Béatrice, tu dois absolument provoquer ton Éveil ! C’est inhumain de garder autant d’énergie divine compressée dans un corps humain !
Même si elle se contenait, Béatrice commençait réellement à craindre pour sa vie. Elle se sentait seule, mise de côté par tout le monde alors que son sort était en jeu.
Rien que pour cela, elle en avait marre de patienter, d'attendre passivement qu'on lui apprenne les choses, des mensonges, en plus de cela. Elle en voulait à Rayleigh d'avoir écouté on ne sait qui lui dicter où elle devait aller, entre les mains de personnes du pire acabit. Les Cinq Doyens.
La rage prit la relève. Un feu sombre, viscéral. Elle sentit son sang vibrer, comme si quelque chose, au fond d’elle, réclamait son dû.
— On est bien d’accord, murmura-t-elle, la voix tremblante. L’Éveil, c’est l’union du corps et de l’âme... C’est pour ça que je me sens étrangère à moi-même, comme si mon corps pourrissait de l’intérieur.
Avant même qu’il ne réponde, l’escargophone retranscrivit sur la coquille une expression d’effroi.
— C’est exactement ça. Les Dieux ont modifié ta génétique avant même ta naissance. Mais ton psychisme n’a pas encore fusionné avec ce nouveau corps. Ton âme cherche à s’ancrer, et tant qu’elle n’y parviendra pas… tu resteras incomplète. Vois cela comme un morceau de puzzle qui évolue et qui n’arrive pas à s’emboîter avec les autres parties, et que sa vraie autre partie est inatteignable, coincée ailleurs.
Béatrice commençait à comprendre que, tant que l'Éveil ne se réaliserait pas, son énergie psychique ne pourrait pas circuler correctement. Le seul moyen pour que le réseau se forme était que les deux pièces du puzzle : son corps et son psychisme, ne fassent qu'un.
— Comment provoquer l’Éveil ? demanda-t-elle enfin, presque en murmurant.
— Je l’ignore, lui répondit-il, honnêtement dépassé, c’est un secret entre Rois et Reines qui se perpétue de génération en génération. Les gens extérieurs à cela, comme moi, n’ont pas le droit de l’apprendre. C’était pour cela, également, que le fait que tu ailles avec Sengoku nous avait rassurés, dit-il en faisant référence notamment à Rayleigh.
— En attendant, je ne peux pas rester les bras ballants. Sais-tu comment géolocaliser d'autres objets sacrés ?
Les objets sacrés étaient des vestiges d’apparence et d’utilité variées, on disait que ces objets avaient été bénis par les Dieux eux-mêmes. Dans ce cas de figure, l’objet sacré que possède Béatrice n’était autre que le collier où résidait Iowa, ayant un lien avec les Dieux.
— Hum… Je pense savoir, demande à Mélina si elle possède un livre intitulé « Vision sacrée ». Avec ça et ton artefact lié à l’Oracle, tu pourrais obtenir un fragment de ses dons.
La femme était un peu sceptique, l’homme avait soulevé deux points qu’elle ne possédait pas.
— Tu sais bien que je n’ai ni Haki de l’observation, ni talent en magie noire... Comment pourrais-je réussir ?
— Tu peux le faire, affirma Thana’, mais ça te coûtera beaucoup. Tu vas devoir sacrifier ton énergie psychique, voire vitale, pour forcer la connexion.
Béatrice sentit une sueur froide descendre le long de sa nuque.
Diminuer son énergie psychique, oui, elle en rêvait… mais sa force vitale…
— Ça te coûtera cher, je sais, reprit Thana’, désolé pour elle. Néanmoins, pour garantir que tu ne sois pas en danger après ton Éveil, il te faudra posséder le plus d’objets sacrés possible. Ces merveilles ne renferment pas toutes des anciens Rois ou Reines, mais sont aussi des fragments des Dieux. En ta possession, tu vas pouvoir forcer cet objet à aspirer ton énergie afin de permettre à d’autres personnes de pouvoir utiliser le Haki des Rois en cas de besoin. Une fois Éveillée, tu auras besoin de beaucoup d’alliés auprès de toi.
