Coline Cuni (2015)
Coline Cuni souhaite provoquer un désir et une sensualité face à son travail. Ce sont des éléments qui l’interrogent et la fascinent. Elle cherche une prise de risque où tout peut basculer, dans une expérience où la découverte des matériaux prend sens. Les problématiques de l’artiste sont liées à celles de la peinture, du geste et de la matière. La peinture est souvent le souvenir de notre première émotion artistique. Ce qui intéresse principalement Coline, ce sont les questions de la couleur comme Matisse ou Franz West ont pu y répondre, ou encore de la « forme fertile inépuisable » telle que Viallat l’a mise à l’épreuve.
Ces aspirations formelles et esthétiques se traduisent dans ses sculptures par le jeu de contraires, entre mollesse et rigidité autoritaire. L’artiste souhaite créer une ambivalence, induire un doute. Afin de parvenir à cet effet, chaque étape de son travail implique deux notions, elles aussi contradictoires. Coline collecte quotidiennement des matériaux dont elle va s’entourer afin de s’en imprégner. La spontanéité va ensuite s’allier au temps et laisser place à l’expérimentation, à la confrontation des matières. L’artiste observe alors les interactions qui s’opèrent entre elles afin d’extraire la poésie de leur complexité, et de trouver le souffle qui leur redonnera vie.
Dans l’espace, les sculptures adoptent une posture fière malgré une fragilité tangible. Leur apparence souvent massive révèle un rapport sensible au défi de l’espace. C’est une préoccupation que l’on peut retrouver dans le travail de Jessica Stockholder, Phyllida Barlow, Katharina Grosse. Ces vanités interrogent inconditionnellement, autant l’artiste que le spectateur, sur l’usage de notre corps face aux réalités virtuelles qui nous absorbent. Enfin, les titres nous ramènent avec fraîcheur et humour à la simplicité.
https://www.colinecuni.com/
















