Remi Coignet : (...) Mais dans vos livres, vos photos n'ont pas de titre ou de légende. Le regard sur ces images change donc si l'on connait le contexte ou pas. Que préférez-vous : que le public possède ce savoir contextuel ou bien pensez-vous que cela perturbe l'appréciation plastique de votre travail ?
Daido Moriyama : (...) Ce qui m'importe est la confrontation de cette image avec le public. Si celui-ci en maîtrise le contexte, tant mieux. Mais finalement l'important est l'individu et son sentiment confronté à la photographie que le contexte.
(...) La photographie a un sens, bien sûr, mais en même temps, elle porte une multiplicité de sens possibles. C'est là qu'elle devient intéressante. Moi même, parfois, il y a des choses que je ne comprend pas du tout.
Rémi Coignet, “Daido Moriyama” (p.206 à 211) in Conversations, Paris, The Eyes Publishing, 2014, p.207-208