Béatrice écarquilla les yeux. Offrir à d’autres la possibilité d’utiliser le Haki du Roi, même brièvement ? C’était un espoir inespéré... Mais aussi une immense responsabilité.
— Attends... Tu veux dire que tant que je ne suis pas Éveillée, je suis moins en danger ?
Thana’ prit le temps de la réflexion sur comment lui répondre.
— Oui... et non. Être Roi ou Reine, Béatrice, c’est attirer les convoitises. Les Rois naïfs sont toujours les premiers à tomber. Manipulés. Utilisés.
Cela fit écho à Béatrice, l’histoire d’Iowa. Manipulée par l’homme qu’elle aimait et ses propres filles. Un frisson lui parcourut l’échine. Ce qu’elle vivait parmi les Cinq Doyens, la Marine, Sengoku était un autre exemple.
Elle devait se dépêcher de quitter le Gouvernement Mondial au plus vite avant qu’ils n’arrivent à l’empêcher de les quitter et qu’elle n’ait le temps de se réfugier auprès de sa famille.
Le piège se refermait sur elle.
Elle devait fuir. Et vite.
— J’ai encore beaucoup de questions à te poser, mais le temps me fait défaut, merci Thana’.
— Je t’en prie, si je peux bien te conseiller, une chose est de te laisser guider vers là où te dictera la vision sacrée. Elle te permettra de découvrir par toi-même ce que ton prédécesseur aurait dû t’apprendre.
Le cœur lourd et l'esprit noué, la future cheffe des Shine arriva presque la dernière à l’assemblée. Le moral en berne, elle assista à la réunion avec l’équipage allié, faisant à peine acte de présence. Elle ajouta çà et là quelques éléments, notamment ceux qu’elle avait observés lors de sa rencontre avec Marshall D. Teach, aux côtés d’Ambre. Mais l'importance de cette alliance passait désormais au second plan. Ce qui occupait tout son esprit, c'était sa propre survie.
Tant de choses pesaient sur elle, tant d'angoisses, soigneusement enfouies pendant des années, menaçaient de resurgir. Prioriser ses pensées, trier ses émotions… Béatrice en était incapable. Tout se mélangeait dans un brouillard oppressant.
★⋆✩✩✩⋆★⋆✩✩✩⋆★
La réunion, censée se concentrer sur l’alliance, tournait surtout autour de la menace Barbe Noire. Un Empereur aux pouvoirs démesurés, bien trop dangereux pour être simplement ignoré. Mais Béatrice avait d'autres préoccupations.
Son état psychique et physique, déclinant, la condamnait à une mort prématurée si rien n'était fait.
Sa nomination et la surprise qui allait de pair avec cet évènement. Un secret confidentiel pesait sur ses épaules comme une sentence.
Sa démission du Gouvernement Mondial, fragile, qui pouvait être balayée d’un simple ordre des Cinq Doyens.
Un discret coup de coude dans ses côtes la ramena brutalement au présent.
— C’est pour l’heure tout ce que nous avons sur lui. Nos équipes prolongent actuellement leur enquête. Vous serez tenus au courant des avancées, déclara Mitsuko en rassemblant ses documents.
— Si vous souhaitez changer de direction ou vous concentrer sur un point précis, n’hésitez pas à me passer un coup de fil, enchaîna Béatrice, se redressant machinalement, comme si elle avait suivi la réunion d’une oreille attentive.
À l'autre bout de la table, Shanks l'avait fixée de ses yeux argentés tout au long de la réunion. Il connaissait ce genre d’attitude. Béatrice donnait le change, mais son esprit était ailleurs, noyé sous d’autres soucis. Cela piqua la curiosité de l’Empereur. Mais même lui, aussi perspicace soit-il, était loin d’imaginer l’ampleur du chaos qui rongeait Béatrice de l’intérieur.
Ainsi organisé et planifié, l’équipage de Shanks le Roux partit dans l’après-midi sans d’autres chamailleries.
Béatrice, elle, fit immédiatement convoquer Céleste, Mélina et Chaïma. Elle leur raconta tout ce qu’elle avait découvert, puis leur demanda leur aide.
— C’est tout de même dangereux pour une demi-créature divine dans un corps humain de faire ce genre de pratique, fit remarquer Chaïma, soucieuse.
L’ancienne amazone, dotée de dons chamaniques rares, avait une ouverture psychique hors du commun. Elle pouvait voir et communiquer à travers les âmes des êtres vivants... sauf celle de Béatrice.
L'allumette de l'Oracle, « l'Omniscient », avait permis de camoufler la véritable nature de Béatrice et, avec l'aide de Mélina, son apparence. Il avait projeté autour d’elle une fausse âme, imperceptible aux yeux des clairvoyants. Ne possédant pas d’âme visible, Béatrice était une anomalie dangereuse à révéler.
Mélina revint bientôt avec le fameux livre. Installées dans une salle d’entraînement ouverte, les sorcières scellèrent l’accès par sécurité. Céleste termina d'installer le matériel pour monitorer l'état corporel de leur protégée.
Béatrice s’assit en tailleur, face à Mélina, l’une des sorcières les plus puissantes après sa défunte mère. Son arrière-grand-mère, Circé, en avait repris le titre après sa mort.
— Sois cool, Mel', s'te plaît, se dandina nerveusement Béatrice en fixant la dirigeante de maison close.
— Bien sûr… répondit-elle en esquissant un sourire en coin.
— Une entité liée aux Dieux qui fait de la magie noire et qui va utiliser des brides du Haki de l’Observation, c’est du jamais vu, marmonna Chaïma, très inquiète, à l'écart du cercle de runes, dans la langue des sorcières, tracé sur le sol.
— Quand je commencerai, il te faudra répéter ce que je dis tout en serrant dans ta main droite l’allumette de l’Oracle et de l’autre le collier d’Iowa. Cela te permettra de puiser plus dans ton énergie psychique que vitale, expliqua Mélina en sortant à son tour du cercle de magie noire.
Le cœur dans la cage thoracique de Béatrice s’accéléra, l’anxiété refaisant surface. Elle était, désormais, seule au milieu de ce fichu cercle qui allait la faire, assurément, souffrir et déchirer son corps.
— Putain de merde, je suis prête, souffla-t-elle, résolue.
Les trois autres femmes s'écartèrent de deux pas supplémentaires. Céleste, sœur de Simon, scrutait les sorcières avec angoisse. Ses connaissances médicales lui rappelaient sans cesse la fragilité de Béatrice, assise au centre de ces runes maléfiques.
Céleste jeta un coup d’œil à son monitoring et remarqua qu'elle n'était pas la seule à s'inquiéter : la tachycardie de Béatrice en était la preuve.
Mélina entama alors la litanie, sa voix claire résonnant dans la pièce silencieuse.
— Sub hac obscura et conturbant noctem, commença Mélina.
(— Sous cette nuit sombre et inquiétante.)
Béatrice répéta, la gorge serrée, les mains moites posées sur ses genoux.
— Tu me ducas ad declinationem meam, te tamen requiro, suscipe me, veni ad me.
(— Tu me conduis jusqu'à ma déchéance, pourtant j'ai besoin de toi, prends-moi, viens à moi.)
Elle pria pour que son mauvais accent n’altère pas le rituel.
— Viden' quid ego non videam?
(— Vois-tu ce que je ne vois pas ?)
À ces mots, les runes s’illuminèrent brutalement. Même les paupières closes, elle perçut la lumière qui irradiait autour d’elle. Son subconscient savait : le rituel fonctionnait.
— Quaero, adiuva me inveniat, dic ubi !
(— Je le cherche, aide-moi à le trouver, dis-moi où !)
Avant qu'elle ne puisse reprendre son souffle, un flash blanc l'aveugla, déchirant ses sens. Puis une douleur fulgurante lui parcourut la colonne vertébrale. Ses yeux brûlèrent, ses oreilles se mirent à bourdonner.
Elle serra les dents, luttant contre l'envie de hurler.
Puis, soudain, une vision s’imposa à elle : un vieux château délabré, perdu au milieu d’un paysage morne. Au loin, un panneau grinçant au vent : « Unforeseen ».
L’instant d’après, ce fut le noir complet.
En battant des paupières, la première chose que Béatrice vit fut encore du noir. Néanmoins, à travers une fenêtre proche, elle aperçut les étoiles brillant faiblement dans le ciel nocturne. Une perfusion gouttait lentement à son bras, mais ce qui la surprit fut l'absence totale de douleur en elle.
La femme clampa sa perfusion, comme lui avait appris Céleste, et la prit avec elle avant de sortir de la très familière infirmerie. En ouvrant la porte, elle manqua de heurter sa cousine éloignée.
— Réveillée ? demanda immédiatement Céleste, tout en la poussant doucement vers une chaise pour un check-up complet.
— Combien de temps ? répondit Béatrice du tac au tac.
— Deux jours, grogna la médecin. J’ai dû me faire chier à modifier sans arrêt les dosages et les produits à cause de ton accoutumance.
Le corps de Béatrice avait toujours eu cette étrange particularité : une capacité anormale à s'accoutumer aux substances injectées. Anesthésiants, antalgiques, même l'alcool, tout était assimilé, reconnu, rejeté. À force de consommation, elle ne ressentait même plus les effets de l'ivresse, et ne connaissait plus ni l'euphorie ni la gueule de bois. Un avantage dans certaines situations… mais un enfer médical, car son corps refusait aussi les transfusions sanguines et l'alimentation artificielle.
— En tout cas, ça a fonctionné, commenta Béatrice en retirant le tensiomètre. Le prochain objet est à « Unforeseen ».
— Hum, jamais entendu parler, fit Céleste en notant les derniers paramètres vitaux.
— Moi non plus, admit Béatrice. Mais j'y trouverai des réponses.
Ce fut en relevant la tête qu’elle remarqua la pâleur inhabituelle de sa cousine.
— Céleste ? Ça va ?
La femme concernée se retourna pour toiser la blanche dans ses iris identiques aux siennes. Sa bouche traçait une ligne stricte et ses sourcils froncés traduisaient avec les cernes présents sous ses yeux une inquiétude.
— C'est vrai... que tu n'as que quelques mois à vivre ? demanda-t-elle d'une voix sourde.
Béatrice se redressa, surprise. Comment pouvait-elle savoir ? Sans doute l'avait-elle deviné, recoupant les signes cliniques, son instinct médical aiguisé criant l'alerte. Il n'était pas dans l'intérêt de Béatrice de lui mentir.
— Je veux que tu me fasses le serment de ne répéter à personne ce que je vais te dire, Céleste.
— Je le jure, répondit-elle, sans hésiter.
Béatrice inspira profondément, cherchant ses mots.
— Mon psychisme ronge progressivement mon corps, ça nous le savions. Cependant, plus je prends de l’âge et de l’expérience, plus vite se rapproche ma fin. Je sens approcher l’épuisement total de mon corps. Si je n’arrive pas à fusionner mon enveloppe charnelle avec mon âme... je mourrai. D'ici quelques mois.
Un silence écrasant s'abattit entre elles. Céleste hocha faiblement la tête, l'air grave.
La réalité ne pouvait plus être ignorée.
Et Béatrice le savait désormais : si elle ne trouvait pas de solution, elle périrait. Pas doucement.
Mais dans d’atroces souffrances.
☆⋆★⋆☆⋆★⋆☆⋆☆⋆★⋆☆⋆★⋆☆⋆☆⋆★⋆☆⋆★⋆☆⋆
Nombre de mots : 5 600.
Temps de lecture approximatif : 15 -25 min.
Source de l'image : @m-rc2525 sur Tumblr
https://www.tumblr.com/m-rc2525/764051139526361088?source=share
Finally started working on something I've wanted to do for a while - Make a small video game!!
The game is being made in GBStudio so there are a lot of limitations on what's going on and I need to learn a lot about palettes to make it look great but that will come with time.
The story will be based on MYTH by Narcissist Cookbook with somebody else visiting the Island of St. Sasha.





